25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 10:39

LA GUERRE DE CORÉE (1950-1953)

 

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Colonisée par le Japon depuis 1910, la péninsule coréenne connaît une période de bouleversements majeurs au lendemain de la défaite de l’Empire du Soleil levant en août/septembre 1945. Disputé depuis des siècles par la Chine et le Japon, sans État organisé ni souverain, durement soumis par les Japonais, le pays se voit rapidement divisé par les vainqueurs avec au Nord du 38e parallèle l’armée soviétique et au Sud, l’armée américaine. Ce partage, ainsi que la mission de désarmement de l’armée impériale par Russes et Américains, ont été décidés à Yalta en prévision de la défaite prochaine du Japon.


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Soldat américain du 21e régiment d'Infanterie exécuté par les Nord-Coréens le 9 juillet 1950

 

Mais à la Guerre mondiale qui s’achève en 1945, en succède une autre: la Guerre froide. Celle-ci va faire de la Corée son deuxième grand théâtre d’affrontement majeur après Berlin et l’Allemagne, si ce n’est le premier par la violence du choc militaire, l’ampleur des pertes humaines et le risque réel d’emploi de l’arme atomique. Un conflit au caractère fondamentalement idéologique, qui ne pouvait mieux illustrer l’antagonisme entre la voie socialiste incarnée par l’URSS et celle de la démocratie libérale incarnée par les États-Unis.

 

Dès le 12 août 1945, sans attendre la reddition du Japon, Staline fait entrer l’Armée rouge en Corée. Celle-ci occupe la partie Nord de la péninsule. Le 8 septembre, les États-Unis débarquent à leur tour leurs troupes mais par le Sud. Conformément aux accords de Yalta, les deux puissances mettent sur pied une commission destinée à créer un nouveau régime politique doté d’un gouvernement souverain. Cependant, les travaux de cette commission aboutissent rapidement dans une impasse. Comme pour les pays européens, Washington désire l’instauration d’une véritable démocratie avec un régime élu, ce que ne souhaite pas Moscou. Jouant de sa supériorité militaire sur le terrain face aux Américains, Staline bloque toute tentative de démocratisation. Face à cette situation, l’Assemblée générale des Nations Unies se saisit du problème coréen le 14 novembre 1947 en créant une commission chargée de l’organisation d’élections libres. Cette commission ne pourra jamais se rendre au Nord du 38e parallèle, et la situation va dès lors évoluer rapidement. Le 19 juillet 1948, la République de Corée du Sud, dont Séoul devient la capitale, est proclamée par son premier Président, Syngman Rhee, dont l’élection au mois de mai fut pourtant contestable. L’URSS réplique, le 9 septembre, en mettant au pouvoir le Général Kim Il-Sung - en réalité un homme de paille de Staline dont l’identité d’origine reste encore à authentifier -, faisant naître une nouvelle “République populaire démocratique”.

 

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Blindés T-34 nord-coréens, de fabrication soviétique, détruits le 13 août 1950 à Indong 

 

Le contexte international de la guerre coréenne reste particulièrement dangereux et perturbé. Les relations entre Washington et Moscou n’ont cessé de se dégrader depuis 1945, et de très vives tensions ont désormais lieu entre l’Est et l’Ouest. D’abord à Berlin qui est ravitaillée du 24 juin 1948 au 12 mai 1949 par un pont aérien mis en place par les Américains, suite au blocus décrété par Joseph Staline. Celui-ci dispose dorénavant de l’arme nucléaire, faisant cesser le monopole américain en la matière. La Chine connaît, elle aussi, une période de guerre civile où le chef nationaliste – soutenu par Washington – Tchang Kaï-Chek est en train de perdre face au communiste Mao Tsé-Toung. De fait, le 1er octobre 1949, la Chine bascule dans le camp socialiste avec la victoire définitive de ce dernier. En Indochine, la guerre fait rage entre les troupes françaises et les forces nationalistes du Vietminh dirigées par Hô Chi Minh.

 

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Largage de bombes d'un B29 de l'US Air force. La Guerre de Corée conforta la puissance de feu aérienne américaine. C'est elle qui permit de sauver l'armée sud-coréenne enfermée dans la poche de Pusan, et d'appuyer par la suite les offensives des Nations Unies face au déferlement chinois. Les populations civiles furent, cependant, les premières victimes de ces bombardements


Donnant la priorité à la défense de l’Europe – le traité de Washington fondant l’Alliance atlantique est signé le 4 avril 1949 -, désillusionnés par la défaite de Tchang Kaï-Chek et ne désirant pas soutenir une guerre coloniale en Indochine, les États-Unis cherchent à se désengager du continent asiatique. L’annonce par Moscou du retrait de ses troupes de Corée, amènent les Américains à affaiblir dangereusement leur dispositif militaire alors que l’armée sud-coréenne n’est pas encore en mesure de prendre la relève. Le retrait américain étant effectué depuis 1949, les forces nord-coréennes envahissent par surprise la Corée du Sud. Le 25 juin 1950, elles franchissent le 38e parallèle et foncent droit sur Séoul. La capitale sud-coréenne tombe le 28. La situation des forces sud-coréennes devient rapidement désespérée. Surprises, mal préparées, reculant dans un espace sans réelle profondeur stratégique, elles se trouvent encerclée dans la poche de Pusan dos à la mer.

 

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Prisonniers chinois capturés par le 7th Marine Regiment à Koto-ri le 9 décembre 1950


Dès lors, des négociations se nouent autour du stat quo ante bellum à savoir la reconnaissance de fait par les deux Corées du 38e parallèle. Après trois années de guerre, ces négociations aboutirent à la signature, le 27 juillet 1953, d’un armistice à Panmunjeom. Cet armistice est à l’heure actuelle toujours en vigueur. Sanglant match nul dont la Corée communiste porte la lourde responsabilité, cette guerre a fait des millions de morts. Les chiffres varient entre 1,5 et 4 millions de morts pour l’ensemble des belligérants. Il est à prendre en compte l’importance des pertes civiles très durement frappées par les bombardements aériens aussi bien au Sud qu’au Nord. Au sein des forces des Nations unies, ce sont essentiellement les Américains qui portèrent le poids le plus lourd de la guerre, partant qui connurent les pertes les plus élevées aux alentours de 54 000 tués. Les autres armées perdirent 3100 tués dont près de 300 pour le Bataillon français. Les combattants chinois, envoyés par vagues humaines sous des bombardements particulièrement meurtriers, connurent une véritable saignée avec près d’un million de tués.

 

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