"First hit at Midway" par Paul RENDEL
1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le
conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent
désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur
tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le
point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?
À la fin de l’année 1941, la destruction systématique des communautés juives européennes est déjà en cours. Si
la ghettoïsation des populations juives se réalise dès le départ dans une logique d’extermination lente, la férocité de l’action des Einsatzgruppen, dès l’été 1941, ne
laisse aucun doute quant au dessein profond d’Adolf HITLER. Cependant, le caractère massif des tueries en Europe centrale et orientale, ainsi que les
limites « techniques » que rencontrent les Einsatzgruppen, amènent les dirigeants du IIIe Reich à concevoir autrement l’extermination des Juifs.
Ce sera l'objectif de la conférence de Wannsee.
Initialement prévue au 9 décembre 1941, celle-ci fut repoussée au mardi 20 janvier 1942 du fait de l’entrée en
guerre des États-Unis. Elle réunit quinze hauts responsables nazis dans une riche demeure (la Villa Marlier) de la banlieue de Berlin, dans le quartier de Wannsee, et dura 90 minutes.
En l’absence du Reichsführer SS Heinrich HIMMLER, c'est son second le SS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942) qui en dirigea les débats. HITLER a donné son aval à HEYDRICH, qui signe le
procès-verbal de la réunion rédigé par le SS-Obersturmbannführer Adolf EICHMANN. La conférence de Wannsee montre combien l’idéologie criminelle
du nazisme est indissociable d’une dimension bureaucratique et technocratique qui va expliquer l’ampleur du massacre. Recensement, arrestation, transfert, déportation et élimination des Juifs
sont désormais pensés à l’échelle européenne. L'aspect systématique de ces opérations témoignent d’une véritable volonté génocidaire. Le procès-verbal de la conférence précise ainsi
que HEYDRICH évalue à 11 000 000 le nombre de Juifs qu’il faudrait éliminer, y compris dans des territoires qui, en 1942, sont hors d’atteinte de la Wehrmacht
(Grande-Bretagne, Turquie…).
À Wannsee sont décidés de gigantesques mouvements de déportation de populations juives, appelés
« évacuations », à travers toute l'Europe. Les déportations qui concerneront d’abord les territoires du Reich, s’étendront ensuite au Protectorat de
Bohême-Moravie, au Gouvernement général de Pologne, puis au reste de l’Europe d’Ouest en Est. Il n’est décidé aucune création d’organisme spécifique à la mise en
application de la « Solution finale de la question juive ». L’administration ordinaire devrait suffire à commencer par les services de la Reichsbahn, les transports
ferroviaires allemands. Désigner les Juifs, confisquer leurs biens, restreindre leur liberté de mouvement avant de les « évacuer » vers l’Est, tel sera le processus dans l’Europe
occupée jusqu'à la fin de l'année 1944. Pour cela, les dirigeants nazis vont directement s’appuyer sur la collaboration des administrations nationales. Dans les pays d’Europe de l’Ouest, où il
n’y a pas de ghettos, des recensements, des marquages de Juifs et des confiscations de biens seront réalisés par l’intermédiaire des autorités locales dès 1942. Le processus
génocidaire ainsi mis en route, a été considérablement facilité et accéléré par les collaborations nationales.
1942 est donc l’année du début des déportations massives dans toute l’Europe. Elles vont donner au meurtre de
masse à la fois une dimension quasi industrielle et une ampleur inédite. C’est au RSHA (1) - avec le Ministère des Transports allemands (Reichsbahn) - que revient la
responsabilité d’organiser les norias de ces trains dits « spéciaux » qui acheminèrent des millions de Juifs pour un aller sans retour vers les six camps d’extermination,
tous situés dans le Gouvernement général (actuelle Pologne). Jusqu’à la fin de la guerre, les « trains spéciaux » devaient garder la priorité sur les convois militaires,
illustrant ainsi la rationalité extrême de l’entreprise génocidaire au sein de l’irrationalité national-socialiste.
L’importance historique de la conférence de Wannsee a échappé aux acteurs du moment, et les
absences remarquables de HITLER et de HIMMLER ont renforcé cette perception. La planification détaillée de la Solution finale n’a pas pu, non plus, se faire lors d’une
conférence de moins de deux heures. Les historiens ont longuement débattu pour savoir si Wannsee fut le véritable tournant dans le processus génocidaire, en d'autres
termes si Wannsee a été un instant de décision ou d'organisation du meurtre de masse. Il est vrai qu’en janvier 1942, le génocide a, de fait, déjà largement débuté. Des milliers de
Juifs meurent quotidiennement dans les ghettos polonais (les plus importants), d’autres milliers sont aussi assassinés quotidiennement en Russie par les unités mobiles de tuerie, et en décembre
1941 le camp d’extermination de Chelmno est déjà opérationnel. En fait, il est aujourd'hui reconnu que la décision du meurtre de masse a été prise quelques mois plus tôt. La
conférence de Wannsee a surtout établi le contrôle de la SS sur la machinerie du crime, cette dernière s'appuyant désormais directement sur l'appareil d'État comme
l'indiquent les fonctions institutionnelles des participants.
Nassima, élève de la classe de 2nde 6 nous raconte la conférence de Wannsee.
(1) Le RSHA ou Reichssicherheitshauptamt ou « Office central de la sécurité du Reich » est une organisation née, le 22
septembre 1939, de la fusion du SD (Sicherheitsdienst), de la GESTAPO et de la Kriminalpolizei. Il fut créé par HIMMLER pour neutraliser les « ennemis du Reich » et les
« indésirables ». Son premier chef fut HEYDRICH jusqu’à son assassinat en 1942, date à laquelle lui succéda le SS-Obergruppenführer Ernst Kaltenbrunner jusqu’à la fin de la guerre. Le
RSHA était organisé en sept départements, ou « Amten », auxquels s’ajoutaient les quatre Einsatzgruppen.
SS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942)
Débuté en Pologne au mois de septembre 1939, le conflit déclenché par Hitler va, pendant six ans, s'étendre à quatre continents et provoquer la mort de 50 millions d'êtres humains. La Seconde Guerre mondiale multiplie la violence nazie. Dès les premiers
mois, des crimes de guerres sont commis par les armées allemandes. Dans l'esprit d'Hitler, les Slaves doivent être les esclaves du Reich, tandis que les Juifs doivent disparaître. Après la
conquête de la Pologne, les millions de Juifs du pays sont parqués dans des Ghettos. Les conditions y sont effroyables et des centaines de milliers de Juifs disparaissent par la faim ou les
mauvais traitements. Le déclenchement de l'attaque de l'Union soviétique, le 21 juin 1941, voit le processus génocidaire s'emballer. Dans quelle mesure ce processus génocidaire a-t-il marqué la
Seconde Guerre mondiale?
A la fin de l'année 1941, l'extermination de tous les Juifs d'Europe estdécidée, mais c'est seulement le 20 Janvier 1942, à la Conférence de Wannsee, qu'est planifiée la « Solution finale » de la question juive. Pour accomplir cette œuvre de destruction, il
est décidée que tous les Juifs d'Europe seront déportés vers des centres d'extermination construis en Pologne (Auschwitz, Birkenau...). Dotés de chambre à gaz, où les déportés sont entassés,
enfermés et asphyxiés dès leur arrivée, ces centres n'ont d'autre fonction que de tuer. Quelques Juifs sélectionnés, les « Sonderkommandos », sont utilisés par les SS pour se débarrasser des
corps, avant d'être eux-mêmes éliminés. Les Ghettos polonais sont rapidement liquidés, puis des Juifs venus detoute l'Europe sont amenés dans les centres d'extermination
restants. Le même sort est réservé à une grande partie des populations tsiganes d'Europe.
Au total, 3 millions de Juifs sont morts dans des camps de concentration et des centres d'extermination. Au cours de cette guerre, la découverte des crimes nazis ou l'horreur de l'arme atomique bouleverse l'opinion internationale. En Novembre
1945 s'ouvre à Nuremberg le procès des hauts dirigeants nazis capturés. On fonde pour les juger la notion de crime contre l'humanité qui condamne les actes inhumains perpétrés à l'encontre d'un
groupe.
Nassima
COMMÉMORATION 1942
Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)
Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)
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