9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 19:29

Afghanistan-Repatriation-Memorial.png

 

Le 10 novembre 2012, a été inauguré dans la ville de Trenton (province de l’Ontario) l’Afghanistan Repatriation Memorial. Il s’agit d’un mémorial officiel érigé en hommage aux 158 soldats canadiens tombés en Afghanistan depuis 2001.

 

La ville de Trenton n’a pas été choisie au hasard. C’est dans cette localité située sur les rives du Lac Ontario que se trouve, en effet, l’une des bases les plus importantes de la Royal Canadian Air Force (RCAF), abritant la 8 Wing. C’est cette base aérienne qui accueille, de retour d’Afghanistan, les corps des militaires tués. Partant elle fait de Trenton le point de départ de la “Heroes highway”, c’est-à-dire cette portion de l’autoroute 401 ainsi nommée depuis 2007 pour être empruntée par les convois rapatriant les corps des soldats. De Trenton à Toronto, les Canadiens ont ainsi pris la triste habitude, depuis des années, de venir saluer le long de cette autoroute le dernier passage de leurs héros. Ce qu’en France, nous faisons sur la seule distance que représente le Pont Alexandre III à Paris de manière bien plus fugitive.

 

Autre fait important, l’Afghanistan Repatriation Memorial – dont l’inauguration a rassemblé plus de 2000 personnes - n’a pas été financé par l’État canadien mais par des dons privés à hauteur de 1,2 millions $. Cette place que la société canadienne fait à ses soldats, et l’hommage qu’elle leur rend, devrait interroger une société française où dans le meilleur des cas l’indifférence envers les forces armées reste l’attitude générale convenue. Voire, une société où la question d’un espace public dédié aux militaires tués en Afghanistan peut encore déclencher des réactions aussi archaïques qu’indignes. Ainsi, avons-nous tous en mémoire l’opposition du Conseil municipal de Paris (PS/EELV) à ce genre d'initiative en octobre dernier.

 

Au pays où l’on a jamais autant parlé du “lien Armée-Nation” - peut-être pour mieux le vider de sa substance -, et où l’on préfère au mieux commémorer la mémoire des guerres anciennes, on oublie qu’il existe un présent où l’urgence de la réflexion comme de l’action, l’importance de la reconnaissance et de son témoignage, comptent mutatis mutandis autant que celles de 1914 ou de 1939. Il ne s’agit pas d’opposer le présent au passé et inversement, mais là où notre pays s’agite trop souvent dans ses “passions tristes”, aurait dit SPINOZA, les Canadiens nous montrent qu’il est possible de vivre le présent réconcilié avec soi-même, alors que le conflit afghan n’est pas encore achevé.

  Sarah-KELLER.jpg

Sarah KELLER embrasse le nom de son époux, le Caporal Bryce KELLER, tombé en Afghanistan le 3 août 2006


Drapeau canadien

NB - En coupant les autres players, les lecteurs pourront écouter ci-dessous l'hymne national canadien "Ô Canada!" et "Abide with me".

 

 

 

HOMMAGES

Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article

commentaires

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives