4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 16:17

L’ALLIANCE ATLANTIQUE SE PREND LES PIEDS DANS LE TAPIS LIBYEN

 

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L'opération Harmattan en mai 2011 (source - MINDEF)

 

Il y a deux mois, la décision avait été prise d’effectuer des frappes aériennes contre la Libye, en nous affirmant qu’il s’agissait d’une action avec promesse de retour rapide pour seulement protéger les insurgés libyens d’une répression dans un bain de sang. Mais cette mission protectrice autorisée par l’ ONU semble s’être muée en une guerre d’usure, après 2.700 missions aériennes de bombardement qui ne sont pas encore venues à bout de Mouammar KADHAFI et de ses troupes d’élites, et notamment de la 32ème brigade qui semble avoir été actuellement tenue à l’écart des affrontements.

 

En outre le flux des mercenaires d’Afrique sub-saharienne venus renforcer les soldats loyalistes ne serait que ralenti. Cela a été confirmé par le contre-amiral James F. FAGGO, chef des opérations de la 6ème flotte américaine en charge du J2 (renseignement) lors de son passage à PARIS à la mi mai 2011. 60 % du potentiel de l’armée libyenne serait encore opérationnel. Les unités d’artillerie des forces pro Kadhafi ont changé de tactique pour opter pour une plus grande mobilité et furtivité, rendant plus difficile le travail d’interprétation des analystes en imagerie des centre de ciblage.

 

Ces centres de ciblages ont la charge d’organiser une soixantaine de sorties quotidiennes d’avions français, britanniques, danois, norvégiens, canadiens, belges, et parfois américains. De plus la lourde chaîne de commandement de l’état-major de l’Alliance Atlantique a du mal à s’adapter à cette mobilité et furtivité de l’ennemi. Car il y a dans la boucle, quatre échelons:

 

1- Le SHAPE à Mons en Belgique

2- Le Centre Opérationnel de Poggio Renatico en Italie

3- Le Joint Force Commander de Naples

4- Le Commandement Air d’Izmir en Turquie

 

C’est ainsi que des avions d’attaque au sol sont parfois obligés de se poser à court de carburant, à force d’attendre la désignation d’un objectif. Ceci dit, il est peut être préférable qu’il en soit ainsi, plutôt que de voir se produire des bavures conséquences d’erreurs d’interprétation. Les mécaniciens au sol des bases aériennes de Saint-Dizier et de Solenzara commencent à être fatigués par les modifications permanentes de la configuration des appareils Rafale, selon les missions attribuées aux patrouilles: attaques au sol ou interceptions aériennes. Ils aimeraient pouvoir prendre quelques congés nécessaires à la reconstitution de leur force de travail.

 

Fait plus grave, Monsieur Alain JUPPE, notre ministre des Affaires étrangères a du annoncer récemment que les hélicoptères d’attaque français et britanniques allaient devoir s’atteler à la tâche de détruire les canons et blindés libyens jusqu’en zone urbaine. Cela représente une escalade dans l’intensité du conflit, avec les risques de dommages collatéraux que l’on connaît. Et surtout le risque d’interventions au sol pour récupérer des pilotes dont l’appareil aura été abattu. Il est donc urgent que Messieurs les conseillers militaires italiens et britanniques parachèvent en toute efficacité leur mission de formation militaire tactique des troupes insurgées.

 

Puisse, la voix de la Sagesse et du Discernement, nous conduire rapidement à nouveau à la table de négociation, en profitant d’une temporaire situation de force. J'avais eu raison dans un de mes précédents articles de qualifier Mouammar KADHAFI de "renard du désert".

 

CV (R) Thierry GAUROY

Président du CCACR 77

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Enseignant Défense CV Thierry GAUROY - dans Éditorial
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commentaires

itsme_leclerc 07/06/2011 01:30



@ Thierry Gauroy


1) d'après ce que je comprends le bon conte-amiral n'a parlé que de mercenaires, ce qui est correct. Ne lui faisons pas porter le chapeau pour le reste de l'article.


2) les "statistiques" présentées dans l'article initial sont tellement obsolètes qu'elles deviennent fausses. Le nombre moyen de sorties était faux. Ou bien le site officiel de l'OTAN se trompe,
ce que je ne crois pas.


3) le commentaire sur les hélicoptères est dénué de sens et va à l'envers des déclarations officielles qui, elles, expliquent qu'il faut être près du sol justement pour éviter les dommages
collatéraux et être efficace. Ce qui a du sens.


4) Bien sûr que les gens ont droit à la "vérité". Mais une opinion fondée sur des dubitations et des statistiques douteuses n'est qu'une... opinion. D'en faire la "vérité" est
une autre histoire


5) Donc d'après vous les gars qui se sont fait ratatiner à la Pointe du Hoc pouvaient "se le permettre" parce que le "contribuable de l'époque casquait" ?  Quelle horreur !


Pour votre gouverne, le contribuable US ou Français dans son immense majorité en 1944 vivait à peine au dessus du seuil de pauvreté. Le revenu moyen d'un Américain de l'époque (44) était celui de
1929, en réalité plus bas que dans les années pré-dépression. La guerre était financée par un immense effort de travail collectif dans des conditions que l'on retrouverait en Chine aujourd'hui et
surtout par un endettement immense qui lui a été remboursé par l'immense marché ouvert par la victoire.


Ma comparaison avec 45 n'a rien à voir avec des facteurs économiques. Elle montrait que malgré des "déboires" (type Omaha) on peut très bien gagner. Mais qu'aurait dit la presse si les Rafales et
les Mirages avaient subi ds lourdes pertes lors du raid initial sur Benghazi ? je n'ose y songer. Les Américains ont reconnu que nous avions des c..., eux ne l'auraient jamais fait sans avoir
anéanti la DCA d'abord, sauf si des vies de compatriotes étaient en jeu. Nous ne raisonnons pas comme ça.


Franchement cela devient de pire en pire...



Thierry GAUROY 06/06/2011 20:11



Je trouve un peu léger de taxer un contre-amiral, chef de service de la VIème flotte US en Méditérranée, de source d'informations fausses. Et puis je suis choqué que l'on considère nos valeureux
combattants, pilotes de l'Armée  de l'Air et de l'Aéronavale, comme incapables de voir la vérité en face. Bien sûr la situation n'est pas catastrophique, mais le citoyen, quant à lui a le
droit d'être informé des risques réels. Enfin, la comparaison avec 1945 est mal venue, car à l'époque, les contribuables américains, comme français, acceptaient beaucoup plus facilement d'ouvrir
leur chéquier pour payer les dépenses de défense et d'armement.


Thierry GAUROY



itsme_leclerc 06/06/2011 16:29



les faits sont les faits


- ceux nommés dans l'article sont complètement obsolètes voire faux (sorties etc...). Ils sont facilement accessibles sur des sites spécialisés, entre autres celui de l'OTAN. Bien-sûr, c'est en
anglais la plupart du temps.


- on ne peut pas parler d'enlisement, ni de faible de taux de réussite quand on compare à une opération très similaire (Kosovo) avec 3 fois moins de moyens (exactement un taux de 3.3 fois moins
de sorties/jour au total et une période de temps similaire). En réalité la destruction réelle d'objectifs est supérieure à celle du Kosovo.


- l'emploi d'hélicoptères a été à maintes reprises cité comme un moyen d'éviter les dommages collatéraux dans des situations où l'aviation régulière maintenant un plafond de 5000
m pour des raisons de sécurité (manpads) a du mal à intervenir. Bien sûr cela implique certains risques, mais pour gagner une guerre il faut en prendre. Sinon on peut rester chez soi et parader
le 14 juillet. Mais dans ce cas précis personne ne parle de risques inconsidérés.


- Il est normal qu'un personnel militaire se repose, ne serait-ce que pour maintenir son acuité. Mais dans ce contexte employer le mot "congé" sonne vraiment faux.


- une maladie bien française appelée la majusculite rends certains textes pédantiques. Il n'y a pas de majuscule à "sagesse" ou "discernement". Les règles disent que dans certains cas on peut
mettre une majuscule à certains noms communs pour les distinguer dans un contexte spécifique (par exemple "Etat" au sens "Etat-Nation" et "état" au sens général. Mais c'est tout. De même c'est
Alain Juppé et pas Alain JUPPE (!). Le texte devient sinon bombastique.


- Finalement je trouve déplorable que quelle qu'en soit la source "informée" on en revienne aux sempiternels "ça va mal" surtout en question militaires quand la situation est loin d'être
désespérée. Il y a toujours des aléas. Mais sans tomber dans une propagande ridicule, l'optimisme est de bon aloi pour maintenir le moral. Nos soldats ont accés à l'internet et
lisent ces "analyses", leurs familles aussi. Que vont-ils croire ? Alors parlons de vrais problèmes sans en rajouter parce que Gaddafi n'est pas tombé comme Gbagbo au bout de
trois jours. La situation est différente.


Le 6 juin 1944, les Alliés se sont pris une raclée à Omaha Beach. Puis ils se sont enlisés dans le bocage. Mais en août Paris était libéré. Mon frère était dans la 2ème DB.


A méditer


Cordialement


 


 


 


 



Thierry GAUROY 06/06/2011 10:58



J'ai oublié dans ma réponse aux commentaires de préciser que si j'ai mis une majuscule aux mots Sagesse et Discernement, c'est parce que je faisais allusion à la devise personnelle du grand
roi Salomon, qui était un grand chef d'Etat.


CV ( R ) Thierry GAUROY président du CCACR 77


 



Thierry GAUROY 05/06/2011 14:02



C'est un honneur pour moi d'avoir suscité votre commentaire. C'est vrai que cette "lourdeur" de circuits d'état major est probablement inévitable dans un contexte multinational. Néanmoins, j'ai
voulu attirer l'attention de mes concitoyens, à un moment où nos parlementaires vont devoir se saisir du dossier en application du nouvel article 38 de la constitution (voté en 2008) sur le
caractère financièrement légèrement surdimensionné que représente cet engagement à une époque où la plupart des 27 pays de l'Union Européenne sont descendus à un niveau de budget militaire
inférieur à 1,5 % de leur produit intérieur brut. Nous n'avons pas vu arriver les récents événements de Tunisie et surtout d'Egypte, tout comme les services de renseignement de la Ligue
Arabe, et cela probablement à cause d'une relative faiblesse de notre renseignement humain. Qu'adviendra-t-il s'il survient prochainement la même chose au Maroc ? Aurons nous la capacité
financière "d'ouvrir" un nouveau front là-bas ? Il est vrai que ces opérations extérieures vont probablement permettre à nos industries d'armement de faire un nouveau "saut
technologique" en matière d'imagerie satellitaire, en matière d'imagerie infrarouge, et en matière de drônes, grâce au retour d'expérience. Il n'en demeure pas moins que nous devons être très
prudents, compte tenu de tous les problèmes internes que nous avons à résoudre, dans certaines de nos banlieues socialement instables. De ce point de vue, je trouve très habile de la part de
notre ministre des affaires étrangères de relancer actuellement les négociations sur la Palestine. Pour moi tout l'art de la stratégie internationale est d'effectuer un bon dosage : action de
force - action diplomatique.


Thierry GAUROY



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