29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 08:34

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Aéroport de Kaboul, le dimanche 22 janvier 2012. Les corps de nos quatre soldats sont levés pour être rapatriés en France (source - Joel SAGET/AFP, Le Figaro)

 

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(source - ECPAD)

 

Les lettres de soldats aux lycéens de Galilée comme les photographies de presse montrent que l'hiver afghan est désormais bien là. Et c'est sous la neige que les soldats français - accompagnés de délégations des différents contingents de l'OTAN - ont rendu un dernier hommage dimanche 22 janvier 2012 à l'aéroport de Kaboul à leur quatre camarades des 93e RAM et 2e REG tombés sous les balles d'un soldat afghan renégat.

 

Depuis dix ans, les témoignages de mères, d'épouses, de compagnes et de proches de soldats tués en Afghanistan s'accumulent. Tous particuliers, ils témoignent cependant avec la même force de cette période à la fois douloureuse et "irréelle" qui s'écoule de l'annonce du décès à la fin des cérémonies; lorsque la famille se retrouve seule face à la solitude et à la conscience grandissante du vide laissé. Si, au-delà de la lettre des programmes dits d'Éducation civique, le Civisme républicain est réellement porteur de conscience et d'humanité, l'hommage rendu par les citoyens aux soldats tombés au combat devrait être naturel. Déclarations et sondages d'opinion réclamant le retour prématuré - voire accéléré - de nos troupes, quitte à compromettre des années d'efforts ne sont pas cet hommage. Bien au contraire, ils nient le sens et la valeur du sacrifice consenti.

 

Dans sa forme, l'hommage est d'abord institutionnel et se réalise en trois étapes. Les corps des soldats sont d'abord amenés à l'Hôtel des Invalides où ils reçoivent l'hommage de la Nation. Puis ils sont ensuite acheminés dans leur unité où ils reçoivent les honneurs militaires. À l'issue de cette deuxième et dernière cérémonie officielle, ils sont enfin remis aux familles qui débutent véritablement leur travail de deuil au terme de l'inhumation privée. Les hommages officiels pourront  paraître d'une pesanteur insupportable dans de telels circonstances. Ils sont pourtant d'une importance fondamentale en rappelant au pays que c'est bien plus qu'un simple citoyen qui vient de partir, mais un soldat qui a d'abord fait don de sa vie au pays. Il en devient un Héros et s'inscrit dans une geste sacrificielle qui n'appartient pas à la victime quelle que soit la destinée tragique de celle-ci.

 

C'est cela qu'une foule d'un millier de personnes a exprimé mardi dernier lorsque le cortège amenant les corps de l'Adjudant-chef Denis ESTIN, de l'Adjudant-chef Fabien WILLM, du Sergent-chef Sliven SIMEONOV et du Brigadier-chef Geoffrey BAUMELA, a traversé le Pont Alexandre III à Paris aux alentours de 11.30. Le convoi se rendait aux Invalides. La traversée d'un pont ce n'était pas beaucoup pour le dire et pour le montrer, mais un millier de citoyens c'était exceptionnel dans un pays si peu habitué à reconnaître la valeur militaire.

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Le cortège funèbre traversant le Pont Alexandre III à Paris le mardi 24 janvier (source - Patrick KOVARIK/AFP, Le Figaro)

 

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IN MEMORIAM

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Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
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testing omnitech support 11/11/2014 09:56

I have often wondered. What is life really like for the soldier? Becoming a Soldier can be challenging, but it's also a rewarding life. I have read that the most dangerous current job in the Army is that of infantry rifleman.

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