11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:40

LE MARDI 11 SEPTEMBRE 2001

 

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New-York, le mardi 11 septembre 2001

 

Le mardi 11 septembre 2001, une attaque terroriste sans précédent frappa les États-Unis d’Amérique faisant près de 3000 morts en l’espace d’un peu plus d’une heure. Ce fut l’attaque la plus meurtrière lancée sur le sol américain depuis la destruction de la Flotte du Pacifique par l’aéronavale japonaise à Pearl Harbor le dimanche 7 décembre 1941. Jamais attentat terroriste ne tua autant de personnes. Ce qui désormais entra dans l’Histoire sous le nom d’ “attentats du 11 septembre 2001” désigne une série de quatre attaques avec les caractéristiques suivantes:

 

1- Ce furent des attentats perpétrés par 19 terroristes membres du réseau djihadiste Al Qaida, organisés dans un esprit de non retour.

2- Les quatre attaques adoptèrent le même mode opératoire, à savoir le détournement d’un avion de ligne qui devait être, ensuite, utilisé comme une véritable bombe incendiaire contre un objectif.

3- Les objectifs étaient tous des symboles de la puissance des États-Unis: puissance politique, militaire et économique.

 

Les quatre avions détournés peu après leur décollage étaient les vols AA11 et AA 77 de la compagnie American Airlines, et UA 175 et UA 93 de la compagnie United Airlines. Contrôlés par les terroristes, les vols AA 11 et UA 175 prirent pour cibles les tours du World Trade Center. Le premier percuta la tour Nord, le deuxième, la tour Sud. Le vol AA 77 frappa l’aile ouest du Pentagone, quant au vol UA 93, il s’écrasa prématurément dans les environs de la ville de Shanksville (Pennsylvanie) suite à la résistance désespérée de ses passagers, qui reprirent le contrôle de l’appareil aux terroristes sans pouvoir cependant le maintenir en vol. Ce dernier avion se dirigeait vers Washington DC. À l’exception donc de la dernière attaque qui échoua, les trois premières furent remarquablement coordonnées. La première frappa la tour Nord du World Trade Center à 8.46, la dernière toucha le Pentagone à 9.37. Entre temps, la tour Sud du World Trade Center fut touchée à 9.03. Le crash du vol UA 93 entre Pittsburgh et Washington DC eut lieu à 10.03.

 

En plus du pays et des symboles visés, l’ampleur des pertes humaines donna une dimension exceptionnelle aux attentats du 11 septembre 2001. À commencer par les centaines de passagers des vols détournés qui périrent avec les terroristes, y compris ceux du vol UA 93 en dépit de l’échec de l’attaque. Mais au-delà des avions transformés en bombes incendiaires, les twin towers en feu piégèrent plus de 2000 personnes dont 343 pompiers qui moururent dans l’effondrement des tours. Ce fut d’abord la tour Sud qui s’écroula à 9.58, suivie de la tour Nord à 10.28. Dans son effondrement, la tour Nord détruisit également une troisième tour située à proximité, et déjà fragilisée par la destruction de la tour Sud: le Marriot World Trade Center. En fin d’après-midi, à 17.25, une quatrième tour voisine, elle aussi endommagée et en proie à des incendies, s’effondra. L’attaque du Pentagone fit, elle, 125 tués. Au total, ce furent 2977 personnes qui périrent entre 8.46 et 10.03 ce 11 septembre 2001 (1). Un terrible bilan auquel il faudrait ajouter les milliers de blessés et de victimes d’inhalations toxiques provoquées par le gigantesque nuage de poussières lié à la désagrégation des quatre tours (2).

 

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Ground zero, dimanche 11 septembre 2011. Robert PEZARA se recueille en souvenir de son fils

 

Au-delà des seuls États-Unis ce fut l'ensemble de l'Occident qui fut frappé par Al Qaida, mais la nature de cette dernière (2), la diversité des ressortissants tués dans les attentats (90 nationalités), le choc émotionnel puissamment entretenu par une surmédiatisation omniprésente et, surtout, la réaction des États-Unis dans les mois et les années suivants, donnèrent d'emblée aux attaques du 11 septembre 2001 une dimension historique mondiale. Les relations internationales en sortirent profondément transformées.

 

Dix années après, le monde continue d’évoluer à l’ombre de ce terrible événement. À tort ou à raison, les États-Unis se sont lancés dans une nouvelle guerre mondiale contre le terrorisme islamiste - “global war on terrorism” ou "war on terror" -, qui les a emmenés de Kaboul à Bagdad sans parler des frappes clandestines menées au Yémen et ailleurs. Les résultats de cette approche guerrière du terrorisme peuvent être contestés, à commencer par la terrible fragilisation de l’économie américaine que le coût des guerres irakienne et afghane ont accentué. Une fragilisation dont les conséquences sont aujourd'hui sensibles dans le monde entier. Mais on a également sous-estimé, en France et en Europe, notamment durant la présidence du républicain George W. BUSH, la blessure et le traumatisme infligés qui firent que l’Amérique se considéra comme un pays en guerre à partir du 11 septembre 2001.

 

Aujourd’hui, il reste difficile de répondre à la question de savoir si notre monde est plus sûr ou, au contraire, moins sûr qu’en 2001. Les guerres en Afghanistan et en Irak ont fait des milliers de morts dans les rangs des soldats américains et alliés. Des centaines de milliers de civils ont aussi succombé dans les deux pays - dans leur immense majorité sous les coups d'Al Qaida et des insurgés - pour des résultats encore incertains. En 2003, George W. BUSH attaquait l’Irak de Saddam HUSSEIN avec un projet de démocratisation régional et non seulement national. Son projet de “grand Moyen-Orient” cherchait à faire reculer ce que beaucoup considéraient alors comme le foyer majeur du djihadisme international, dont l’épicentre était (reste?) l’Arabie Saoudite. Par contamination, la démocratie devait – à partir de l’Irak et de son expérience – gagner l’ensemble de la région et faire reculer la tentation terroriste. On sait aujourd’hui combien cette nouvelle guerre du Golfe fut mal comprise par les opinions occidentales: le chaos sanglant qui succéda au renversement du Raïs à partir de 2004, les erreurs de l’administration BUSH, le retrait des troupes américaines à partir de 2010, le regain de violence actuel nonobstant un Irak s'éveillant pour la première fois de son histoire à la démocratie…

 

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Irak, 11 septembre 2008. Des soldats américains commémorent le souvenir des attentats de 2001


Le “Printemps arabe” peut-il donner raison a posteriori à l’ancien président américain? Certes, le spécialiste Gilles KEPEL pourra dire que ce bouleversement, actuellement observé en Tunisie, en Égypte, en Libye et en Syrie (pour le moment), ne correspond pas à la révolution voulue par les djihadistes d’Al Qaida, et qu’il est un échec pour l’islamisme radical. Mais il est encore tôt pour se prononcer avec certitude sur les évolutions de ces pays, surtout dans le sens d’une démocratisation effective.

 

En Afghanistan, le retrait des troupes américaines et occidentales est aujourd'hui programmé. Les opinions publiques ne suivent plus, et ne comprennent pas le prix si élévé à payer pour la pacification de l’État afghan, mais aussi de l’ensemble de la région AFPAK. Il est vrai que la crise économique mondiale n’aide pas à intensifier un effort de guerre en passe d’être présenté comme une défaite annoncée par les médias, là encore en dépit des immenses avancées obtenues au quotidien depuis 2001.

 

Aujourd’hui, Al Qaida s’est franchisée en Afrique du Nord et sub-saharienne avec AQMI (Al Qaida au Maghreb Islamique), et au Moyen-Orient avec AQPA (Al Qaida dans la Péninsule Arabique). Les ramifications avec la piraterie somalienne existent, et l’Occident a appris à vivre au quotidien avec la menace terroriste. Les différentes mesures de sécurité, notamment dans le domaine du transport aérien, largement imposées par les États-Unis au lendemain du 11 septembre 2011, ne sont jamais allées dans le sens du relâchement mais, au contraire, du renforcement.

 

Pourtant, Al Qaida a subi des coups terribles aussi bien en Afghanistan qu’en Irak, et ailleurs, et elle continue d'en subir. En Afghanistan, son sanctuaire a été détruit, et l’opération Neptune spear menée par les Navy SEALs de la team VI (DEVGRU) a éliminé Oussama BEN LADEN le 1er mai dernier. Oussama BEN LADEN qui était à la fois l’idéologue et le symbole d’Al Qaida, le commanditaire des attentats du 11 septembre. Le planificateur de ces derniers, Khalid Cheikh MOHAMMED, a été arrêté au Pakistan en mars 2003. Il est aujourd'hui incarcéré aux États-Unis. De nos jours, les Taliban souhaitent chasser d’Afghanistan toute présence occidentale, et rétablir leur pouvoir politico-religieux. L’exportation du djihad ne les intéresse cependant pas. En Irak, la contre-offensive de 2007 (surge) a vaincu Al Qaida avec l’aide des tribus sunnites, jusqu’à ce que le récent retrait de l’armée américaine permette aux djihadistes de reprendre pied dans le pays. Du désert du Yémen jusqu’aux zones tribales pakistanaises (et ailleurs), les chefs d’Al Qaida sont partout traqués et tombent sous les coups des drones de la CIA et de l'US Air Force. Le président Barack H. OBAMA, Prix Nobel de la Paix 2009, a intensifié ces frappes qui, aujourd’hui, infligent les pertes les plus sévères à la mouvance djihadiste.

 

Les “arcs de crise” définis aussi bien à Washington qu’à Paris se croisent à défaut de coïncider  exactement. Partout en Occident, les mesures de sécurité se sont renforcées, et la collaboration des différents services de renseignement et de contre-terrorisme a atteint un degré d’intégration jamais vu jusqu’à présent. De véritables doctrines en matière de contre-terrorisme ont émergé. Le monde actuel n’est pas plus sûr que ce qu'il était avant 2001. Beaucoup de menaces restent encore en suspens, et leurs évolutions demeurent incertaines, quand bien même la planification d’attentats comparables à ceux du mardi 11 septembre 2011 restent, aujourd’hui, incontestablement plus difficiles à organiser.


 (1) Un chiffre auquel il faut ajouter les 19 terroristes ayant conduit les quatre attaques.

(2) L'identification de 9000 débris humains non identifiés se poursuit encore de nos jours, et empêche d'arrêter tout bilan définitif.

(3) Al Qaida étant davantage considéré comme une mouvance idéologique transnationale et déterritorialisée, qu’une organisation terroriste structurée au sens classique du terme.


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