4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 09:57

Midway

"First hit at Midway" par Paul RENDEL

 

1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

 

Du 4 au 8 mai 1942 a lieu la première bataille aéronavale de l’Histoire: la bataille de la Mer de Corail. Elle oppose la Marine américaine à la Marine impériale japonaise. Au printemps 1942, l’Empire japonais a atteint la limite maximale de son extension territoriale. Depuis décembre 1941, une succession de victoires japonaises a balayé le Pacifique, acculant les États-Unis sur la défensive dans un espace maritime immense. Ayant éliminé les Français, les Britanniques et les Néerlandais, les Japonais sont désormais aux portes de l’Australie, le dernier grand allié régional de Washington. Pour le Japon, la bataille qui s’ouvre, au début du mois de mai 1942, a pour objectif de consolider la pointe méridionale de son expansion – notamment en prenant deux sites portuaires d’importance : Port-Moresby en Nouvelle-Guinée et Tulagu dans l’archipel des Salomon. Stratégiquement, elle prépare une future invasion du sous-continent australien.


Deux forces d’invasion sont ainsi mises sur pied, dont la protection est assurée par une flotte articulée autour de 3 porte-avions : le Shokaku, le Zuikaku et le Shoho. Les deux premiers sont des porte-avions modernes de la même classe (32 000 tonnes). Le Shoho est, quant à lui, un bâtiment hybride conçu entre le pétrolier et le ravitailleur de sous-marins, et engagé dans la bataille comme porte-avions léger (14 200 tonnes). Conduite par le Vice-amiral Shigeyoshi INOUE, le nom de code de l’opération japonaise était MO. Les renseignements alliés ayant réussi à déterminer les objectifs de l’ennemi, les Américains anticipèrent l’offensive japonaise en envoyant, fin avril, 2 porte-avions dans la Mer de Corail : le USS Yorktown CV-5 et USS Lexington CV-2, tous deux placés sous le commandement du Contre-amiral Frank J. FLETCHER. Les USS Hornet et Enterprise ayant participé au raid du Lieutenant-colonel James H. DOOLITTLE sur Tokyo, devaient rejoindre la base de Pearl Harbor pour se ravitailler. Ils ne purent donc participer à la bataille. Avec le Yorktown et le Lexington, l’US Navy engageait cependant 50% de ses porte-avions dans la Mer de Corail.


Si le 3 mai, la première force d’invasion japonaise parvint à prendre pied sur l’île de Tulagu, d’emblée la bataille tourna de part et d’autre en une recherche des porte-avions ennemis. Pour les Américains, ces derniers étaient le moyen de détruire les flottes de débarquement qui approchaient de Tulagu et de Port-Moresby. Inversement pour les Japonais, la destruction des porte-avions américains sécuriserait les forces d’invasion tout en affaiblissant sensiblement la défense de l’Australie, quand bien même des bombardiers B-17 pouvaient encore frapper à partir de bases australiennes. Confirmer la présence des porte-avions ennemis (surtout pour les Japonais qui étaient moins bien renseignés), en déterminer le nombre, les localiser pour pouvoir ensuite les couler, tel était le véritable centre de gravité de la bataille qui s’engagea réellement à partir du 4 mai.


Ce jour-là, attaquant la flotte de débarquement à Tulagi, les avions du Yorktown coulèrent le destroyer Zikuzuki ainsi que 3 dragueurs de mines. Cependant le 7 mai, dans leur recherche des porte-avions américains, les avions japonais surprirent et frappèrent le pétrolier ravitailleur USS Neosho (1) ainsi que le destroyer USS Sims qui l’accompagnait. Ce dernier sombra alors que le premier était abandonné. Mais en fin de matinée, les groupes aériens conjoints de l’USS Yorktown et de l’USS Lexington parvinrent à débusquer le porte-avions Shoho qui fut à son tour bombardé, torpillé et coulé. Cette présentation des combats ne doit pas masquer une journée de grande confusion dans les deux camps, où l’on vit des B-17 bombarder par erreur des bâtiments américains. L’immensité de l’espace à couvrir, la faiblesse des rayons d’action des appareils de l’époque ainsi que des systèmes de détection encore rudimentaires (2), expliquent en grande partie les ratés et les méprises.

 

Marine de guerre impériale

Porte-avions-Shoho-1.jpg

Le porte-avions léger japonais Shoho (14 200 tonnes) sera coulé le 7 mai 1942

 

La confrontation était cependant montée d’un cran, et l’on comprit de part et d’autre que le choc des porte-avions n’était plus très loin. La nuit du 7 au 8 fut donc mise à profit pour préparer l’engagement du lendemain. Les task forces japonaise et américaine se repérèrent quasiment au même moment le 8 mai en début de matinée. Elles étaient distantes l’une de l’autre d’à peu près 400 km lorsqu’elles lancèrent leurs groupes aériens. C’est dans cet engagement que l’on put, pour la première fois, parler de bataille “au-delà de l’horizon”, où les porte-avions se battirent sans se voir et par aviation interposée : une révolution en matière de combat naval. Au cours de cet affrontement le Shokaku fut gravement touché mais le Zuikaku échappa aux bombardements. En revanche, les deux porte-avions américains furent sévèrement touchés, surtout le USS Lexington dont les incendies, maîtrisés dans un premier temps, reprirent violemment à la suite d’une série d’explosions. Devenu incontrôlable, le Lexington fut abandonné, et torpillé par le destroyer USS Phelps.

 

Les deux adversaires rompirent le combat à l’issue de cette importante journée. Les pertes américaines avaient été sensibles, et il ne restait plus qu’un porte-avions au demeurant gravement endommagé. Qui plus est le ravitaillement sur zone était compromis avec la perte du pétrolier USS Neosho. Côté japonais, le Shokaku était lui aussi gravement avarié, et n’était plus en mesure de poursuivre le combat. Le Zuikaku demeurait intact, mais son groupe aérien avait été décimé. Il ne disposait plus d’avions ni de pilotes en nombre suffisant pour poursuivre le USS Yorktown et, en même temps, protéger les forces d’invasion. Les Japonais restèrent donc maître du terrain, mais avec de lourdes difficultés pour ravitailler leurs bâtiments et une incapacité à relancer une nouvelle attaque aérienne. L’ordre fut donc donné de remettre à plus tard l’invasion de Port-Moresby. Le porte-avions Shokaku avait déjà quitté le champ de bataille pour regagner le Japon où des réparations lourdes l’attendaient. Le Zuikaku le suivit afin de reconstituer son groupe aérien. Ces deux grands bâtiments de la Marine impériale n’étaient donc plus opérationnels pour de longs mois.


La bataille de la Mer de Corail a pu être considérée comme une victoire tactique japonaise si l’on considère le tonnage des bâtiments coulés de part et d’autre. La Marine américaine y a perdu les plus gros navires, notamment le USS Lexington CV-2 qui valait davantage que le Shoho (3). Ces gains tactiques n’étaient cependant qu’apparence. La bataille marqua un véritable coup d’arrêt à l’expansion japonaise dans le Pacifique Sud après des mois ininterrompus de victoires et d’avancée. Si les Japonais débarquèrent à Tulagu, il s’y trouvèrent rapidement isolés alors que Port-Moresby n’était toujours pas en leur possession. La Marine impériale battit donc en retraite et l’Australie fut sauvée. Stratégiquement, et nonobstant les pertes de l’US Navy, la bataille fut donc un échec pour le Japon.


La suite des événements allaient rapidement confirmer l’avantage pris par les Américains dans cette première confrontation aéronavale. Frappé par une bombe anti-blindage de 250 kg qui traversa 4 niveaux, endommagé également sous sa ligne de flottaison, le USS Yorktown allait être réparé dans un temps record contrairement au Shokaku. Sachant que Midway sera le prochain objectif du Japon - l’état-major américain déroute le Yorktown sur Pearl Harbor. Ce dernier, en dépit de ses graves dommages, avait réussi à rejoindre les îles Tonga pour y subir les premières réparations. Le 20 mai le USS Yorktown reçoit l’ordre d’appareiller pour rejoindre de toute urgence l’arsenal de Pearl Harbor, soit une distance de 7000 km qu’il va parcourir à une vitesse de 20 noeuds. Il y parvint le 27, et est réparé en 3 jours et 3 nuits. Tout en réalisant un véritable exploit technique, l’US Navy raccourcissait les distances et repositionnait rapidement un porte-avions que l’état-major japonais pensait indisponible voire frappé à mort dans la Mer de Corail. Remis en condition opérationnelle, après ces travaux et avec un groupe aérien réarmé, le USS Yorktown appareilla le 30 mai en direction des îles Midway où se concentraient déjà les porte-avions USS Hornet et USS Enterprise en vue de la prochaine bataille.


Facteur aggravant pour la Marine impériale, la bataille de la Mer de Corail avait été coûteuse en avions et, plus grave encore, en pilotes. Au cours de l’affrontement, elle perdit 80 appareils et l’US Navy 66. Cependant, cette dernière récupérait presque systématiquement ses pilotes abattus en pleine mer, ce qui n’était pas le cas des Japonais dont les pilotes furent quasiment tous sacrifiés. L’opération MO n’aboutit donc pas seulement à la neutralisation de 3 porte-avions, elle fut aussi une hémorragie en matière de pilotes expérimentés, ce qui n’allait pas manquer de peser dans les confrontations futures.

 

Émilie, élève de la classe de 2nde 6, nous raconte la bataille de la Mer de Corail.

 

(1) Mortellement touché et à la dérive, le pétrolier ne sera achevé que le 12 mai par le destroyer USS Henley.
(2) Les Américains disposaient déjà de radars opérationnels, notamment sur leurs deux porte-avions (radar CXAM de 160 km de portée). En revanche, les Japonais étaient très en retard dans ce domaine, et ne disposèrent de radars que tardivement dans le courant du conflit.
(3) Le USS Lexington était un porte-avions lourd de 50 000 tonnes.

 

A6M-Zero.jpg

Chasseur embarqué Mitsubishi A6M Zero

SBD-Dauntless.jpg

Bombardier en piqué SBD Dauntless

Grumman-F4F-Wildcat.jpgChasseur embarqué Grumman F4F Wildcat

 

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LA BATAILLE DE LA MER DE CORAIL

 

La bataille de la mer de corail a eu lieu du 4 au mai 1942. Elle se déroule en mer de corail au nord-est de l'Australie. Cet affrontement est une btaille navale de la seconde guerre mondial. Les acteurs de ce combat sont la Marine impérial japonaise et les forces alliées navales et aériennes des Etats-Unis et de l'Australie. Elle fut la premiére bataille aéronavale de l'histoire, dans laquelle les navires se sont affrontés par porte-avion.  Aprés leur rapide succés durant les premier mois de guerre, les japonais projettent l'invasion de l'Australie. Pour menacer l'Australie, les Japonais tentent en mai 1942 d'envahir Port Moresby au sud de la Nouvelle-Guinée. Les forces déployées par la marine du Japon, sous le commandement général de Shigeyoshi Inoue, comprennent en particulier deux porte-avions et un porte-avions léger. Mais les Etats-Unies grace a leur service d’écoute , perce le plan ennemis regroupe deux groupes de porte-avions et une force de croiseurs, sous le commandement de l'amiral Frank J. Fletcher. Durant cette bataille les Japonnais coulent plusieurs plateformes appartenant aux américains (USS Lexington et USS Yorktown). Les américains eux coulent le porte avion légers ( Shoho ) des japonnais ainsi qu’une de leur plateforme (Shokaku). Les dommages matériels sont peu conséquents, mais l'effet sur le moral des japonais est très important. Cette bataille est une victoire matériel pour les japonnais qui ont coulés plusieurs navires américains. Pour les américains c’est une victoire moral car ils déjouent pour la première fois une opération japonaise. Les Américains y perdirent 543 hommes et 66 avions. Les Japonais dénombrèrent 900 tués et 80 avions détruits. Il s'agit d'une victoire américaine car cette bataille marque l’arret de l’avancé fulgurante des japonnais dans le pacifique sud.

 

Émilie

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COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)

Nassima - La conférence de Wannsee (20 janvier 1942)

Iman - La chute de Singapour (15 février 1942)

William - L'opération Chariot (27 mars 1942)

Wissame - Le raid DOOLITTLE (18 avril 1942)

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Enseignant Défense Émilie - dans Agenda-Commémorations
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