27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:48

Il y a quelques jours était commémoré le 70e anniversaire de la disparition de Hans (1918-1943) et Sophie SCHOLL (1921-1943), ainsi que Christoph PROBST (1919-1943), tous trois exécutés dans la prison de Stadelheim située dans la banlieue sud de Münich. C'était le 22 février 1943. Si une petite dizaine de personnes constituait ce groupe de résistants allemands contre le nazisme - connu sous le nom de "Rose blanche" -, l’Histoire aura surtout retenu les noms des deux premiers, un frère et une soeur unis jusque dans la mort pour avoir osé rédiger et distribuer des tracts exprimant une opposition ouverte à la politique guerrière d’Adolf HITLER (1889-1945).


La Rose blanche naît au printemps 1942, à Münich, autour de la personne d’Hans SCHOLL, un jeune étudiant en médecine. Comme tous les jeunes allemands de cette époque, Hans et Sophie ont grandi dans une Allemagne qui a vu le nazisme pénétrer non seulement la vie politique mais aussi tous les aspects de la vie sociale et culturelle. S’ils ont pu en ressentir l’attrait en ses débuts, un "éveil intérieur" vraisemblablement lié à une indépendance d’esprit et une éducation libérale reçues d’un père qui détestait les nazis, les amena à développer progressivement un esprit de résistance à l’encontre de l’idéologie dominante. Si l’influence d’un professeur de Philosophie - Kurt GRUBER (1893-1943) - a pu jouer sur le tard, l’expérience directe de la guerre pour Hans SCHOLL, Alexander SCHMORELL (1917-1943) et Wilhelm GRAF (1918-1943) - qui servaient dans la Wehrmacht - a aussi renforcé leur conviction d’opposant.


Mouvement de résistance intellectuel et pacifique, essentiellement présent dans le milieu universitaire munichois, la Rose blanche a édité et distribué six tracts dénonçant la politique nazie et ses crimes (notamment le meurtre de masse des Juifs) au nom de principes humanistes et éthiques. Expédiés via la poste à des personnes d’influence, les tracts devaient être reproduits et diffusés à leur tour par les personnes qui les recevaient. Traqués par la GESTAPO, Hans, Sophie SCHOLL et Wilhelm GRAF sont arrêtés le 18 février 1943. Avec Christoph PROBST, ils sont traduits en justice le 22 par le juge Roland FREISLER (1893-1945), et sont exécutés par décapitation le jour même. Une deuxième vague d’arrestation conduira à l’exécution de Kurt GRUBER et Alexander SCHMORELL le 13 juillet suivant. Wilhelm GRAF sera exécuté le 12 octobre 1943.


Le destin tragique des jeunes résistants de la Rose blanche illustre toute la difficulté d’entrer en résistance dans un pays ayant basculé à la fois dans le totalitarisme et la guerre. Comment résister sans s’exposer à l’accusation de trahison, qui plus est au moment où la nouvelle de la défaite de Stalingrad ne peut plus être cachée ? Comment résister alors que la terreur s’est abattue sur l’ensemble de la société, et qu’elle est sans pitié? "Contre toutes les forces contraires..." écrivait GOETHE que Hans SCHOLL reprend à la veille de son exécution. Une citation qui exprime le désespoir profond des résistants à HITLER, mais un désespoir qui finit par toucher un autre espoir tout aussi profond et infini : celui d’une liberté de conscience que la dictature ne peut atteindre. Les résistants de la Rose blanche ont tous en commun d’être profondément chrétien: catholique, orthodoxe ou protestant. Jusqu’à ce père, Robert SCHOLL (1891-1973), qui connut aussi les prisons nazies mais ne cessa jamais d’encourager ses enfants à rester fidèles à leur conscience.


Hans et Sophie SCHOLL (1942)

Hans SCHOLL, Sophie SCHOLL et Christoph PROBST EN 1942


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