18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 10:21
LES MUNITIONS DIME

Carte de la bande de Gaza et de ses agglomérations. Nous sommes au Sud-Ouest d'Israël et l'échelle kilométrique indique bien l'exiguïté du territoire palestinien. Les densités humaines y sont particulièrement élevées et Gaza en est la ville principale. C'est à partir de ce territoire que le Hamas bombarde depuis huit ans les villes israéliennes du Sud du pays au mépris total de la trêve

Plusieurs élèves m’ayant récemment posé des questions sur les “nouvelles armes” que l’armée israélienne emploie dans la bande de Gaza, consécutivement à l’opération “Plomb durci” (1), je poste cette petite fiche explicative sur la question de ces armes, et plus particulièrement celle des munitions DIME.

Les faits commencent à être révélés dans la presse française le lundi 12 janvier dernier. Le journal Le Monde publie ainsi un article (2) dans lequel sont mises en avant les observations de deux médecins de l’ONG norvégienne NORWAC: les docteurs Mads GILBERT et Erik FOSSE. Ces observations portent sur des blessures d’un type inhabituel à savoir de nombreuses amputations de membres sans que les corps des victimes soient criblés d’éclats métalliques, comme cela serait le cas avec l’utilisation de munitions classiques.

Les docteurs Erik Fosse et Mads Gilbert de l'ONG NORWAC

La guerre est et restera toujours la pire activité des hommes. Cependant, l’affaire que soulève les deux médecins de NORWAC – connus pour leur engagement pro-palestinien – est révélatrice de ce que l’on appelle aujourd’hui une guerre asymétrique, c’est-à-dire un conflit dans lequel les médias sont plus que jamais LE champ de bataille; un champ de bataille aussi stratégique que la bande de Gaza en elle-même. Car il est question de “nouvelles armes” dont les effets sont d’autant plus terrifiants qu’elles frappent “aveuglément” des populations “civiles vulnérables”. La déferlante de photographies sanguinolantes sur laquelle vient se greffer une logorrhée aussi émotionnelle qu’elle n’explique rien, ajoute à la confusion des esprits et rend les événements particulièrement illisibles.

Plus que l'utilisation médiatique et émotionnelle à outrance des thèmes de l'enfance et des populations martyres, ce qui est important est d'expliquer avant tout la nature du conflit en cours. Une explication sans laquelle le déchaînement de violence paroxistique qu'est une guerre n'aurait aucun sens. Inversement, la privation de sens ne peut exposer qu'à des conflits futurs

Utilisées depuis 2006 par Tsahal (3), les munitions DIME - pour Dense Inert Metal Explosive - sont encore peu connues du grand public. Engagée depuis des années dans un conflit où l’ennemi - Hamas ou Hezbollah - n’hésite pas à utiliser stratégiquement, tactiquement et médiatiquement les populations, les hôpitaux et les villes, l'armée israélienne - comme toutes les armées occidentales - a été amenée à développer des armes de haute précision ou, du moins, des armes limitant les “dégâts collatéraux”. Les munitions DIME entrent dans cette dernière catégorie. Par dégâts collatéraux, il faut comprendre des pertes humaines (civiles le plus souvent) et matérielles engendrées lors de la frappe de l’objectif mais n’en faisant pas partie. Ces pertes collatérales sont désastreuses médiatiquement, et très mal acceptées par nos opinions publiques. Elles sont de nature à faire basculer celles-ci dans une critique et une contestation unilatérale d’un conflit.

Les munitions DIME, tirées à partir de drones, d’avions ou d’hélicoptères, sont conçues pour limiter les pertes collatérales dans un environnement – la bande de Gaza – réputé être l’une des plus fortes densités humaines au monde. La munition, guidée avec précision par GPS, ne produit quasiment pas d’éclats à l’impact (4). En revanche, sa charge, très puissante, est constituée de particules de métaux lourds (tungstène, cobalt, nickel, fer), c’est-à-dire de micro-éclats de très faible masse mais d’une grande énergie cinétique.

Hélicoptère israélien AH 64 Apache tirant un missile au-dessus de la bande de Gaza (janvier 2009)

En clair, une munition DIME est conçue pour frapper très précisément un objectif – une position de mortier cachée dans la cour d’une maison ou des snipers embusqués sur un toit par exemple -, en occasionnant un effet mortel maximum mais dans un très faible rayon d’action. Au-delà de 10 m, les effets de la bombe ou du missile seront nuls. En revanche, en-deçà des 10 m les effets seront particulièrement meurtriers: toute matière vivante sera polytraumatisée (mutilations, hémorragies internes, brûlures…) avec des effets secondaires terribles (développement de cancers du fait de la présence de métaux lourds dans les organismes). On ne reviendra donc pas sur l’horreur provoquée par l’utilisation de telle ou telle arme, une question technique finalement secondaire. Une arme reste faite pour tuer, et comme je l’écrivais plus haut: la guerre est et restera toujours la pire activité des hommes. Cependant, il est de notre devoir d’instruire et d’éduquer les futurs citoyens. Cela passera toujours par une explication équilibrée des faits à savoir qu’il n’est pas possible de comprendre ce qu’est une munition DIME sans se poser la question de savoir ce qu’est une guerre où l’un des camps utilise systématiquement sa population comme bouclier humain.

Civils israéliens tentant de se protéger de tir de roquettes du Hamas sur la ville de Nahariya en janvier 2009. C'est pour protéger sa population des tirs incessants du Hamas, qu'Israël a déclenché l'opération "Plomb durci"

(1) D’aucuns traduisent le nom de l’opération par “Plomb fondu” également.
(2) SHIHAB (Sophie), “Deux médecins norvégiens présents à Gaza affirment avoir vu des victimes d’un nouveau type d’armes, les DIME”, in Le Monde du lundi 12 janvier 2009.
(3) Mot hébreu désignant l’armée israélienne.
(4) Le corps de la munition est en fibre de carbone, et se désintègre entièrement lors de l’explosion.

Sources: Lire l’article (en anglais) “Dense Inert Metal Explosive (DIME)” sur http://www.globalsecurity.org. MERCHET (Jean-Dominique), “DIME: de quoi s’agit-il?”, in Secret Défense du jeudi 15 janvier 2009. SHIHAB (Sophie), “Deux médecins norvégiens présents à Gaza affirment avoir vu des victimes d’un nouveau type d’armes, les DIME”, in Le Monde du lundi 12 janvier 2009.

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Sebastian 09/05/2010 23:33



Le citoyen au coeur du conflit asymétrique.


Pour commencer il faut savoir que la victoire pour un terroriste c'est quand il réussi a nous toucher, pas seulement physiquement mais aussi émotionnellement . C'est ici que ce cache notre plus
grande faiblesse mais qui est humaine . Surtout se contrôler un maximum, ne jamais laisser l'émotion vous envahir car vous serez perdant. Entendre un citoyen dire: " Arrêtons LA GUERRE, ramenons
les troupes!!! " devrai savoir que le problème c'est que l'ennemi n'est plus humain. Pour conséquence ils tueront sans fin, donc on conclu que la guerre c'est mieux. L'Homme est tellement inconnu
qu'il y aura ( ne l'espérons pas ) toujours des guerres et celle-ci n'en finirons jamais d'évoluer. Pour conclure en une phrase " Qui a dit que la vie était facile ? " .



Nagarajah Vigita 09/05/2010 23:27



Le citoyen et la défense d'aujourd'hui.


       Une guerre asymétrique est une guerre qui oppose la force armée d'un Etat à des   combattants matériellement insignifiants. C'est à dire que
les combattants ne portent pas d'uniformes, ont des armes simples et ne pouvant être reconnus en tant que soldats. Ils se servent des points faibles de l'adversaire pour parvenir à leur
but souvent politique ou religieux. Cette guerre permet à agir sur les opinions publics en utilisant les
médias.                                                                                                     
        Grâce aux médias, les films et les images non expliqués, créent des chocs au citoyens. Ces images non expliqués influencent les citoyens sur
l'opinion public.


     Donc à cause de ses images, les citoyens ne savent pas la réalité et les vraies raisons de ses conflits.


 


                                                                           
Nagarajah Vigita



Adam 09/05/2010 23:07



Le citoyen et la défence de la cité aujourd'hui ?


Le citoyen de nos jours, est un citoyen qui refuse la guerre. Malgré celà, la guerre asymétrique est une guerre médiatique qui visent tout citoyen. Nous devons faire comprendre aux citoyens que
si nous retirons nos soldats de la guerre, l'ennemi gagnera cette guerre grâce à des images ou des vidéos (comme la guerre du viétnam). Aujourd'hui nos soldats sont peut-être de jeunes soldats
mais des soldats qui ont de l'experience et qui connaissent le risque de leur métier. Je comprend qu'un citoyen en voyant leur fils ou fille mourir sont prit par l'émotion mais ce qu'il faut ce
dire c'est que ces personnes ce sont battut pour la bonne cause. Pour que les guerres cesse d'existées, ont doit les arrêter là où elle se sont formées. Nous devons soutenir moralement nos
troupes, c'est indispensable.


Adam 2nd 4



Aleksander 09/05/2010 22:23



Moi je pense, que la guerre asymétrique est un sujet très difficile à aborder car les deux adversaires qui s'opposent sont armés de la même manière mais ils n’ont pas les mêmes objectifs et ne
combattent pas de la même manière. En plus des problèmes liés à la guerre asymétrique, internet et les médias peuvent devenir de véritables armes.Dans le cas de la guerre en Afghanistan, internet
et les médias peuvent être utilisé pour influencer l’opinion publique des pays concernés, par exemple en diffusant des images ou des vidéos choquantes et ainsi obliger les Etats à retirer leurs
troupes d’Afghanistan.  De plus, les adversaires des pays engagés dans cette guerre ne portent pas d’uniformes, ils se fondent dans la population civile et ils sont difficiles à identifier
et ils privilégient les milieux urbain, donc c’est très difficile pour les soldats des pays engagés à identifier leurs ennemies et peuvent toujours se tromper avec des innocent. Selon moi, le
guerre asymétrique est une guerre très longue et difficile car la stratégie et les buts des deux opposant sont très différents et ne se connaissent pas.      



Mabad 09/05/2010 21:57



le citoyens  et lui même la cibles des ennemis car on a pus constater que la guerre n'est pas  que sur  le terrain mais les vraie guerre se déroulent sur le terrain politique et
sur l'opinion publics . elle est  dans la vie de tout les jours notamment sur nos télé et nos radio. Les ennemis cherchent à crée en nous , les citoyens un choc émotionnel puis à nous
sensibilisé sur les images qui son diffuser ( des hommes ligoté avec les pansement sur leurs tête , brutalité , humiliation  ) . ils veulent en plus crée des conflits  et faire
partirent nos soldat de leur pays. Les citoyens doivent donner un soutiens au soldat pour ne pas les déstabilisé et ils doivent surtout  pas tomber dans le pièges des ennemis qui cherchent à
dire que nos soldats sont plus faible qu'eux .



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