7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 06:09

Propagande - Panzer IV 

7 décembre 1941-7 décembre 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, l’Europe était à feu et à sang. Le dimanche 7 décembre 1941, cependant, l’aéronavale japonaise attaquait et détruisait une grande partie de la Flotte américaine du Pacifique dans la rade de Pearl Harbor (Hawaii). Les pertes furent très lourdes pour les Américains : 2403 hommes (dont 68 civils) périrent, 1178 autres furent blessés. Les grands navires de ligne (cuirassés et croiseurs), essentiellement visés par l’attaque, subirent les plus gros dégâts. Le cuirassé USS Arizona BB 39 (classe Pennsylvania) coula, provoquant la mort de 1102 hommes d’équipage soit 50% des pertes de cette terrible journée (1).

 

L’attaque de Pearl Harbor vint assombrir davantage une année 1941 déjà ensanglantée par l'élargissement du conflit à l'Union soviétique à partir du mois de juin. Elle fut l’événement majeur, qui précipita les États-Unis d’Amérique dans la guerre, achevant de rendre celle-ci véritablement mondiale. La guerre survint au terme d’années de vives tensions politiques et économiques entre les deux grandes puissances du Pacifique.

 

En 1941, sous la pression du Président Franklin D. Roosevelt (1882-1945), les États-Unis se faisaient de plus en plus à l’idée d’une confrontation militaire avec les puissances de l'Axe. Le pays demeurait cependant isolationniste jusqu’à cette attaque du 7 décembre. Le lendemain, le Président Roosevelt prononça devant le Congrès américain un discours dans lequel il annonça l’état de guerre officiel entre les deux pays. Le jeudi 11 décembre suivant, Adolf Hitler (1889-1945) et Benito Mussolini (1883-1945) déclarèrent à leur tour la guerre aux États-Unis. Les conséquences politiques et militaires de Pearl Harbor furent immenses. La grande démocratie entrait en guerre, jetant tout son poids économique dans la lutte. De la Guerre du Pacifique devait émerger la puissance navale américaine telle que nous la connaissons de nos jours : affirmation du porte-avions en tant que "capital ship", et capacité amphibie et logistique inégalée. Priscillia et Paolo, élèves de la classe de 1ère S2 nous racontent "the day of infamy".


(1) Aujourd’hui, le USS Arizona repose sur le fond de la rade, et c’est à sa verticale que le mémorial dédié aux marins tués lors de l’attaque du 7 décembre 1941 a été construit.

 

Tigre---Message-2.jpg

 

Pearl Habor fut une base américaine située sur une île du Pacifique, dans l’archipel d’Hawaï, à quinze kilomètres de Honolulu. Cette base fut ardemment attaquée par les japonais, commandés par les Amiraux Isoroku Yamamoto et Chuichi Nagumo, le 7 décembre 1941. A cette époque, le Japon était un allier de l’Allemagne et un membre de l’Axe. Du côté américain, la riposte fut orchestrée par l’Amiral Husband Kimmel et le Général Walter Short. L’objectif principal d’une telle attaque était la destruction préventive de la flotte américaine.  L’ordre d’attaque fut donné le vendredi 5 décembre  mais l’assaut était prévu deux jours après, le dimanche. Ce jour fut choisi stratégiquement. En effet, après plusieurs mois d’observation, les japonais constatèrent que la base était très sécurisée pendant six jours mais moins le septième, suite au départ des marins et militaires américains en permission. Voici comment se déroula l’attaque:


A minuit : Des vaisseaux chargés de renseigner la flotte japonaise furent lancés.

Entre 3h58 et 6h37 : Des missions de reconnaissance furent effectuées par les sous-marins japonais, cependant quelques uns ont été repérés et détruits.

De 7h00 à 7h30 : Des « tâches » (représentant les avions nippons) apparurent sur les écrans radar américains. Cependant,  les officiers de garde, n’osant pas prévenir leurs supérieurs par peur d’une erreur, observèrent la progression des points en direction du Sud de l’île. Les premiers avions arrivés à la base envoyèrent le signal d’assaut, en déclarant « Pearl Harbor dort ».

7h53 : Les premières bombes sur Pearl Harbor furent larguées et la première vague fut lancée. 183 avions nippons attaquèrent par surprise et déversèrent leurs bombes sur les cuirassés, les terrains d’aviation et les réservoirs jusqu’à 8h30. L’objectif de cette attaque était l’anéantissement des dépôts d’aviations et des vaisseaux américains sur le flan Ouest d’Hawaï jusqu’à Pearl Harbor.

7h58 : La défense américaine fut activée (déploiement des troupes et des défenses anti-aériennes) 5minutes après les premières attaques.

8h30 : La seconde vague commença et fut constituée de 170 appareils ennemis. L’objectif de cette seconde attaque fut la même que la première, mais par le flan Est. La flotte japonaise ressort de cette bataille de Pearl Harbor, de la guerre du « Pacifique », avec très peu de pertes : 29 avions détruits et 55 pilotes tués, 4 sous marins coulés et 1 pris par l’ennemi, 9 sous mariniers tués et 1 capturé.

9h45 : Pearl Harbour ne consistait plus qu’en une ancienne base dévastée et enflammée. Le bilan de pertes devient donc lourd du côté américain : 4 cuirassés coulés et 4 cuirassés endommagés, 3 croiseurs coulés et 3 destroyers coulés, 188 avions détruits et 155 avions endommagés, 2403 tués et 1178 blessés.

10h00 : Certains officiers pressèrent l’amiral japonais Nagumo pour lancer une troisième attaque afin d’anéantir les dépôts de carburant et les infrastructures de Pearl Harbor, mais aussi de trouver, pour neutraliser, les portes avions américains jusqu’ici introuvables. Cette option fut avortée par plusieurs raisons : ils risquaient d’accroître la perte japonaise comme l’effet de surprise n’était plus là et les défenses américaines commençaient à être de plus en plus actives. En outre, il y avait la limite d’effectif, de carburant et de temps.

 

Il semblerait que Franklin Roosevelt, président  des Etats-Unis à cette époque, ait eu connaissance des risques d’une attaque sur Pearl Habor mais, n’ayant pas de preuves suffisantes, aucune mesure de précaution ne fut prise. Ce dernier était favorable à l’entrée en guerre de l’Amérique dans la Seconde Guerre Mondiale et fut par conséquent accusé par certaines personnes d’avoir été prévenu de l’attaque et de n’avoir rien fait pour éviter cette catastrophe. De plus, des ordres furent retrouvés dans lesquels il ordonnait à trois porte-avions et à des cuirassés de quitter la base. Les américains savaient qu’une attaque surviendrait de la part des Japonais mais ils ne savaient ni le lieu de l’assaut ni la date, ce qui peut expliquer la demande de Roosevelt pour le retrait des  porte-avions, voulant ainsi réduire les dégâts. Ils ne pouvaient en effet prévoir l’attaque (qui pouvait avoir lieu à Guam, aux Philippines ou à Pearl Harbor) ainsi que protéger marins et militaires même s’il désarmait ses bases du Pacifique. Cette attaque unifia tous les Américains à travers une même volonté de revanche contre l’Empire du Japon. La flotte américaine dû être réorganiser et elle dû modifier ses plans d’attaque en fonction du restant de la flotte, soit compter entièrement sur les porte-avions pour gagner les batailles avenirs qui seront appelées la « guerre du Pacifique ». Après les énormes dommages infligés à l’US Navy le « géant américain » accélérera la quantité et l’ampleur de son armée et de son armement.

 

Cette attaque aura pour impact la signature de la Charte de l’Atlantique, publiée le 14 Aôut 1941, après la rencontre entre Winston Churchill et Franklin Roosevelt, et qui marqua la volonté d’entrée en guerre des Etats-Unis. Grâce à leur détermination et à leur énorme puissance économique, les Américains ont montrés au monde entier que cette attaque n'avait rien fait d'autre que de les réveiller.

 

Priscillia et Paolo

Plaque-commemorative---Washington-DC.JPG 

Commémorations 1941-2011 

 

* 8 juin 1941. Chloé et Lisa – L’opération Exporter

* 15 juin 1941. Adrien et Romain – La bataille de Sollum

* 22 juin 1941. Charles et Loïc - L'opération Barbarossa

* 7 juillet 1941. Alexis et Louis - La création de la LVF

* 10 juillet 1941. Bérenger et Cécile - La bataille de Smolensk

* 14 août 1941. Julia et Nicolas - La Charte de l'Atlantique

* 16 août 1941. Jennifer et Thibaut - Le lancement de l'Ocean Vanguard

* 29 septembre 1941. Naomi et Clarisse - La première conférence de Moscou

* 29 septembre 1941. Floriane et Olivia - Le massacre de Babi Yar

* 2 octobre 1941. Guillaume et Calvin - L'opération Typhon

* 22 octobre 1941. Aleksander et Sébastian - Les massacres d'Odessa

Repost 0
Enseignant Défense Priscillia et Paolo - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:51

Alors que des initiatives exprimant la solidarité de la Nation envers ses soldats - envoyés au combat ou en opération extérieure (OPEX) - s'organisent à l'approche des fêtes de fin d'année, les lycéens de Galilée ont voulu eux aussi apporter leur contribution. Ils s’appellent Paolo, Alexandra, Anthony, Mélanie, Juliette, et il y en a bien d’autres: 45 lycéens tous élèves de Terminale. Ils ont écrit au retour d’un voyage, immersion d’une journée dans un régiment de l’Armée de Terre: le 501e Régiment de Chars de combat de Mourmelon-le-Grand.

 

Ces lettres sont chacune adressées à un soldat anonyme qui passera les fêtes de Noël et du Nouvel An en OPEX, loin des siens. Elles ont été envoyées au 501e RCC, qui se chargera de les faire parvenir sur les théâtres d’opérations à la fin du mois de décembre. Le propos a été laissé à l'entière liberté des élèves, même si beaucoup - dans leurs discussions - ont particulièrement pensé à l’Afghanistan: théâtre le plus dangereux pour nos troupes où 76 de nos soldats sont tombés à ce jour.

 

Ils ont écrit à un soldat inconnu et resteront également inconnus à leur lecteur au-delà de la mention de leur seul prénom. Le fait est d’importance, car le geste est celui de citoyens français pour des militaires français. C'est l'expression d'une Idée - celle de la Citoyenneté - et de la reconnaissance de l'engagement militaire à travers une mission, expression elle aussi de la souveraineté et des valeurs de notre pays.

 

Les mots sont simples, parfois maladroits, mais la spontanéité de la rédaction fera percevoir les fautes d’écriture avec bienveillance et non plus avec sévérité… Ces mots restent, surtout, un témoignage particulièrement sincère de solidarité et de civisme.


Icône pdf 1La lettre de Laetitia, lycéenne de TES1

Icône pdf 1La lettre de Maxime, lycéen de TS2

Icône pdf 1

La lettre de Clairfane, lycéenne de TSTG

Icône pdf 1

La lettre de Florine, lycéenne de TSTG


Groupe Facebook 2

 

IN MEMORIAM

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 20:05

La chaîne ARTE diffusera vendredi 25 novembre, à partir de 20.40, le téléfilm de Miguel COURTOIS, "Le piège afghan". Dans la même veine que "Forces spéciales" de Stéphane RYBOJAD, ce film a reçu un soutien technique important des forces armées. Le réalisme de la mise en scène en témoignera...

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 16:17

Insigne 501e RCC

Presentation-canon.jpg

 

Accompagnés par leur Proviseure, Mme Marie-Martine SALLES, 44 élèves de Terminale du Lycée Galilée (Combs-la-Ville) ont visité, le mardi 22 novembre 2011, le 501e Régiment de chars de combat (1).

 

Héritier de la tradition chevaleresque et de la cavalerie lourde, le 501e RCC est la dernière grande unité de Cavalerie encore équipée de chars de combat. Appartenant à la 2e Brigade blindée d’Illkirch, le régiment est situé sur la commune de Mourmelon-le-Grand. C’est en ce lieu que, depuis le Second Empire, nos grandes unités terrestres ont pris l’habitude de venir s’entraîner. À mi-chemin entre la région parisienne et cette frontière orientale restée longtemps dangereuse, la Champagne offre effectivement ce large espace indispensable pour pouvoir faire manoeuvrer et tirer les 52 chars de combat Leclerc du 501e RCC.

 

Les élèves sont arrivés au Quartier Delestraint après un voyage d’un peu plus de deux heures. Peu familiers des véhicules blindés, ils purent d’emblée observer une impressionnante collection de chars. De l’entrée du régiment des As (2) jusqu’à sa place d'armes sont, en effet, alignés de nombreux véhicules blindés  parmi lesquels on reconnaîtra les chars B1 bis, M4 Sherman, AMM8, AMX 13, AMX 30 B1 et B2... Autant de rappels historiques qui font quasiment du 501e RCC un musée en la matière. On y trouvera même un exemplaire du célèbre char allemand Panther de la Deuxième Guerre mondiale.

 

Table-ronde.JPG

Table ronde avec l'Adjudant-chef CLANET


Après un petit déjeuner offert au foyer du régiment, le Lieutenant-colonel Bastian DUFILHOL, chef du BOI, présenta rapidement l’organisation de la journée aux élèves et à leurs accompagnateurs. L’essentiel fut rappelé dès le départ à savoir le sens de l’engagement militaire a fortiori au sein d’une unité de combat: “En s’engageant dans le métier des armes, le citoyen fait potentiellement don de sa vie à la France.” Cette phrase, les élèves de Galilée, devaient, tout au long de la journée, en retrouver le principe et la substance au travers des multiples échanges noués avec les militaires.

 

Répartis en 4 groupes, élèves et accompagnateurs allèrent à la rencontre de soldats, tous jeunes mais déjà vétérans de plusieurs OPEX. Au cours de ce premier atelier organisé à la manière d’un regard croisé, les lycéens purent questionner le Capitaine POGNON ainsi que plusieurs sous-officiers et hommes du rang sur leurs motivations et leur perception du métier et de ses risques mortels. Certaines questions amenèrent les militaires à parler de leur vie familiale, plus particulièrement de la solitude et des difficultés rencontrées au quotidien par leur épouse. Une absence de plusieurs mois fait tout reposer sur celle-ci, déstabilise les enfants, alimente l’angoisse…

 

Mais une idée élevée du service à rendre au pays et à la société, celle d'une importance accordée à la tradition (parfois confondue avec l’Histoire), le refus d’un individualisme égoïste et la recherche d’une fraternité d’armes, ont été les motivations les plus généralement exposées devant les élèves. Cependant ce qui décrirait l'essentiel de tous ces engagements au-delà de leur individualité,  serait avant tout le mot “vocation”. Tous se sont sentis “appelés”, à un moment donné, à servir le pays au prix du plus grand sacrifice s’il le fallait.

 

OECC.jpgManipulation de l'OECC: un obus de 120 mm d'un poids de 20 kg et à douille combustible


Un deuxième atelier fut consacré aux métiers proposés par le régiment à travers une présentation complète des carrières. Celle-ci ne tombant pas pour autant dans les accents d’une campagne de recrutement. À cette occasion, les lycéens purent surtout se faire une idée de la richesse d’un régiment tel que le 501. À la fois entreprise à gérer quotidiennement au sens matériel du terme, l'unité des As est aussi une communauté de vie. Autour d’un coeur de métier combattant de nombreuses spécialités viennent s’articuler, qui offrent des perspectives professionnelles à la fois militaires et civiles sur le long terme.

 

Le troisième atelier mit en avant le char AMX Leclerc dans une double présentation: statique et dynamique. Engin chenillé de combat lourd, le Leclerc déplace – lorsqu’il est équipé guerre – une masse de 56 tonnes a une vitesse impressionnante surtout en tout terrain. C’est peut-être l’aspect qui a le plus surpris les élèves, qui le voyaient pour la première fois. Mis en oeuvre par un équipage de 3 hommes seulement, le blindé Leclerc est un matériel tout droit sorti de la Guerre froide. Une époque où la France – aux côtés de l’Alliance Atlantique – se préparait à arrêter une masse de blindés adverse particulièrement importante. Emportant 40 OECC (obus explosif à charge creuse) et OFL (obus flèche) de 120 mm, 950 munitions 12,7 mm, un millier de munitions 7,62 mm, un système lance-grenades GALIX, c’est un blindé de nouvelle génération comparable au M1 Abrams américain, au Challenger 2 britannique, au Léopard  2 allemand et au Merkava israélien. Son blindage – composite de type NERA (3) - est modulaire selon les théâtres d’opérations. Capable de fortes accélérations en tout terrain afin d’éluder un tir de missile, le char est relativement silencieux pour la masse qu’il met en mouvement. Embarquant un appareillage électronique aussi complexe que "durci", le Leclerc combat de jour comme de nuit quel que soit le temps, et sa tourelle gyrostabilisée lui permet de tirer en mouvement. Le chargement des obus est automatique et s'effectue à partir d'un robot, ce qui autorise une cadence de tir à 6 obus/minute.

 

  Ce montage vidéo permettra de se représenter la vitesse de déplacement de l'AMX Leclerc, sa maniabilité en tout terrain ainsi que le fonctionnement de son armement principal et de sa conduite de tir

 

Le char Leclerc appartient à ces fleurons du savoir-faire industriel et technologique français. Il est le dernier-né d’une longue lignée d’engins qui ont fait l’histoire du régiment depuis ses origines. C’est ce que les élèves ont pu retenir lors du dernier atelier consacré à l’histoire de l’unité. La salle d’Honneur du 501e RCC est aussi un petit musée en soi. Située dans le bâtiment de l’état-major du régiment, elle retrace une évolution qui va de la première bataille de blindés de l’Histoire (Berry-au-Bac le 16 avril 1917) aux OPEX les plus récentes (4). D’abord armé de tank Schneider CA1, le 501 RAS devenu 501e RCC reçoit des chars B1 bis avant de disparaître dans la tourmente de 1940. Reconstitué au sein de ce qui allait bientôt devenir la 2e DB, réarmé en MK VI Crusader anglais puis en M4 Sherman américain, le régiment blindé revient en France à l’été 1944, libérant Paris, Strasbourg et atteignant le nid d’aigle hitlérien de Berchtesgaden en 1945. Les vitrines de la salle d’Honneur font ainsi revivre cette riche histoire qui voit aujourd’hui les tankistes du 501 partir en Afghanistan sans leur char Leclerc, mais dans le cadre de missions d’escorte des convois ou de formation de militaires afghans (5).

 

Au terme de cette riche journée, le Colonel Georges REICHERT, Chef de corps du régiment, vint saluer les organisateurs et les élèves du Lycée Galilée. Autour d’un pot, les différents acteurs de la communauté éducative et de la communauté militaire purent ainsi échanger une dernière fois leurs (très bonnes) impressions. Dépaysement particulièrement instructif jusque dans le déjeuner où beaucoup découvrirent avec plaisir les rations individuelles de combat (type OTAN); immersion dans un univers qui laissa des regrets à bien des élèves au moment du départ, cette visite du 501e RCC permit d’illustrer - à défaut d’en tracer le contour d'ensemble - un aspect essentiel du lien entre la Nation et son Armée.

 

Le Lycée Galilée remercie vivement le Colonel REICHERT, le Lieutenant-colonel DUFILHOL et l’Adjudant-chef Thierry CLANET, ainsi que les sous-officiers et soldats, qui ont rendu possible cette rencontre de qualité.

 

Juliette.JPG

Sebastian

(1) Faisaient également partie du voyage l’Enseignant Défense; M. Denis DIMART, Professeur de SES; Melle Aurore GILLET, Professeur d’Anglais; Mme Laurence DELY, infirmière et M. Jean-Paul GAUDISSON, Agent technique principal en charge de la couverture photographique de l’action pédagogique.

(2) L’unité est ainsi appelée non pas en fonction de la figure du jeu de cartes, mais du fait de sa désignation d’origine dès 1918: 501e régiment d’Artillerie Spéciale (501 RAS).

(3) Non Explosive Reactive Armor.

(4) Parmi lesquelles les plus importantes ont été la Bosnie, le Liban et l'Afghanistan.

(5) Les Operational Mentoring Liaison Teams (OMLT) désignent de petites unités en charge de l’instruction, de la formation et de l’accompagnement tactique d’unités de l’Armée Nationale Afghane (ANA). Les OMLT du 501e RCC sont félinisées mais les nouveaux équipements n’ont pu être présentés aux élèves.

 

Dejeuner.JPGUn grand moment: la découverte des rations de combat

 

Groupe Facebook 2

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 19:39

Insigne 2e REG

Trois jours après le discours du 11 novembre du Président Nicolas SARKOZY annonçant le nouvel hommage désormais rendu à tous les soldats morts pour la France et non plus exclusivement à ceux tombés lors de la Première Guerre mondiale, un 76e militaire français vient de mourir au combat en Afghanistan. Il est la première perte du Battle Group Tiger qui a récemment relevé (le 7 novembre dernier) le Battle Group Raptor en Kapisa.

 

La Guerre d’Afghanistan, au même titre que la récente guerre en Irak et d’autres conflits irréguliers, nous montre une nouvelle fois combien les missions logistiques sont désormais parmi les plus dangereuses. Le danger est double du fait d’IED qui polluent les itinéraires, et nécessitent une procédure d’ouverture des routes exposant particulièrement les éléments du Génie toujours en tête. Le deuxième danger reste celui de l’embuscade classique.

 

Ouverture d'itinéraire

Ouverture d'un itinéraire par des éléments du Génie. On distinguera un MRAP Aravis ainsi qu'un SOUVIM comme on remarquera aussi la distance laissée entre les véhicules (source MINDEF/EMA)


C’est au cours d’une double mission à la fois de sécurisation de l’axe Vermont et de protection d’un convoi logistique, qu’un combat a opposé aujourd’hui nos forces aux insurgés. Deux militaires appartenant au 2e Régiment Étranger du Génie (2e REG) ont été touchés. L’un très grièvement touché par un tir d’arme légère n’a pu être sauvé en dépit de son évacuation rapide vers l’hôpital militaire français de Kaboul.

 

Le légionnaire Goran FRANJKOVIC, 25 ans, d’origine serbe, était un jeune engagé (2010). Défense et Démocratie s’associe au deuil de l’Armée de Terre ainsi qu’à la douleur de la famille et des proches de ce 76e soldat tombé pour la France en terre afghane.

 

Legionnaire-Goran-FRANJKOVIC.jpg

 

Groupe Facebook 2

 IN MEMORIAM

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 13:58

Vendredi-11-novembre-2011.jpg

 

Emma, Ufkun, Clara, Alexis, élèves de la 2nde 6. Sébastian et Aleksander élèves de la Terminale S2. Ces six adolescents ont représenté le Lycée Galilée lors de la commémoration du 11 septembre 2011, entourés  de délégations officielles, en présence d'élus et de représentants des administrations, accompagnés de l'Enseignant Défense. Les lycéens ont déposé une gerbe de fleurs aux pieds du soldat français sculpté par Paul LANDOWSKI à Combs-la-Ville (rue Sommeville), avant de s'incliner.

 

Répondant à un devoir civique les élèves ont fait preuve d'une maturité et d'une tenue exemplaires durant plus d'une heure et par un temps bien froid. Illustrant on ne peut mieux le lien intergénérationnel, ils ont également affirmé par leur présence l'indispensable souvenir qui donne sens à l'histoire de notre pays.

 

Avec la disparition des derniers soldats de ce terrible conflit, le 11 novembre évolue vers une commémoration et un hommage désormais rendus à tous les soldats tombés pour la France, et non plus exclusivement à ceux tués durant la Première Guerre mondiale. La fête nationale du 11 novembre entre donc pleinement dans notre XXIe siècle, rendant hommage à un courage et un sacrifice militaires universels qui transcendent les époques et les guerres.

 

En ce vendredi 11 novembre 2011, une pensée particulière sera ainsi adressée aux 75 soldats français tombés en Afghanistan pour la France et ses valeurs. C'est à cette commémoration d'hier et d'aujourd'hui, cet hommage plus que jamais vivant - car ancré dans l'Histoire tout en regardant le présent -, que les élèves du Lycée Galilée ont participée.

P1030937.JPG

 

Groupe Facebook 2

Ruban jaune

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 09:19

Bannière Musée de la Grande Guerre

 

Moment important dans la vie de notre patrimoine national, un nouveau musée consacré à la Première Guerre mondiale sera officiellement inauguré vendredi 11 novembre prochain à l'occasion du 93e anniversaire de l'Armistice. Conflit profondément ancré dans notre Histoire et notre Mémoire collective, la guerre qui s'ouvre en 1914 continue encore de nos jours à alimenter les travaux des historiens et des conservateurs de nombreux musées. Situé non loin des champs de bataille de la Marne, le musée du Pays de Meaux a été conçu de manière particulièrement moderne et pédagogique. Une brochure destinée à l'organisation de parcours, d'ateliers et de rencontres à destination des professeurs des écoles, collèges et lycées est d'emblée disponible. Dans cette dimension scolaire, il est à remarquer que le Musée de la Grande Guerre est situé dans l'académie de Créteil dont il enrichira sensiblement les ressources pédagogiques locales.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 08:44

À l'occasion du bicentenaire de la création de la BSPP par l'Empereur Napoléon Ier, la Maison du Combattant et du Citoyen (MCC) de Combs-la-Ville organise une exposition autour du thème: "Les soldats du feu. 200e anniversaire de la création du corps des Sapeurs pompiers de Paris". Association dynamique et riche d'un musée et de collections d'uniformes, la MCC du Général (2S) Serge AUZANNEAU poursuit chaque année son travail d'Histoire, de Mémoire et d'Éducation civique auprès des citoyens et des plus jeunes. Cette nouvelle exposition annuelle, qui sera installée dans les locaux de l'Hôtel de Ville, sera comme d'habitude organisée avec talent par Mme Luce LARCADE, conservateur du musée de la MCC. Le Lycée Galilée qui fait travailler une classe de 2nde depuis la rentrée de septembre sur les sapeurs de la BSPP et BMPM - et plus largement sur le thème de la Sécurité civile - participera à cette exposition.

 

"Les soldats du feu"

Du 11 novembre au 2 décembre 2011

Hôtel de Ville

du lundi au samedi de 10. à 12.00 et de 14.30 à 17.30

 

Présidé par le Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY, le CCACR 77 a récemment changé d'appellation  devenant désormais la Fédération des Associations de Réservistes et de Défense de Seine-et-Marne (FAR 77). En partenariat avec l'Association des Officiers de Réserve de la Marine nationale (ACORAM), la FAR 77 présente une conférence de M. Henry BOGDAN, Professeur agrégé d'Histoire et Officier de marine de réserve.

 

"Les Habsbourg de Charles Quint à Otto de Habsbourg-Lorraine. Une famille et un héritage à redécouvrir pour relever les défis de l'Europe de demain"

 

La conférence aura lieu le mardi 15 novembre 2011 à 20.00. Elle se tiendra dans l'amphithéâtre Suffren de l'École militaire de Paris. Les inscriptions devront se faire avant le 3 novembre prochain à secretariat@acoram.fr ou t.gauroy@notaires.fr

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 15:32

Propagande - Panzer IV 

22 octobre 1941-22 octobre 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, et l’Europe était à feu et à sang. Alors que la Wehrmacht tente d'atteindre Moscou avant l'arrivée du terrible hiver russe, le sort des Juifs à l'arrière de cet immense front bascule dans l'horreur. Floriane et Olivia, de la 1ère S2, avaient dévoilé l'existence et la mission de mort des  "unités spéciales" dites Einsatzgrüppen, notamment dans le cirque de Babi Yar. Le sort des communautés juives en Russie mais aussi ailleurs était scellé. Le meurtre de masse est en marche et il prend, d'emblée, des dimensions effroyables. C'est que d'autres y participent aux côtés des troupes allemandes qu'elles soient de la SS, des Einsatzgrüppen ou de la Wehrmacht.

 

Ainsi, surviennent les massacres d'Odessa le 22 octobre 1941 à la suite d'un attentat commis par des partisans russes qui abattent le Général roumain commandant la place d'Odessa, Ion GLOGOJANU. En représailles, les autorités militaires roumaines font massacrer dans les jours qui suivent plusieurs dizaines de milliers de Juifs et des milliers de Tziganes. Communauté juive la plus importante d'URSS avec 133 000 âmes au moment où le conflit éclate, la communauté juive d'Odessa ne compte plus que 34 000 personnes au 1er novembre 1941. C'est dire l'ampleur de la tuerie que Sébastian et Aleksander s'apprêtent à nous raconter.

 

On sait, aujourd'hui, que l'immense majorité des victimes de la Shoah étaient déjà assassinées à la fin de l'année 1943, bien avant l'arrivée des armées alliées aux portes du Reich à l'Est comme à l'Ouest. Ce que montrent les massacres d'Odessa, c'est qu'un tel désastre humain et moral n'aurait pu s'accomplir sans la participation active d'autres pays au meurtre. Une participation qui témoigne de l'étendue de l'antisémitisme dans les cultures européennes de l'époque, ainsi que de la capacité du nazisme à pervertir les esprits au-delà des frontières de la seule Grande Allemagne.

 

Tigre---Message-2.jpg 

 

Odessa est un Port sur la mer Noire situé au sud-ouest de l’Ukraine. À cette époque, la plus importante communauté juive d'Union soviétique vivait à Odessa. Elle comptait environ 600 000 habitants en 1939, dont à peu près 180 000 Juifs, soit 30% de la population totale. Dès 1937 Miron Cristea, future premier ministre de la Roumanie incitait ses fidèles à combattre « les parasites juifs ». C’est dans ce pays que l’été 1940 un « statut juif », très complet, lois de Nuremberg comprises, avait été promulgué. Quelques méthodes Hitlériennes paraissaient s’être implanter. Le 22 juin 1941, l’Allemagne nazie et ses alliées de l’Axe, dont la Roumanie, envahirent l’Union Soviétique. En août 1941, les troupes roumaines mirent le siège devant Odessa. La ville capitula le 16 octobre 1941. Au moins la moitié de la population juive avait fui avant que les troupes de l’Axe n'encerclent la ville. Il y restait de 80 000 à 90 000 Juifs au début de l’occupation roumaine commandée par le général Ion Antonescu fidèle à Hitler.

 

Ion Antonescu (étant d‘extrême droit), profondément antisémite et contre le communisme, voulait s’emparer de la Transnistrie (partie de l’Ukraine située entre le Boug et le Dniestr qui fut sous contrôle roumain de 1941 à 1944) pour y installer  sa propre politique de déportation et d'extermination des juifs et des communistes. Le régime Antonescu se préparait à annexer en cas de victoire la région de Transnistrie(dont la ville d‘Odessa était la ville principale), pour y déporter les juifs, les résistants et les autres indésirables roumains, se livrer à des massacres qui s'ajoutent au froid et aux épidémies (dysenterie, typhus): le nombre des victimes sera estimé, au procès d'Ion Antonescu, à 400 000 dont 293 000 juifs.

 

Le 22 octobre 1941, une bombe explosa au quartier-général des forces militaires roumaines cet attentat a tué le général Glogojanu, commandant d'Odessa et 16 officiers, 9 sous-officiers et 35 autres militaires. Selon des témoignages le général Ion Glogojanu avait été averti à deux reprises par la population civile que le bâtiment était miné. Le soir même, le gouvernement roumain ordonne des représailles implacables. Aussitôt, le nouveau commandant d'Odessa, le général Trestioreanu annonce qu'il va prendre des mesures pour pendre les Juifs et les communistes sur les places publiques. Durant la nuit 5000 personnes sont exécutées. Des unités de l’armée roumaine rassemblèrent 19 000 Juifs sur une place publique dans la zone du port et en fusillèrent un grand nombre. Ils arrosèrent les autres d’essence et les brûlèrent vifs. Au moins 20 000 autres Juifs furent rassemblés dans la prison locale puis emmenés au village de Dalnik. Là, les Roumains fusillèrent un certain nombre de Juifs puis enfermèrent les autres dans des entrepôts auxquels ils mirent le feu. Les troupes roumaines tirèrent sur tous les Juifs qui tentaient de fuir l’incendie. Odessa devint le siège administratif de la Transnistrie (partie de l’Ukraine située entre le Boug et le Dniestr qui fut sous contrôle roumain de 1941 à 1944). Cet évènement a permis à Hitler à l’aide du général Antonescu d’étendre son génocide antisémite jusqu’en Ukraine. Lors de cette guerre la prise d’Odessa a permis à Antonescu de se renforcer et ainsi renforcer les forces de l’Axe à l’Est.

 

Aleksander et Sébastian 

 

Bibliographie

 

Poliakov (Léon), Le Bréviaire de la haine. Le IIIe Reich et les Juifs, Paris, Calmann-Lévy, 1951.

RADU (Ioanid), La Roumanie et la Shoah, Éditions de la maison des sciences, Paris, 2002, 383 pages.

 

 

Commémorations 1941-2011 

 

* 8 juin 1941. Chloé et Lisa – L’opération Exporter

* 15 juin 1941. Adrien et Romain – La bataille de Sollum

* 22 juin 1941. Charles et Loïc - L'opération Barbarossa

* 7 juillet 1941. Alexis et Louis - La création de la LVF

* 10 juillet 1941. Bérenger et Cécile - La bataille de Smolensk

* 14 août 1941. Julia et Nicolas - La Charte de l'Atlantique

* 16 août 1941. Jennifer et Thibaut - Le lancement de l'Ocean Vanguard

* 29 septembre 1941. Naomi et Clarisse - La première conférence de Moscou

* 29 septembre 1941. Floriane et Olivia - Le massacre de Babi Yar

* 2 octobre 1941. Guillaume et Calvin - L'opération Typhon

Repost 0
Enseignant Défense Aleksander et Sébastian (1ère S2) - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 18:56

 

Issu de la biologie, le terme d’ “exosquelette” désigne ces squelettes “externes” que certaines familles d’animaux présentent généralement sous la forme d’une carapace (chéloniens, insectes, mollusques divers). La notion a d’abord été adaptée à l’être humain à travers le cinéma de science-fiction. Des films comme “Alien”, et plus récemment “Avatar”, ont ainsi mis en scène des exosquelettes, sorte de harnachement mécanique dans lequel le personnage s’intègre afin de surmultiplier sa force de levage ou de combat.


De nos jours, le concept d’exosquelette est devenu une réalité dont les progrès techniques, particulièrement rapides, intéressent aussi bien les applications militaires que civiles. On en voit d’emblée l’intérêt dans les deux champs. Pour les militaires il s’agirait de pouvoir faire porter des charges de l’ordre d’une centaine de kilos (voire 200 kg pour certains modèles) à un fantassin, ce sur de longues distances et plusieurs heures. Dans un contexte non guerrier, les exosquelettes représenteraient un formidable espoir de pouvoir faire marcher les paralysés, mais permettraient également des gains de productivité en matière de manutention, de transport, de dégagement d’obstacles…


Aux États-Unis, la DARPA travaille sur la question au moins depuis le début des années 2000, mais les obstacles techniques ont été importants. Nécessitant en premier lieu une réelle maîtrise de la robotique, le concept d’exosquelette pose aussi la question de la communication entre le corps humain et le système, la transmission de l’influx nerveux à la machine. La source d’énergie devant alimenter le système est également un défi de premier ordre. Les batteries devront être endurantes et légères pour des dimensions réduites, souples d’utilisation et peu consommatrices en énergie.


Miniaturisation et légèreté, faible encombrement et utilisation silencieuse dans un contexte tactique sont les difficiles équations à résoudre pour mettre au point un exosquelette militaire véritablement performant et opérationnel. Or, au début des années 2000, le rapport entre la masse que représente un soldat (équipements, arme et munitions) et le poids que pouvait alors soulever un bras robotisé était plus qu’insuffisant. Les systèmes robotisés (énormes) de l’époque ne parvenant à mouvoir que le dixième de leurs poids... On mesurera alors les progrès réalisés en la matière par la société japonaise Cyberdyne qui a récemment mis au point une armature robotisée ayant permis à un homme de gravir le Mont Saint-Michel avec un paralysé sur le dos en juillet dernier. Le HAL (Hybride Assistive Limb) de Cyberdyne pèse tout de même 25 kilos.


La France ne reste pas à la traîne dans le domaine des exosquelettes. La DGA (l’équivalent de la DARPA américaine) a ainsi commandé un prototype auprès de la société Rb3d, spécialisée dans “l’assistance aux gestes” et les programmes “COBOTS” ou robots “coopératifs”. Rb3d travaille sur des membres mécatroniques, c’est-à-dire des systèmes combinant à la fois la mécanique, l’électronique et l’informatique, dont la structure d’ensemble porte la charge à la place du corps humain. L’actuel modèle baptisé Hercule est ainsi en cours d’évaluation par la DGA en ce moment. Exosquelette de nouvelle génération, Hercule est capable d’actions réversibles au niveau de ses articulations et, comme le HAL japonais, il n’est pas commandé mais asservi ce qui veut dire qu’il détecte un mouvement et l’accompagne plutôt que d’attendre un ordre.


La question des exosquelettes militaires ne relève pas de la recherche d’un nouveau gadget technologique, mais d’un vrai problème soulevé récemment (et de plus en plus fréquemment) par les observations des médecins militaires. La tenue de nos combattants modernes n’a jamais été aussi lourde (40 kilos en moyenne), et dans un contexte tactique prolongé cela a des conséquences inquiétantes sur la santé des soldats. L’évolution dans des reliefs difficiles avec des charges permanentes particulièrement pesantes, de longues positions inconfortables par des températures extrêmes, finissent par user prématurément les articulations des soldats dont un nombre grandissant développent désormais des cas d’ostéoarthrite avant l’âge de 30 ans. Des rapports médicaux américains portant sur de jeunes hommes et de jeunes femmes de retour d’Irak et d’Afghanistan, montrent que ces derniers sont fréquemment atteints par une dégénérescence anormale des cartilages des genoux, de la hanche mais surtout de la colonne vertébrale. Beaucoup retournent ainsi à la vie civile avec des articulations de vieillard et la perspective de souffrances chroniques pour le reste de leur vie.


L’équipement du fantassin français, félinisé ou non, n’étant pas plus léger que celui du fantassin américain, la probabilité que nos soldats développent eux aussi ce type de dégénérescence est donc, elle aussi, élevée. Le poids - de l’arme et de l’armure autrefois, des munitions et des protections balistiques aujourd’hui - a toujours été la servitude de l’infanterie. Les exosquelettes ne résoudront certainement pas tous les problèmes, mais ils permettront sans nul doute dans un avenir proche (1) de soulager considérablement la charge de nos fantassins.

 

(1) L’exosquelette Hercule de Rb3d est actuellement en présentation au salon MILIPOL (le salon mondial de la sécurité intérieure) du 18 au 21 octobre 2011. Sa commercialisation est prévue pour 2014.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Fiches et dossiers
commenter cet article

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives