10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 06:33

NON, LA MORT D’UN SOLDAT N’EST PAS UN SIMPLE ACCIDENT DU TRAVAIL

 

Il vient de survenir la mort du 54ème soldat français en Afghanistan depuis 2001. Un pilote et son navigateur viennent de périr dans l’accident d’un Mirage 2000 de la base de LUXEUIL, à l’occasion d’un exercice d’entraînement complexe.

 

Complexe comme la machinerie que constitue un avion de chasse que l’on ne mène pas sans risque au maximum de ses potentialités. La mort d’un soldat, que ce soit au combat ou que ce soit à l’entraînement, est un sacrifice au sens antique et pré-chrétien du terme. Accomplir un sacrifice, c’est étymologiquement, produire quelque chose de sacré. La mort d’un soldat est la conséquence logique et pleinement assumée mais non souhaitée de son engagement pour le drapeau qu’il sert, sous les ordres et la mission définis par les chefs qui le mènent au combat et parfois à la mort.

 

Ce n’est pas seulement la mort du soldat qui est sacrée, mais son engagement et toute sa vie, de même que le lien qui l’unit à ses chefs et à ses camarades d’unité et de combat, car elle sert une finalité supérieure qui est la paix et la tranquillité des citoyens du pays sous le drapeau duquel il combat. La finalité étant intrinsèquement juste, il faut qu’il y ait concordance entre la finalité affichée et la finalité réelle de la guerre, et notamment qu’il y ait une certaine proportionnalité entre les moyens de destruction employés et l’enjeu final de la guerre.

 

Et il faut également que l’ordre de tuer soit consubstantiellement lié au risque d’être tué soi-même, et que cet ordre soit juste et légitime. Si l’ordre n’est ni juste, ni légitime, le combattant encourt le risque d’être poursuivi pour crime de guerre et contre l’humanité. Si c’est la guerre, elle-même qui est injuste et illégitime, ce n’est plus le soldat mais c’est l’Etat du drapeau sous lequel il combat, qui risque lui-même d’être juridiquement sanctionné par les tribunaux internationaux ou par la communauté internationale des Etats.

 

C’est pourquoi l’état de militaire et de combattant est plus une vocation qu’un métier.

 

C’est pourquoi, il n’y a plus de service militaire obligatoire, mais seulement une réserve militaire volontaire.

 

C’est pourquoi le service des armes de son pays est le plus haut degré de la citoyenneté.

 

Ce n’est pas instaurer une inégalité que de dire cela, mais simplement établir une hiérarchie des valeurs, nécessaire au fonctionnement harmonieux des institutions du pays dans lequel nous vivons et que nous considérons comme « NÔTRES » par un lien fusionnel. C’est pourquoi, en tant que citoyens, nous n’avons pas seulement des DROITS mais également des DEVOIRS, et le premier devoir du citoyen est d’aimer son pays, comme il aime ses propres parents.

 

CV (R) Thierry GAUROY

Président du CCACR 77

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Enseignant Défense Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY - dans Éditorial
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Pascal Delaunay 11/03/2011 08:47



Bonjour,


Je souscris entièrement aux propos de Thierry Gauroy : le métier de soldat n'est pas un métier
comme les autres, c’est une « vocation supérieure » que de risquer sa propre vie pour la défense de son pays et de ses concitoyens, pour la préservation des valeurs de sa propre
civilisation, de notre liberté et de notre sécurité à tous.


C’est « l’Ultime Devoir » qui éclipse tous les autres, et ce n’est pas là une
« supériorité » usurpée, mais bien un « acte sacré », comme il l’a toujours été -- avant d’être dévalorisé par une dérive politique, idéologique et sociétale mortifère,
démoralisante et quasi suicidaire « d’enfants gâtés », un acte qui relève en effet du « religieux » dans le sens large et noble du terme dans le sens de « Quelque chose
qui dépasse sa propre existence pour la protection de l’existence des Autres et des générations futures » Quelque chose qui procède de la Transmission, de l’Elévation de l’Esprit et de
l’Humanité.


C’est « religieusement » protéger sa Nation et ses concitoyens de drames qui
pourraient arriver et donc avoir le courage de faire ce que d’autres n’ont pas le bravoure ou la volonté de faire jusqu’au sacrifice suprême.


En ce sens, après des décennies de confusion mentale et d’inversions des valeurs, c’est un
véritable « reconditionnement psycho-sociétal » qu’il faut opérer par la pédagogie, l’information, l’engagement individuel et collectif, le bon sens et la nécessité de retrouver et
réhabiliter des valeurs sans lesquelles il ne peut exister de cohésion sociale ou nationale.


Le moment est venu car les temps changent petit à petit sous la pression de la « Réalité
objective du monde » ; le besoin de transcendance positive, de repères, de règles et de hiérarchie des valeurs se fait de nouveau sentir après une faillite organisée et aveugle qui aura
au moins pour mérite de prouver qu’on ne peut se « passer des fondamentaux ancestraux de notre propre nature » sans avoir à le payer très cher et mettre notre survie en
péril.


La grande leçon de nos dérives idéologiques et de la Tyrannie moderne du Désir, c’est donc le
retour de l’Anthropologie, c'est-à-dire de la Réalité des Mécanismes de la Nature humaine.


 


 


 



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