13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 11:59

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Une Marine reste le produit d’une évolution historique qui, elle-même, façonne une culture stratégique et sociétale sur le temps long. La France a cette chance de pouvoir disposer, encore de nos jours, d’un outil naval à vocation océanique dont les moyens et les savoir-faire, s’ils ne peuvent rivaliser avec ceux de la thalassocratie étasunienne, restent très bien placés dans le classement des puissances navales actuelles.

 

De nos jours, la France est, avec les États-Unis, la seule puissance à pouvoir déployer un porte-avions nucléaire, dont l’aéronef principal – le Rafale marine standard F3 – est le meilleur au monde d’un point de vue technico-opérationnel. La France fait également partie de ce club restreint de pays capables de mettre en oeuvre une dissuasion nucléaire sous-marine. La Royal Navy qui, des siècles durant, fut la puissance navale hégémonique - et celle qui inspira directement l’US Navy -, a perdu depuis les années 1970 ce savoir-faire aéronaval qu’elle tente de récupérer avec la construction de deux porte-avions de la classe Queen Elizabeth. Retrouver une capacité aéronavale demandera, cependant, aux Britanniques de longs et coûteux efforts sur plusieurs décennies. Il est facile d’abandonner l’effort de construction d’un porte-avions. Il est, en revanche, beaucoup plus difficile (voire impossible) de s’y remettre compte tenu de l’ampleur scientifique et technologique (en constante évolution) que demande une telle construction (1)… Avec un tonnage de 396 000 tonnes dont 285 000 tonnes de bâtiments de combat, la Royal Navy est aujourd’hui durement talonnée par sa rivale historique, la Royale. Cette dernière alignant, en 2011, 300 000 tonnes dont 270 000 de bâtiments de combat…

 

Si la doctrine stratégique de la France reconnaît aujourd’hui la dimension pleinement maritime des enjeux et des crises liés à notre sécurité, cette compréhension est loin de s’être diffusée de manière éclairée dans l’ensemble d’une société qui garde une perception culturelle des menaces et des conflits davantage terrestre et continentale. L’incompréhension d’une nécessaire permanence à la mer de notre aéronavale – nécessité induisant la construction d’au moins un deuxième porte-avions – illustre ce manque d’intérêt de la société française pour les problématiques maritimes. (2)

 

Or, l’Histoire a montré à plusieurs reprises qu’une Marine de guerre est toujours le résultat d’une doctrine stratégique et de décisions politico-technico-économiques ancrées dans la longue durée. Une doctrine navale comme l’outil qui en émane ne peuvent s’improviser ni se construire sur dix ans… Au coeur de ces réflexions, de ces décisions et de ces constructions qui engagent l’avenir de notre pays, sur ou à travers les océans et les mers, se trouve également la question cruciale de la formation des équipages de la Flotte. Si, dans un avenir proche, la Chine pourra mettre à flot des porte-avions, l’acquisition des spécialités techniques et tactiques indispensables au déploiement et à l’engagement opérationnel de ces porte-avions demandera deux fois plus de temps si ce n’est davantage… Il en est de même pour l’arme sous-marine, car toute Marine est – bien plus que les deux autres armées – une armée avant tout technique et logistique par essence.

 

Assurer un recrutement permanent de qualité est, donc, une priorité pour la Marine nationale qui vient, ces derniers jours, de mettre en ligne un site de recrutement remarquable et particulièrement efficace du point de vue de sa conception et de sa charte graphique. Le site "etremarin.fr" s’ouvre par un exercice naval mettant en oeuvre une frégate, un hélicoptère et un sous-marin dans l’océan Atlantique. L’objectif de la mission étant l’évacuation de 4000 personnes, ce que doit empêcher le sous-marin. De la passerelle de la frégate au centre de contrôle du sous-marin en passant par l’habitacle de l’hélicoptère, nous pouvons suivre le déroulé de l’exercice qui se termine par le repérage du sous-marin (donc sa destruction dans la réalité…). Avec une entrée en la matière aussi pédagogique que ludique, le site ouvre sur un ensemble de pages interactives bien construites, qui permettent de renseigner utilement n’importe quel candidat sur les nombreux métiers que propose la Marine nationale.

 

Après avoir investi le réseau social “Second life” lors d’une précédente campagne de recrutement, nos marins montrent une fois de plus leur capacité à rester dans leur temps tout en continuant de servir une arme de grande tradition. Espérons maintenant que le site “etremarin.fr” contribuera à déclencher intérêts, engagements et vocations que nous souhaitons nombreux.

 

(1) En renonçant aux porte-avions au profit de porte-aéronefs à la fin des années 1960, la Royal Navy s’est condamnée à ne pouvoir dorénavant agir que dans le cadre d’une coalition sous commandement américain, quand bien même la Guerre des Malouines (1982) illustra t-elle encore la supériorité des équipages britanniques.

(2) D'excellents sites existent pourtant de nos jours, qui traitent des questions maritimes et navales. Citons, entre autres, "Mer et Marine" de Gildas LE CUNFF de KAGNAC et Vincent GROIZELEAU, "Net-marine" de Jean-Michel ROCHE, "Le portail des sous-marins" de Gilles CORLOBE...

 

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