20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 06:50

Midway

"First hit at Midway" par Paul RENDEL


1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?


À la fin de l’année 1941, la destruction systématique des communautés juives européennes est déjà en cours. Si la ghettoïsation des populations juives se réalise dès le départ dans une logique d’extermination lente, la férocité de l’action des Einsatzgruppen, dès l’été 1941, ne laisse aucun doute quant au dessein profond d’Adolf HITLER. Cependant, le caractère massif des tueries en Europe centrale et orientale, ainsi que les limites « techniques » que rencontrent les Einsatzgruppen, amènent les dirigeants du IIIe Reich à concevoir autrement l’extermination des Juifs. Ce sera l'objectif de la conférence de Wannsee.


Initialement prévue au 9 décembre 1941, celle-ci fut repoussée au mardi 20 janvier 1942 du fait de l’entrée en guerre des États-Unis.  Elle réunit quinze hauts responsables nazis dans  une riche demeure (la Villa Marlier) de la banlieue de Berlin, dans le quartier de Wannsee, et dura 90 minutes. En l’absence du Reichsführer SS Heinrich HIMMLER, c'est son second le SS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942) qui en dirigea les débats. HITLER a donné son aval à HEYDRICH, qui signe le procès-verbal de la réunion rédigé par le SS-Obersturmbannführer Adolf EICHMANN. La conférence de Wannsee montre combien l’idéologie criminelle du nazisme est indissociable d’une dimension bureaucratique et technocratique qui va expliquer l’ampleur du massacre. Recensement, arrestation, transfert, déportation et élimination des Juifs sont désormais pensés à l’échelle européenne. L'aspect systématique de ces opérations témoignent d’une véritable volonté génocidaire. Le procès-verbal de la conférence précise ainsi que HEYDRICH évalue à 11 000 000 le nombre de Juifs qu’il faudrait éliminer, y compris dans des territoires qui, en 1942, sont hors d’atteinte de la Wehrmacht (Grande-Bretagne, Turquie…).


À Wannsee sont décidés de gigantesques mouvements de déportation de populations juives, appelés « évacuations », à travers toute l'Europe. Les déportations qui concerneront d’abord les territoires du Reich, s’étendront ensuite au Protectorat de Bohême-Moravie, au Gouvernement général de Pologne, puis au reste de l’Europe d’Ouest en Est. Il n’est décidé aucune création d’organisme spécifique à la mise en application de la « Solution finale de la question juive ». L’administration ordinaire devrait suffire à commencer par les services de la Reichsbahn, les transports ferroviaires allemands. Désigner les Juifs, confisquer leurs biens, restreindre leur liberté de mouvement avant de les « évacuer » vers l’Est, tel sera le processus dans l’Europe occupée jusqu'à la fin de l'année 1944. Pour cela, les dirigeants nazis vont directement s’appuyer sur la collaboration des administrations nationales. Dans les pays d’Europe de l’Ouest, où il n’y a pas de ghettos, des recensements, des marquages de Juifs et des confiscations de biens seront réalisés par l’intermédiaire des autorités locales dès 1942. Le processus génocidaire ainsi mis en route, a été considérablement facilité et accéléré par les collaborations nationales.


1942 est donc l’année du début des déportations massives dans toute l’Europe. Elles vont donner au meurtre de masse à la fois une dimension quasi industrielle et une ampleur inédite. C’est au RSHA (1) - avec le Ministère des Transports allemands (Reichsbahn) - que revient la responsabilité d’organiser les norias de ces trains dits « spéciaux » qui acheminèrent des millions de Juifs pour un aller sans retour vers les six camps d’extermination, tous situés dans le Gouvernement général (actuelle Pologne). Jusqu’à la fin de la guerre, les « trains spéciaux » devaient garder la priorité sur les convois militaires, illustrant ainsi la rationalité extrême de l’entreprise génocidaire au sein de l’irrationalité national-socialiste.


L’importance historique de la conférence de Wannsee a échappé aux acteurs du moment, et les absences remarquables de HITLER et de HIMMLER ont renforcé cette perception. La planification détaillée de la Solution finale n’a pas pu, non plus, se faire lors d’une conférence de moins de deux heures. Les historiens ont longuement débattu pour savoir si Wannsee fut le véritable tournant dans le processus génocidaire, en d'autres termes si Wannsee a été un instant de décision ou d'organisation du meurtre de masse. Il est vrai qu’en janvier 1942, le génocide a, de fait, déjà largement débuté. Des milliers de Juifs meurent quotidiennement dans les ghettos polonais (les plus importants), d’autres milliers sont aussi assassinés quotidiennement en Russie par les unités mobiles de tuerie, et en décembre 1941 le camp d’extermination de Chelmno est déjà opérationnel. En fait, il est aujourd'hui reconnu que la décision du meurtre de masse a été prise quelques mois plus tôt. La conférence de Wannsee a surtout établi le contrôle de la SS sur la machinerie du crime, cette dernière s'appuyant désormais directement sur l'appareil d'État comme l'indiquent les fonctions institutionnelles des participants.

 

Nassima, élève de la classe de 2nde 6 nous raconte la conférence de Wannsee.


(1) Le RSHA ou Reichssicherheitshauptamt ou « Office central de la sécurité du Reich » est une organisation née, le 22 septembre 1939, de la fusion du SD (Sicherheitsdienst), de la GESTAPO et de la Kriminalpolizei. Il fut créé par HIMMLER pour neutraliser les « ennemis du Reich » et les « indésirables ». Son premier chef fut HEYDRICH jusqu’à son assassinat en 1942, date à laquelle lui succéda le SS-Obergruppenführer Ernst Kaltenbrunner jusqu’à la fin de la guerre. Le RSHA était organisé en sept départements, ou « Amten », auxquels s’ajoutaient les quatre Einsatzgruppen.

 

Reinhard-HEYDRICH.jpgSS-Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942)

 

Le conflit déclenché par Hitler a débuté en Pologne au mois de septembre 1939. Ce terrible événement provoqua la mort de 50 millions d’êtres humains et s’étendit à quatre continents. Selon lui, les slaves étaient voués à être les esclaves du Reich tandis que les juifs devaient disparaître. C’est à la Conférence de Wansee le 20 janvier 1942 que la « solution de la question juive » fut programmée. Un processus génocidaire commença alors à être mis en place. Dans quelle mesure ce processus marque-t-il la Seconde Guerre mondiale?

 

Durant la Conférence de Wansee, les hauts dirigeants nazis (Hitler n’étant pas présent) prirent la décision d’accélérer le processus génocidaire en espérant éliminer 10 millions de juifs à l’aide de camps d’exterminations munis de chambres à gaz construis en territoire polonais (Belzec, Auschwitz, Birkenau…). Dès leur arrivée, les déportés étaient directement exterminés. Quelques juifs sélectionnés, les Sonder Kommandos, étaient utilisés par les SS pour se débarrasser des corps, avant d’être eux-mêmes éliminés.

 

Au total, 3 millions de Juifs périrent durant la Seconde Guerre mondiale.  La découverte des crimes nazis ou l’horreur de l’arme atomique heurtèrent l’opinion internationale. C’est pourquoi, s’ouvre en novembre 1945 à Nuremberg le procès des hauts dirigeants nazis capturés. On fonde pour les juger la notion de crime contre l’humanité.

 

Nassima

 

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COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 06:41

Midway   "First hit at Midway" par Paul RENDEL


1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

 

Du 22 décembre 1941 au 14 janvier 1942 se tient à Washington la première grande conférence interalliée entre Britanniques et Américains depuis l'entrée en guerre de ces derniers. Devant un conflit qui s'étend désormais au monde entier, la conférence dite d'Arcadia fixa une stratégie globale. En guerre dans deux directions continentales différentes et opposées, les États-Unis devaient choisir - alors que leurs ressources n'étaient pas encore pleinement mobilisées - un théâtre d'opérations prioritaire. L'Asie pouvaient être celui-ci compte tenu du traumatisme causé par l'attaque de Pearl Harbor, compte tenu également du fait que le territoire américain était plus directement exposé. Sous la pression de Winston S. CHURCHILL, la priorité fut en fait attribuée au théâtre d'opérations européen: "Germany first!" Considérée comme la puissance la plus dangereuse, l'Allemagne nazie semblait sur le point de triompher en ce début d'année 1942, et sa victoire en Europe aurait eu des conséquences géostratégiques incalculables.

 

La rencontre fut l'occasion de mettre sur pied un commandement unique en Europe. Surtout, le choix de l'adversaire prioritaire conditionnait aussi les ressources allouées et fixait une stratégie qui n'était pas la même selon que les États-Unis privilégiaient soit l'Asie, soit l'Europe. Désormais, en désignant l'Allemagne comme étant cet ennemi prioritaire, la bataille de l'Atlantique montait en intensité et la préparation d'un débarquement en Afrique était lancée. En contrepartie, les forces alliées du Pacifique devaient temporiser. Les Britanniques retirèrent leurs moyens navals pour se concentrer sur la Méditerranée, quant aux États-Unis, ils étaient contraints de rester sur la défensive alors que dans le même temps les Japonais se rapprochaient dangereusement de l'Australie. Ce fut l'US Navy, alors en première ligne, qui eut à souffrir d'un manque de moyens dans un premier temps: nombre de ses bâtiments devaient alors être concentrés dans l'Atlantique, et mobilisés pour le prochain débarquement africain.

 

Ufkun, élève de la 2nde 6, nous raconte cette rencontre anglo-américaine fondamentale que fut la conférence d'Arcadia.


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Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les Alliés vont se réunir lors de multiples conférences pour établir des stratégies et des buts de guerre communs. Cependant, de nombreuses divergences entre les trois hommes (Churchill, Roosevelt, Staline) vont rendre difficile la recherche de solutions communes. Dans ce travail, nous avons essayé de parcourir les différentes conférences pour voir comment Churchill, Roosevelt et Staline sont parvenus à des compromis. Il est ressorti que les désaccords et les idéologies différentes des trois Grands ont pu être surmontées par leur but de guerre commun: la capitulation inconditionnelle de l’Allemagne. Mais une fois ce but atteint, la coopération n’a plus lieu d’être et la Guerre froide n’est pas loin…

 

Conférence de Washington (22 décembre 1941 - 14 janvier 1942). Suite à l'attaque surprise de Pearl Harbor et l'entrée en guerre des Etats- Unis, a lieu une rencontre entre Churchill Roosevelt et leurs chefs militaires respectifs à la Maison Blanche. Cette conférence a pour but la coopération alliée, la stratégie à employer pour combattre Hitler et donc la capitulation allemande. À la conférence d'Arcadia, il est décidé le débarquement en Afrique du Nord, la relève des troupes anglaises en Irlande du Nord et en Islande. Cette réunion conduit également à la signature de la déclaration des Nations Unies (le 1er janvier) qui réaffirme les principes approuvés par la Charte de l'Atlantique.

 

Ufkun

 

COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 05:39

 

Midway

"First hit at Midway" par Paul RENDEL


1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

 

En commémoration à cette année 1942, ce sont les élèves de la 2nde 6 qui, en ce début d'année 2012, prendront la relève de leurs aînés de 1ère S2 et poursuivront le récit des événements. Aujourd'hui, Marjorie nous racontera - en écho au 6 janvier 1942 - ce que fut l'exceptionnel effort de guerre industriel et économique des États-Unis. Pays isolationniste qui, s'il se fit progressivement à l'idée d'une guerre dès 1940, n'en continua pas moins à vouloir pratiquer le "business as usual", c'est-à-dire à maintenir une vie économique normale jusqu'à ce que les bombes japonaises à Pearl Harbor vinrent anéantir toute illusion.

 

Tardivement entrés dans le conflit, les États-Unis vont cependant démontrer leur remarquable aptitude à adapter leur économie aux exigences de la guerre: c'est le Victory program. Si les besoins du temps de guerre avaient déjà commencé à être estimé dès l'année précédente, c'est avec la mise en place du War production board en janvier 1942 - véritable organe central de coordination des productions de guerre - que le Victory program devint réellement opérationnel. Les records de production seront éloquents, et Marjorie nous les rappelera. Retenons que durant l'entre-deux-guerres, l'US Army comptait moins de 200 000 hommes, que ses matériels (avions comme blindés et bâtiments de la flotte) étaient vieillis et dépassés. Trois ans plus tard, en 1945, cette armée comptait 12 200 000 hommes. Elle venait de mener une guerre globale dans deux directions continentales totalement opposées, et commençait à s'affirmer comme la première puissance militaire mondiale. Si l'épopée des "Liberty ships" et des chantiers d'Henry KAISER, entre autres, est restée attachée à ce formidable programme économique et industriel unique dans l'Histoire, n'oublions pas que le Victory program fit aussi accomplir, par les quantités de matériels qu'il produisit, une véritable révolution logistique (préfabrication, standardisation, gestion et inventaire des stocks, acheminement et distribution...) qui inspira l'économie civile et les entreprises jusqu'à nos jours. Contribution française au Victory program, Jean MONNET, présent aux États-Unis dès l'année 1940, y participa directement.

 

We can do it!

"Rosie the riveter" de JH. MILLER. Cette affiche célèbre parue en février 1942 fut un appel à la main d'oeuvre féminine dans l'industrie. Les besoins du Victory program firent travailler massivement des groupes sociaux jusqu'à présent largement exclus des circuits de production: femmes, Noirs, Indiens, Mexicains...

L’annonce

Le Victory program a été annoncé lors d’un discours du président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, le 6 Janvier 1942, soit près d‘un mois après l‘entrée en guerre des Etats-Unis. Le Victory program est un programme d’économie de guerre (pratiques économiques exceptionnelles mises en œuvre lors de certaines périodes historiques de fortes agitations) qui permet à l’économie américaine de devenir «l’arsenal des démocraties» durant la Seconde Guerre Mondiale en produisant des quantités croissantes de matériel de guerre pour l‘armée américaine et les armées alliées. Roosevelt confia à son secrétaire à la guerre, Henry Stimson le soin de le concrétiser.

 

La réussite du Victory program

 

Ce programme est un succès : il permet par exemple de fabriquer 47.000 avions dès 1942 et 95.000 en 1944. En trois ans, les Etats Unis fabriqueront 275 000 avions, 6 340 000 véhicules légers, 90 000 chars et 65 millions de tonnes de navires. Ce succès passe par la préfabrication (de nombreuses pièces sont pré-assemblées avant le montage général) et la standardisation (les pièces sont identiques pour plusieurs modèles de char). L'élaboration de ce plan, qui doit permettre aux Alliés de l'emporter contre les forces de l'Axe, remonte en réalité à l'été 1941, alors que les Etats Unis ne sont engagés dans la guerre que moralement et économiquement. Cela permet de gagner du temps: les Américains gagnent par exemple 30 jours sur la construction des cargos transporteurs de matériel (les liberty ships:cargos qui servent à l'acheminement du matériel). Ces bateaux sont construits en 12 jours.

 

Marjorie

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:56

Champagne

 

Le blog "Défense et Démocratie" souhaite une très bonne année 2012 à ses lecteurs réguliers comme occasionnels. Une bonne année aussi à tous les élèves du Lycée Galilée (plus particulièrement les TES1, TS2, TSTG et 2nde 6) auxquels il continuera de destiner une partie de son (modeste) travail d'information et d'explication sur les questions d'actualité de Défense.

 

2011 s'achève sur un triste bilan qui aura vu la perte de 26 de nos militaires au combat en Afghanistan. Ces hommes sont des Héros et ne sont pas tombés pour rien. Il est du devoir de tous citoyen français, dès le lycée, de comprendre et d'expliquer ce sacrifice dont on peut dire que certains enjeux nous dépassent. Cela ne signifie pas pour autant que ces enjeux sont inutiles, et que les morts qu'ils engendrent sont absurdes. L'ensemble des pertes de la coalition a baissé en 2011 se situant aujourd'hui à 2845 soldats tués. Cette baisse se réalise pour la première fois depuis 2003, mais nos propres pertes  - qui, elles, ont connu une hausse sensible cette année - ont peut-être empêché de le voir.

 

Pour qui s'intéresse au monde tel qu'il est - et non perçu à travers le prisme toujours fallacieux de tout idéal -, tout ceci à un sens qui continuera à nous demander autant d'efforts que lors de l'année passée. Effort civique pour réaliser que la Défense est avant tout la Défense de ce que nous sommes. Qu'elle implique des sacrifices de la part des soldats mais aussi des citoyens. La Défense nous concerne tous. Elle est globale, et dans un contexte plus que jamais mondialisé, les menaces peuvent naître et se nouer à des milliers de kilomètres de nos communes.

 

La raison d'être de "Défense et Démocratie", depuis 2008, est de participer à la compréhension des plus jeunes à ce que l'on appelle désormais l'Esprit de Défense. Puisse 2012 nous permettre, sur ce blog comme ailleurs, de poursuivre au mieux cette Mission.

 

Meilleurs voeux

 

À nos soldats

À nos forces de sécurité

À nos plus jeunes

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:10

Dans le cadre du Plan Hommage, les corps des deux légionnaires du 2e REG tués à Jangali jeudi dernier, sont en cours de rapatriement en France. Celles et ceux qui voudraient rendre un dernier hommage à nos deux héros, l'Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI et le Sergent Damien ZINGARELLI, pourront le faire lundi 2 janvier 2012, sur le Pont Alexandre III où le convoi funèbre passera entre 11.00 et 11.30. Comme cela est maintenant de coutume, les personnes pourront déployer un drapeau français mais le silence s'imposera. Au même titre que les précédents - et ceux qui malheureusement surviendront encore -, cet hommage national et citoyen ne peut souffrir d'une quelconque tentative de récupération.

 

Les Héros appartiennent à la Nation toute entière.

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:43

Insigne 2e REG

Terrible année 2011 qui, jusque dans ces derniers jours, a vu deux nouveaux soldats français tomber en Afghanistan (1). Ainsi ce matin, dans le cadre d'une opération de soutien (2) à l'Armée Nationale Afghane (ANA) en vallée de Tagab (non loin du poste de Jangali), deux sous-officiers du 2e Régiment Étranger de Génie ont été abattus par un homme que l'on a d'abord pris pour un soldat afghan, avant que les Taliban ne revendiquent cette action désignant l'homme du nom d' "Ibrahim". Alors que les deux légionnaires aménageaient leur position, ils ont été attaqués par le soldat/Taliban, et ont été tués avant que ce dernier ne soit à son tour abattu par d'autres militaires français (3).

 

Si c'est la première fois que l'Armée française est, ainsi, frappée, ce n'est en revanche pas la première fois que les Taliban agissent de cette manière. Avec l'attentat suicide, l'assassinat de personnalités et l'attaque de lieux symboliques, l'infiltration des forces occidentales afin de perpétrer de semblable tuerie est un mode de combat de plus en plus utilisé par les insurgés. Plusieurs attaques, comme celle de ce matin, opérées par des insurgés infiltrés ou des soldats "retournés" ou décidant de trahir, se sont déjà produites par le passé. En novembre 2010, un "policier" afghan avait ainsi tué six soldats de l'ISAF au cours d'un entraînement. L'une des attaques les plus graves avaient été, cependant, celle qui frappa la Central Intelligence Agency (CIA) le 30 décembre 2009 dans la province de Khost, et qui décapita l'Agence américaine en Afghanistan. Ce jour-là, Human Khalil AL-BALAWI, un physicien de 36 ans, islamiste retourné travaillant pour le compte des services secrets jordaniens et américains, commet un attentat suicide tuant dix personnes. Parmi ces personnes se trouvaient plusieurs officiers et analystes de la CIA dont Jennifer Lynne MATTHEWS, l'une des meilleures expertes d'Al Qaida. C'est elle qui commandait la FOB Chapman - le lieu où s'est produit l'attentat - d'où était planifiée la traque des chefs d'Al Qaida notamment par drones (4).

 

L'enquête de la CIA montra par la suite combien les services de renseignement jordaniens étaient, eux-mêmes, divisés quant à la fiabilité de l'agent double AL-BALAWI. D'emblée, les rapports soulignant la fragilité de l'ANA - et bien plus encore celle des forces de police -, son incompétence tactique selon les standards de la guerre moderne, sa fragmentation ethnique, mais surtout le manque de compréhension entre les soldats afghans et ceux de l'ISAF/OTAN, sont connus depuis longtemps (5). En agissant de la sorte, les Taliban augmentent le fossé entre militaires occidentaux et afghans et accentuent le manque de confiance réciproque: la méfiance grandissante des premiers venant rapidement nourrir des attitudes qui peuvent être jugées vexatoires dans le ressenti des seconds. La barrière linguistique ne devant pas arranger les choses. Au moment où la coalition tente de se désengager du conflit en mettant en avant la  fiabilité et la montée en puissance de l'ANA, ce type d'action, peu coûteuse en homme et en moyen pour les Taliban, est de nature à détruire bien plus aux plans psychologiques et médiatiques.

 

Après le Chef de Bataillon Benoît DUPIN et le Légionnaire Goran FRANJKOVIC, le 2e REG se voit une nouvelle fois endeuillé par la perte de l'Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI (39 ans, marié et père de 4 enfants) et du Sergent Damien ZINGARELLI (27 ans, célibataire). "Défense et Démocratie" s’associe au deuil de l’Armée de Terre ainsi qu’à la douleur des familles et des proches de ces 77e et 78e soldats tombés pour la France en terre afghane.

 

(1) 78 soldats français sont tombés en Afghanistan depuis 2001 dont 26 à ce jour pour la seule année 2011.

(2) Il s'agit de l'opération Hunting Spear 2 qui voit le déploiement de la 3e Brigade de l'ANA dans la vallée de Tagab, appuyée par le Battle Group Tiger de la Task force La Fayette.

(3) Il n'est cependant pas impossible que l'Afghan en question soit un militaire trahissant pour le compte des Taliban. Une enquête a été ouverte.

(4) (Joby) WARRICK, "CIA honors 12 officers, contractors killed in action", The Washington post, june 8, 2010.

(5) (Jean) GUISNEL, "Un colonel français livre sa vision de l'armée afghane", Défense ouverte, 11 mars 2010.

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 07:47

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Le blog "Défense et Démocratie" souhaite un très joyeux Noël à tous les membres de nos forces armées mais aussi à celles et ceux qui participent à la sécurité de tous au quotidien: pompiers, policiers, bénévoles de la protection civile... Comme toujours une pensée particulière sera adressée à nos soldats en OPEX qui passeront ce Noël 2011 loin de leur famille.

 

Une communication du 501e Régiment de Chars de Combat m'annonçait, il y a quelques jours, que les 44 lettres écrites par les lycéens de Galilée ont été depuis acheminées en Afghanistan où elles  seront très prochainement distribuées à 44 soldats du 27e BCA. Cette unité constitue l'ossature du Battle Groupe Tiger qui a relevé au mois de novembre dernier le BG Raptor. Le BG Tiger arme le GTIA Kapisa, et il est actuellement déployé dans cette région (située au Nord-Est de Kaboul) la plus dangereuse pour nos troupes. La grande majorité de nos soldats tués en Afghanistan - dont 24 durant cette seule année 2011 - l'ont été en Kapisa (1).

 

Aussi impératif qu'il devrait être naturel, le soutien moral (et matériel s'il est possible) des citoyens envers leurs militaires  - envoyés en mission alors que le plus grand nombre est à la fête - ne trouverait plus belle occasion que ce temps de Noël pour s'exprimer.

 

Joyeux Noël, donc, à nos soldats mais aussi à leurs familles.

 

(1) Lire l'histoire de Sandra THOLY, la veuve du 75e soldat français tombé en Afghanistan.

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 05:57

Au retour des opérations libyennes et à l'approche de Noël les matelots de sa Grâcieuse Majesté ont décompressé et se sont faits plaisir en réalisant un lip dub qui est, paraît-il, en train de faire un tabac sur la toile...

 

Concept venu de nos amis anglo-saxons, le lip dub est un clip réalisé en playback avec ou sans montage de plusieurs séquences. Il est généralement utilisé pour montrer le dynamisme et la bonne ambiance au sein d'une équipe professionnelle. "All I want for Christmas is you" (1994) est une chanson de Mariah CAREY "interprétée" par l'équipage du HMS Ocean au retour de l'opération Unified Protector. Tous les services du bâtiment amiral de la Royal Navy, des soutes au pont d'envol en passant par la passerelle, ont participé à ce moment d'humour particulièrement décalé que d'aucuns diront aussi complètement "déjanté". Du kitch au sexy potache, on percevra aussi le grand relâchement après la tension des derniers mois.

 


Le lipdub de Noël des marins de la Royal Navy par Nouvelobs

 

Les marins belges s'étaient déjà illustrés en février 2011, notamment l'équipage de la frégate Marie-Louise qui avait réalisé un autre lip dub à partir de la chanson du groupe Queen "Don't stop me now" (1978). Le contexte pour le bâtiment était le retour d'une mission de lutte contre la piraterie de 4 mois. Un autre grand moment! 

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 10:39


(Source - Cadremploi, Le Figaro)


Saint-Cyrien de la promotion Montcalm (1980/1982), le Général Éric BONNEMAISON est revenu au bercail après une riche carrière partagée entre le monde opérationnel et le monde diplomatique. Il commande depuis 2009 les Écoles de Coëtquidan. Bien plus que la reconnaissance d’une valeur professionnelle qui ne pouvait que le prédisposer à la formation des officiers de l’Armée de Terre, ce commandement est aussi une consécration pour cet officier intellectuel et écrivain qui n’a jamais cessé de réfléchir sur la condition militaire et le rapport de l’homme à la guerre et à la violence (1).


Cavalier et marsouin d’origine, Éric BONNEMAISON connaît bien l’Afrique où il a d’abord participé à l’opération Manta au Tchad (1985/1986) comme lieutenant. Chef de bataillon il a été ensuite engagé dans des opérations à Djibouti et en Somalie. Dans le cadre de la coopération, il a été coordinateur géographique pour l’Afrique centrale avant de devenir adjoint militaire de l’Ambassadeur pour le renforcement des capacités africaines de maintien de la paix. Cette connaissance approfondie des réalités du continent africain le conduira en 1999 au poste de représentant français auprès du Centre d’Études Stratégique de l’Afrique à Washington DC. En 2005, il devient le chef de la cellule Afrique/Moyen-Orient au cabinet du Ministre de la Défense. Entre-temps, Éric BONNEMAISON sera breveté de deux académies militaires américaines : le Command and General Staff College et l’Armed Forces Staff College (1995/1996), avant d’exercer deux grands commandements au RICM (2002) et à la 9e BLBMa (2007).


C’est donc à un officier riche d’expériences et de connaissances qu’est confiée la formation des élèves-officiers de Coëtquidan à partir de 2009. L’année suivante, le Général BONNEMAISON publie un livre remarquable qu’il destine aux futurs officiers de l’Armée de Terre (2). Dans cet ouvrage bien écrit, qui tutoie le futur candidat à l’engagement pour finir par s’adresser au jeune officier, l’auteur enlève le lecteur dès les premières pages. Pourquoi ? La réflexion d’Éric BONNEMAISON est philosophique mais non abstraite. Sa philosophie se nourrit en permanence d’une expérience de terrain qui éclaire et donne tout son sens au mot “action”. La grande valeur du propos réside, en effet, en ce qu’il cherche à donner un sens à l’engagement et à la mission du militaire d’aujourd’hui. Cette recherche l’amène à une conclusion d’humanité où, plus que jamais, dans les conflits asymétriques d’aujourd’hui, la place des hommes, dont l’officier est amené à exposer la vie, reste centrale.

 

Quand on lit le Général BONNEMAISON on comprend tout ce que recouvre professionnellement et humainement la grande École du Commandement. Une école dont les enseignements dépassent de loin le monde des seules forces armées, même si c’est au sein de ces dernières que l’expérience du commandement restera toujours unique. On comprend aussi combien le sujet central de la Défense de notre Nation nous parle de vie et non de mort ; combien l’officier français d’aujourd’hui se situe à mille lieues du stéréotype de la brute militaire sans âme ni foi. Car de l’exercice de l’autorité à l’esprit de responsabilité en passant par l’exemplarité et la sollicitude, l’auteur nous décrit la carrière des armes comme un métier d’âme et de vertus qui, si elles sont théoriquement à la portée du plus grand nombre, sont loin d’être saisies de tous. Un métier d’esprit et de coeur aussi appelé “vocation”.

 

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Avant-propos du livre "Toi, ce futur officier"


"Je hais la guerre et je hais les armes de toutes mes forces. Depuis toujours.


Tout petit, j’étais entouré d’une famille remplie d’amour.


Puis l’Histoire m’a obligé à me battre en Algérie. J’ai découvert que la guerre pouvait faire tomber des hommes dans la barbarie. Et c’est en refusant la torture que j’ai pris conscience des droits de l’Homme.


Dans notre monde de violence, ma vocation de prêtre et d’éducateur de rue m’a porté à m’occuper des jeunes délinquants, rendus barbares par le manque d’amour et l’absence de parents. Ceux dont plus personne ne veut.


“Toi, ce futur officier”, le livre d’Éric Bonnemaison , s’adresse aux jeunes qui souhaitent se diriger vers l’armée. Ce général expérimenté nous parle avec une grande sagesse des qualités humaines et de la conscience nécessaires pour combattre l’ennemi et diriger les hommes. Ses pages m’ont surpris par leur limpidité et leur profondeur. Nous sommes bien loin de l’armée archaïque que j’ai connue dans ma jeunesse.


Ses propos intéresseront aussi tous ceux qui comme moi ; même en dehors des corps armés, s’interrogent sur l’énigme de l’homme face à la violence.


Père Guy GILBERT
Paris, le 9 novembre 2009"

 

(1) Lire de (Frédéric) PONS, "Général Éric Bonnemaison: "Ce que je dis à mes Saint-Cyriens", in Valeurs actuelles du 11 février 2010 et de (David) ABIKER, "Général Bonnemaison: MAM m'a scanné", in Le Figaro du 29 novembre 2011.

(2) (Éric) BONNEMAISON, Toi, ce futur officier, Paris, Economica, 2010, 240 p.

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 06:35

Propagande - Panzer IV

 

7 décembre 1941-7 décembre 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, et l’Europe était à feu et à sang. Le 7 décembre 1941, les Nazis promulguent un ensemble de directives portant sur la sécurité de leurs troupes dans les territoires conquis et occupés. Ces directives ont été appelées décret "Nacht und Nebel". Le document, signé du Maréchal Wilhelm KEITEL, ordonne la déportation de tous les ennemis intérieurs au Reich (opposants politiques et résistants) en Allemagne. Mesure de terreur et de dissuasion, le décret NN faisait disparaître les personnes dans la plus totale discrétion, laissant ainsi la famille, les proches, et la population de manière générale, dans l’incertitude du sort des déportés.

 

Le sens de ce décret a été sensiblement brouillé par le film d’Alain RESNAIS dont le titre reprend l’appellation du décret en français ("Nuit et brouillard"). Ce film qui date de 1955 est, aujourd’hui, largement remis en cause par la recherche historique qui en conteste la valeur explicative. Sans chercher à spécifier le génocide qui frappe les communautés juives d’Europe (1), M. RESNAIS en sous-entend fortement l’existence par une référence implicite à des camps d’extermination ainsi qu’à des chambres à gaz. Or, les Juifs ont été essentiellement exterminés en Pologne non en Allemagne. Le décret "Nacht und Nebel" concerne, par ailleurs, des individus convaincus ou soupçonnés d’agir contre le nazisme, ce qui n’était pas spécifiquement le cas des Juifs à qui ce dernier reprochait fondamentalement d’être juif quelle que soit l’action ou la posture politique des individus considérés comme juifs. Les Juifs dont le sort est, de toute manière, déjà scellé en décembre 1941 (2).

 

Tout au long de l'année scolaire 2010/2011, la classe de 1ère S2 aura été la "classe commémoration" du Lycée Galilée, et c'est avec Alexandra et Célia qui vont nous raconter le décret "Nacht und Nebel" que s'achève ce rappel des grands faits de l'année 1941.


(1) Le terme "juif" n’apparaît qu’une seul fois dans le commentaire du film, la distinction entre les camps de concentration et les camps d’extermination n’est pas réalisée, et le propos cherche surtout à globaliser les victimes du nazisme (déportés et juifs).
(2) Si la conférence de Wannsee ne planifie le génocide dans sa phase industrielle qu’à partir du 20 janvier 1942, le meurtre de masse a déjà largement débuté avec le déclenchement de l’opération Barbarossa le 22 juin 1941. L’action des Einsatzgrüppen, particulièrement étudiée par le Père Patrick DESBOIS, a même été qualifiée de "Shoah par balles".

 

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- Juin, 1941: Plan Barbarossa

- 7/12 Décembre 1941 : Décret Keitel, premier acte de la procédure Nacht Und Nebel

- 1942 : la première déportation de détenus résistants

- 30 juillet 1944 : abolition du décret


L’année 1941 marque un tournant décisif dans la 2nd guerre mondiale. En effet, Adolf Hitler est à son apogée et à contraint d’autres gouvernements à son autorité. Il lance l’opération Barbarossa en juin visant à renverser l’URSS. Cependant, la résistance à l’ouest grandit et prend de l’importance tout comme à l’est où elle est déjà très forte. Dans le but de le déstabiliser, ces résistances font peser des menaces sur Hitler et confère un climat d’insécurité pour ses hommes. Notamment, Pierre Georges, un homme qui tuera un soldat nazi dans une station de métro. Pour contrer cette résistance, Hitler renforce la répression et met donc en place le décret Keitel, à l’origine de la procédure Nacht Und Nebel, le 7 et le 12 décembre 1941.

 

Une première partie du décret NN parait le 7 décembre 1941 et une deuxième partie paraitra cinq jours plus tard, le 12 décembre. Dans ces décrets, Hitler explique que la résistance constitue une menace pour l’armée allemande et est un ennemi du Reich. A partir de la parution de ces décrets, tous les résistants ou personne suspectée d’être en contact avec un résistant est arrêté par la police allemande. Un autre aspect de ces décrets est la volonté d’Hitler que les résistants arrêtés n’entretiennent plus aucun contact avec leurs proches. Ceux-ci ne savaient d’ailleurs souvent pas le sort réservés aux détenus de la police allemande. Le décret stipule ainsi que les prisonniers disparaitront sans laisser de trace et qu’aucune information ne sera donnée sur leur lieu de détention.


Avec l’application du décret NN, tous les résistants se trouvant dans l’un des pays occupés par l’Allemagne ont été poursuivis. Leurs fautes, selon les nazis, comprenaient l’espionnage, le sabotage ou des atteintes à un membre nazi. Cependant, tous ne subissaient pas la même sanction. Certains sont condamnés à mort, quelques uns étaient destinés à l’emprisonnement. Mais la condamnation n’était pas appliquée dans tous les cas : des détenus étaient envoyés dans des camps de travail. Cependant tous les détenus NN subissaient une forte répression ainsi que de nombreuses tortures aussi bien physiques que psychologiques. On distingue ainsi deux groupe de déportés:


- Les « NN Wehrmacht », des détenus envoyés en Allemagne pour y être jugés. Leur sentence pouvant être la peine de mort, des travaux forcés ou des peines de prison.

- Les « NN gestapo » sont les détenus arrêtés par la police allemande, directement envoyés dans des camps de concentration.


Les premiers déportés NN français sont ainsi arrivés dans les camps dès juin 1943 jusqu’en 1944. Les déportés NN de toutes nationalités, avec un NN rouge sur leurs uniformes, étaient majoritairement envoyés dans le camp de Natzweiler, un camp situé en Alsace, ouvert sur ordre d’Himmler en mars 1941. Ce camp était considéré comme l’un des pires camps nazis car la répression y était forte. En arrivant dans ces camps, les détenus NN étaient condamnés à mourir lentement à force d’épuisement au travail et de maltraitances. Pour la majorité, ils n’avaient aucun moyen de contact avec le monde extérieur, ni même leurs proches.


Nacht Und Nebel (« Nuit et brouillard ») a été et est encore aujourd’hui abrévié par NN. En latin, puis en allemand, NN signifiait quelqu’un qu’on ne veut pas nommer ou que l’on ignore. Par cette abréviation, on perçoit bien la volonté des nazis de faire disparaitre et de nier les sanctions faites aux détenus résistants. Il y a aussi l’interprétation de certains nazis : « nuit » représente l’oubli et le brouillard la fumée dans laquelle les détenus disparaitraient.  Avec ce décret, s'installe partout en Europe occupée une véritable politique de terreur qui, loin de faire décliner les mouvements de résistance, vont les radicaliser en les entrainant vers des actions violentes. Ainsi, face à l’échec de ce décret, la procédure Nacht Und Nebel se terminera progressivement jusqu’au 30 juillet 1944 où il sera aboli. En tout, ce sont des milliers de détenus NN qui ont été envoyés dans des camps. Les chiffres de nombre de morts ne sont cependant pas connus.


Alexandra et Célia


Bibliographie


1- Violette MAURICE, N.N, Nacht Und Nebel, Encre Marine, 2009. 

2- Jean CAYROL, Nuit et brouillard, Fayard, 1997. 

3- Un film documentaire, « Nuit et brouillard », a également été réalisé par Alain Resnais en 1955, traitant de la déportation des résistants dans des camps nazis.

 

 

Commémorations 1941-2011 

 

* 8 juin 1941. Chloé et Lisa – L’opération Exporter

* 15 juin 1941. Adrien et Romain – La bataille de Sollum

* 22 juin 1941. Charles et Loïc - L'opération Barbarossa

* 7 juillet 1941. Alexis et Louis - La création de la LVF

* 10 juillet 1941. Bérenger et Cécile - La bataille de Smolensk

* 14 août 1941. Julia et Nicolas - La Charte de l'Atlantique

* 16 août 1941. Jennifer et Thibaut - Le lancement de l'Ocean Vanguard

* 29 septembre 1941. Naomi et Clarisse - La première conférence de Moscou

* 29 septembre 1941. Floriane et Olivia - Le massacre de Babi Yar

* 2 octobre 1941. Guillaume et Calvin - L'opération Typhon

* 22 octobre 1941. Aleksander et Sébastian - Les massacres d'Odessa

* 7 décembre 1941. Priscillia et Paolo - L'attaque de Pearl Harbor

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Enseignant Défense Alexandra et Célia - dans Agenda-Commémorations
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