14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:23
PACIFISME ET GUERRE JUSTE SELON LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2009

    «Dire vouloir la paix ne suffit pas à l'obtenir (…). Si la paix est l'objectif, la guerre est parfois justifiée.»


Président Barack OBAMA, Prix Nobel de la Paix – Oslo, jeudi 10 décembre 2009

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Le jeudi 10 décembre dernier, le Président des États-Unis, Barack OBAMA, recevait à Oslo le Prix Nobel de la Paix. Jeune président démocrate, premier président de couleur à entrer dans l’histoire des États-Unis, Barack OBAMA bénéficie d’une popularité, ici en Europe mais aussi ailleurs dans le monde, qui tranche singulièrement avec le repoussoir que représentait son prédécesseur, George W. BUSH. Son élection le 4 novembre 2008 s’est accompagnée, partout dans le monde, de manifestations telles que l’on a pu parler d’une véritable “obamania”.

    La haine vouée à George W. BUSH s’est, en fait, très largement confondue avec l’arrivée d’un président, dont beaucoup ont voulu noyer dans le symbole qu’il était l’hyperpuissance qu’il représentait. À ce titre, ils n’ont pas compris que Barack OBAMA était tenu à des invariants structurels et fonctionnels, qui feraient qu'il resterait avant toute chose LE Président des États-Unis.

    Le discours d’Obama à Oslo fut un grand discours (1), aussi bien salué par les Républicains que par les Démocrates aux États-Unis. L’humilité du 44e Président des États-Unis devant un Prix Nobel qu’il n’a pas demandé, la subtile conscience entre le symbole qu’il incarne et ses responsabilités font que, finalement, la polémique (2) ne peut que désabuser ceux qui n’ont voulu voir en lui qu’un symbole sans fonction parce que leur vision du monde est celle d’un monde en noir et blanc, privé de sa réalité et de sa complexité.

    L’Amérique n’est pas seulement le leader de l’Occident, la puissance qui nous a entraîné dans la guerre en Afghanistan. Lorsque le Président OBAMA parle de “guerre juste” à Oslo, nous aurions grand tort de ne pas nous sentir concernés de près comme de loin.

(1) Lire l'intégralité du discours.
(2) Cf. Sa décision récente d’envoyer un renfort de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

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EXTRAITS DU DISCOURS DE BARACK OBAMA, PRIX NOBEL DE LA PAIX – OSLO, JEUDI 10 DÉCEMBRE 2009

    (…) Je suis le commandant en chef d'une nation engagée dans deux guerres. L'une de ces guerres touche à sa fin. L'autre est un conflit que l'Amérique n'a pas voulu, dans lequel nous sommes engagés avec 43 autres pays, dont la Norvège, pour nous défendre et défendre tous les pays de nouveaux attentats.

    Nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains partis se battre dans une terre lointaine. Certains tueront, d'autres seront tués. Alors je viens ici avec le sens aigu du coût d'un conflit armé, plein de questions difficiles sur les rapports entre guerre et paix, et nos efforts pour remplacer l'une par l'autre.

    Je me réserve, comme tout chef d'Etat, le droit d'agir unilatéralement si nécessaire pour défendre mon pays.

    (…) Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d'une paix juste. (...) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n'éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l'usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié.

    Ma présence ici étant la conséquence directe de toute l'oeuvre du Dr King, je suis l'héritage vivant de la force morale et de la non-violence (...). Mais en tant que chef d'Etat ayant prêté serment de protéger et défendre mon pays, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (...). Je ne peux rester sans rien faire face aux menaces pesant contre le peuple américain.

    Car ne nous trompons pas: le mal existe dans le monde. Un mouvement non-violent n'aurait pas pu arrêter les armées d'Hitler. Les négociations ne peuvent pas convaincre les dirigeants d'Al-Qaïda de déposer les armes.

    Quelles que soient nos erreurs, les faits sont là: les Etats-Unis d'Amérique ont aidé à garantir la sécurité du monde pendant plus de six décennies avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes. Alors oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix. Et pourtant cette vérité doit coexister avec une autre: la guerre, pour justifiée qu'elle soit, est la promesse d'une tragédie humaine.

    Je crois que la force peut être justifiée par des raisons humanitaires (...) L'inaction déchire notre conscience et peut mener à une intervention ultérieure plus coûteuse. C'est pourquoi tous les pays responsables doivent reconnaître le rôle que peut jouer l'armée dotée d'un mandat précis pour protéger la paix.

    (…) Dans un monde où les menaces sont plus diffuses et les missions plus complexes, l'Amérique ne peut pas agir seule. La paix exige la responsabilité. La paix entraîne le sacrifice. C'est pourquoi l'OTAN reste indispensable. C'est pourquoi nous devons renforcer les missions onusiennes et régionales de maintien de la paix et non laisser cette tâche à quelques pays.

    La paix n'est pas seulement l'absence de conflit visible. Seule une paix juste fondée sur les droits inaliénables et la dignité de chaque individu est vraiment durable (...) Une paix juste ne suppose pas seulement des droits civiques et politiques, elle doit inclure la sécurité économique et des débouchés. (…)

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