25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 06:58
    Commentaires du journaliste Jean-Dominique MERCHET (journal Libération) sur un sondage IFOP réalisé au coeur de l'été pour Le Figaro. Tout en gardant à l'esprit la relativité de tout sondage, cette étude montre, une fois encore, la faiblesse de nos démocraties occidentales face à une situation de conflit, surtout quand celui-ci s'inscrit dans la durée. Le véritable champ de bataille de la guerre asymétrique en Démocratie est l'opinion publique. La Démocratie est, cependant, aussi fondée sur le Droit. En opposant "l'expression populaire" et le Droit (fut-il international), le journaliste - connu pour son opposition à l'engagement en Afghanistan - utilise le sondage dans le sens de son opinion. Si ce genre d'étude donne un éclairage relatif de l'état de l'opinion publique à un moment donné - un éclairage que l'on aurait aussi tort d'ignorer -, il n'apporte aucun élément de compréhension à ce qui se passe en Afghanistan.

    "Selon un sondage IFOP pour le Figaro, dont on peut lire les détails ici, 64% des Français sont opposés à l'intervention militaire française en Afghanistan. Ils ne sont que 36% à y être favorables. Le soutien des Français se réduit au fil du temps : en octobre 2001, 58 % ( contre 32%) étaient favorables, puis 45% (contre 55%) en avril 2008.

    Globalement, les sympathisants de gauche sont plus hostiles à l'intervention que ceux de droite. C'est aussi le cas des femmes (71%) que des hommes (56%), des catégories populaires (ouvriers-employés) que des cadres. Seuls sont favorables à plus de 50%, les cadres (53%) ainsi que les sympathisants de l'UMP (57%) et électeurs de Nicolas Sarkozy au 1er tour (55%).

    92% des Français estiment que " la situation sur place est très difficile et nos militaires y sont très exposés", 86% qu'il y a "un vrai risque d'enlisement des troupes occidentales", 50% que "la présence militaire est nécessaire pour lutter contre le terrorisme international" et 42% que "la présence militaire a permis de faire progresser le pays vers la démocratie".

    Commentaire: les résultats de ce sondage confirment le peu de soutien de l'opinion publique à la guerre en Afghanistan. Pour l'armée française, ce fait est lourd d'inquiétude. Les soldats, lorsqu'ils risquent leur vie à l'étranger, doivent avoir le soutien du pays: là se trouve la légitimité de leur action et non dans quelques résolutions internationales. Si ce soutien fait défaut, de manière trop importante et pendant trop longtemps, le risque est une coupure entre la nation et l'armée, comme on l'a vu, par exemple, lors de la guerre d'Indochine. Nous n'en sommes pas là, mais les signaux ne sont pas bons."


Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article

commentaires

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives