2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 09:57
LE LIEN ARMÉE-NATION AUX ÉTATS-UNIS


    Dans un bel article paru dans l’édition du journal Le Figaro d’aujourd’hui, la journaliste Laure MANDEVILLE nous décrit la force du lien Armée-Nation aux États-Unis à travers les honneurs militaires rendus au Sergent-chef Nekl B. ALLEN tué en Afghanistan au mois d’octobre, et qui laisse derrière lui une veuve et trois enfants.

    Alors que le Président Barack OBAMA vient d’annoncer officiellement, devant les cadets de l’Académie militaire de West Point, l’envoi d’un renfort de 30 000 hommes en Afghanistan, alors que cela va bientôt faire une décennie que l’Amérique est en guerre, force est de reconnaître qu’elle nous donne une leçon en matière de solidarité entre la Nation et ses forces armées. Nous pouvons ainsi émettre des réserves quant au bien fondé et quant à la méthode que les États-Unis mettent en avant dans leur lutte afghane comme irakienne, plus particulièrement à l’endroit de ce dernier conflit. Il n’y a cependant pas qu’en France que les sondages désapprouvant l’envoi de troupes supplémentaires progressent. L’Amérique, elle aussi, doute de l’issue de la guerre en Afghanistan. L’Amérique, elle aussi, connaît ses crises de conscience, et affronte des difficultés économiques.

    Certes, elle reste l’ “hyperpuissance” comme la “nation indispensable” selon les termes d’Hubert VÉDRINE et de Madeleine ALBRIGHT. Elle sait cependant, la première, toute la relativité de sa puissance au moment où les guerres afghanes et irakiennes usent le potentiel humain et matériel de l’US Army, le tout sur fond de crise avec l’Iran, et de montée en puissance de la Chine.

    Bien évidemment la puissance économique comme scientifique de l’Amérique reste réelle, et nous aimons la mettre en exergue afin de mieux cacher nos faiblesses, voire occulter la nécessaire réflexivité à notre amélioration. Cependant, la douleur de M. LE PAHUN, par exemple, ne peut se mesurer uniquement à des questions matérielles tels que des gilets pare-balles américains plus efficaces que les gilets pare-balles que portaient nos parachutistes dans la vallée d’Uzbin. Car 5300 fils de l’Amérique sont tombés depuis 2001 en Afghanistan et en Irak, et les pertes que subit l’armée la mieux équipée au monde sont sans commune mesure avec les pertes françaises encore aujourd’hui. La guerre est avant tout un choc de volontés, et une question de détermination politique avant d’être une affaire technique…

Fallen soldiers... Du Vietnam à l'Irak, près de trente ans séparent ces deux photographies. L'US Army a, depuis, profondément changé ainsi que le regard de la société américaine sur le conflit vietnamien. Pourtant, c'est le même cérémonial qui est rendu aux camarades tombés au combat

    Les jeunes Américains ont connu l’individualisme inhérent à la société de consommation bien avant nous. Ils ont aussi connu la professionnalisation des armées vingt ans avant la France. L’Amérique doute en Afghanistan, et les longues hésitations stratégiques du Président OBAMA l’ont amplement montré ces derniers mois. Pourtant, dans ce pays que nous aimons tant critiquer pour ce qu’il est, un vétéran ou un blessé est encore regardé et salué comme un HÉROS et non comme une victime. Chaque soldat tué reçoit un hommage individuel et reconnu par la société au cours d’une cérémonie que le cinéma a popularisé plus d’une fois, et qui a, très certainement, émue la journaliste du Figaro ce mardi 8 octobre 2009 au cimetière militaire national d’Arlington (Virginie).


    Bref, l’Amérique est encore l’une des rares démocraties occidentales où l’on peut désapprouver une guerre sans pour autant tourner le dos à l’Armée. Un pays où les familles pleurent autant – si ce n’est davantage qu’ailleurs – les pères et les fils absents; où certaines familles contestent la politique du Gouvernement, mais ne remettent pas en cause le lien entre la Nation américaine et ses forces armées. Un pays où, dans l’épreuve, quoi qu'il en soit la Nation est SOLIDAIRE. Où le fameux “support our troops” reste un geste de civisme et de solidarité que l’on soit républicain ou démocrate.

    La France devrait s’en inspirer.


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Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
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Ménesglad 02/12/2009 18:47



Oui, une belle leçon et un bel article....



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