1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:15
Le discours du Premier Ministre, François Fillon, à l'Assemblée nationale


    Le mardi 1er avril 2008, le Premier Ministre François Fillon s'est adressé à l'Assemblée nationale, ouvrant le débat sur le prochain renforcement de notre dispositif militaire en Afghanistan. Comme cela est toujours le cas en Démocratie, l'engagement des forces armées doit être justifié devant la représentation nationale.

    L'envoi d'un renfort de 1000 hommes sur le théâtre d'opération afghan est d'une urgente nécessité, à l'heure où les combats avec les
Talibans gagnent en intensité. L'OTAN qui a pris le commandement de l'ISAF depuis 2003, et qui agit sous mandat de l'ONU, manque de troupes pour stabiliser un pays qui - avec le Pakistan - constitue un des centres de gravité du terrorisme islamiste.

    Ces enjeux internationaux concernent directement
notre sécurité nationale, mais ils ne semblent pourtant pas bien compris par une partie des Français. Ainsi l'opposition socialiste vient-elle de déposer une motion de censure visant à empêcher l'envoi de ces hommes supplémentaires en Afghanistan, et un sondage BVA paru dans le journal le Sud-Ouest d'aujourd'hui indique que 68% de nos concitoyens sont également contre l'envoi de ce renfort.

    Le débat est donc ouvert au sein de notre démocratie. Afin de l'éclairer, nous mettons en ligne
le discours prononcé par le Premier Ministre, François Fillon, aujourd'hui même sur le sujet.


   

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commentaires

DIJOUX 14/06/2008 20:22

Evidemment, il ne s'agit pas de faire de pronostics inutiles, mais je m'interroge malgré tout concernant l'avenir de la présence européenne sur ce théatre d'opération dans l'éventualité où Mr Obama remporterait les éléctions aux Etats-Unis. Ses intentions vont à l'encontre des acquis dans la lutte contre l'insurection dans cette région très instable. Le risque est-il  tolérable dans ce cas?

Anonyme 26/04/2008 21:40

De nouvelles initiatives sont à espérer à partir de Juillet prochain, dans la  mesure où Nicolas Sarkozy accédera à la présidence de l'Union Européenne. Dès aujourd'hui  sont attendus, un renforcement de la défense militaire en Europe ( la France regrette peut-être le projet de la CED...), ainsi qu'un engagement plus marqué dans la guerre contre l' islamisme.

Serge Auzanneau 15/04/2008 18:03

Le probléme de l'Afghanistan n'est pas simple. C'est un pays montagneux, d'accès difficile, à la population trés hétérogéne (plusieurs dizaines d'ethnies), en état de guerre civile permanente depuis 1979. L'intervention militaire, suite au 11 septembre avait pour but de renverser le régime taliban. Elle s'est traduite par 1 mois de guerre symétrique (classique) et 7 ans de guerre asymétrique. Compte tenu du terrain, des clans, des intérêts particuliers, de la religion la lutte sera difficile et longue.Il faut absolument aider le gouvernement afghan à mettre sur pied une armée et une police efficace, condition indispensable pour réorganiser le pays. En parallèle il faut les aider à relancer l'économie. On ne peut pas abandonner ce pays aux talibans et à Al Quaida...

Anonyme 14/04/2008 20:46

Concernant l'envoi supplémentaire de troupes en Afghanistan, il est question de missioner le vaisseau CDG en soutien des forces basées dans la région (bientôt augmantées de 1000 soldats francais). Pensez vous que ces renforts soient une nécéssité à cause de la résurgence du terrorisme et de l'influence des Talibans dans le Sud et l'Ouest, ou d'une dégradation de plus en plus mal vécue sur place par la population Afghane du niveau de vie? Si cette question apparaît de prime abord de second interêt, il n'en reste pas moins que la guerre n'est pas une fin en soi. L'objectif à terme, comme l'indique le nom donné par l'ISAF à ce conflit (Libération de l'Afghanistan), est la démocratie dans le pays. L'Etat de droit Afghan a de plus en plus de mal à faire autorité, et 95% du budjet de l' Etat reste alloué à la force internationale. La population perd confiance en cet idéal démocratique d'où le regain de dynamisme inattendu dont profitent les talibans.Pourquoi 95% de la population n'a toujours pas accès à l'eau potable?Les statistiques officielles des aides apportées tant à la population qu'à l'administration civile sont troubles, ce qui est normale eut égard au dépassement des forces de l'OTAN. Le narcotrafic enfin reste le coeur du problème, entretenant à la fois l'économie fragile du pays et une déviance patente de la jeunesse afghane. L'Afghanistan reste le premier pays producteur d'opium au monde.Quelle(s) autre(s) solution(s) concrète(s) sont envisagées pour renforcer le poids des institutions là bas et parer au manque indubitable de biens et services liés aux bien-être , outre l'envoi de troupes?

Anonyme 11/04/2008 20:45

Au risque de passer pour un ignorant, je voudrais soulever la question de l'engagement de la France dans les pays de la Révolution islamiste. Le choc des valeurs entre notre démocratie et les valeurs totalitaires de ce pays ne risque t'il pas de précipiter notre bonne volontée dans un schéma de tensions plus intenses encore? Ceci nous ramène une fois encore à nous interroger sur une démocratisation par des moyens efficaces mais risqués comme on le constate déjà de à travers le modèle américains dans la région, ou une philosophie bien moins efficace, qui se veut plus souple, et progressive: la philososphie européenne... Mais le temps presse et c'est pourquoi j'aurais tendance à m'aligner sur vos conclusions. C'est d'autant plus vrai que la France en prenant la décision de ne pas s'engager aujourd'hui ne serait peut-être plus à même de le faire demain... Est-il utile de rappeler les derniers propos du leader en matière de terrorisme quand au sort réservé à la France?Certes, cette question est primordiale et il en va de la sécurité de notre pays.

Enseignant Défense 13/04/2008 10:59



L'intervention militaire est toujours un risque et n'est jamais une fin en soi. Elle n'est qu'un moyen, a fortiori dans un conflit idéologique aussi marqué. Les valeurs démocratiques et celles du
totalitarisme islamiste (j'entends l'islamisme radical qui prône le jihad et la haine de l'Occident) sont par nature fondamentalement opposées. Il y aura donc toujours un choc qui ne manquera pas
d'éprouver aussi bien la détermination des Démocraties mais aussi le bien fondé de leurs valeurs sur le long terme. L'engagement de nos soldats en Afghanistan doit être compris dans ce sens.

Il va de soi qu'une deuxième option est de ne rien faire, mais est-ce une solution d'avenir? Je ne le pense pas.

La démocratie est un apprentissage de longue durée très certainement difficile. Mais difficile ne veut pas dire impossible. C'est justement l'universalité de cette Idée qui, jusqu'à preuve du contraire, en fonde la valeur et la justification.

Ceci dit, la méthode de la démocratisation est fondamentale et c'est entre autres sur cette méthode qu'Européens et Américains s'affrontent. Les premiers ayant une vision davantage fondée sur
l'Histoire - admettant donc ses lenteurs et son inertie -, alors que les seconds ont, je pense, une conception plus conquérante et dynamique de la Démocratie.

Il faut du temps quoi qu'il en soit, et les Démocraties, dans un contexte plus que jamais mondialisé, doivent prendre des décisions cruciales dans un flot d'événements et sous la pression de leur
opinion publique qui ne leur laissent justement pas de temps!

Pour votre réflexion sur le sujet, je vous invite à lire l'interview de M. Staffan de Misura, diplomate suédois et chef de la Mission d'Assistance des Nations-Unies pour l'Irak (MANUI), qui
décrit l'actuel processus de démocratisation en Irak et qui ne tombe pas dans le pessimisme nonobstant les incertitudes du moment.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/04/12/l-onu-estime-qu-il-faut-aider
-nouri-al-maliki-a-passer-des-compromis-politiques-en-irak_1033874_3218.html



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