26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:51

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Le destroyer coréen Choi Young (à gauche) ravitaillant à la mer

 

Ancien professeur de Droit international, ancien ministre et actuel député du Pas-de-Calais, le socialiste Jack LANG a rendu ce lundi un inquiétant rapport concernant le développement de la piraterie au large des côtes somaliennes. Travaillant en tant que conseiller juridique de l’ONU sur cette question, il a remis son rapport à M. BAN Ki-Moon. Avec la mondialisation économique et la maritimisation des échanges, la piraterie a connu un développement sans précédent durant ces dernières décennies. Que ce soit dans le détroit de Malacca, dans le Golfe de Guinée ou au large de la corne de l’Afrique, pour ne citer que les lieux les plus problématiques, elle constitue un véritable fléau qui mobilise désormais des moyens militaires lourds (1).

 

La difficulté de lutter contre ce mal endémique est connue: il faut coordonner des moyens internationaux toujours insuffisants eu égard aux superficies maritimes à surveiller. Bien plus, il faut tarir la source même du mal qui se trouve à terre et non en mer (instabilité géopolitique, mal développement…). À cela, ajoutons aussi les insuffisances juridiques internationales qui favorisent l’impunité et l’audace des pirates. À l’heure actuelle, on assiste à un processus de professionnalisation, d’amplification et d’intensification de la piraterie qui, selon le rapport LANG, s’il n’est pas rapidement stoppé, pourrait atteindre un point de non retour. Au-delà de la Somalie, la piraterie a atteint un niveau record en 2010 avec une augmentation de 10% du nombre des attaques (445 dans le monde entier) correspondant à la capture de 53 navires et plus d’un millier de marins.

 

Écoutant l’Automatic Identification System (AIS), un système de géolocalisation non crypté, pour repérer les navires passant au large de leurs côtes, déployant des “bateaux mères” qui permettent à de rapides skiffs d’abordage d’opérer bien au-delà de leur rayon d’action, maniant un armement de plus en plus lourd, les pirates obéissent à des commanditaires à terre, qui finissent par organiser une véritable économie grise. C’est le processus de professionnalisation que souligne le rapport de M. LANG.

 

Face à cette menace, la communauté internationale tente de mettre en place toute une série de parades, qui vont de l’embarquement à bord des navires marchands de contractors ou d’équipes militaires, à la riposte directe de bâtiments de guerre. Le cas le plus problématique étant la prise d’otages et leur rapide libération avant que les pirates ne les dispersent à terre. Ainsi avons-nous tous en mémoire, les cas des voiliers Le Ponant et Tanit en avril 2008 et avril 2009.

 

Chimiquier Salmho Jewelry

Commandos sud-coréens à l'extérieur de la passerelle du Samho Jewelry

 

Un autre exemple de combat livré contre les pirates, et qui devrait rester dans les annales de la lutte anti-piraterie contemporaine, est l’assaut donné par une unité de commandos sud-coréens (l’unité Cheonghae) peu après la capture, le 15 janvier dernier, d’un navire battant pavillon maltais: le Samho Jewelry. Qui plus est ce dernier étant un tanker (chimiquier), d’autres risques pouvaient venir s’ajouter à la prise en otage de ses 21 membres d’équipage (essentiellement des Coréens).

 

Croisant sur zone, un destroyer de la marine coréenne, le Choi Young, fut immédiatement mis en alerte ainsi que l’unité de forces spéciales Cheonghae qui se trouvait à son bord. Une vidéo et une photographie mises en ligne par la marine coréenne nous montre un assaut de vive force, qui a été effectué le vendredi 21 janvier. Le château du tanker criblé d’impacts de balles laisse supposer un échange de tir intense. Isolant le Samho Jewelry en brouillant ses communications, éprouvant la réactivité des pirates en effectuant plusieurs survols par des hélicoptères, la marine coréenne a fini par lancer une attaque meurtrière pour les pirates. Si tous les membres de l’équipage furent libérés sains et saufs, et si le capitaine du navire fut blessé dans l'action, huit pirates furent abattus et cinq autres appréhendés.

 

(1) L’opération Atalante au large de la Somalie mobilise trois Task Forces relevant de trois commandement différents: l’Union européenne, l’OTAN, les États-Unis. Lire aussi l'interview du Contre-amiral Philippe COINDREAU par Mer et Marine.

 

 

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