8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 11:24
"DES HOMMES DANS LA TOURMENTE: LA GRANDE GUERRE 1914-1918"
  

11 novembre 1918 – 11 novembre 2008. À quelques mois de la disparition de Lazare Ponticelli - le dernier soldat français de la Grande Guerre -, nous commémorons le 90e anniversaire de l’Armistice. Le 11 novembre 1918, à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, le Ministre allemand Matthias Erzberger - représentant la toute jeune République allemande de Weimar - et le Généralissime Ferdinand Foch signaient l'Armistice qui mettait fin à la Première Guerre mondiale, un conflit dont les destructions humaines, morales et matérielles furent sans commune mesure avec les guerres précédentes.

Par son extension géographique – quand bien même les théâtres d’opérations furent-ils essentiellement européens, contrairement à la Deuxième Guerre mondiale -, sa dimension industrielle et l’acharnement des combats, la Première Guerre mondiale fut la véritable matrice de ce que le Général Erich Ludendorff devait bientôt appeler une “guerre totale”. Dans cette guerre d’un type à la fois ancien et nouveau - cf. Entre autres le livre de Michel  Goya, La chair et l'acier. L'armée française et l'invention de la guerre moderne (1914-1918), Paris, Tallandier, 2004, 480 p. -, et préfigurant le déchaînement hors-normes de ce que sera la prochaine guerre mondiale, la France a particulièrement souffert. Sur les 9 millions de morts et les 8 millions d’invalides qu’a fait le conflit, notre pays a perdu 1 400 000 hommes sans parler des mutilés, les fameuses “gueules cassées”.

Dans les années qui suivirent la fin de la guerre, la France se couvre de près de 36 000 monuments aux morts, dont l’ossuaire de Douaumont, non loin de Verdun, reste le plus marquant. La quasi-totalité des communes françaises ont été touchées par ce bain de sang où 10% de notre population active masculine a disparu. La relation entre cette guerre et le déclin de notre démographie est, désormais, devenue un thème classique de l’enseignement de notre Histoire et de notre Géographie.

Les combats les plus violents eurent lieu sur le front Ouest, et plus particulièrement sur la partie Nord-Est de notre territoire. Les destructions matérielles y furent immenses. Villes et villages, voies de communications, mines, infrastructures industrielles, terres agricoles, furent en grande partie anéanties. Des villages entiers disparurent des cartes, et jusqu’à nos jours se pose encore le problème du déminage et de la neutralisation d’anciennes munitions dans ces régions.

Tranchée française en 1915
Le 11 novembre 1918 marque donc la fin de cette catastrophe pour l’humanité européenne. Cet armistice porte, cependant, en son sein, les germes du conflit futur qui devait dévaster de manière encore plus profonde l’Europe et la France. Car un armistice correspond davantage à une trêve et un arrêt des combats convenu entre les belligérants, et non à une capitulation sans condition qui désigne nettement un vaincu. Cet arrêt des combats est survenu à temps pour stopper l’avance des armées alliées. Le territoire allemand n’a donc pas été envahi au moment où l’armée allemande était en pleine décomposition, et perdait pied. Pire, l’armistice a été signé par le Gouvernement de la République et non les membres de l'État-major allemand. L'idée était de faire admettre que la défaite avait été acceptée (provoquée?) par les démocrates de Weimar et non les militaires. L'idée d'une trahison et du "coup de poignard dans le dos" n'est pas bien loin...

Dans les années d’après-guerre, et pour ces raisons, une grande partie de la population allemande devait considérer la guerre comme une défaite injuste. Une défaite d’autant plus injuste que la dureté des traités de paix humilia un nationalisme allemand aussi virulent qu'il était jeune à l’échelle historique. Ainsi, beaucoup d’Allemands devaient exonérer leur armée de toute responsabilité, pour faire porter à la République de Weimar le poids du désastre.

C’est donc cette histoire de feu et de sang que la Maison du Combattant et du Citoyen - à l’occasion de ce 90e anniversaire – a décidé de commémorer à travers une exposition de grande qualité (1) . Le public de Combs-la-Ville y trouvera un hommage particulièrement sensible, rendu à nos soldats tombés au champ d’honneur, mais aussi à ceux qui - ayant survécu physiquement - y sont restés d’une autre manière.

(1) L'exposition n'aurait pas eu lieu sans la tenacité de Madame Luce LARCADE, qui en a été l'organisatrice rigoureuse, et n'a pas ménagé son temps, guidée par le souci permanent de faire parvenir aux jeunes générations le témoignage de l'Histoire. Le Lycée Galilée - et avec lui toute la communauté scolaire de Combs-la-Ville - lui exprime ses plus vifs remerciements.

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Enseignant Défense Enseignant Défense - dans La Maison du Combattant
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