7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 08:59
LA COLÈRE DES PROCHES DE JULIEN, TUÉ LUNDI – LE PARISIEN DU MERCREDI 20 AOÛT 2008


    "J’ai juste envie de dire que faire un choix c’est facile, l’assumer c’est autre chose. J’ai juste envie de dire que la mort est devant moi et qu’elle est terrifiante." Voilà ce que Julien Le Pahun a écrit sur son blog le 16 juillet dernier, à la veille de prendre l’avion pour rejoindre les forces de l’OTAN en Afghanistan. Ce jeune soldat du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa), est l’un des dix combattants tués lundi dans une embuscade des talibans, à une cinquantaine de kilomètres de Kaboul.

    À quelques heures de rencontrer le chef de l’Etat pour l’hommage solennel aux Invalides (Paris), ses proches et parents, réunis hier au domicile familial à Montévrain, ne cachaient pas leur colère et leur « rancoeur » devant le destin de Julien. « Les images qu’on nous montre à la télévision ne reflètent pas la réalité, estime le père du soldat, Joël Le Pahun. La vérité, c’est qu’on envoie des gamins se faire tuer comme des cibles au ball-trap. Pourquoi est-ce que des jeunes de 20 ans, formés depuis six mois ou un an, se retrouvent sur ce terrain, le plus difficile ? Qu’est-ce qu’ils défendent exactement là-bas ? » Toutes ces questions, Joël Le Pahun compte les poser aujourd’hui à Nicolas Sarkozy, qui doit rencontrer les familles des victimes en marge de la cérémonie parisienne.

    « La mort est devant moi, elle est terrifiante », a écrit Julien sur son blog

    Marine, la petite soeur de Julien, âgée de 17 ans, jurait hier « ne pas avoir envie de parler au président et aux politiques ». Tout comme ses amis, elle préfère se souvenir du jeune homme sociable et rigolard, plus que du soldat engagé en juin 2007 au prestigieux RPIMa de Castres (Tarn). « L’armée l’a changé, notent-ils. Ces derniers mois, il semblait beaucoup plus tendu que d’habitude, comme aux aguets, même quand il dormait. Les soldats, à force, ne sont plus des hommes. Ils deviennent des armes. »

    Peu intéressé par les études, Julien avait lâché l’école à 17 ans. « Il pensait qu’il ne lui restait que l’armée, racontent ses amis. Il a passé les tests sans conviction, mais quand il a été admis chez les parachutistes, il était tellement fier qu’il a voulu continuer. » L’Afghanistan était sa première mission. Avec un téléphone portable acheté à Kaboul, il restait en contact quotidiennement avec sa famille et ses copains. « Il n’avait pas le droit de raconter précisément ce qu’il faisait, raconte son frère Aurélien, âgé de 15 ans. Mais en substance, on comprenait que c’était horrible. » Selon son père, le jeune homme semblait particulièrement tendu à la fin de la semaine dernière : « Vendredi, il était en larmes après une sortie près de Kaboul, relate-t-il. Il me disait que s’il y avait eu des talibans dans ce défilé où ils patrouillaient, ils seraient tous morts. »

Julien
   
    Travail dirigé

1- À partir des informations contenues dans cet article, dites qui est Julien et ce qu'il faisait.
2- De quel événement le journal Le Parisien nous parle-t-il?
3- Quelles sont les personnes qui apparaissent dans cet article. Quels sont les différents points de vue?
4- À qui s'en prend le père de Julien et quels sont ses arguments?

Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Fiches et dossiers
commenter cet article

commentaires

windows support software 18/06/2014 09:10

This article talks about the Julien Le Pahun who was the young soldier killed in the Taliban ambush. This read made me more sentimental than I am. It is like as if he has foreseen his death, that he wrote in the blog before his death.

mba dissertation 30/09/2009 09:41


Blogs are so informative where we get lots of information on any topic. Nice job keep it up!!
_____________________

mba dissertation


Thierry GAUROY 07/09/2009 20:46

Julien LE PAHUN, dans la souffrance qu’il extériorisait sur son blog montrait qu’il était en train de devenir un « vrai soldat » un vrai « combattant ». Car le vrai combattant qui apprend à « maîtriser la violence légitime » a le droit d’en faire usage, parce qu’il sait lui-même qu’il risque sa vie. C’est ce qui le différencie d’une machine à tuer ou d’un exécuteur sans âme.Voilà pourquoi, nous avons tous tant d’admiration pour ce genre d’hommes qui acceptent de se jeter dans la tempête pour que nous autres puissions vivre douillettement ici en France.La douleur des parents se comprend sur le moment. Ce n’est ni simple ni facile d’admettre que son enfant, la chair de sa chair, a pu accepter de rendre un service aussi éminent, aussi total, à la Nation toute entière, de s’être sacrifié ainsi au bonheur du monde, de la France et des Français.Pour que la vie, celle des autres, continue dans un monde libre.

Menesglad 07/09/2009 11:20

Ce que m'inspire surtout cet article c'est que nous sommes dans un monde d'enfants et de parents gâtés surprotégés qui ne supportent plus le risque et la mort. Si demain nous devons nous battre pour nos valeurs et notre liberté - ce qui arrivera fatalement -, qui sera capable de le faire et d'accepter le prix à payer -- celui de la mort possible ? Que des familles soient dans la peine et la douleur, rien de plus normal, mais qu'elles se permettent de faire une tribune anti-guerre et quasiment anti-militariste en est une autre. A cause de l'ultra sensibilité de l'opinion publique à la violence, on envoie certainement mille fois moins qu'autrefois les jeunes engagés (qui sont volontaires à la différence de nombreuses guerres passées) se faire tuer comme "au ball-trap". Mais la guerre tue et il faudra bien le redécouvrir. Ce garçon n'était manisfestement pas assez fort mentalement pour faire face et il y en aura de plus en plus vu que l'éducation des jeunes est aujourd'hui dépourvue de la moindre incitation à la frustration et à l'endurance à tous points de vues. Un société du loisir permanent et du culte de la satisfaction de tous les désirs ne peut pas fabriquer des Capitaine Conan ou des Dimitri Amilakvari. Et ceux qui peuvent l'être ne le doivent alors qu'à leur caractère exceptionnel et/ou à une éducation sufisamment solide, porteuse de valeurs, d'abnégation et de sens du devoir. Une civilisation qui perd la capacité à souffrir pour se défendre est une civilisation mûre pour la Servitude volontaire....

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives