6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 20:54
  
« Mon G2 (Bureau de renseignement) me dit ce que l’ennemi pourrait envisager. En fonction de quoi mon G3 (Bureau des opérations) me propose ce que je devrais faire. Mais mon G4 (Bureau du soutien logistique) m’impose ce que je peux faire. »

"Tout homme qui a posé le pied à Omaha Beach le 6 juin 1944 est un héros."


États-Unis/Grande-Bretagne: l’affrontement des doctrines stratégiques

1944. La guerre embrase le monde depuis plusieurs années, mais les Alliés ont remporté de grandes victoires en 1942 et 1943. Désormais, les puissances de l’Axe ont perdu toute initiative stratégique que ce soit en Europe ou en Asie. Cependant, Américains, Britanniques et Soviétiques sont divisés sur la manière de poursuivre la guerre et de libérer le continent européen. À la stratégie périphérique d’un Churchill qui désire atteindre le Reich par la Méditerranée et le Sud, Roosevelt préfère une stratégie plus directe à travers l’Europe du Nord-Ouest. Staline, lui, demande surtout l’ouverture d’un second front qui soulagerait son effort de guerre. Depuis plus de deux ans, en effet, l’Armée rouge, paye un prix terrible à sa lutte contre le nazisme.

C’est au cours des grandes conférences interalliées de l’année 1943, que la décision est finalement prise de frapper par l’Europe du Nord-Ouest, et plus particulièrement la Normandie. Un débarquement massif dans cette région, suivie d’une puissante offensive devait permettre d’atteindre le coeur de l’Allemagne rapidement. C’est la doctrine stratégique américaine qui l’emporte, donc, à savoir livrer une bataille frontale destinée à anéantir la Wehrmacht.

L’effort de guerre américain

Cependant, au-delà de cette grande décision politique, ce qui allait devenir l’opération Overlord fut avant tout des années de négociations appuyées de rapport d’experts, d’études stratégiques et techniques en tout genre, de plans constamment vus et revus. Décider un débarquement en Europe était une chose, le réaliser en était une autre même pour l’armée américaine qui, en 1939, ne disposait que de 175 000 hommes sous les drapeaux. Tous ses matériels étaient alors frappés d’obsolescence, et généraux comme soldats avaient encore tout à apprendre de la guerre.

Dans ces remarques générales se trouvent toute l’importance des années 1941-1943 où, sous les coups des dictatures allemande et japonaise, les États-Unis chancellent mais ne fléchissent pas. Alors que le Victory program - ce gigantesque plan de conversion de l’économie industrielle américaine en une économie de guerre - se met en place, permettant non seulement à l’US Army de s’équiper, mais aussi de soutenir l’allié britannique et soviétique, les États-Unis organisent une mobilisation militaire sans précédent. De 1940 à 1945, l’armée américaine opère une brutale montée en puissance multipliant par 30 les effectifs de l’Army, par 21 ceux de la Navy, par 16 ceux de l’US Marine Corps. Le 30 juin 1945, 12 123 000 hommes et femmes servent dans les forces armées, et dans l’US Army pour 1 officier de carrière on en comptait 50 venant de la société civile. Le personnage du Capitaine de Rangers John Miller - magistralement interprété par Tom Hanks - dans le film de Steven Spielberg “Saving private Ryan” (1998) - professeur de littérature avant d’être mobilisé, est, en fait, assez conforme à ce que fut la réalité pour des millions d’Américains. Si l’on ajoutait à ces chiffres ceux relatifs à l’équipement d’une telle armée – sans commune mesure avec la rusticité de l’armée soviétique d'alors -, on prendra la mesure de ce que pesa l’effort de guerre américain dans le cours du conflit.

La guerre américaine: logistics first!

À cette mobilisation vient aussi se greffer l’apprentissage de la guerre. Inexpérimentés et bousculés par les premières confrontations avec l’ennemi que ce soit à Kasserine ou dans la Mer de Corail, les soldats américains apprennent vite. Très rapidement, la guerre vue de l’Amérique va dégager trois données essentielles: l’importance du soutien aérien et de la maîtrise du ciel qu’il suppose, le contrôle des mers et des océans, et l’organisation logistique d’abord navale et ensuite terrestre. La supériorité américaine dans ce domaine est manifeste, et elle n’a cessé de se renforcer jusqu’à nos jours. S’inspirant de méthodes industrielles et entrepreneuriales, l’armée américaine va imposer une standardisation et des normes de manière inédite afin de rationaliser toutes les productions de guerre.

La logistique, au sens économique et industriel, devient désormais une véritable spécialité, une donnée d’entrée dans toute planification quelle qu’elle soit. C’est une différence fondamentale avec les autres armées. L’analyse de la Blitzkrieg allemande et des offensives japonaises nous montre une conception de la guerre justement inverse, à savoir l’incapacité de mobiliser sur la durée une économie de guerre d’où le recours à des offensives conçues dans le cadre d’une guerre brutale mais courte. En fait, les Japonais ne parviendront jamais à remplacer les porte-avions perdus à partir de 1942, et l’industrie de guerre du Reich ne parviendra pas non plus au niveau d’efficacité et de standardisation atteint par l’industrie américaine nonobstant l’efficacité d’un Albert Speer. La fabrication d'un char Tigre I coûtait le prix de 3 Messerschmitt BF 109, et si les Allemands disposaient des meilleurs blindés de toute la guerre, leur incapacité à maîtriser les océans et le ciel annulait, in fine, cet avantage tactique. En dépit d'efforts désespérés, les dictatures devaient ainsi, jusqu'en 1945, prolonger le conflit dans l'improvisation industrielle. 

Le D-Day

Le courage et la valeur ne sont évidemment pas le monopole des Américains. Des Britanniques, des Canadiens, des Français et bien d'autres participeront directement aux débarquements du mardi 6 juin 1944 et à la grande bataille qui s'en suivra. Cependant, seuls les Américains pouvaient rendre ce débarquement matériellement possible du fait de leur puissance industrielle et technique, de leur savoir-faire logistique et stratégique. En effet, toutes les expériences cumulées que ce soit en matière de débarquement d’un important corps de bataille, de maîtrise de l'interopérabilité des différentes armes, de la coordination logistique, vont se concentrer et trouver leur aboutissement dans l’opération Overlord. De Dieppe à Guadalcanal, en passant par l’Afrique du Nord, la Sicile, et l’Italie, le retour d’expérience est particulièrement riche en 1944.

Les choses n’étaient pourtant pas jouées d’avance, loin de là, et avec de meilleures intuitions les Allemands auraient très bien pu tenir en échec Overlord. Certes, la supériorité matérielle des Alliés est incontestable. L’Angleterre, où se concentrent troupes et matériels, est un gigantesque camp militaire au printemps 1944. À la veille du débarquement, 750 000 Gi’s s’y trouvent sans compter les autres forces armées (2 000 000 d’hommes au total). Mais les incertitudes quant aux réactions allemandes et à la météorologie – fondamentale pour opérer un débarquement aussi lourd -, les défis techniques (notamment à l’endroit des ports artificiels), sont énormes. Plus le nombre de bâtiments engagés est important, plus se pose la question des goulets d’étranglements que seront les plages. et les ports Les problèmes logistiques deviennent exponentiels, alors que la Manche reste démontée…

Le jour J est cependant arrêté au 6 juin 1944. La décision a été prise par Eisenhower au dernier moment, et les bulletins météorologiques ont joué un rôle déterminant. Dans la nuit du 5 au 6 juin, des milliers de parachutistes sont largués au-dessus de la Normandie. Leurs missions: s’emparer de points névralgiques (notamment les ponts sur l’Orne) et les tenir jusqu’à l’arrivée des troupes débarquées. Au même moment, une flotte de 1213 bâtiments de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos, 126 engins de débarquement, se concentre au large de l’île de Wight, dans une zone dont le nom de code est "Picadilly Circus". Elle commence à traverser la Manche. À son bord, 156 000 hommes et 20 000 véhicules s’apprêtent à être débarqués.

Six secteurs de débarquement sont définis. D’Est en Ouest, un secteur britannique dans la région d’Ouistreham, nom de code “Sword beach”. Un secteur canadien dans la région de Saint-Aubin-sur-Mer, “Juno beach”. Un second secteur britannique dans la région d’Arromanches, “Gold beach”. Les Américains débarquent simultanément dans 3 secteurs: “Omaha beach”, la Pointe du Hoc et “Utah beach”. Si notre pays - affaibli par la défaite de 1940 et la guerre qui oppose les Français entre eux - joue un rôle mineur dans le plus grand débarquement de l'histoire, il n'en est pas absent non plus. Certes, le Général de Gaulle ne sera pas directement associé aux grandes décisions, mais des soldats français devaient être au coeur des combats dès le 6 juin. Ce sont les hommes du 1er Bataillon de fusiliers marins appelé "Commando Kieffer" du nom du Capitaine de Corvette Philippe Kieffer qui les commande. Rattachés au corps de bataille britannique qui débarque à Sword beach, ils ne sont que 178 mais ils se distinguent dans les combats pour Ouistreham. Au soir du 6 juin, 25% d'entre eux auront été tués ou blessés. 
Symbolique, la participation française devait être néanmoins particulièrement efficace si l'on prend en compte le rôle de la résistance intérieure qui - par ses renseignements comme par son action armée - a très vraisemblablement sauvé la vie de milliers de soldats alliés.


“Bloody Omaha”


Ce sont les secteurs américains qui seront les plus meurtriers. Si les défenses allemandes sont rapidement enfoncées côté britannique et canadien, ainsi qu’à Utah beach, le choc frontal à Omaha beach et sur la Pointe du Hoc est en revanche très violent. À Omaha, sur un front de 8 km, le débarquement commence à 6.25 du matin. D'emblée, les 8 premières compagnies américaines qui atteignent la plage n’ont pratiquement aucune chance, et sont décimées sous le feu des terribles MG 42 et de l’artillerie allemande, dont la présence n’avait pas été signalée initialement. Une deuxième vague d’assaut touche la plage à 7.00, une troisième à 10.30.

Les conditions de cette mise à terre sont catastrophiques. Le mauvais temps qui gêne la couverture aérienne et navale, la force des courants qui fait dériver les engins de débarquement par rapport à la plage (25% des soldats américains tués ce jour-là le seront par noyade), la quasi absence de blindés - la plupart ayant coulé dans la Manche -, la qualité des défenses allemandes, expliquent l'ampleur des pertes. La situation est très rapidement désespérée pour les soldats américains, qui vont néanmoins tenir jusqu’à la fin de l’après-midi, moment où les défenses allemandes faiblissent enfin, ce qui permet les premières percées dans les lignes de défense ennemies. Au soir de la bataille, la pénétration à l'intérieur des terres au-delà d'Omaha beach n'est que de 2 kilomètres au lieu des 8 prévus. Les objectifs ne sont pas atteints. Ce sont les progrès réalisés dans les autres secteurs de débarquement qui obligent les Allemands à relâcher leur pression et à reculer.

À Omaha, les pertes furent 15 fois plus élevées qu’à Utah beach pourtant située à proximité. Sur les 10 300 hommes que perdirent les Alliés ce jour-là, entre 3 et 4000 furent tués dont plus de 1000 Gi's sur la seule plage d'Omaha. Pour ces soldats, la France ce ne fut guère plus que quelques dizaines de mètres de plage. Avec la Pointe du Hoc et le village de Sainte-Mère-l’Église - où Rangers et parachutistes furent aussi décimés -, Omaha beach reste le symbole du courage et du sacrifice américain pour la libération de la France et de l'Europe.

Insignes des trois grandes unités américaines qui participèrent à l'assaut sur Omaha beach et la Pointe du Hoc le 6 juin 1944. De haut en bas: la 1ère Division d'Infanterie (Big Red one), la 29e Division d'Infanterie (Blue and Grey), et le 5e Bataillon de Rangers
 
Situé sur le territoire des communes de Colleville et de Saint-Laurent-sur-Mer, le cimetière militaire américain de la bataille de Normandie  a été érigé en front de mer juste en arrière de la plage d'Omaha beach. La statue de bronze s'élevant vers le ciel symbolise le sacrifice de la jeunesse américaine à la libération de l'Europe

Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans La Maison du Combattant
commenter cet article

commentaires

businesswebdevs.com 19/08/2014 14:31

Now this is what I call Defense at its best. I was always a great fan of war machines, though I never supported war. You guys see that Tanker right there? Now that is something that I would love to have in my garage.

remy 31/01/2009 09:34

Très beau blog en hommage aux hommes du débarquement.Je t'invite a venir visiter le mien et a laissé un commentaire en hommage a tout ces hommes morts pour la France et la Liberté

DIJOUX Sébatien 10/06/2008 17:07

Bonjour Monsieur,Merci pour cette prompte correction en ce qui concernait ma sotise chronologique et cette précision sur la libération d'Auschwitz et des camps d'extermination en général, qui ne rend la vidéo que plus digne d'interêt.Puisque la réflexion dérive sur les méthodes "staliniennes" de faire la guerre, puis-je me permettre de mentionner un autre grand succès du cinéma américain , c'est le moins qu'on puisse dire, qui relate bien les ciconstances dans lesquelles l'Armée Rouge faisait front, je veux parler bien sur de Stalingrad. Vous avez cité "Saving Private Ryan", qui s'inscrit dans un style cinématographique totalement différent, bien que les deux films traitent de la même époque et du même conflit. Dans Stalingrad, il est possible par exemple d' observer, lors d'une riposte des Russes, que les armes sont en quantité si limitées par rapport au nombre d'hommes envoyé au sacrifice, que les soldats se rendent sur le front à deux alors qu'un seul est armé, l'autre devant attendre que le soldat armé décède pour lui prendre son arme et continuer la lutte. Cela témoigne en effet d'une toute autre considération du conditionnement des hommes dans une guerre, que celle des Etats-Unis à cette épooque.Et puisque je parle de considération, pourquoi ne pas comparer cette statue en honneur aux soldats américains qui périrent près de Caen, et le cimetière nationale russe de Berlin, en hommage aux 100000 soldats tombés là à la fin de la guerre, pour libérer Berlin du joug nazis( bien que Berlin n'ait pas été libérée au sens litéral du terme, dans le sens où une dictature en a remplacé une autre après la séparation des deux Allemagnes). Vous savez ausii bien que moi que ce cimetière est resté à l'abandon pour faute de moyens, accordés normalement par la "Mère patrie"En celà, le cinéma hollywoodien est capable d'autres choses que d 'exporter une image de marque de l'héroisme "à l'américaine" à travers le septième art, il est capable d'exprimer des formes de combats qui sont aux antipodes de celui-là même, c'est pourquoi j'ai grande estime pour ce film. Quelle qu'en soit mon opinion sur la culture Etats-unienne d'ailleurs ;)A très bientôt

Enseignant Défense 10/06/2008 11:27

Bonjour Sébastien,Tu veux dire les explosions atomiques de l'été 1945... Et puis en août 1945, la guerre déjà est finie pour les Européens.Je souscris à ton idée selon laquelle les pertes américaines du 6 juin 1944 - et de manière plus large - n'ont pas grand chose à voir avec la saignée humaine que d'autres peuples, notamment les Soviétiques, connaissent au même moment.Peut-être sommes-nous aussi victime de l'héroïsation que le cinéma hollywoodien a façonné quant à cet épisode de la guerre. Pourtant, l'héroïsation du sacrifice de l'Armée rouge a aussi existé à travers la propagande stalinienne... Pourquoi n'a-t-elle eu la même force dans nos esprits? Peut-être est-ce parce que ce sont les Américains et non les Soviétiques qui nous ont libérés, peut-être aussi parce que la force du cinéma américain est sans partage dans ce domaine...Mais au-delà de cette considération, nous pouvons approfondir la réflexion, et nous demander pourquoi fondamentalement les Américains ont eu moins de pertes que les Soviétiques. Certes, la guerre n'était pas la même, les théâtres d'opération et la stratégie allemande non plus. Si la guerre nazie fut acharnée à l’Ouest, elle fut fanatique à l’Est. Tout cela est vrai, mais n'y a-t-il pas également une manière de faire la guerre "à la soviétique" qui s'oppose radicalement à la manière américaine de la faireL'US Army a toujours été soucieuse du sang de ses soldats, d'où l'importance de l'avantage matériel au sein de sa doctrine, de sa culture de la puissance de feu aussi. L'objectif n'est pas de livrer bataille à n'importe quel prix, mais de le faire dans les conditions optimales de succès avec le minimum de pertes.Par ailleurs, on peut aussi se poser la question de savoir quel aurait été le coût humain et matériel de la guerre nazie à l'endroit des peuples martyrs si l'engagement américain n'avait été ou s'il avait tardé davantage. Les demandes pressantes de Staline pour l'ouverture d'un deuxième front en Europe occidentale sont connues à cet égard.Aucun pays au monde, autres que les États-Unis, n'aurait pu organiser un tel débarquement. Et si l'on tient compte des conséquences stratégiques de celui-ci - à savoir une lutte sur deux fronts majeurs pour la Wehrmacht à partir de l'été 1944 et jusqu'à la fin de la guerre -, cela n'a pas rendu la guerre moins cruelle pour les Soviétiques, certes, mais cela a incontestablement réduit des pertes qui étaient déjà énormes. N’oublie pas que 4 divisions de la Waffen SS sont anéanties en Normandie et avec elles ont péri de nombreux vétérans du Front de l’Est notamment dans la poche de Falaise.Ceci étant, ton commentaire est intéressant car il me permet de resituer le propos de la vidéo qui se veut avant tout pédagogique. Je suis moi-même gêné par une image: celle de la Banhrampe de Birkenau, une photographie extraite de “L’Album d’Auschwitz”. Or, si les Américains délivrèrent plusieurs camps de concentration, ils ne libérèrent aucun camp d’extermination. C’est l’Armée rouge qui parvint effectivement jusqu’à Auschwitz.On peut donc toujours imaginer que le propos du montage vidéo serait que l’effort de guerre américain a indirectement permis la libération des camps d’extermination polonais, en permettant à l’armée soviétique d’avancer plus vite. Cela est cependant sybillin et très implicite dans la vidéo.

DIJOUX Sébastien 10/06/2008 10:05

Pardon, il s'agissait bien entendu des bombardements du 6 et 9 aout 1945 et non 1946. Autant pour moiA bientôt

Enseignant Défense 10/06/2008 11:35



Je peux comprendre qu'en cette période d'intenses révisions, la chronologie soit un peu bousculée...

:)

Bon courage!



Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives