15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 13:30

Midway"First hit at Midway" par Paul RENDEL

1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

Base navale britannique, gardienne du détroit de Malacca et verrou stratégique majeur, Singapour capitulait devant l’armée impériale japonaise le 15 février 1942. Depuis l’attaque surprise du 7 décembre 1941, qui a détruit une grande partie de la flotte américaine du Pacifique, les armées japonaises sont à l’offensive dans tout le sud-est asiatique. Leur avance foudroyante place, dès le début des hostilités, la Malaisie en position d’objectif stratégique majeur. En effet, la péninsule malaise commande l’un des détroits majeurs de la région (le détroit de Malacca), mais elle ouvre aussi la route de la Birmanie – et au-delà de l’Inde – à l’ouest et celle de l’Indonésie au sud. L’île de Singapour, justement située à l’extrémité méridionale de la Malaisie, se trouve plus particulièrement au cœur de la prochaine bataille. Reliée au continent par un pont enjambant le détroit de Johor, Singapour borde sur plus d’une centaine de kilomètres le détroit de Malacca, et abrite la plus grande base navale britannique d’Extrême-Orient.

L’Angleterre n’ignore pas la menace qui plane sur la Malaisie et Singapour (1), mais en 1942 la priorité stratégique est donnée à l’Atlantique et l’Afrique du Nord. Au bord de l’effondrement, les Britanniques n’ont pas les moyens nécessaires à la défense de leurs possessions asiatiques. À cette faiblesse, les Japonais vont créer la surprise en déjouant les prévisions et la planification de l’état-major anglais. En effet, ce dernier prévoit en toute logique un débarquement japonais de vive force en provenance de la mer. Le risque à terre pouvant être contenu, pense t-il, par la destruction du pont reliant Singapour à Johor, l’état-major s’apprête à livrer bataille au sud de l’île. L’essentiel des moyens de la défense britannique y est donc massé. Afin d’affaiblir la concentration navale nécessaire à un tel débarquement, la Royal Navy tente d’intercepter et de détruire les convois japonais en envoyant sur zone deux de ses plus gros bâtiments de guerre: le HMS Prince of Wales et le HMS Repulse. Le premier est un cuirassé de la classe King George V, et le second est un croiseur de la classe Renown. Surpris sans aucune protection aérienne, les deux bâtiments sont coulés par les avions japonais le 10 décembre 1941. Cette défaite navale britannique, intervenant alors que la bataille de Malaisie venait de commencer - et trois jours seulement après le bombardement de Pearl Harbor -, consacrait désormais la supériorité définitive de l’avion sur le cuirassé.

À la mi-janvier, l’ensemble de la péninsule malaise tombe donc aux mains de l’armée du Mikado, et le corps de bataille anglais se replie sur l’île de Singapour dont la bataille débute les 7 et 8 février. Contrairement à l’attente britannique, et nonobstant la destruction du pont principal, les Japonais surprennent la défense adverse en attaquant par la terre, c’est-à-dire par le nord-ouest au moment où la défense anglaise restait tournée vers le sud, vers la mer. La ville de Singapour, mise en état de siège par le Général Arthur Ernest PERCIVAL, est rapidement assiégée. Privée de tous secours, ayant épuisée ses munitions, à court d’eau potable également, la garnison anglaise capitule le 15 février 1942.

Iman, élève de 2nde 6, nous raconte « le pire désastre et la capitulation la plus importante de l'histoire britannique » selon les mots de Winston S. CHURCHILL.

 (1) Au moins depuis 1935.

Marine-de-guerre-imperiale.jpgPavillon de la Marine de guerre japonaise

La conquête de la Malaisie

Le jour même de l'attaque contre Pearl Harbor, le Japon lança son offensive générale dans le Pacifique. A l'extrémité sud de la Malaisie, se trouvait la grande base navale de Singapour emblème majeure de la présence occidentale en Asie. Le Japon chargea le général Tomoyuki Yamashita de la conquête de la péninsule. Il prévoyait l'attaque terrestre d'une partie de ses forces depuis le territoire de l'allié siamois (Thaïlande) et le débarquement du reste de ses troupes en plusieurs points de la côte est de la Malaisie. L'assaut fut déclenché le 8 décembre, quelques heures après l'attaque de Pearl Harbor. Dès le début de l'offensive japonais, les Britanniques furent contraints d’abandonner. Avec un fort avantage aérien  et navale, Yamashita ordonna de nombreux débarquements successifs sur les côtes Est et Ouest de la péninsule malaise. Durant tout le mois de décembre, Yamashita resta fidèle à sa tactique qui consistait à lancer un assaut frontal, souvent nocturne, à l'aide de petites unités soutenues par des chars; ensuite, il débarquait en force sur les flancs et les arrières de l'ennemi qui était contraint de se replier, une fois de plus, vers une autre position défensive.

 

L’assaut contre Singapour

Le 8 février 1942, plus de 400 canons japonais commencèrent à bombarder l'île. Le 9 février, les hommes de Yamashita s'étaient emparés de l'aérodrome de Tengah Le 11 février, les Japonais proposèrent aux Britanniques de se rendre mais Percival refusa. Le 14 février, tandis que Percival renonçait à une tentative de reconquête des réservoirs d'eau, les Japonais s'emparèrent de l'hôpital Alexandra où ils se livrèrent au massacre de la majeure partie des blessés et du personnel soignant. Percival renonça le 15 février à 18h10, au moment même où Yamashita envisageait de mettre un terme à son offensive et à se replier sur la péninsule.

 

Une défaite humiliante

 

La conquête japonaise de la Malaisie, longue de plus de 800 kilomètres, s'effectua en 70 jours au prix de 3.500 tués et environ 6.000 blessés, en plus de 30 blindés et 50 avions perdus. Les Britanniques perdirent au moins 9.000 tués et blessés en plus de 200 avions. Ce fut à coup sûr la plus grave défaite de toute l'histoire militaire britannique.

Tigre---Message-2.jpg

 

COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)

Nassima - La conférence de Wannsee (20 janvier 1942)

Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Iman - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article

commentaires

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives