Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 08:34
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Aéroport de Kaboul, le dimanche 22 janvier 2012. Les corps de nos quatre soldats sont levés pour être rapatriés en France (source - Joel SAGET/AFP, Le Figaro)

 

Les lettres de soldats aux lycéens de Galilée comme les photographies de presse montrent que l'hiver afghan est désormais bien là. Et c'est sous la neige que les soldats français - accompagnés de délégations des différents contingents de l'OTAN - ont rendu un dernier hommage dimanche 22 janvier 2012 à l'aéroport de Kaboul à leur quatre camarades des 93e RAM et 2e REG tombés sous les balles d'un soldat afghan renégat.

 

Depuis dix ans, les témoignages de mères, d'épouses, de compagnes et de proches de soldats tués en Afghanistan s'accumulent. Tous particuliers, ils témoignent cependant avec la même force de cette période à la fois douloureuse et "irréelle" qui s'écoule de l'annonce du décès à la fin des cérémonies; lorsque la famille se retrouve seule face à la solitude et à la conscience grandissante du vide laissé. Si, au-delà de la lettre des programmes dits d'Éducation civique, le Civisme républicain est réellement porteur de conscience et d'humanité, l'hommage rendu par les citoyens aux soldats tombés au combat devrait être naturel. Déclarations et sondages d'opinion réclamant le retour prématuré - voire accéléré - de nos troupes, quitte à compromettre des années d'efforts ne sont pas cet hommage. Bien au contraire, ils nient le sens et la valeur du sacrifice consenti.

 

Dans sa forme, l'hommage est d'abord institutionnel et se réalise en trois étapes. Les corps des soldats sont d'abord amenés à l'Hôtel des Invalides où ils reçoivent l'hommage de la Nation. Puis ils sont ensuite acheminés dans leur unité où ils reçoivent les honneurs militaires. À l'issue de cette deuxième et dernière cérémonie officielle, ils sont enfin remis aux familles qui débutent véritablement leur travail de deuil au terme de l'inhumation privée. Les hommages officiels pourront  paraître d'une pesanteur insupportable dans de telels circonstances. Ils sont pourtant d'une importance fondamentale en rappelant au pays que c'est bien plus qu'un simple citoyen qui vient de partir, mais un soldat qui a d'abord fait don de sa vie au pays. Il en devient un Héros et s'inscrit dans une geste sacrificielle qui n'appartient pas à la victime quelle que soit la destinée tragique de celle-ci.

 

C'est cela qu'une foule d'un millier de personnes a exprimé mardi dernier lorsque le cortège amenant les corps de l'Adjudant-chef Denis ESTIN, de l'Adjudant-chef Fabien WILLM, du Sergent-chef Sliven SIMEONOV et du Brigadier-chef Geoffrey BAUMELA, a traversé le Pont Alexandre III à Paris aux alentours de 11.30. Le convoi se rendait aux Invalides. La traversée d'un pont ce n'était pas beaucoup pour le dire et pour le montrer, mais un millier de citoyens c'était exceptionnel dans un pays si peu habitué à reconnaître la valeur militaire.

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Le cortège funèbre traversant le Pont Alexandre III à Paris le mardi 24 janvier (source - Patrick KOVARIK/AFP, Le Figaro)

 

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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 19:53
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Le jeudi 26 janvier 2012, l’Adjudant-chef N-TECH Laurent CLEMENT est venu sensibiliser un public de 60 élèves et étudiants de BTS du Lycée Galilée. Poursuivant le partenariat noué depuis l’année dernière entre l’établissement scolaire et le Groupement de Gendarmerie Nationale de Seine-et-Marne, le sous-officier a plus particulièrement développé, cette année, les risques liés aux réseaux sociaux alors qu’il avait davantage insisté, l’année précédente, sur les problèmes des blogs. À la fois pédagogue et prompt à répondre aux élèves à partir d’exemples très concrets, l’Adjudant-chef CLEMENT n’a pas cherché à inquiéter les élèves sur un sujet où malheureusement les dérives (harcèlement, injures, chantage, escroqueries…) augmentent sensiblement. En revanche, il les a clairement mis en garde expliquant à la fois son travail, les caractéristiques des réseaux sociaux, et les réflexes élémentaires de protection vis-à-vis de ces derniers.

 

Les unités N-TECH de la Gendarmerie nationale sont réparties sur tout le territoire à raison d’une unité par département. Ces gendarmes ne sont pas nombreux mais ils ont un savoir-faire de pointe et sont plus que jamais sollicités dans les diverses enquêtes. En charge de l’extraction de preuves numériques selon des protocoles particuliers, les gendarmes N-TECH travaillent aussi bien sur des infractions informatiques que sur des enquêtes plus classiques (viols et crimes par exemple) qui nécessiteraient un supplément d’enquête technique. Ils font ainsi parler le matériel même en mauvais état, disposant de moyens informatiques à la fois matériels et logiciels très performants. À partir d’un contenu d’ordinateur ou de téléphone portable, les N-TECH peuvent aider à déterminer les traits de personnalité d'un suspect ou d'une victime ou retrouver des traces perdues depuis longtemps.

 

À partir de cette présentation, l’Adjudant-chef CLEMENT a abordé la question complexe des réseaux sociaux (Facebook, MySpace…) qu’il a distingué des réseaux communautaires (1). Échangeant directement avec des élèves intéressés par le propos, le sous-officier a privilégié le réseau Facebook dans son approche, sachant que celui-ci est la plate-forme favorite des jeunes. Les chiffres donnent d’emblée le tournis: Facebook c’est aujourd’hui entre 750 et 800 000 000 de membres inscrits (2), plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire annuel et 4 milliards d’ “objets” (3) échangés par jour. Les réseaux sociaux jouent beaucoup sur la méconnaissance de leur charte par les membres eux-mêmes. Lire une charte doit être un premier réflexe avant toute inscription. On y trouvera la mention  de l’âge légal d’inscription (4) mais aussi les conditions d’utilisation des données personnelles mises en ligne. Ainsi, et contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les bannières publicitaires qui constituent les recettes principales de Facebook, mais la vente des données personnelles des utilisateurs du réseau créé en 2004 par Mark ZUCKERBERG… La “gratuité” de l’inscription sur Facebook est donc relative: âges, goûts et intérêts des utilisateurs étant analysés et vendus à des fins d’études de marché et de campagnes publicitaires.

 

L’analyse de l’Adjudant-chef CLEMENT a, donc, permis de plonger rapidement le public scolaire dans la problématique de la sensibilisation à savoir qu’un individu ne prendra conscience de la défense de son entreprise et de son pays que s’il apprend déjà à se protéger lui-même. Ici, en l’occurrence, à travers la gestion des données personnelles mises en ligne. Soulignant les dangers de l’addiction aux réseaux sociaux, le gendarme a aussi insisté sur ceux liés à une exposition imprudente des photographies personnelles (88% des adolescents), des adresses courriel (68%) et des adresses postales (27%). Ces chiffres amènent aux conclusions suivantes:

  • L’intimité n’existe pas sur INTERNET, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Tout ce qui est mis en ligne n’appartient plus à l'individu, et est désormais vu de tous.
  • Le harcèlement, les indiscrétions, les injures, etc. ont toujours existé, mais avec INTERNET et les réseaux sociaux ils ne sont plus circonscrits à l’école ou l’entreprise. Ils deviennent ainsi permanents et violent l’intimité.
  • Il faut toujours contrôler les données que l’on met en ligne en ayant conscience du caractère irréversible de l’opération. Un “objet” ne "meurt" que s’il n’est plus téléchargé ni conservé, ce qui est toujours impossible à vérifier.

(1) Les réseaux sociaux rassemblent les internautes de la manière la plus large pour des rencontres et des échanges. L’objectif reste la socialisation alors que les réseaux communautaires (Tweeter par exemple) rassemblent davantage autour d'un centre d’intérêt commun. La distinction reste cependant fine, les réseaux communautaires constituant un type de réseaux sociaux.

(2) Dans ce nombre, il est à prendre en compte de nombreux doublons et inscriptions multiples pour un même internaute…

(3) Par objet, il faut comprendre les conversations, les photographies, les vidéos…

(4) 13 ans pour Facebook.

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 22:23
- Par Enseignant Défense

Dans le cadre de l'offensive Vistule-Oder, lancée le 12 janvier 1945, l’Armée soviétique libère la Pologne et, avec elle, les six camps d’extermination que les Nazis ont construits durant la guerre. C’est le 27 janvier que le plus grand et le plus emblématique d’entre eux, Auschwitz, est enfin libéré.

 

Ville frontalière austro-hongroise, Auschwitz se situait dans l’une des provinces les plus pauvres de l’empire : la Galicie. Au XIXe siècle, les flux migratoires avaient fait de cette bourgade un carrefour, donnant naissance au quartier périphérique dortoir de Zasole (1) caractérisé par des bâtiments en briques pouvant accueillir jusqu’à 3000 personnes. Ces bâtiments furent réutilisés par la suite par le 21e Régiment d’artillerie polonais, lorsque la ville devint polonaise au lendemain de la Première Guerre mondiale. En 1939, Oswiecim (nom polonais d’Auschwitz) est une ville de 10 000 habitants, dont 50% sont juifs. Elle est rattachée à la région de Haute-Silésie. Ce sont les infrastructures de Zasole et la qualité de la desserte ferroviaire reliant Cracovie à Berlin et Hambourg via Katowice et Breslau, qui vont déterminer le choix d’un premier camp de concentration en 1940.

 

À partir du printemps 1940, et sur la base de l’ancienne caserne du 21e Régiment d’Artillerie polonais, naît donc Auschwitz I Stammlager ou « camp souche » (2). Auschwitz est d’abord un camp de concentration auquel s’attache le nom du SS Obersturmbannführer Rudolf Franz Ferdinand HÖSS (1900-1947). Pur produit du système concentrationnaire nazi, HÖSS arrive à Auschwitz avec l’expérience des camps de Dachau et de Sachsenhausen. Il passera toute la durée de la guerre à agrandir et à organiser, ce qui n’était à l’origine qu’un seul camp, en un ensemble concentrationnaire s’étendant sur plusieurs km2. En octobre 1941, un organisme de la SS - la Zentralbauleitung der Waffen SS und Polizei Auschwitz – est spécifiquement affecté à la construction d’un chantier permanent, jamais achevé. Des villages entiers sont soit déplacés soit effacés de la carte, les marais alentours sont asséchés, des établissements agricoles et industriels sont installés. Les divers chantiers occupent 8000 détenus en 1942, 11 000 en 1943 et encore 4000 en 1944.

 

C’est ainsi qu’apparaît, en octobre 1942 à 7 kilomètres à l’est du Stammlager, un ensemble de dix camps auxiliaires regroupant la main d’œuvre servile nécessaire au fonctionnement de la grande usine d’essence et de caoutchouc synthétique de l’IG Farben : la Buna-Werke (3). Bâtis aux alentours du village de Monowitz (Monowice) vidé de sa population, ces camps constituent la partie stratégique et industrielle du complexe appelée Auschwitz III–Monowitz. À quatre reprises l’US Air Force - 15th Air Force basée à Foggia en Sicile - devait bombarder la Buna-Werke entre août et décembre 1944. Ce qui entre donc dans l’Histoire sous le nom d’ « Auschwitz » est, en fait, un vaste complexe concentrationnaire regroupant plusieurs camps entre la Vistule et la Sola sur 40 km2. L’ensemble est organisé en trois parties principales à partir de 1943 : Auschwitz I Stammlager, Auschwitz III-Monowitz et, surtout, Auschwitz II.

 

C’est la deuxième partie du complexe, Auschwitz II, qui est devenu le symbole même de la "Solution finale". Construit dès l’année 1941 à l’emplacement du village de Brzezinka (Birkenau en allemand) situé à 3 kilomètres à l’ouest d’Auschwitz, équipé d’installations de gazage/crémation dès 1942, recevant la spécification d’Auschwitz II en 1943, le camp d’Auschwitz-Birkenau est devenu le symbole du meurtre de masse ; celui qui par métonymie se confondra avec la Shoah. C’est dans ce camp que plus d’un million de Juifs furent assassinés sans distinction de sexe ni d’âge, et que l’appellation d’ « usine de la mort » s’est matérialisée dans toute son ampleur, du concept à la technique.

 

Encore visible de nos jours, le camp de Birkenau se présente comme un espace immense de 2340 m sur 720, soit 170 ha fermés par 16 km de barbelés. On y comptait 300 baraques tout usage confondu, parcourus par 13 km de fossés de drainage et 12 km de routes. Les convois ferroviaires venus de toute l’Europe y accédaient directement, mais n’allaient pas au-delà. Birkenau était un terminus et c’est sur le dernier quai – la Judenrampe située à 800 mètres du camp (4) – que la terrible « sélection » s’opérait. Sur les huit installations de gazage homicide construites dans l’ensemble du complexe d’Auschwitz, six se situaient à Birkenau : le bunker 1 dit la « Maison rouge », le bunker 2 dit la « Maison blanche » et les bâtiments KII, KIII, KIV, KV (K pour Krematorium). L’installation KI se situait au Stammlager et regroupait en sous-sol le block 11 et le crématoire 1. Par installation de gazage homicide, il faut comprendre une salle de gazage proprement dite mais aussi une infrastructure de crémation destinée à détruire les corps. Ce sont les installations KII et KIII qui iront le plus loin dans cette logique en intégrant de la manière la plus rationnelle les deux fonctions au sein d’un même bâtiment, selon un processus quasi industriel (dimension, linéarité, équipements lourds...). Ces installations furent aussi les dernières à être construites, prenant en compte les différents retours d’expérience du meurtre de masse.

 

À la fin de l’année 1943, l’essentiel de celui-ci est d’ores et déjà réalisé. Il ne reste pus qu’une dernière grande communauté juive, celle de Hongrie, relativement « protégée » jusqu’au printemps 1944, date où son extermination commence. Un document exceptionnel, appelé « L’Album d’Auschwitz », retrace ce dernier voyage des Juifs de Hongrie. Prises par les SS eux-mêmes (Ernst HOFFMAN et Bernhard WALTER), ces 193 photographies furent récupérées par une rescapée du camp de concentration de Dora (où il a été retrouvé), Lili JACOB (épouse ZELMANOVIC). Elles ne montrent pas l’extermination directe (le gazage) mais l’environnement et le processus qui la précèdent. Elles n’en constituent pas moins la preuve photographique de l’existence des installations de gazage homicide, ces dernières ayant été détruites par les Allemands avant l’évacuation du camp (5).

 

Le 27 janvier 1945, les soldats de la 60e Armée soviétique parviennent enfin dans la région et libèrent le camp de Birkenau évacué depuis peu par les SS. Plus d’un million de personnes ont été assassinées en ce lieu depuis l’entrée en fonction du camp, mais les soldats soviétiques ne trouvent que quelques milliers de prisonniers affamés et des entrepôts remplis à craquer de valises, de vêtements, de lunettes et de chaussures (l’ « Effektenlageer-Kanada ») que personne ne viendra réclamer. Espace à la fois "peuplé" et dépeuplé,  empli du vacarme des trains et des foules mais aussi de silence, Auschwitz-Birkenau, aujourd'hui, appartient à l'Histoire mais pas une histoire uniquement juive, polonaise ni même européenne. Il s'agit de l'Histoire de l'Humanité toute entière, qui continue et continuera d'interroger nos consciences tant qu'il y aura des hommes. À Birkenau, les corps n'ont pas seulement été tués. Ils ont été incinérés, et leurs cendres dispersées dans la Sola et la Vistule selon la volonté des Nazis qui désiraient jusqu’à effacer la mémoire de ces existences. Auschwitz-Birkenau est le plus grand cimetière du monde, mais un cimetière sans tombes.

 

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Le camp d'Auschwitz II Birkenau est encore nettement visible de nos jours à la sortie ouest de Brzezinka (Birkenau en allemand). L'espace a gardé les traces de cet immense camp aussi étendu que la ville voisine. L'ancienne gare de triage (Judenrampe), au sud de la gare de triage moderne, est elle aussi bien visible (source - Google Earth)


(1) Zasole est en fait un faubourg situé à moins d’un kilomètre au Nord-Est d’Auschwitz.
(2) La distinction entre Auschwitz I, II et III apparaîtra plus tard avec la création d’autres camps et l’élargissement d’une "zone d’intérêt". En 1940, on parle encore d’un simple camp de concentration.
(3) Le terme « Buna » désignant le caoutchouc synthétique nécessaire à l’industrie d’armement allemande.
(4) Avec l’augmentation du nombre de convois dès le printemps 1944 – une augmentation correspondant à la destruction en cours de la communauté juive de Hongrie – la voie ferrée est prolongée jusqu’à l’intérieur du camp où elle se divise en 3 sections : c’est la Banhrampe ou rampe principale.
(5) L’interdiction faite de prendre des photographies (d’où le caractère exceptionnel de l’album) et cette destruction des installations avant l’arrivée de l’armée russe, attestent que les premiers négationnistes furent les assassins eux-mêmes, bien avant ceux que Pierre VIDAL-NAQUET devait appeler « Les assassins de la mémoire ».

 

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 09:09
- Par Enseignant Défense

Logo GTIA Tiger

Insigne du GTIA Tiger (Afghanistan 2011/2012)

 

Suite à l'action de soutien de plusieurs classes en fin d'année 2011, le Lycée Galilée vient de recevoir un courrier du GTIA Tiger répondant à l'envoi de lettres de lycéens à l'occasion des fêtes de Noël. À des "lettres aux soldats" répondent, donc, des "lettres de soldats", parfois personnalisées dans une réponse directe à un ou une élève, parfois de portée plus générale. Dans un environnement particulièrement dangereux - comme vient de le montrer l'actualité récente -, si différent de ce qu'ils ont pu connaître ici, en France et en Occident, ce sont d'autres jeunes - à peine plus âgés - qui prennent un temps très certainement compté entre deux missions pour répondre à nos futurs bacheliers. Les mots sont forts car ils sont sincères. Ils décrivent l'hiver afghan qui survient en ce moment même, et cette beauté de l'Hindu Kush dont les soldats ne peuvent pleinement profiter. Ils décrivent aussi ce que les événements leur font prendre comme recul. La solitude de l'homme face au danger ne leur laisse que cette camaraderie unique et exceptionnelle, inhérente au monde militaire. L'idée d'un engagement supérieur pourra aussi apparaître plus ou moins clairement au détour de quelques lignes, mais même inconsciente elle en fait d'ores et déjà des Héros non des victimes.

 

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Sergent Christopher (27e BCA)

 

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Caporal-chef Thomas (27e BCA)

 

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Caporal-chef Nicolas (27e BCA)

 

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Caporal Richard (27e BCA)

 

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Caporal Kévin (27e BCA)

 

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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 08:55
- Par Enseignant Défense

Dans le cadre du Plan Hommage, le Sergent-chef Svilen SIMEONOV du 2e REG, l’Adjudant-chef Denis ESTIN, l’Adjudant-chef Fabien WILLM, le Brigadier-chef Geoffrey BAUMELA du 93e RAM, tombés en Afghanistan le vendredi 20 janvier dernier, recevront les honneurs de la Nation à l'Hôtel des Invalides en fin de matinée (12.00). Celles et ceux qui voudraient leur rendre un dernier hommage pourront le faire aujourd'hui sur le Pont Alexandre III où le convoi funèbre passera entre 11.30 et 12.00.

 

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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 17:50
- Par Enseignant Défense

93e RAM-2e REG

 

4 soldats français ont été abattus hier aux environs de 8.00 (heure de Kaboul) par un soldat afghan. L’attaque, qui s’est produite dans la base opérationnelle avancée (FOB) de Gwan située dans la vallée de Tagab au sud de la Kapisa, a également blessé 16 autres militaires français dont le capitaine commandant le détachement. Les blessés ont été très rapidement héliportés vers les hôpitaux militaires français de Kaboul et américain de Bagram. 5 d’entre eux sont dans un état particulièrement grave et, dès aujourd’hui, un avion C135-FR conditionné MORPHEE devrait en rapatrier 12 en France.

 

Les militaires français effectuaient une séance de sport (course à pied) et ne portaient aucune protection balistique (1). Ils n’étaient pas non plus armés contrairement aux militaires américains qui, eux, pratiquent le sport avec une arme. Les 4 morts sont 3 sous-officiers et un militaire du rang. Tous exerçaient le rôle d’instructeur au sein d’une OMLT (Operationnal Mentoring and Liaison Team), ces unités en charge de l’encadrement et du soutien de l’Armée Nationale Afghane (ANA). Le soldat afghan qui a ouvert le feu avec un fusil d’assaut s’est enfui avant d’être capturé (2). Il appartient au Kandak 34, dont les militaires tués et blessés avaient en charge l’instruction.

 

Cette deuxième attaque “green on blue” (3) contre les forces françaises est particulièrement grave, car 1- elle survient quelques semaines seulement après une autre attaque de ce type et cause des pertes encore plus lourdes 2- elle compromet l’indispensable confiance entre les OMLT et l’ANA 3- elle est de nature à transformer l’engagement déjà fragile de notre pays en Afghanistan comme les déclarations quasi immédiates du Président Nicolas SARKOZY l’ont laissées entendre. D’emblée, les opérations des OMLT et POMLT françaises ainsi que le programme de formation des officiers afghans (EPIDOTE) ont été suspendues, et la menace d’un retrait accéléré et prématuré de nos forces du théâtre afghan a été clairement agitée. Cette menace est à relativiser cependant car, d’une part, la France reste liée à une coalition dont elle ne maîtrise pas tous les éléments du calendrier de retrait. D’autre part le retrait en tant que tel imposera une certaine lourdeur technique et logistique qui prendra un certain temps d’autant plus que le contexte tactique – comprendre la protection des FOB et des convois – reste actuellement tendu.

 

Le plus grave dans ce genre d’attaque, qui tend à se répéter, est inconstetablement la rupture de confiance qu’elle produit des niveaux divers. Une première rupture déjà au niveau des hommes qui font la guerre. Comment nos militaires peuvent-ils accomplir leurs missions si, désormais, à la menace adverse s’ajoute une insécurité grandissante en provenance de troupes “amies”? En entraînant une suspension des opérations conjointes avec l’ANA, l’Armée française risque à son tour de rompre un lien de confiance qui n’a pas toujours été facile à établir avec les Afghans. Elle risque, le temps de son retrait, de connaître ce que les Américains avaient connu en Irak à savoir - pour se protéger - un repli sur ses FOB, coupée de tous contacts avec la population. Ce qui n’est évidemment pas la meilleure des attitudes en matière de “conquête des coeurs et des esprits…” Bien plus grave, ce fait de guerre devenu événement médiatique en période électorale pousse à des déclarations (aussi bien du pouvoir que de l’opposition) faisant douter de la solidité de notre démocratie face à l’épreuve de la guerre fut-elle juste. Nonobstant l’action de Mme Françoise HOSTALIER, Député du Nord, sur le point de rendre un rapport parlementaire sur la transition afghane, les réactions politico-médiatiques illustrent davantage la perte de confiance de notre pays en sa capacité de résilience.

 

Qui est ce soldat afghan qui a ainsi ouvert le feu sur d'autres soldats sensés être ses compagnons d’armes? Les Taliban se sont empressés de revendiquer l’action comme ils l’avaient fait pour le “green on blue” du 29 décembre. Dans un premier temps et en l’absence d’informations précises, on pense immédiatement à une infiltration ou à l’action d’un renégat: ces fameux “soldats retournés” par les insurgés. Dans le cas présent l'information semble se vérifier, l'enquête établissant que le soldat afghan qui a tiré est bien un Taliban infiltré. Âgé de 21 ans, il s'était d'abord engagé dans les rangs de l'ANA avant de déserter puis de revenir s'engager après, pense-t-on, un séjour au Pakistan.  Il s'avère cependant que ce genre de situation, qui voit des soldats et des policiers afghans tourner leur arme contre leurs alliés, pourrait être beaucoup plus complexe. Un récent rapport de l’OTAN, rendu public par le New-York Times, recense sur une période allant de mai 2007 à mai 2011 26 attaques de ce type ayant causé la mort de 58 soldats occidentaux. L’étude ne porte que sur trois provinces et quelques centaines de témoignages, mais elle tente de dégager une tendance qui montre que ce genre d’attaques est en nette augmentation. Elles correspondraient à 6% des pertes de l’OTAN jusqu'à présent, et traduiraient de profondes incompréhensions culturelles (4) plutôt qu’une stratégie talibane concertée, quand bien même ce dernier calcul demeure t-il réel comme le montre l'attaque d'hier.

 

Le “caporal stratégique” (5) n’aura jamais été autant mis à l’épreuve qu'en Afghanistan, alors que beaucoup de soldats de l’ANA sont perçus comme des menteurs et des voleurs, des combattants peu fiables, et que ces derniers ne ressentent qu’arrogance de la part des soldats occidentaux. Dans un tel contexte - le fossé  linguistique et culturel aggravant les incompréhensions - la moindre altercation peut être vécue comme une humiliation à laquelle répondra une réaction de haine et une inévitable réparation d’honneur.

 

Le Sergent-chef Svilen SIMEONOV avait 34 ans. Il était marié et père d’un enfant. Avec lui, le 2e Régiment Étranger de Génie (2e REG) est de nouveau frappé après la perte de l’Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI et du Sergent Damien ZINGARELLI le 29 décembre dernier. L’Adjudant-chef Denis ESTIN avait 45 ans. Il était marié et père de deux enfants. L’Adjudant-chef Fabien WILLM avait 43 ans. Il était marié et père d’un enfant. Le Brigadier-chef Geoffrey BAUMELA avait 27 ans. Il était père d’un enfant. Tous trois appartenaient au 93e Régiment d’Artillerie de Montagne (93e RAM) dont ce sont les premières pertes en Afghanistan. “Défense et Démocratie” s’associe au deuil de l’Armée de Terre ainsi qu’à la douleur des familles et des proches de ces 79e, 80e, 81e et 82e soldats tombés pour la France en terre afghane.

 

C Sliven SIMEONOV

Sergent-chef Svilen SIMEONOV (2e REG)

C Denis ESTIN

Adjudant-chef Denis ESTIN (93e RAM)

C-Fabien-WILLM.jpg

Adjudant-chef Fabien WILLM (93e RAM)

Brigadier-chef-Geoffrey-BAUMELA.jpgBrigadier-chef Geoffrey BAUMELA (93e RAM)


(1) Au même titre que l’Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI et le Sergent Damien ZINGARELLI, tués dans des circonstances proches le jeudi 29 décembre dernier.

(2) Contrairement à l’attaquant du 29 décembre qui, lui, a été abattu.

(3) C’est ainsi que les Américains désignent ces attaques provenant de soldats ou de policiers afghans contre les forces alliées, les couleurs désignant les couleurs des deux armées: vert pour l’ANA et bleu pour l’OTAN.

(4) Le rapport de l’OTAN parle d’une “crise de confiance et d’incompatibilité culturelle” entre les soldats occidentaux et leurs homologues afghans.

(5) La notion de "caporal stratégique" a été énoncée pour la première fois par le Général Charles C. KRULAK du Corps des Marines des États-Unis, dans un article devenu célèbre: "The strategic corporal: leadership in the three block war", in Marines magazine, january 1999. Par cette expression, KRULAK désigne le rôle désormais majeur joué sur le terrain par les militaires les moins gradés dont l’attitude au sein des populations, et en présence des médias, peut induire des conséquences stratégiques et politiques imprévisibles. La notion n'est pas forcément négative et peut souligner une qualité de formation, d'initiative, d'action et de responsabilisation au plus bas niveau de la hiérarchie. Malheureusement, le "caporal stratégique" est davantage perçu  dans l'actualité comme le (ou les) soldat(s) qui, par leurs actions irresponsables voire condamnables,  jette(nt) l'opprobre sur une cause et s'avère(nt) contre-productif pour l'engagement stratégique. Le récent scandale montrant des soldats américains urinant sur des cadavres de Taliban en est un exemple concret, et l'ironie aura voulu que ces snipers appartiennent au Corps des US Marines... La scène étant, en effet, de nature à grossir les rangs de l'insurrection, à discréditer le rôle des États-Unis en Afghanistan et, in fine, à attiser la haine de l'Occident.

 

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 06:50
- Par Nassima

Midway

"First hit at Midway" par Paul RENDEL


1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?


À la fin de l’année 1941, la destruction systématique des communautés juives européennes est déjà en cours. Si la ghettoïsation des populations juives se réalise dès le départ dans une logique d’extermination lente, la férocité de l’action des Einsatzgruppen, dès l’été 1941, ne laisse aucun doute quant au dessein profond d’Adolf HITLER. Cependant, le caractère massif des tueries en Europe centrale et orientale, ainsi que les limites « techniques » que rencontrent les Einsatzgruppen, amènent les dirigeants du IIIe Reich à concevoir autrement l’extermination des Juifs. Ce sera l'objectif de la conférence de Wannsee.


Initialement prévue au 9 décembre 1941, celle-ci fut repoussée au mardi 20 janvier 1942 du fait de l’entrée en guerre des États-Unis.  Elle réunit quinze hauts responsables nazis dans  une riche demeure (la Villa Marlier) de la banlieue de Berlin, dans le quartier de Wannsee, et dura 90 minutes. En l’absence du Reichsführer SS Heinrich HIMMLER, c'est son second le SS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942) qui en dirigea les débats. HITLER a donné son aval à HEYDRICH, qui signe le procès-verbal de la réunion rédigé par le SS-Obersturmbannführer Adolf EICHMANN. La conférence de Wannsee montre combien l’idéologie criminelle du nazisme est indissociable d’une dimension bureaucratique et technocratique qui va expliquer l’ampleur du massacre. Recensement, arrestation, transfert, déportation et élimination des Juifs sont désormais pensés à l’échelle européenne. L'aspect systématique de ces opérations témoignent d’une véritable volonté génocidaire. Le procès-verbal de la conférence précise ainsi que HEYDRICH évalue à 11 000 000 le nombre de Juifs qu’il faudrait éliminer, y compris dans des territoires qui, en 1942, sont hors d’atteinte de la Wehrmacht (Grande-Bretagne, Turquie…).


À Wannsee sont décidés de gigantesques mouvements de déportation de populations juives, appelés « évacuations », à travers toute l'Europe. Les déportations qui concerneront d’abord les territoires du Reich, s’étendront ensuite au Protectorat de Bohême-Moravie, au Gouvernement général de Pologne, puis au reste de l’Europe d’Ouest en Est. Il n’est décidé aucune création d’organisme spécifique à la mise en application de la « Solution finale de la question juive ». L’administration ordinaire devrait suffire à commencer par les services de la Reichsbahn, les transports ferroviaires allemands. Désigner les Juifs, confisquer leurs biens, restreindre leur liberté de mouvement avant de les « évacuer » vers l’Est, tel sera le processus dans l’Europe occupée jusqu'à la fin de l'année 1944. Pour cela, les dirigeants nazis vont directement s’appuyer sur la collaboration des administrations nationales. Dans les pays d’Europe de l’Ouest, où il n’y a pas de ghettos, des recensements, des marquages de Juifs et des confiscations de biens seront réalisés par l’intermédiaire des autorités locales dès 1942. Le processus génocidaire ainsi mis en route, a été considérablement facilité et accéléré par les collaborations nationales.


1942 est donc l’année du début des déportations massives dans toute l’Europe. Elles vont donner au meurtre de masse à la fois une dimension quasi industrielle et une ampleur inédite. C’est au RSHA (1) - avec le Ministère des Transports allemands (Reichsbahn) - que revient la responsabilité d’organiser les norias de ces trains dits « spéciaux » qui acheminèrent des millions de Juifs pour un aller sans retour vers les six camps d’extermination, tous situés dans le Gouvernement général (actuelle Pologne). Jusqu’à la fin de la guerre, les « trains spéciaux » devaient garder la priorité sur les convois militaires, illustrant ainsi la rationalité extrême de l’entreprise génocidaire au sein de l’irrationalité national-socialiste.


L’importance historique de la conférence de Wannsee a échappé aux acteurs du moment, et les absences remarquables de HITLER et de HIMMLER ont renforcé cette perception. La planification détaillée de la Solution finale n’a pas pu, non plus, se faire lors d’une conférence de moins de deux heures. Les historiens ont longuement débattu pour savoir si Wannsee fut le véritable tournant dans le processus génocidaire, en d'autres termes si Wannsee a été un instant de décision ou d'organisation du meurtre de masse. Il est vrai qu’en janvier 1942, le génocide a, de fait, déjà largement débuté. Des milliers de Juifs meurent quotidiennement dans les ghettos polonais (les plus importants), d’autres milliers sont aussi assassinés quotidiennement en Russie par les unités mobiles de tuerie, et en décembre 1941 le camp d’extermination de Chelmno est déjà opérationnel. En fait, il est aujourd'hui reconnu que la décision du meurtre de masse a été prise quelques mois plus tôt. La conférence de Wannsee a surtout établi le contrôle de la SS sur la machinerie du crime, cette dernière s'appuyant désormais directement sur l'appareil d'État comme l'indiquent les fonctions institutionnelles des participants.

 

Nassima, élève de la classe de 2nde 6 nous raconte la conférence de Wannsee.


(1) Le RSHA ou Reichssicherheitshauptamt ou « Office central de la sécurité du Reich » est une organisation née, le 22 septembre 1939, de la fusion du SD (Sicherheitsdienst), de la GESTAPO et de la Kriminalpolizei. Il fut créé par HIMMLER pour neutraliser les « ennemis du Reich » et les « indésirables ». Son premier chef fut HEYDRICH jusqu’à son assassinat en 1942, date à laquelle lui succéda le SS-Obergruppenführer Ernst Kaltenbrunner jusqu’à la fin de la guerre. Le RSHA était organisé en sept départements, ou « Amten », auxquels s’ajoutaient les quatre Einsatzgruppen.

 

Reinhard-HEYDRICH.jpg SS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942)

 

Débuté en Pologne au mois de septembre 1939, le conflit déclenché par Hitler va, pendant six ans, s'étendre à quatre continents et provoquer la mort de 50 millions d'êtres humains. La Seconde Guerre mondiale multiplie la violence nazie. Dès les premiers mois, des crimes de guerres sont commis par les armées allemandes. Dans l'esprit d'Hitler, les Slaves doivent être les esclaves du Reich, tandis que les Juifs doivent disparaître. Après la conquête de la Pologne, les millions de Juifs du pays sont parqués dans des Ghettos. Les conditions y sont effroyables et des centaines de milliers de Juifs disparaissent par la faim ou les mauvais traitements. Le déclenchement de l'attaque de l'Union soviétique, le 21 juin 1941, voit le processus génocidaire s'emballer. Dans quelle mesure ce processus génocidaire a-t-il marqué la Seconde Guerre mondiale?

 

A la fin de l'année 1941, l'extermination de tous les Juifs d'Europe estdécidée, mais c'est seulement le 20 Janvier 1942, à la Conférence de Wannsee, qu'est planifiée la « Solution finale » de la question juive. Pour accomplir cette œuvre de destruction, il est décidée que tous les Juifs d'Europe seront déportés vers des centres d'extermination construis en Pologne (Auschwitz, Birkenau...). Dotés de chambre à gaz, où les déportés sont entassés, enfermés et asphyxiés dès leur arrivée, ces centres n'ont d'autre fonction que de tuer. Quelques Juifs sélectionnés, les « Sonderkommandos », sont utilisés par les SS pour se débarrasser des corps, avant d'être eux-mêmes éliminés. Les Ghettos polonais sont rapidement liquidés, puis des Juifs venus detoute l'Europe sont amenés dans les centres d'extermination restants. Le même sort est réservé à une grande partie des populations tsiganes d'Europe.

 

Au total, 3 millions de Juifs sont morts dans des camps de concentration et des centres d'extermination. Au cours de cette guerre, la découverte des crimes nazis ou l'horreur de l'arme atomique bouleverse l'opinion internationale. En Novembre 1945 s'ouvre à Nuremberg le procès des hauts dirigeants nazis capturés. On fonde pour les juger la notion de crime contre l'humanité qui condamne les actes inhumains perpétrés à l'encontre d'un groupe.

 

Nassima

 

Tigre---Message-2.jpg

 

COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)

Communauté : Histoire militaire - Publié dans : Agenda/Commémorations
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 06:41
- Par Ufkun

Midway   "First hit at Midway" par Paul RENDEL


1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

 

Du 22 décembre 1941 au 14 janvier 1942 se tient à Washington la première grande conférence interalliée entre Britanniques et Américains depuis l'entrée en guerre de ces derniers. Devant un conflit qui s'étend désormais au monde entier, la conférence dite d'Arcadia fixa une stratégie globale. En guerre dans deux directions continentales différentes et opposées, les États-Unis devaient choisir - alors que leurs ressources n'étaient pas encore pleinement mobilisées - un théâtre d'opérations prioritaire. L'Asie pouvaient être celui-ci compte tenu du traumatisme causé par l'attaque de Pearl Harbor, compte tenu également du fait que le territoire américain était plus directement exposé. Sous la pression de Winston S. CHURCHILL, la priorité fut en fait attribuée au théâtre d'opérations européen: "Germany first!" Considérée comme la puissance la plus dangereuse, l'Allemagne nazie semblait sur le point de triompher en ce début d'année 1942, et sa victoire en Europe aurait eu des conséquences géostratégiques incalculables.

 

La rencontre fut l'occasion de mettre sur pied un commandement unique en Europe. Surtout, le choix de l'adversaire prioritaire conditionnait aussi les ressources allouées et fixait une stratégie qui n'était pas la même selon que les États-Unis privilégiaient soit l'Asie, soit l'Europe. Désormais, en désignant l'Allemagne comme étant cet ennemi prioritaire, la bataille de l'Atlantique montait en intensité et la préparation d'un débarquement en Afrique était lancée. En contrepartie, les forces alliées du Pacifique devaient temporiser. Les Britanniques retirèrent leurs moyens navals pour se concentrer sur la Méditerranée, quant aux États-Unis, ils étaient contraints de rester sur la défensive alors que dans le même temps les Japonais se rapprochaient dangereusement de l'Australie. Ce fut l'US Navy, alors en première ligne, qui eut à souffrir d'un manque de moyens dans un premier temps: nombre de ses bâtiments devaient alors être concentrés dans l'Atlantique, et mobilisés pour le prochain débarquement africain.

 

Ufkun, élève de la 2nde 6, nous raconte cette rencontre anglo-américaine fondamentale que fut la conférence d'Arcadia.


Tigre---Message-2.jpg

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Alliés vont se réunir lors de multiples conférences pour établir des stratégies et des buts de guerre communs. Cependant, de nombreuses divergences entre les trois hommes (Churchill, Roosevelt, Staline) vont rendre difficile la recherche de solutions communes. Dans ce travail, nous avons essayé de parcourir les différentes conférences pour voir comment Churchill, Roosevelt et Staline sont parvenus à des compromis. Il est ressorti que les désaccords et les idéologies différentes des trois Grands ont pu être surmontées par leur but de guerre commun: la capitulation inconditionnelle de l’Allemagne. Mais une fois ce but atteint, la coopération n’a plus lieu d’être et la Guerre froide n’est pas loin…

 

Conférence de Washington (22 décembre 1941 - 14 janvier 1942). Suite à l'attaque surprise de Pearl Harbor et l'entrée en guerre des Etats- Unis, a lieu une rencontre entre Churchill Roosevelt et leurs chefs militaires respectifs à la Maison Blanche. Cette conférence a pour but la coopération alliée, la stratégie à employer pour combattre Hitler et donc la capitulation allemande. À la conférence d'Arcadia, il est décidé le débarquement en Afrique du Nord, la relève des troupes anglaises en Irlande du Nord et en Islande. Cette réunion conduit également à la signature de la déclaration des Nations Unies (le 1er janvier) qui réaffirme les principes approuvés par la Charte de l'Atlantique.

 

Ufkun

 

COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

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