24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:32

HMS Mounts BayLe HMS Mounts Bay (Bay class) s'apprête à recevoir dans son radier un engin de débarquement français. Ce bâtiment appartient à la Royal Auxiliary Fleet (RAF) qui est la flotte logistique de la Royal Navy. Le HMS Mounts Bay est un Transport de Chalands de Débarquement (TCD) ou Landing Ship Dock (LSD) - (Source - MINDEF)

 

Alors que nous rappelions ce dimanche la célébration de la victoire de Trafalgar, chère à nos amis britanniques mais douloureuse au souvenir de nos marins, voilà que du 17 au 26 octobre se déploie un bel exercice naval, aéronaval et amphibie franco-britannique en Méditerranée: Corsican Lion. Les temps ont décidément bien changé, et c'est dans le droit fil du Traité de Londres - dit aussi accords de Lancaster House du 2 novembre 2010 - que la Royale et la Royal Navy nous offrent un bel exemple de coopération interalliée et d'étroite interopérabilité dans la perspective d'une Défense européenne dont France et Grande-Bretagne sont les acteurs de premier plan.

 

C'est au large de la Corse que se sont rassemblées deux forces aéronavales et amphibies qui, depuis  la fin de la semaine dernière, enchaînent divers exercices sur le modèle de ce qu'avaient fait les Américains et leurs alliés (en plus grand) avec l'exercice Bold Alligator au mois de janvier. L'objectif est de pouvoir faire travailler les deux marines dans le cadre de la mise sur pied d'une force expéditionnaire conjointe rapidement projetable (Combined Joint Expeditionnary Force ou CJEF). Les moyens sont importants. Côté français le porte-avions Charles de Gaulle, le BPC Mistral et la frégate Chevalier Paul (classe Horizon), entre autres, sont déployés. Côté britannique, c'est le HMS Bullwark (bâtiment amiral), le porte-aéronefs HMS Illustrious, et deux frégates de type 23 (Duke class): le HMS Montrose et le HMS Northumberland. D'autres bâtiments amphibies et logistiques (pétroliers ravitailleurs, rouliers, etc.) accompagnent ces deux forces de combat.

 

2e-RIMa-sur-Offshore-Raiding-Craft.jpgMarsouins du 2e RIMa débarquant à partir d'un ORC (Offshore Raiding Craft) britannique

 

Ce type d'exercice est très important, car il permet de faire travailler ensemble des forces qui n'ont pas forcément les mêmes cultures. Ce sont des occasions où les états-majors peuvent confronter, améliorer,  perfectionner et valider leurs procédures, et où les unités opérationnelles apprennent à manoeuvrer et combattre ensemble en connaissance de matériels qui ne sont pas les leurs. La maîtrise de la manoeuvre interarmée (entre les moyens navals, aériens et terrestres) et interarmes (entre les armes au sein des marines, des armées de l'Air et de Terre), comme les échanges de savoir-faire entre les états-majors et jusqu'aux unités élémentaires du Groupe Tactique Embarqué (GTE), ne peuvent s'improviser au moment des crises, et les deux marines ont en mémoire le précédent de l'opération 700/Musketeer (1956).

 

207 ans après la bataille de Trafalgar, et 56 ans après la crise de Suez, le symbole de cet exercice franco-anglais est fort. L'Angleterre n'est plus la puissance maritime d'antan, et le Trafalgar day rappelle une gloire passée alors que la Marine française est aujourd'hui une force moderne - comparable en tonnage à son homologue britannique - avec, cependant, un important savoir-faire aéronaval que la Royal Navy a perdu dans le dernier quart du XXe siècle. L'heure est, cependant, à la coopération la plus étroite pour les deux marines alors que les coupes budgétaires menacent dangereusement leurs capacités futures, que les États-Unis se désengagent durablement de la défense de l'Europe, et que cette dernière demeure en panne. Les récents propos du CEMA, l'Amiral Édouard GUILLAUD, adressés à la Commission de la Défense de l'Assemblée nationale et rapportés par le journaliste Michel CABIROL, indiquent que pour que le "pooling and sharing" (1) fonctionne encore faudrait-il que les Européens soient en mesure de partager quelque chose. Or ce sont essentiellement la France et la Grande-Bretagne qui, aujourd'hui, sont en mesure de mettre en pratique un partenariat aussi efficace sur l'ensemble des 27 États membres de l'UE.

 

(1) Le pooling and sharing désigne la mutualisation des moyens de la Défense européenne. Le European Air Transport Command (EATC) en est un exemple opérationnel récent.

 

Section-B.-BOUQUIN.jpgMarsouins de la section BOUQUIN présentant le FAMAS félinisé à leurs homologues britanniques lors de l'exercice Corsican Lion (source - MINDEF)

 

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