10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:20

10 MAI 1940/10 MAI 2010 - ANNIVERSAIRE D'UNE TERRIBLE DÉFAITE

 

Soldats-francais-1940.jpgSoldats français servant un fusil-mitrailleur MAC 24/29 en 1940

 

Le 10 mai 1940 débutait la Campagne de France. Alors que la guerre européenne avait déjà éclaté depuis le 1er septembre 1939, mettant à feu et à la sang la Pologne, s’étendant à la Norvège (avril/juin 1940), elle semblait marquer le pas en Europe occidentale. Cette période appelée “Drôle de guerre”, qui fut mise à profit par les Allemands afin de réorganiser leur dispositif stratégique, prit fin avec la mise en oeuvre des plans Fall Gelb (attaque des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique, percée ardennaise) et Fall Rot (invasion de la France). 

 

Les péripéties de cette Campagne de France ont été depuis largement étudiées par les historiens et les militaires, tant l’audace de l’offensive allemande et l’ampleur de l’effondrement français consécutif ont été spectaculaires. Alors que les attaques sur les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique orientent le dispositif de combat franco-britannique vers le Nord et la Belgique, la Wehrmacht créé la surprise stratégique au Sud dans le massif des Ardennes. Les faits d’armes des parachutistes allemands en Belgique (prise du fort d’Eben-Emael) ne peuvent masquer l’essentiel, à savoir le développement d’une offensive blindée majeure dans un secteur du front que l’État-major français n’imaginait pas.

 

Ces divisions blindées et mécanisées loin d’être représentatives de l’ensemble d’une Wehrmacht, largement hippomobile à cette époque, frappent en masse là où personne ne les attend. Utilisées en étroite coordination avec les forces aériennes, elles révélent une maîtrise en matière de communication radio et d’interopérabilité qui devait faire rapidement école. Le verrou de Sedan saute, la Meuse est franchie en dépit de la destruction des ponts le 12 mai, et l’on assiste à un formidable mouvement Est-Ouest, véritable “coup de faucille”, qui enferme le dispositif franco-britannique en Belgique. L’offensive allemande menée au rythme des moteurs des blindés, ne laisse pas le temps à l’Armée française d’organiser la moindre contre-offensive d’ampleur sur des flancs pourtant largement exposés. Elle aboutit à l’encerclement de la poche de Dunkerque.

 

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Le Général Heinz GUDERIAN (premier en partant de la droite) le 13 mai 1940

 

La Campagne de France est l’un des épisodes les plus sombres de notre Histoire, plus particulièrement de notre histoire militaire. L’Armée française tenue pour être l’une des meilleures armées au monde, qui était la plus moderne du monde au lendemain de la Première Guerre mondiale, a été balayée en un mois. Le 14 juin 1940, la génération de 1914/1918, assiste, effondrée, à l’entrée de la Wehrmacht dans Paris. Le 22 juin 1940, le Gouvernement du Maréchal Philippe PÉTAIN signe l’armistice.

 

De nos jours, ce traumatisme perdure encore derrière l’idée que notre histoire militaire n’est qu’une succession de défaites majeures depuis la fin du règne de Napoléon Ier. Des défaites dont celle de 1940, par ses conséquences, dépasse de loin celle de 1870. Cet arrière-plan n’est également pas sans conséquence quant à la difficulté de notre société d’aujourd’hui à percevoir positivement la valeur du patriotisme, et celle de l’engagement militaire qui lui reste étroitement attaché. L’Été 1940 porte encore jusqu’à nos jours tout ce qui n’allait pas au plus profond de notre pays: déficience d’un régime politique, incapacité des élites politiques, incompétence des élites militaires, pacifisme et désarmement…

 

Pourtant, un renouveau récent de l’historiographie réhabilite certains aspects de cette période. Ainsi, savons-nous que nos soldats n’ont pas démérité, nonobstant la myopie doctrinale fatale de la haute hiérarchie militaire. 100 000 combattants français sont tombés en un mois de combat, illustrant l’intensité des affrontements. Ce courage désespéré devait trouver tout son sens dans la défaite totale du nazisme cinq années plus tard. La Wehrmacht n’a pas eu la partie facile, et c’est la supériorité de son commandement aux échelons tactique et stratégique qui a fait la différence. Nous savons, aujourd’hui, combien la parité qualitative au plan des matériels nous était favorable en matière de blindés; combien le rapport de force numérique était également en notre faveur. Le haut commandement de la Wehrmacht a plusieurs fois tenté de freiner la progression de ses unités, redoutant une contre-offensive majeure sur ses flancs qui – si elle avait eu lieu – aurait changé le cours de la campagne. La désobéissance d’unités, qui refusèrent de ralentir leur marche, explique aussi le succès des armes allemandes.

 

Les élites politiques françaises furent également lucides à l’endroit du nazisme, comme en témoigne une politique de fermeté et de réarmement. Cette dernière, amorcée avant le déclenchement du conflit, fut cependant tardive, montrant on ne peut mieux la nécessité de penser un effort de Défense sur une échelle de temps de plusieurs décennies. Quant à la politique de fermeté vis-à-vis du Reich, elle fut gênée par l’attitude de la Grande-Bretagne décidée à ménager l’Allemagne jusqu’aux accords de Münich (septembre 1938).

 

10 mai 1940-10 mai 2010, le début de la Campagne de France c’était il y a 70 ans.

 

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Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
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Thierry GAUROY 11/05/2010 23:20



Effectivement avec le recul, on s'est aperçu que pour gagner ce genre de guerre, il faut :


- une analyse géostratégique lucide


- sur le plan tactique, connaître parfaitement les potientalités offertes par la technologie de l'époque et expérimenter, sans aucun préjugé, toutes les combinaisons possibles de ces différentes
technologies.


- tester la réactivité et la combativité de l'adversaire avant de se lancer dans une offensive rapide et puissante.



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