27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 06:28

Midway"First hit at Midway" par Paul RENDEL

 

1942-2012. La Deuxième Guerre mondiale entre dans sa troisième année. Le conflit est désormais planétaire. On se bat sur presque tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?


Il y a 70 ans, le 27 novembre 1942, la Flotte de guerre française se sabordait en rade de Toulon afin de ne pas tomber entre les mains des Allemands.

 

La Royale de l’entre-deux-guerre est l’une des plus belles marine de guerre de son époque. Lorsque la guerre éclate, elle a certes raté l’étape du porte-avions (nonobstant la tentative de transformation du Béarn) mais elle se présente comme un ensemble moderne et incontournable dans le rapport de force naval. La défaite de 1940 neutralise cette marine et en fait un enjeu entre Britanniques et Allemands. Hormis l’intégration d’unités modernes tel le cuirassé Dunkerque, la mainmise sur la Flotte française présentait un avantage stratégique indéniable pour les belligérants. Pour Londres, il s’agissait de neutraliser une force de combat encore dangereuse. Pour Berlin, c’était gagner une flotte de surface que l’Allemagne n’avait pas encore eu le temps de construire, et qui pouvait immédiatement peser dans le rapport de force avec l’Angleterre.

 

Cette dernière ne s’y trompait pas et, dès 1940, elle exerce une forte pression sur les autorités françaises, saisissant des bâtiments aux Antilles et allant jusqu’à détruire une partie de l’escadre de Méditerranée dans la rade de Mers-el-Kébir (opération Catapult du 3 juillet 1940). Cette destruction provoqua un vif ressentiment au sein de la Royale et n’aida pas - par le sentiment anti-anglais qu’elle suscita - à clarifier la position des autorités politiques et militaires françaises à l’endroit de la Flotte.

 

C’est Adolf HITLER qui, finalement, précipita les événements en faisant envahir la Zone libre le 11 novembre 1942 (opération Attila), en réaction au débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch). La Wehrmacht se rapproche donc dangereusement de la Flotte française alors concentrée à Toulon, et placée sous le commandement de l’Amiral Jean de LABORDE. Ce dernier particulièrement hostile à l’Angleterre et ayant empêché le ralliement de ses bâtiments au camp allié, ne peut cependant laisser l’armée allemande s’emparer des bâtiments à quai. Alors que le premiers véhicules allemands pénètrent dans Toulon, l’Amiral de LABORDE ordonne le sabordage de la Flotte le 27 novembre 1942. Plus de 50 bâtiments de guerre moderne (220 000 tonnes) sont coulés dans la rade sans avoir combattu. 5 sous-marins parviennent à s’échapper mais 3 seulement rejoindront la Grande-Bretagne.


La Royale ne servira ni l’Occupant ni l’ennemi héréditaire dans l’esprit de l’Amiral de LABORDE. Le sabordage est cependant un terrible gâchis qui voit disparaître plus de la moitié de la Flotte. Au lendemain du conflit, la Marine française ne représente plus grand chose. Alors que le conflit indochinois s’allume, elle est sinistrée, vieillissante et sans moyens, plus que jamais dépendante du soutien britannique et américain. Pire, elle a raté toutes les révolutions technologiques et navales du conflit.

 

Toulon 1942Un Panzer IV et son équipage dans le port de Toulon (source - Bundesarchiv)

 

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