Samedi 20 mars 2010
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Par Enseignant Défense
Armand Jean du Plessis,
Cardinal-Duc de Richelieu et Duc de Fronsac (1585-1642), fut le principal Ministre de Louis XIII. Son gouvernement porta
l'empreinte d'une conscience aiguë du sens de l’État, ce qui fit de Richelieu un artisan déterminé du renforcement du pouvoir royal. Ce dernier se heurtait en effet à une double opposition
intérieure, au travers d'une noblesse jalouse de son indépendance d'un côté et d'une opposition religieuse protestante qui tenait plusieurs places fortes au sein même du royaume de l'autre.
En matière de politique extérieure, Richelieu poursuivit la lutte contre la puissance des Habsbourg - plus particulièrement de la Maison
d'Autriche - qui disputait alors l'hégémonie européenne à la France. Acteur majeur de la Guerre de Trente Ans (1618-1648),
Richelieu, sans voir les traités de Westphalie qui y mirent fin, imposa au royaume un effort de guerre très important. Avec l'établissement d'un impôt et d'une armée quasi permanents sous son
gouvernement, on comprend ce que la puissance de l'État dans notre Histoire doit à la guerre. À sa mort, le Cardinal lègue un État royal incontestablement renforcé, qui devait constituer - une
fois dépassé l’épisode de la Fronde (1648-1653) - le socle sur lequel Louis
XIV fonda l’État absolutiste.
C’est à ce grand serviteur de l’État au sens moderne du terme que le royaume doit sa première grande Marine de guerre, plus tard
surnommée la Royale. Conscient de l’importance stratégique des mers et des océans qu’il fallait déjà disputer à l’Angleterre, Richelieu fonda en 1622 les Compagnies ordinaires de la mer destinées
à défendre les navires ainsi que les territoires de notre premier empire colonial. Ces compagnies sont à l’origine de l’Infanterie coloniale aujourd’hui appelée Infanterie de Marine. La conscience du Cardinal à l'endroit des enjeux maritimes est d'autant plus remarquable que le royaume
de France est alors engagé dans une lutte séculaire contre la dynastie des Habsbourg. Une lutte tournée vers l'Europe, dont les prolongements sous Louis XIV et la Révolution française donneront à
la culture stratégique française une dimension plus continentale que maritime.
Auditeur de la 180e session de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale au terme d’une formation particulièrement dense et riche, l’Enseignant Défense du Lycée Galilée –
saluant ses camarades, notamment ceux du comité n° 2 - exprime sa plus grande fierté d'intégrer la promotion Cardinal de Richelieu.

"Perdre bientôt la mémoire d'un bienfait est le vice des Français."
Richelieu, "Maximes"
Merci à Luc, Anne, Jean-Pierre, Isabelle, Michel, Bruno, Bertrand, Philippe, Cécile, Pierre, Stéphane, Mourad, Éric et Christophe pour les
échanges passionnés, le travail et la bonne humeur toujours présente. Nous poursuivrons…
IHEDN - COMITÉ 2
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