29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 07:59

Propagande - Panzer IV

 

29 septembre 1941-29 septembre 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, et l’Europe était à feu et à sang. Avec l'invasion de l'URSS à partir du 22 juin 1941, le destin des communautés juives d'Europe est désormais scellé. L'antisémitisme des nouveaux maîtres de l'Allemagne, à partir de 1933, avait d'abord cherché à exclure de la société civile, puis chasser les Juifs du Reich. Meurtres, persécutions et spoliations, si insoutenables étaient-ils, ne marquaient cependant pas encore le début d'un génocide, et avaient surtout pour objectif de faire fuir les  Juifs, de rendre le territoire allemand "libre" de tous Juifs ("judenfrei"). On sait que le Reichsführer SS Heinrich HIMMLER avait même eu pour projet, au lendemain de la victoire sur la France, de créer une vaste réserve de Juifs à Madagascar afin de les éloigner définitivement de l'Europe. Le problème du transport maritime posé par une telle opération, ainsi que la maîtrise des mers par la Royal Navy, empêcha la réalisation de ce projet.

 

La deuxième étape survint avec le déclenchement de la guerre à partir de 1939. L'invasion de la Pologne, puis d'autres pays, mit les nazis en présence de communautés juives importantes, notamment en Europe centrale et orientale. Que faire de tous ces Juifs rattrapés par les victoires allemandes, et qui posaient désormais non plus la question d'une Allemagne mais d'une Europe "judenfrei"? L'étape de la guerre fut décisive dans le processus génocidaire. Elle amena rapidement les Allemands à entrevoir l'élimination physique des Juifs, sachant que le véritable problème qui se posait alors n'était pas le principe du meutre de masse en lui-même mais sa réalisation au sens technique.

 

La ghettoïsation fut une première réponse apportée à la "Solution finale de la question juive". La Pologne, puis d'autres pays d'Europe centrale, se couvrirent de ghettos à partir des années 1940/1941. Du fait de leur organisation et des conditions de vie que l'on y trouvait, ces ghettos furent  dès le départ conçus comme des camps d'extermination lente. Leur liquidation fut véritablement mise en place lors de la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, et de l'Aktion Reinhard qui s'ensuivit. Avec la conférence de Wannsee qui décida la construction de six grands camps d'extermination - tous situés en Pologne -, on entre dans la phase la plus systématique (au sens quasi industriel) de la destruction des communautés juives d'Europe et du génocide nazi dans la globalité de ses victimes.

 

Cette phase terminale du meurtre de masse ne doit cependant pas occulter ce que l'on a aussi appelé la "Shoah par balles", et qui continue encore d'être étudiée de nos jours par un prêtre catholique: le père Patrick DESBOIS. La Shoah par balles désigne le massacre de communautés juives entières par des unités spéciales - les Einsatzgrüppen - sur le front Est à partir de juin 1941. Cet assassinat, essentiellement réalisé par fusillade et non par gazage, a été perpétré par des unités mobiles peu nombreuses eu égard à la masse des victimes (1). Le meurtre qui s'est opéré dans le ravin de Babi Yar, non loin de Kiev en Ukraine, est resté emblématique de l'action des Einsatzgrüppen. Plus de 33 000 personnes y furent assassinées en deux jours seulement. Si les exécutions se prolongèrent dans les mois suivants, et qu'un camp de concentration fut construit par la suite à Babi Yar, la tuerie des 29 et 30 septembre 1941 donne à elle seule une idée de l'efficacité meutrière du génocide dans sa phase encore improvisée.

 

C'est sur ce tragique événement, qui devrait nous faire réfléchir à des années de distance sur l'intérêt d'une Défense et de la défense de nos valeurs démocratiques, que Floriane et Olivia de la classe de 1ère S2 reviennent.

 

(1) On estime que plus d'un million de Juifs furent massacrés par les quatre Einsatzgrüppen (A, B, C et D) qui ne comptaient environ que 3000 hommes.

 

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LE MASSACRE DE BABI YAR (29/30 SEPTEMBRE 1941)

 

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Hommes d'une unité d'Einsatzrüppen en train de fusiller des Juifs sur le front russe

 

Les 29 et 30 septembre 1941, à Kiev, pas moins de 33.000 juifs de tous âges et des deux sexes sont tués au lieu-dit Babi Yar (le «ravin de la vieille femme» en russe).

 

Ce massacre débuta le 19 septembre 1941, lorsque la Wehrmacht (armée allemande durant la seconde guerre mondiale) entra dans Kiev, capitale de l'Ukraine soviétique. Dès leur arrivée dans la ville, des explosions éclatèrent visant les installations allemandes (maisons, bâtiments...) et provoquèrent d'énormes dégâts dans les troupes allemandes. Dans la rue, les Allemands arrêtent un Juif en train de sectionner un tuyau destiné à combattre l’incendie. Il est immédiatement abattu. Cet incident devient le prétexte pour rendre responsables des explosions les Juifs de la ville. En réalité, les bombes ont été posées par la NKVD (police soviétique). C'est donc un prétexte que les nazis ont utilisés pour exécuter les juifs. Cela entraina la publication d'un communiqué le 28 septembre 1941 qui ordonna à tous les juifs de se présenter le lendemain, 29 septembre, jour de Youm Kippour (également appelé Jour du Grand Pardon est une fête considérée comme la plus sainte de l'année juive) avec leurs papiers, leurs biens et leurs vêtements chauds sous peine d'exécution en cas de désobéissance. Les habitants de Kiev, juifs ou non, pensaient qu'il s'agissait d'une simple déportation et que l'armée allemande était une armée de libération pour les populations. Ils étaient convaincus que les nazis allaient se comporter comme lors de la première guerre mondiale, en tant qu'ainés et de façon amicale et civilisée. Ils étaient cependant loin de se douter du sort que leur avait réservé les nazis.

 

Le témoignage extrait du journal d'Iryna Khoroshunova, une habitante de Kiev, nous montre l'incertitude qui régnait lorsque le communiqué a été publié : «Nous ne savons toujours pas ce qu’ils font avec les Juifs. Il arrive d’épouvantables rumeurs du cimetière de Lukianivka (à Kiev). Mais elles sont impossibles à croire. Elles disent que les Juifs sont fusillés… Quelques personnes prétendent que les Juifs sont massacrés à la mitrailleuse. Tous. D’autres, que 16 wagons de chemin de fer sont prêts et que les Juifs vont être envoyés ailleurs. Mais où ? Personne ne le sait. Une seule chose semble claire : tous leurs papiers, affaires et toute leur nourriture ont été confisqués. Ensuite ils sont poussés vers Babi Yar, et là… Je ne sais pas. Je sais seulement une chose : il se passe là bas quelque chose d’épouvantable, quelque chose d’inimaginable, que l’on ne peut pas comprendre…»

 

Le 29 septembre, les juifs sont conduits par groupes de dix vers le bord du ravin, et obligés de se dévêtir. Ils sont ensuite massacrés a la mitrailleuse. Ce témoignage d'un officier allemand décrit cette exécution : «C'était comme une migration de masse...Les Juifs chantaient des chants religieux en chemin. Sur le quai, on leur prenait leur nourriture et leurs biens… Après une longue marche, ils arrivaient à un passage formé par des soldats allemands avec des massues et des chiens policiers. Les Juifs étaient fouettés sur leur passage. Les chiens se jetaient sur ceux qui tombaient mais la poussée des colonnes qui se pressaient derrière était irrésistible et les faibles et les blessés étaient piétinés. Meurtris et ensanglantés, les Juifs débouchaient sur une clairière d'herbe. Ils étaient arrivés à Babi Yar, devant eux se trouvait le ravin. Des miliciens ukrainiens, surveillés par des Allemands, ordonnaient aux Juifs de se déshabiller. Ceux qui hésitaient, qui résistaient, étaient battus, leurs vêtements arrachés. Il y avait partout des personnes nues, ensanglantées. L'air était empli de cris et de rires convulsifs.» Les rescapés du premier massacre et beaucoup d'autres ukrainiens vont être tués à leur tour et jetés dans le ravin au cours des mois suivants, au rythme de deux jours de tueries par semaine. Cet événement fait partie des massacres de la Shoah par balles.

 

Après les exécutions de masse, un camp de concentration fut crée a Babi Yar. Les communistes, résistants et prisonniers de guerre y ont été enfermés. Le nombre de victimes du camp est estimé a 30000 personnes. C'est ainsi plus de 90000 personnes qui périront a Babi Yar. Aujourd'hui, le site est devenu un lieu de mémoire et de recueillement.

 

Floriane et Olivia


Références bibliographiques

 

1- LITTEL Jonathan, Les Bienveillantes, éditions Gallimard, collection Folio, Paris, 2006, pp 178 et suivantes.

2- HESSE Thierry, Démon, éditions de l'Olivier, Paris, 2009, pp. 148 à 154.

 

 

Commémorations 1941-2011 

 

* 8 juin 1941. Chloé et Lisa – L’opération Exporter

* 15 juin 1941. Adrien et Romain – La bataille de Sollum

* 22 juin 1941. Charles et Loïc - L'opération Barbarossa

* 7 juillet 1941. Alexis et Louis - La création de la LVF

* 10 juillet 1941. Bérenger et Cécile - La bataille de Smolensk

* 14 août 1941. Julia et Nicolas - La Charte de l'Atlantique

* 16 août 1941. Jennifer et Thibaut - Le lancement de l'Ocean Vanguard

* 29 septembre 1941. Naomi et Clarisse - La première conférence de Moscou

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Enseignant Défense Floriane et Olivia (1ère S2) - dans Agenda-Commémorations
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