3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 18:46
LA FRANCE ENTRE EN GUERRE CONTRE L'ALLEMAGNE NAZIE

    La déclaration de guerre franco-britannique à l’Allemagne, le dimanche 3 septembre 1939, est l’aboutissement direct d’une série de coups de forces hitlériens au cœur de l’Europe. Elle est également le résultat d’un abandon moral des deux démocraties face à la politique agressive et expansionniste du IIIe Reich. Si Édouard Daladier fut plus lucide quant aux intentions profondes d’Adolf Hitler, son homologue britannique, Arthur Neville Chamberlain, dans la recherche d’une paix à tout prix, porte une lourde responsabilité dans le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

    À deux reprises, l’Angleterre refuse ainsi le soutien indispensable à son allié français pour barrer la route aux dictatures. D’abord durant la Guerre d’Espagne puis, et surtout, lors de la crise de Münich (30 septembre 1938) qui sacrifie le Pays des Sudètes, donc la Tchécoslovaquie pourtant pays allié à la France. Ces accords de Münich divisent profondément l’opinion française entre d’un côté les partisans de la paix à n’importe quel prix, y compris en abandonnant le Pays des Sudètes à Hitler (les münichois), et de l’autre, ceux partisans d’une politique de fermeté face au dictateur allemand (les anti-münichois).

    Mais en France comme en Grande-Bretagne, les opinions publiques, hantées par l’hémorragie démographique du premier conflit mondial, sont minées par le pacifisme et sa mauvaise conscience. Plus grave, la crise culturelle et la crise économique du début des années 1930 se conjuguent pour affaiblir l’effort de défense. Si beaucoup pensent que l’armée française reste l’une des meilleures au monde – ce qu’elle était objectivement en 1918 -, le rapide réarmement allemand laisse penser à d’autres, dont Arthur Neville Chamberlain, que les démocraties ne sont plus en mesure de s’opposer militairement au Reich.

    Le 15 mars 1939, lorsque Hitler, au mépris des accords de Münich, finit de démembrer la Tchécoslovaquie - rayant cet État de la carte de l’Europe jusqu’en 1945 - Français et Britanniques comprennent clairement le danger mais il est alors trop tard. Les regards se tournent désormais vers la Pologne sur laquelle Hitler jette son dévolu, et pour laquelle la France et la Grande-Bretagne s’engagent fermement. Mais que vaut un tel soutien après la catastrophe de Münich ? Joseph Staline s’est empressé de répondre à cette question lorsque le 23 août 1939 il signe avec l’Allemagne nazie un pacte de non-agression…

    C’est donc la mort dans l’âme, que notre pays s’engage dans un nouveau conflit avec l’Allemagne, le 3 septembre 1939, deux jours après l’invasion de la Pologne par la Wehrmacht. La mobilisation générale est décrétée. Elle se déroule sans difficulté majeure, mais l’atmosphère n’est pas du tout celle qui vit les départs des soldats au front en 1914. C’est déjà une autre époque, mais l’on veut croire que la guerre sera courte et que Hitler sera rapidement ramené à raison.

    D’emblée, la France a des atouts. Ses blindés sont aussi si ce n’est plus performants que les blindés allemands. En matière d’artillerie et d’aviation - avec le concours de l’allié britannique - le rapport de force est en notre faveur. Les deux marines, la Royale et la Navy, surclassent la Kriegsmarine en nombre d’unités. Cependant, sur le terrain, le soutien britannique reste lent à mettre en place, et la France perd l’ultime occasion de peser dans le conflit en portant un secours rapide à l’allié polonais qui fixe pourtant l’essentiel du corps de bataille allemand durant un mois.

    Pire que tout, la doctrine militaire française privilégiant de grandes unités - dont le soutien logistique ne suit pas - ainsi qu’une défense statique, est en régression face à une armée allemande qui met en pratique la mobilité et la concentration de ses unités mécanisées, et développe l’interopérabilité entre les forces terrestres et aériennes. La « Drôle de guerre » qui désigne cette période allant de l’effondrement de la Pologne au 10 mai 1940 – date du début de la campagne de France – est une perte de temps fatale qui laisse la Wehrmacht se redéployer à l’Ouest.

    À partir du 10 mai 1940, les combats sont désormais directement portés sur le sol français. En six semaines, notre armée est balayée nonobstant des actions de bravoure ponctuelles mais inutiles. Le recul de l’Histoire nous montre aujourd’hui combien « L’Étrange défaite » de Marc Bloch n’était, en fait, pas si étrange que cela. Toujours est-il que la rapidité de notre effondrement militaire et politique frappe le monde entier de stupeur. Sur l’ensemble du conflit, la France devait laisser entre 500 et 600 000 tués. Ce chiffre imprécis et bien en-deçà de celui des pertes de la Première Guerre mondiale laisse cependant apparaître une majorité de victimes civiles à la grande différence du conflit précédent.

Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article

commentaires

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives