12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 18:36
undefinedUne vie s'est éteinte


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    Alors que la Première Guerre mondiale (1914-1918) reste au programme des années de Troisième et de Première - que nous allons dans quelques mois commémorer le 90e anniversaire de la fin de ce conflit (1918-2008) -, le dernier soldat de cette guerre vient de s’éteindre aujourd’hui à l’âge de 110 ans.

    Lazare PONTICELLI (1897-2008) faisait partie des 8,5 millions de soldats français ayant participé à la Première Guerre mondiale. Né Italien et dans la misère, il émigre avec sa famille en France au début du siècle où, à force de travail, il finit par fonder une entreprise qui lui survit encore (Ponticelli frères).

    Sa vie fut, cependant, marquée par les deux conflits mondiaux durant lesquels, il combattit les Allemands en tant que soldat et résistant. En 1914, il s’engage dans le 1er Régiment de Marche de la Légion Étrangère (RMLE), qui devait être le régiment le plus décoré à l'issue de la guerre. Dès 1942 il participe à des faits de résistance contre l'occupant nazi : détournement de convois de munitions à destination du Reich et, plus tard, participation à la Libération de Paris.

    Son engagement militaire et ses combats furent d’autant plus louables, qu’il fut un immigré de première génération. Doyen des Légionnaires, résistant, et chef d’entreprise, Lazare Ponticelli illustra, on ne peut mieux, que l'intégration reste avant tout un effort et une idée pour laquelle on se bat.

    J’invite les collégiens et les lycéens à lire son portrait, ainsi que l'hommage que lui rend Madame Luce LARCADE.

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Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
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Anonyme 26/04/2008 22:07

Paradoxalement, si le but de l'historien est d'éclaircir et de rendre plus authentique l'Histoire aux yeux de l'opinion commune, il n'en reste pas moins que la liberté permise par la démocratie dans nos société, celle là même qui permet à l'historien d'exercer en toute neutralité, soutient aussi le développement de ce qui la tue: le désengagement de l' Etat face à l'historien est nécéssaire, mais autorise aussi l'avènement de ces confusions intélléctuelles, déjà exalté par les médias de masse: Vous en avez cité moults exemples concrets dans votre article "Histoire et Mémoire", ils poussent à la désinformation. Le compromis entre deux visions qui ne peuvent être associées. Voilà où réside la contradiction je pense. D'un côté l'Histoire, la Mémoire, de l'autre l'évolution de la société, la désinformation.

Anonyme 20/04/2008 21:36

Tout est clair désormais, je peux retourner à mes livres en toute bonne conscience à présent ; )MerciP.S: Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais la rubrique Lazare Ponticelli (1897-2008) est proposée à trois reprises sur le forum.

Enseignant Défense 20/04/2008 11:01

Le rôle du professeur d’Histoire est de faire un cours d’Histoire à savoir - d’abord et avant tout - poser les faits et leur enchaînement,
ce que ne fait pas – ou très implicitement – la commémoration. Cette
dernière va davantage s’attacher à un événement érigé en symbole d’un
phénomène plus large.Prenons l’exemple du génocide du peuple
juif et la commémoration du jour de la libération du camp d’Auschwitz.
De nos jours, tout en retenant le nom d’Auschwitz - qu'ils confondent
par métonymie avec la Shoah -, les non connaisseurs ne savent pas mieux
ce que fut conceptuellement ni techniquement la Solution finale. Ils
n’en savent pas mieux la chronologie - pourtant essentielle -, ce que
normalement l’enseignant d’Histoire pose dans son cours.La
Mémoire et la commémoration n’ont pas pour vocation première
d’expliquer, d’où le phénomène de lassitude de certains de nos
contemporains qui n’hésitent plus à dire que l’on en parle trop, en
l’occurrence à l'endroit de la Shoah.Or, à mon sens, le problème est moins de trop en parler que de bien en parler. Ici, rien ne remplacera le discours historique, sans vouloir
prêcher pour ma chapelle. La commémoration et le devoir de mémoire,
tout en ayant leur utilité sociale, déplacent le discours et l’écueil
est de les voir devenir une manifestation formelle de plus en plus
privée de sens pour des générations désormais très éloignées du
contexte d'origine.L’Histoire, par son oeuvre fondamentale d’explication, restitue les faits, leur logique et surtout, leur contexte. L’enchaînement causal retrouve un sens que l’on perd souvent avec le
temps qui passe. Devoir de mémoire et Histoire ne s’excluent pas, bien
au contraire. Complémentaires ils ne peuvent, cependant pas, se
substituer l’un à l’autre.L’explication historique ouvre
nécessairement sur une interprétation subjective. En ce sens, elle sera imparfaite, et restera toujours un récit en cours d'écriture... Elle laissera son praticien, l’Historien, devant une
insatisfaction permanente, qui devrait renforcer sa rigueur intellectuelle à
chaque pas du raisonnement.Il est vrai, cependant, que la frontière
entre l’explication et l’interprétation peut être singulièrement ténue.
C’est le propre des sciences humaines… Mais si l’on s’en tient
aux problèmes de l’enseignement de l’Histoire au lycée – tels que vous
les soulevez et quels que soient les programmes officiels -, ce qui est
vraiment en jeu c’est avant tout une méthode de raisonnement et de structuration de la réflexion qu’il faut faire passer auprès des élèves.L’Histoire
en collège et lycée n’est pas un enseignement de spécialité, au même
titre que les autres disciplines enseignées. L’enseignement supérieur
se chargera de cela. Les mécanismes de l’explication de document et de
la dissertation en Histoire ne sont ni de droite ni de gauche.
Certes,
ces mécanismes demandent un minimum de connaissances fondamentales afin
de pouvoir fonctionner, et c’est ici que se situe le premier travail de
l’élève en Histoire, bien avant toute velléité d’interprétation…

Anonyme 18/04/2008 17:44

Tout d'abord, merci pour cet encouragement, et de répondre en toute impartialité à mes questions (si il est néanmoins concevable de traiter du sujet en l'étant...). Merci également de répondre dans les heures qui suivent à mes innterventions; cela aide en effet à garder le fil des idées.En somme, le devoir de commémoration et l'Histoire s'appliquent à un support commun, ce qui peut les rendre proches, mais leur fonction les discernent, l'une étant ce qu'elle est, séléctive et affective, aussi necessaire que l'autre, qui touche plus à vos travaux d'enquêteurs, ou autrement dit, d'historiens? (J' aimerais déjà comfirmer certains points pour être sûre de vous avoir entièrement compris.)Ce que vous dites m'amène à penser que c'est alors là, que réside la partie la plus essentielle et la plus abstraite sans doute de l' enseignement: inculquer aux élèves ces méthodes de distinctions, tout au moins s'y risquer? Car vous même, ne serait-ce que par le programme officiel que vous êtes tenu de réspecter, vous ne pouvez constamment rendre un cours d'Histoire, comme la logique le voudrait, sans porter l'accent sur certains faits. Il serait d'ailleurs aisé, de taxer l' EN de nationalisme dans ces circonstances... Le but n'est evidemment pas là, où commence et s'arrête la marche de manoeuvre pour un professeur d'Histoire? Vous avez toujours entre vos mains la jeunesse de demain, qui, comme vous le savez, reste très influencée par les cours qu'on leur dispensent. Au fond, c'est pour cette raison que je disais que c'est la difficulté principale de l'enseignement: vous vous situeriez à mi-chemin entre l'explication et l'interprétation, sans pouvoir priviligier l'une ou l'autre car dans un cas, c'est faire de l'Histoire un prétexte pour justifier telle ou telle action "communautariste", dans l'autre, ce serait délaisser l'objectif de l'Histoire, la leçon qu'il faut en tirer.

Enseignant Défense 18/04/2008 09:34

Vous ne posez pas “trop” de questions, bien au contraire, et je vous encourage vivement à poursuivre dans cette recherche de la compréhension et de l’explication. D’autant plus que vous mettez le doigt là où ça fait mal, et il serait fort intéressant que le Président de la MCC, qui fut acteur de la Guerre d’Algérie, puisse vous répondre à son tour.D’un point de vue général dans ce débat, il faut déjà distinguer l’Histoire de la Mémoire et de son devoir. Il y a, en effet, une dimension affective et sélective - liée à l’impératif de commémoration - dans le “devoir de mémoire” là où l’Histoire cherchera avant tout à expliquer dans la globalité. La commémoration célèbrera là où l’Histoire analysera. Les postures mentales ne sont pas les mêmes.Par ailleurs - et quand bien même existerait-il une “Histoire officielle” - le devoir de mémoire est une appropriation essentiellement nationale ou communautaire, alors que l’Histoire se voudrait davantage universelle. Si Histoire et Mémoire se rejoignent fatalement – dans le sens qu’elles renvoient à une perception du passé -, elles ne doivent pas être cependant  confondues.Les guerres coloniales auxquelles vous faites mention illustrent bien cette disctinction. Elles furent à la fois très critiquées par notre propre opinion publique, et perdues. En ce qui concerne l’Indochine, à la défaite politique s’ajoute l’humiliation de la défaite militaire. Pour faire court, je reste persuadé que la France de l’époque ne voulait pas de ces guerres, et qu’elle les a faites sans y croire. La Guerre d’Indochine est le conflit le plus long que la France ait eu à soutenir durant le XXe siècle (1945-1954), pourtant elle fut menée dans l’indifférence quasi totale de la nation. Contrairement à la guerre d’Agérie, seules des troupes de métier furent engagées pendant près de dix ans, qui plus est dans des conditions matérielles honteuses.Il ne faut pas oublier non plus le contexte politique et idéologique qui a fait de la colonisation - à tort ou à raison - une page honteuse de notre histoire. Comment commémorer les combattants de guerres perdues? De guerres au demeurant condamnées par une partie de la nation? Pour ses raisons, c’est davantage dans les livres d’Histoire que les guerres d’Indochine et d’Algérie sont abordées – et encore je vous passe les querelles d’historiens sur ces questions… -, et non par le devoir de mémoire qui, lui, pratique un détour voire un évitement au-delà du monde des anciens combattants.Sur le fond, les élèves n’ont pas à s’inquiéter de l’enseignement d’une histoire “non intégrale”, puisque l’Histoire n’est pas la Mémoire. Les approches intellectuelles ne sont donc pas les mêmes, selon que l’on se trouve dans un cours d’Histoire ou dans une occasion commémorative. En revanche, il est deux écueils pour le professeur à savoir la part faite dans des programmes lourds à ces périodes, et qui conduit à simplifier certaines choses d’une part. D’autre part, comme toute chose en Histoire - mais plus particulièrement du fait de son caractère polémique -, l’histoire de la colonisation ne peut-être enseignée en noir et blanc. Nous ouvrons là, un autre débat…

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