28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 19:53

Jeudi-26-janvier-2012.jpg

 

Le jeudi 26 janvier 2012, l’Adjudant-chef N-TECH Laurent CLEMENT est venu sensibiliser un public de 60 élèves et étudiants de BTS du Lycée Galilée. Poursuivant le partenariat noué depuis l’année dernière entre l’établissement scolaire et le Groupement de Gendarmerie Nationale de Seine-et-Marne, le sous-officier a plus particulièrement développé, cette année, les risques liés aux réseaux sociaux alors qu’il avait davantage insisté, l’année précédente, sur les problèmes des blogs. À la fois pédagogue et prompt à répondre aux élèves à partir d’exemples très concrets, l’Adjudant-chef CLEMENT n’a pas cherché à inquiéter les élèves sur un sujet où malheureusement les dérives (harcèlement, injures, chantage, escroqueries…) augmentent sensiblement. En revanche, il les a clairement mis en garde expliquant à la fois son travail, les caractéristiques des réseaux sociaux, et les réflexes élémentaires de protection vis-à-vis de ces derniers.

 

Les unités N-TECH de la Gendarmerie nationale sont réparties sur tout le territoire à raison d’une unité par département. Ces gendarmes ne sont pas nombreux mais ils ont un savoir-faire de pointe et sont plus que jamais sollicités dans les diverses enquêtes. En charge de l’extraction de preuves numériques selon des protocoles particuliers, les gendarmes N-TECH travaillent aussi bien sur des infractions informatiques que sur des enquêtes plus classiques (viols et crimes par exemple) qui nécessiteraient un supplément d’enquête technique. Ils font ainsi parler le matériel même en mauvais état, disposant de moyens informatiques à la fois matériels et logiciels très performants. À partir d’un contenu d’ordinateur ou de téléphone portable, les N-TECH peuvent aider à déterminer les traits de personnalité d'un suspect ou d'une victime ou retrouver des traces perdues depuis longtemps.

 

À partir de cette présentation, l’Adjudant-chef CLEMENT a abordé la question complexe des réseaux sociaux (Facebook, MySpace…) qu’il a distingué des réseaux communautaires (1). Échangeant directement avec des élèves intéressés par le propos, le sous-officier a privilégié le réseau Facebook dans son approche, sachant que celui-ci est la plate-forme favorite des jeunes. Les chiffres donnent d’emblée le tournis: Facebook c’est aujourd’hui entre 750 et 800 000 000 de membres inscrits (2), plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire annuel et 4 milliards d’ “objets” (3) échangés par jour. Les réseaux sociaux jouent beaucoup sur la méconnaissance de leur charte par les membres eux-mêmes. Lire une charte doit être un premier réflexe avant toute inscription. On y trouvera la mention  de l’âge légal d’inscription (4) mais aussi les conditions d’utilisation des données personnelles mises en ligne. Ainsi, et contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les bannières publicitaires qui constituent les recettes principales de Facebook, mais la vente des données personnelles des utilisateurs du réseau créé en 2004 par Mark ZUCKERBERG… La “gratuité” de l’inscription sur Facebook est donc relative: âges, goûts et intérêts des utilisateurs étant analysés et vendus à des fins d’études de marché et de campagnes publicitaires.

 

L’analyse de l’Adjudant-chef CLEMENT a, donc, permis de plonger rapidement le public scolaire dans la problématique de la sensibilisation à savoir qu’un individu ne prendra conscience de la défense de son entreprise et de son pays que s’il apprend déjà à se protéger lui-même. Ici, en l’occurrence, à travers la gestion des données personnelles mises en ligne. Soulignant les dangers de l’addiction aux réseaux sociaux, le gendarme a aussi insisté sur ceux liés à une exposition imprudente des photographies personnelles (88% des adolescents), des adresses courriel (68%) et des adresses postales (27%). Ces chiffres amènent aux conclusions suivantes:

  • L’intimité n’existe pas sur INTERNET, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Tout ce qui est mis en ligne n’appartient plus à l'individu, et est désormais vu de tous.
  • Le harcèlement, les indiscrétions, les injures, etc. ont toujours existé, mais avec INTERNET et les réseaux sociaux ils ne sont plus circonscrits à l’école ou l’entreprise. Ils deviennent ainsi permanents et violent l’intimité.
  • Il faut toujours contrôler les données que l’on met en ligne en ayant conscience du caractère irréversible de l’opération. Un “objet” ne "meurt" que s’il n’est plus téléchargé ni conservé, ce qui est toujours impossible à vérifier.

(1) Les réseaux sociaux rassemblent les internautes de la manière la plus large pour des rencontres et des échanges. L’objectif reste la socialisation alors que les réseaux communautaires (Tweeter par exemple) rassemblent davantage autour d'un centre d’intérêt commun. La distinction reste cependant fine, les réseaux communautaires constituant un type de réseaux sociaux.

(2) Dans ce nombre, il est à prendre en compte de nombreux doublons et inscriptions multiples pour un même internaute…

(3) Par objet, il faut comprendre les conversations, les photographies, les vidéos…

(4) 13 ans pour Facebook.

Tigre---Message-2.jpg

Partager cet article

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article

commentaires

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives