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Éducation à la Défense

Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 20:25

Par Enseignant Défense

L’embuscade du vendredi 4 septembre dernier – axe Bagram/Nijrab, qui avait frappé un convoi du 3e RIMa et tué les Caporaux NAGUIN et ROUSSELLE - vient de faire une nouvelle victime. Faisant partie des 9 autres soldats blessés dans l’action, le Sergent Johann HIVIN-GÉRARD, très grièvement brûlé, vient de mourir aujourd’hui à l’hôpital militaire de Percy (Clamart, Hauts de-Seine).

Engagé depuis 1999, promu sous-officier en 2004, et vétéran de nombreuses OPEX, le Sergent Johann HIVIN-GÉRARD était marié et père d’un enfant. Son épouse est, actuellement, enceinte d’un deuxième enfant.

Nous nous associons à la douleur de sa femme et de sa famille, comme nous l’avons fait pour les 35 autres militaires français tués en Afghanistan depuis 2001. Ces morts, mais aussi les blessés dont on ne parle pas, la souffrance des familles, nous renforcent dans notre conviction que l’Éducation à la Défense est plus que jamais une nécessité, nonobstant des réflexes antimilitaristes encore perceptibles dans la communauté scolaire.

 La refondation du lien entre la Nation française et ses forces armées est un combat essentiel. Si notre blog parvenait à faire vivre cette Idée à l’échelle d’une petite commune de France, il aura rempli sa mission.

Aux soldats tombés, à leurs camarades blessés et mutilés, aux familles de ceux qui servent en Afghanistan, nous exprimons notre reconnaissance.

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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 18:22

Par Enseignant Défense
MORT D'UN 31e SOLDAT FRANCAIS

Comme nous l'annoncions avant-hier, un convoi militaire français de 7 véhicules ayant pour mission de sécuriser l'axe Nijrab/Bagram a été attaqué à l'IED. L'attaque a eu lieu à mi-parcours, dans les environs du village de Showkhi. Constitué d'éléments d'Infanterie de Marine et du Génie, le convoi comptait une cinquantaine de soldats. Dans l'action, un VAB fut détruit et son pilote - le Caporal Johan NAGUIN - fut tué sur le coup. 9 autres militaires furent blessés dans cette action dont 4 très grièvement. Ils furent rapatriés d'urgence par un avion médicalisé de l'US Air Force sur la base américaine de Ramstein en Allemagne, un vaste hub cargo d'où ils furent acheminés à l'hôpital de Landstuhl. C'est à Landstuhl (au Sud-Ouest de Ramstein) que se trouve, en effet, le plus grand hôpital militaire américain hors États-Unis qui, depuis 2003 notamment, accueille de nombreux blessés en provenance d'Irak et dispose d'un service de traumatologie grave.

Caporal-chef Thomas ROUSSELLE
   
Sur les 4 soldats grièvement blessés, les diagnostics médicaux ont été, dès vendredi, pessimistes pour deux d'entre eux. Ainsi, venons-nous d'apprendre le décès du Caporal-chef Thomas ROUSSELLE du 3e RIMa, qui était le radio-tireur du VAB détruit. L'IED a donc visiblement frappé la partie avant du véhicule. Mort des suites de ses blessures, le Caporal-chef ROUSSELLE était marié et père d'une fille de 3 ans. Le Caporal Johan NAGUIN était, lui, père d'un garçon de 18 mois.

Caporal Johan NAGUIN

Rapatriement en France des corps des Caporaux Johan NAGUIN et Thomas ROUSSELLE le mardi 8 septembre 2009 (source: Le Figaro)
   
Nous saluons le 3e RIMa déjà endeuillé par la mort au combat d'Anthony BODIN, et nous nous associons à la douleur des épouses et des familles de Johan NAGUIN et de Thomas ROUSSELLE. Alors que l'issue de la guerre en Afghanistan reste très incertaine, et que le chiffre de nos pertes va en s'accroissant, plus que jamais le lien entre la société civile et les forces armées a besoin d'être renforcé. Au-delà de la mort de nos soldats, c'est la fragilité de nos sociétés civiles surmédiatisés qui est directement visée par nos ennemis "sans visages". Nos opinions publiques, oublieuses et versatiles, peuvent rendre inutile un sacrifice que nos soldats, eux, ont accepté depuis longtemps. Travaillons à ce que cela ne se produise pas.

Vallee-d-Alasai-2---Vendredi-6-fevrier-2009.jpg
Soldats français en vallée d'Alasay. Sur le VAB au deuxième plan, on distingue bien le radio-tireur servant une mitrailleuse de 12,7 mm. Buste dehors, il est particulièrement exposé en cas d'explosion d'un IED.  Des tourelles téléopérées commencent à équiper les VAB dont la haute garde au sol et la "légèreté" de la caisse atténueraient les effets de souffle d'un IED.  Inversement, la faiblesse du blindage en fait un véhicule vulnérable

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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 16:04

Par Enseignant Défense
UN MARSOUIN TUÉ EN AFGHANISTAN

    Aujourd'hui à 7.00 du matin (heure locale), un convoi militaire français ayant pour mission la sécurisation de l'axe reliant les deux bases de Bagram et de Nijrab (région de Showkhi), a été frappé par une attaque à l'IED.

    Les IED (Improved Explosive Device) - également appelés Engins Exposifs de Circonstance (EEC) ou encore "roadside bombs" par les Américains - sont des engins explosifs artisanaux souvent enterrés sur le bord des routes empruntées par les patrouilles ou les convois militaires. Fabriqués à partir de munitions explosives récupérées (bombes, obus, roquettes...), ils peuvent être plus ou moins complexes selon le procédé de mise à feu ajouté par les artificiers. De forte puissance et difficilement détectables, ils sont particulièrement dangereux pour les troupes de la coalition en Afghanistan.

    C'est en Irak, que les IED ont révélé leur terrible efficacité face à une armée américaine que les insurgés ne pouvaient attaquer frontalement. 70% des pertes américaines ont ainsi été le fait des IED bien plus que des combats. Peu de véhicules sont capables de résister aux IED. Les voitures habituelles sont totalement inefficaces et particulièrement vulnérables (HUMVEE, P4...). Les engins blindés légers (type VBL, VAB...) ne résistent pas non plus. En Irak, des IED ont même été capables de détruire des chars blindés M1 Abrams par le plancher. Seuls des véhicules de type MRAP (Mine Resistant Ambush Protected) peuvent opposer une parade efficace avec une coque en V, une garde au sol élevée et un blindage renforcé. Cependant, ces véhicules sont particulièrement encombrants et gourmands en carburant. Ills mettent, par ailleurs, nos soldats dans une posture essentiellement défensive et les coupent du contact avec les populations.

    C'est donc un convoi du GTIA Kapisa qui a été frappé par un IED ce matin. Un VAB a été détruit et dans cette attaque un caporal de 24 ans du 3e RIMa, Johan NAGUIN, a été tué. 9 de ses camarades ont été blessés dont 4 très grièvement. À près d'un mois d'intervalle, le régiment de Vannes vient de perdre un deuxième soldat, portant à 30 le nombre de soldats français tombés en Adfghanistan depuis 2001.

    Notre blog s'associe à la douleur de la compagne du Caporal Johan NAGUIN ainsi qu'à celle des familles de ses camarades blessés.

NB - Lire aussi le communiqué du Ministre de la Défense, Hervé MORIN.

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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 19:46

Par Enseignant Défense
LA FRANCE ENTRE EN GUERRE CONTRE L'ALLEMAGNE NAZIE

    La déclaration de guerre franco-britannique à l’Allemagne, le dimanche 3 septembre 1939, est l’aboutissement direct d’une série de coups de forces hitlériens au cœur de l’Europe. Elle est également le résultat d’un abandon moral des deux démocraties face à la politique agressive et expansionniste du IIIe Reich. Si Édouard Daladier fut plus lucide quant aux intentions profondes d’Adolf Hitler, son homologue britannique, Arthur Neville Chamberlain, dans la recherche d’une paix à tout prix, porte une lourde responsabilité dans le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

    À deux reprises, l’Angleterre refuse ainsi le soutien indispensable à son allié français pour barrer la route aux dictatures. D’abord durant la Guerre d’Espagne puis, et surtout, lors de la crise de Münich (30 septembre 1938) qui sacrifie le Pays des Sudètes, donc la Tchécoslovaquie pourtant pays allié à la France. Ces accords de Münich divisent profondément l’opinion française entre d’un côté les partisans de la paix à n’importe quel prix, y compris en abandonnant le Pays des Sudètes à Hitler (les münichois), et de l’autre, ceux partisans d’une politique de fermeté face au dictateur allemand (les anti-münichois).

    Mais en France comme en Grande-Bretagne, les opinions publiques, hantées par l’hémorragie démographique du premier conflit mondial, sont minées par le pacifisme et sa mauvaise conscience. Plus grave, la crise culturelle et la crise économique du début des années 1930 se conjuguent pour affaiblir l’effort de défense. Si beaucoup pensent que l’armée française reste l’une des meilleures au monde – ce qu’elle était objectivement en 1918 -, le rapide réarmement allemand laisse penser à d’autres, dont Arthur Neville Chamberlain, que les démocraties ne sont plus en mesure de s’opposer militairement au Reich.

    Le 15 mars 1939, lorsque Hitler, au mépris des accords de Münich, finit de démembrer la Tchécoslovaquie - rayant cet État de la carte de l’Europe jusqu’en 1945 - Français et Britanniques comprennent clairement le danger mais il est alors trop tard. Les regards se tournent désormais vers la Pologne sur laquelle Hitler jette son dévolu, et pour laquelle la France et la Grande-Bretagne s’engagent fermement. Mais que vaut un tel soutien après la catastrophe de Münich ? Joseph Staline s’est empressé de répondre à cette question lorsque le 23 août 1939 il signe avec l’Allemagne nazie un pacte de non-agression…

    C’est donc la mort dans l’âme, que notre pays s’engage dans un nouveau conflit avec l’Allemagne, le 3 septembre 1939, deux jours après l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht. La mobilisation générale est décrétée. Elle se déroule sans difficulté majeure, mais l’atmosphère n’est pas du tout celle qui vit les départs des soldats au front en 1914. C’est déjà une autre époque, mais l’on veut croire que la guerre sera courte et que Hitler sera rapidement ramené à raison.

    D’emblée, la France a des atouts. Ses blindés sont aussi si ce n’est plus performants que les blindés allemands. En matière d’artillerie et d’aviation - avec le concours de l’allié britannique - le rapport de force est en notre faveur. Les deux marines, la Royale et la Navy, surclassent la Kriegsmarine en nombre d’unités. Cependant, sur le terrain, le soutien britannique reste lent à mettre en place, et la France perd l’ultime occasion de peser dans le conflit en portant un secours rapide à l’allié polonais qui fixe pourtant l’essentiel du corps de bataille allemand durant un mois.

    Pire que tout, la doctrine militaire française privilégiant de grandes unités - dont le soutien logistique ne suit pas - ainsi qu’une défense statique, est en régression face à une armée allemande qui met en pratique la mobilité et la concentration de ses unités mécanisées, et développe l’interopérabilité entre les forces terrestres et aériennes. La « Drôle de guerre » qui désigne cette période allant de l’effondrement de la Pologne au 10 mai 1940 – date du début de la campagne de France – est une perte de temps fatale qui laisse la Wehrmacht se redéployer à l’Ouest.

    À partir du 10 mai 1940, les combats sont désormais directement portés sur le sol français. En six semaines, notre armée est balayée nonobstant des actions de bravoure ponctuelles mais inutiles. Le recul de l’Histoire nous montre aujourd’hui combien « L’Étrange défaite » de Marc Bloch n’était, en fait, pas si étrange que cela. Toujours est-il que la rapidité de notre effondrement militaire et politique frappe le monde entier de stupeur. Sur l’ensemble du conflit, la France devait laisser entre 500 et 600 000 tués. Ce chiffre imprécis et bien en-deçà de celui des pertes de la Première Guerre mondiale laisse cependant apparaître une majorité de victimes civiles à la grande différence du conflit précédent.

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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 06:59

Par Enseignant Défense
LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE COMMENCE
1er SEPTEMBRE 1939 - 1er SEPTEMBRE 2009


La symbolique du drapeau nazi reste encore ouverte à bien des interprétations tant était-elle vague selon Hitler lui-même. D'aucuns y voyaient la guerre représentée par le svastika noir centré dans un cercle blanc symbolisant la pureté raciale. Le rouge représenterait le peuple et la révolution national-socialiste, mais pouvait aussi faire référence à l'ancien drapeau impérial allemand. Quoi qu'il en soit, c'est d'Allemagne et avec une idéologie reposant fondamentalement sur un racisme biologique exarcerbé, que les nazis déclenchent le conflit le plus meurtrier de l'Histoire à partir de 1939

    Dans le prolongement de coups de force destinés à donner à l’Allemagne une position hégémonique en Europe, coups de force qui n’ont cessé de déstabiliser les relations internationales depuis 1935, Adolf Hitler ordonne l’invasion de la Pologne le 1er septembre 1939.


    En cette aube du vendredi 1er septembre 1939, ce n’est cependant pas un conflit limité que le chef du IIIe Reich déclenche au coeur du continent européen. Les réactions de la France et de la Grande-Bretagne élargissent très rapidement la confrontation, et donnent d’emblée à la guerre une dimension européenne et régionale. L’enchaînement des faits est par la suite connu, surtout à partir de l’année 1941 qui voit l’entrée en guerre de l’URSS et des États-Unis.

Soldats allemands entrant dans Varsovie
   
    1er septembre 1939/1er septembre 2009. Aujourd’hui, c’est donc le jour d’une bien triste commémoration, celui du 70e anniversaire du déclenchement du plus terrible conflit que l’Humanité ait connu jusqu’à présent. Si certains historiens en perçoivent les podromes, voire en datent le déclenchement réel en Asie avec la confrontation sino-japonaise (7 juillet 1937), c’est pourtant en Europe que l’élargissement géographique de la guerre est immédiat, permettant de parler d’emblée d’un nouveau conflit “mondial”.


Le Führer Adolf Hitler salue ses troupes victorieuses en Pologne
   
    Si la Deuxième Guerre mondiale est enseignée dans les classes de Troisième et de Première, ses conséquences vont bien au-delà de ces deux programmes. Elles embrassent toute la période de l’Histoire contemporaine à partir de 1945, jusqu’à l’Histoire dite “immédiate”. En d'autres termes, le programme de la classe de Terminale est largement incompréhensible sans l'arrière-plan des événements qui bouleversent le monde de 1939 à 1945. D’abord par les conséquences directes du conflit qui mérite, bien plus que le grand conflit précédent, le qualificatif de mondial. Guerre totale, guerre industrielle, guerre essentiellement idéologique, la Deuxième Guerre mondiale a vu la mobilisation de plus de 100 millions de combattants de 61 nations différentes, la mort de 50 à 60 millions d’êtres humains, des destructions matérielles et des dépenses économiques incalculables.


    Crimes de guerre systématiques, génocide d’une ampleur inédite qui a fait définir dès 1944 le concept juridique de crime contre l’Humanité, bombardements atomiques, interrogent encore la conscience du temps présent. La Deuxième Guerre mondiale reste très vraisemblablement l’événement majeur de l’Histoire contemporaine. La Guerre froide, le nouvel ordre mondial, la construction européenne et, peut-être, l’inhibition définitive des sociétés occidentales face au phénomène guerrier, en sont un héritage également direct.

    Puisse la somme infinie de souffrance déclenchée par les dictatures - l’Allemagne hitlérienne au premier plan -, la mort brutale de millions d’êtres humains, les causes et les conséquences de ces six années de guerre, conserver encore tout son sens auprès de générations tentées par l’oubli de soi et l’abandon de l’esprit de Défense.

    1er septembre 2009/8 mai 2015-2 septembre 2015. C’est un très long 70e anniversaire qui commence.

Succédant à la Reichswehr, la Wehrmacht constitue la nouvelle armée allemande à partir de 1935. Très bien entraînée et encadrée idéologiquement, elle permit à l'Allemagne de conquérir de manière fulgurante la plus grande partie de l'Europe occidentale et centrale à partir de 1939. Cependant, l'absence d'une véritable économie de guerre jusqu'en 1943 comme l'impuissance du haut commandement face à Hitler, devaient constituer ses faiblesses fondamentales

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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 07:58

Par Enseignant Défense
    Commentaires du journaliste Jean-Dominique MERCHET (journal Libération) sur un sondage IFOP réalisé au coeur de l'été pour Le Figaro. Tout en gardant à l'esprit la relativité de tout sondage, cette étude montre, une fois encore, la faiblesse de nos démocraties occidentales face à une situation de conflit, surtout quand celui-ci s'inscrit dans la durée. Le véritable champ de bataille de la guerre asymétrique en Démocratie est l'opinion publique. La Démocratie est, cependant, aussi fondée sur le Droit. En opposant "l'expression populaire" et le Droit (fut-il international), le journaliste - connu pour son opposition à l'engagement en Afghanistan - utilise le sondage dans le sens de son opinion. Si ce genre d'étude donne un éclairage relatif de l'état de l'opinion publique à un moment donné - un éclairage que l'on aurait aussi tort d'ignorer -, il n'apporte aucun élément de compréhension à ce qui se passe en Afghanistan.

    "Selon un sondage IFOP pour le Figaro, dont on peut lire les détails ici, 64% des Français sont opposés à l'intervention militaire française en Afghanistan. Ils ne sont que 36% à y être favorables. Le soutien des Français se réduit au fil du temps : en octobre 2001, 58 % ( contre 32%) étaient favorables, puis 45% (contre 55%) en avril 2008.

    Globalement, les sympathisants de gauche sont plus hostiles à l'intervention que ceux de droite. C'est aussi le cas des femmes (71%) que des hommes (56%), des catégories populaires (ouvriers-employés) que des cadres. Seuls sont favorables à plus de 50%, les cadres (53%) ainsi que les sympathisants de l'UMP (57%) et électeurs de Nicolas Sarkozy au 1er tour (55%).

    92% des Français estiment que " la situation sur place est très difficile et nos militaires y sont très exposés", 86% qu'il y a "un vrai risque d'enlisement des troupes occidentales", 50% que "la présence militaire est nécessaire pour lutter contre le terrorisme international" et 42% que "la présence militaire a permis de faire progresser le pays vers la démocratie".

    Commentaire: les résultats de ce sondage confirment le peu de soutien de l'opinion publique à la guerre en Afghanistan. Pour l'armée française, ce fait est lourd d'inquiétude. Les soldats, lorsqu'ils risquent leur vie à l'étranger, doivent avoir le soutien du pays: là se trouve la légitimité de leur action et non dans quelques résolutions internationales. Si ce soutien fait défaut, de manière trop importante et pendant trop longtemps, le risque est une coupure entre la nation et l'armée, comme on l'a vu, par exemple, lors de la guerre d'Indochine. Nous n'en sommes pas là, mais les signaux ne sont pas bons."

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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 08:52

Par Enseignant Défense
    La chaîne de télévision M6 diffuse ce soir, à partir de 20.40, un reportage d'Amélie DEVELAY dans le cadre de son émission hedomadaire "Zone interdite". D'une durée de 1.35, le reportage nous plonge dans la scolarité de l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr à travers la trajectoire de quatre élèves officiers: Guillaume et Anaïs intégrant l'ESM en 1ère année; Christian et Anaïs finissant leur 3e année.

    Créée par Napoléon Bonaparte en 1802, l'ESM de Saint-Cyr Coëtquidan - dont la devise est "Ils s'instruisent pour vaincre" - fait partie des grandes Écoles. Défilant tous les 14 juillet en ouverture mais derrière une autre grande École - l'École Polytechnique -, l'ESM est considérée comme la "maison mère" des officiers de l'Armée de Terre. On y entre par concours (1); la formation dure trois années à l'issue desquelles les jeunes lieutenants choisissent leur Arme (Gendarmerie, Infanterie de Marine, Cavalerie, Artillerie, etc.).

    On entre jeune à Saint-Cyr avec pour perspective une véritable carrière d'officier dans l'Armée de Terre. D'abord comme chef de section ou de peloton, puis comme commandant d'unité (compagnie ou escadron). L'avancement est quasi automatique jusqu'au grade de Capitaine. Par la suite, les plus brillants obtiennent le brevet du Collège Interarmes de Défense (CID) qui leur ouvre un grand commandement ou des fonctions de haut niveau. C'est également la voie pour accéder aux grades d'officiers généraux (2).

    À voir, donc, ce soir "Un an à Saint-Cyr. À l'École des Chefs de l'Armée française."

(1) Saint-Cyr est la seule école d'officiers, avec l'École Militaire Interarmes (EMIA) également située à Coëtquidan), à proposer une voie d'entrée littéraire au concours. Dans la Marine et l'Armée de l'Air, les concours d'entrée sont exclusivement scientifiques.
(2) "Général" étant davantage une appellation qu'un grade au sens strict.


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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /Août /2009 08:49

Par Enseignant Défense
Hommage militaire rendu au Caporal-chef Anthony BODIN à Vannes, le jeudi 6 août 2009 (Photographie: Le Figaro)

    Nommé Caporal-chef et décoré à titre posthume de la Légion d’honneur par le Ministre de la Défense, M. Hervé MORIN, le Caporal Anthony BODIN du 3e RIMa a été enterré à Dinan, sa ville d’origine, le jeudi 6 août 2009. L’hommage militaire, au cours duquel était présent le Chef d’État-major de l’Armée de Terre, Elrick Irastorza, a eu lieu à Vannes, ville où est installé le 3e RIMa.

    Le blog “Défense et Démocratie” rend, à son tour, hommage à ce jeune soldat, et s’associe à la douleur de ses proches en leur présentant ses plus sincères condoléances.

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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /Août /2009 09:45

Par Enseignant Défense
HOMMAGE AU CAPORAL ANTHONY BODIN DU 3e RIMa

Le Caporal Anthony BODIN tombé en Afghanistan le samedi 1er août 2009 à l'âge de 22 ans

    La France vient de perdre son 29e soldat en Afghanistan au cours d’une opération de soutien à l’Armée Nationale Afghane (ANA) dans la vallée de Ghayne située au Nord-Est de la capitale, Kaboul. Samedi 1er août 2009 aux environs de 8.00 (heure locale), 160 soldats français manoeuvraient en soutien à 60 soldats de l’ANA. Une dizaine de militaires américains étaient également présents. Pris à parti aux alentours du village de Ghayne Pain, les militaires occidentaux ont repoussé les Talibans en moins d’une heure et demie, mais au cours de l’accrochage le caporal Anthony BODIN (22 ans) appartenant au 3e RIMa, fut mortellement touché. Deux autres militaires français (deux caporaux de 24 et 29 ans) furent également blessés au cours de l'affrontement, mais si la nature de leur blessure nous est inconnue, leur vie ne semble pas menacée.


    La situation en Afghanistan connaît un très sensible regain des combats, et demeure plus que jamais critique. Manquant d’hommes sur le terrain, la coalition a perdu la maîtrise d’une vaste province au Sud du pays. Ancrage des Talibans et de l’économie de l’opium caractérise ainsi cette province du Helmand dans laquelle la coalition a lancé récemment deux opérations de grande ampleur destinées à en reprendre le contrôle. Ce fut d’abord l’opération “Griffe de panthère” conduite par les Britanniques au mois de juin, et poursuivie par une l'opération américaine, “Poignard”, actuellement en cours.

Des Afghanes apprennent à voter ce samedi 1er août 2009 en vue du scrutin du 20 août prochain qui sera la deuxième élection organisée démocratiquement dans le pays (source - Le Figaro)
   
    Au cours des huit années de ce conflit visant à pacifier et à démocratiser l’Afghanistan, non à l’occuper, le pays est loin d’avoir trouvé son équilibre. L’économie reste profondément déstructurée, et l’agriculture ne parvient pas à se défaire de l’emprise du pavot et de l’opium. Les troupes occidentales, insuffisantes en nombre, ne peuvent quadriller en permanence l’ensemble du territoire, condition sine qua non pour protéger la population et étouffer la guérilla talibane. L’ANA a encore besoin du soutien occidental pour devenir réellement opérationnelle: armée et forces de sécurité demandent des années pour devenir réellement opérationnelle. La corruption gangrène les nouvelles institutions qui, si elles disparaissaient avec le Président Hamid Karzaï si impopulaire soit-il, ouvriraient très vraisemblablement une nouvelle période d’anarchie et de guerre civile entre les Pachtounes et les autres ethnies.


    Dans ce contexte particulièrement difficile, auront lieu d’ici quelques semaines (fin août) des élections présidentielle et régionale. Aidée par la communauté internationale, l’Afghanistan tente, donc, d’apprendre la Démocratie. D’aucuns en sourient vouant l’entreprise dès le départ à un échec certain. D’autres, à travers la demande de la redéfinition des objectifs de nos forces armées en Afghanistan, ne demandent ni plus ni moins que leur retrait. Quels que soient les arguments et la difficulté de l’entreprise démocratique afghane – comme irakienne -, c’est oublier que de nombreux soldats sont morts pour cette cause.


    Ce sont, inconstestablement, les troupes américaines et britanniques qui payent le tribut humain le plus élevé à des guerres qui ne sont ni des guerres d’annexion ni des guerres d’occupation (1). Le phénomène est suffisamment neuf à l’échelle de l’histoire des États pour être souligné. Les opérations “Griffe de panthère” et “Poignard” ont ainsi vu 75 soldats américains et britanniques tomber en l’espace d’un mois. Désormais pour l’Armée britannique, la guerre d’Afghanistan commence à l’emporter en nombre de pertes sur celle des Malouines (avril-juin 1982).

Soldat français dans le village de Hajian (province du Wardak) - 12 Juillet 2009

    Quant à la France, elle a engagé près de 4000 hommes dans la région dont 2900 rien qu’en Afghanistan (2). C’est beaucoup à l’échelle de nos forces armées, mais nos pertes - si elles ne peuvent se comparer à celles des Américains dont l'engagement est bien plus important – semblent en revanche, ce en dépit de leur cruauté, dérisoires par rapport au sacrifice britannique (3). Elles augmentent, pourtant, avec le durcissement du conflit. Depuis le 21 juillet dernier, nos troupes ont ainsi essuyé huit attaques dans les provinces de la Kapisa, du Wardak et du Logar. Les combats se rapprochent ainsi des villes et, plus particulièrement, de Kaboul.

    Loin de nous la volonté de vouloir tenir un “body count” que les ennemis de la démocratie savent si bien instrumentaliser depuis la Guerre du Vietnam (1959-1975). Il est à rappeler, cependant, la valeur que toute démocratie, quels que soient ses défauts, attachent à la vie humaine à commencer par celle de ses soldats qui ne sont en rien des “kamikazes” ni de “la chair à canon” à l’image de leurs adversaires. Des soldats qui, pourtant, sacrifient s’il le faut leur existence. Nous leur rendons hommage, une fois de plus, avec une pensée particulièrement forte à l’endroit de la famille d'Anthony BODIN, tombé hier à Ghayne Pain. Une pensée toute aussi forte accompagnera également ses camarades blessés au cours de la même action.

(1) Cf. Le retrait actuel des troupes américaines d’Irak.

(2) Le reste des effectifs est engagé dans la région à proximité du théâtre afghan : Tadjikistan, Kirghizistan et Océan Indien.
(3) 191 soldats anglais ont été tués en Afghanistan depuis 2001.
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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 10:22

Par Enseignant Défense
"La solidarité n'est pas obligatoire. Elle est juste indispensable."

Association Terre Fraternité


Évacuation d'un soldat blessé pendant la bataille d'Uzbin (18-19 août 2008)

    La guerre a toujours été un désastre humain. Pas uniquement du fait des hommes qu’elle tue directement, mais aussi du fait de ceux qu’elle brutalise dans leur âme comme dans leur chair et qui retournent, par la suite, à la vie civile. Des “gueules cassées” d’hier aux mutilés et infirmes d’aujourd’hui, la réalité des conflits n’a pas changé à cette différence que la société d’aujourd’hui ne veut plus les voir ni les reconnaître en tant que tels.

    Le soldat français détient le pouvoir LÉGITIME - car maîtrisé et contrôlé - de tuer et de détruire. Si mourir pour son pays n’est pas une fin en soi, et ne constitue pas une condition sine qua non devant faire de lui un "héros", l’exposition permanente au risque mortel est la condition première de son métier. Le soldat est, donc, un paradoxe au sein d'une société française bercée dans le confort et la sécurité. Il rappelle - surtout s’il revient mutilé - des situations que nous peinons désormais à appréhender, et que nous voudrions enfermer à tort dans les livres d’Histoire. Le mutilé de guerre doit se cacher, car ce qu'il montre de son corps ravagé est le reflet de la cruauté et de la violence d'un monde que nous voudrions fuir. Pourtant, ces combattants blessés, et diminués à vie, sont encore bien présents parmis nous.


    Paradoxalement, l’amélioration de l’équipement des soldats occidentaux, s’il a permis de sauver sensiblement des vies, a augmenté le nombre de soldats gravement blessés. La capacité des gilets pare-éclats et pare-balles - certains pouvant stopper des munitions de 7,62 mm -, les casques en kevlar, font que les projectiles ne pénètrent pas. Ou s’ils pénètrent, ils ne peuvent ressortir. Il en résulte des lésions particulièrement graves du fait de la violence des impacts, qui touchent essentiellement les vertèbres et la colonne vertébrale.

    La nature des attaques, que ce soit en Afghanistan ou en Irak, explique également que beaucoup de soldats sont touchés aux membres inférieurs. Les IED sont, ainsi, responsables de la majeure partie des amputations de jambes.

    Le 1er septembre 1993, le Chef d’État-major de l’Armée de Terre créait la Cellule d’Assistance aux Blessés pour l’Armée de Terre (CABAT), placée sous le commandement du Gouverneur militaire de Paris, actuellement le Général Bruno DARY. Spécifique à la seule Armée de Terre, la CABAT a pour vocation à aider les grands blessés à se réinsérer dans la société. Conseillant les familles comme les unités d’origine des blessés, elle accompagne ces derniers à l’échelle nationale.
    Récemment, et à l’initiative du Général de Corps d'armée DARY, une campagne a été lancée pour aider au financement de l’association Terre Fraternité qui soutient directement la CABAT. L’opération baptisée “Une pensée pour nos soldats” consiste en la vente d’autocollants représentant une fleur (une pensée). Les ventes ont débuté à l’occasion du festival international de musique militaire du 19/20 juin dernier. Elles se sont poursuivies durant le 14 juillet, et se poursuivront à l’occasion d’autres portes ouvertes.

    N’hésitez donc pas à acheter ces autocollants et à faire connaître l’opération autour de vous.

Association Terre Fraternité - Cellule d'Assistance aux Blessés pour l'Armée de Terre (CABAT)

Hôtel National des Invalides
129 rue de Grenelle
75007 Paris
Tél - 01 44 42 39 58

NB1: Depuis 2001, 1250 soldats de la coalition internationale sont tombés en Afghanistan: 742 pour les États-Unis, 185 pour la Grande-Bretagne, 125 pour le Canada, 33 pour l'Allemagne, 28 pour la France, 25 pour l'Espagne, 24 pour le Danemark, 19 pour les Pays-Bas, 15 pour l'Italie (source: icasualties.org).

NB2: Lire aussi l'article de Jean-Dominique MERCHET sur la dernière attaque des Talibans contre un VAB sanitaire.

NB3: Rapport d'information parlementaire sur le coût des OPEX du 1er juillet 2009

Publié dans : Éducation à la Défense - Communauté : Soutenez nos forces armées!
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