7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 14:18

Insigne 2e REP

 

Été meurtrier pour la coalition occidentale en Afghanistan où plusieurs dizaines de soldats ont été tués dans des attentats et des combats. Ce matin, c’est autour du village de Nawrozkhel, non loin de la vallée de Tagab, que le Battle Group Quinze-Deux, renforcé par des éléments de la Task Force La Fayette, a été pris à partie par des insurgés alors qu’il achevait une opération de reconnaissance et de recherche de caches d’armes. En appui des forces afghanes, nos militaires ont affronté les Taliban. Le bilan de cette action, au cours de laquelle des hélicoptères Tigre et américains Kiowa warrior sont directement intervenus, se résume à 2 tués et 5 blessés dans les rangs français. C’est le 2e Régiment Étranger Parachutiste (2e REP) qui est principalement touché par ce nouveau combat, avec la mort du Caporal Kisan Bahadur THAPA (30 ans) et du légionnaire parachutiste de 1ère classe Gerhadus JANSEN (24 ans). Le premier était marié et père d’un petit garçon.

 

Ce même jour, l’ISAF a enregistré la mort de deux autres soldats – dont la nationalité n’a pas été encore révélée – dans le sud du pays, mais c’est hier, dans la nuit du samedi 6 août, que l’armée américaine a essuyé ses plus terribles pertes au cours d’une seule action avec la mort de 30 soldats dans le crash d’un CH-47 Chinook. Au cours d’une opération visant à capturer un commandant taliban dans le village d’Amikhan (province de Wardak, district de Sayyidabad), l’hélicoptère de transport a été très vraisemblablement touché par un tir de roquette peu de temps après son décollage, et il s’est écrasé. À son bord se trouvaient des troupes appelées en renfort dans un autre secteur.  Au total ce sont donc 25 US Navy SEALs (1) et 5 membres d'équipage (selon les médias américains) qui ont péri avec 7 autres soldats des forces spéciales afghanes et un interprète.

 

Si l’engagement des puissances occidentales en Afghanistan - dont la France fait partie – n’est pas un engagement inutile, les raisons qui le motivent comme la manière dont il est conduit relèvent avant tout d’une décision politique qui peut être légitimement critiquée. Il en est ainsi dans toute démocratie véritable où c’est le pouvoir politique, incarné par ses élus, qui commande aux forces armées. Ces derniers sont, qu’on le veuille ou non - ne l’oublions pas -, l’émanation de la Nation, c’est-à-dire des citoyens que nous sommes.

 

La mondialisation a, cependant, fait qu’aujourd’hui les “frontières” de notre Défense - qui ne peuvent plus se confondre avec celles de notre pays - connaissent un élargissement inédit. Une dilatation qui ne peut se comprendre, au-delà des contingences stratégiques et économiques, qu’à l’aune de valeurs culturelles et de civilisation. Il revient donc à nos élus non seulement d’expliquer mais aussi d’assumer l’idée que la liberté a un prix, et que celle des Français n’aurait pas grand sens dans un monde où elle serait niée. On trouvera toujours très rapidement un “principe de réalité” qui pourra entraver tout discours idéaliste sur les Droits de l’Homme, mais réduire ceux-ci à un territoire ne dépassant pas Lille-Marseille ou celui de l’Union européenne démontrera a contrario une vision étroite à la fois de l’Humanité et de l’Histoire.

 

Les sondages à l’encontre de la guerre d’Afghanistan, avec parfois (encore) en toile de fond des poussées anti-armée (2) ne changeront, donc, rien au sens de l’engagement et de la mort de nos soldats. Ces derniers ne seront jamais des victimes, car la perte (le don) de leur vie interviendra toujours dans le cadre d’une mission qui fera qu’ils tomberont pour la France. Mourir pour la France, et pour les valeurs qu'elle incarne aujourd'hui, n’est pas un accident. Si cruelle peut-être la mort d’un soldat en tant qu’individu, parce qu’il est soldat, cette mort le transcendera en héros au sens quasi antique du concept. Ainsi en est-il de ces Navy SEALs hier en Afghanistan tombés pour les États-Unis d’Amérique, et de ces 2 parachutistes aujourd’hui à Nawrozkhel tombés pour la France. L’âge des guerres de conquête étant révolu pour nos démocraties, les géographies et philosophies des guerres contemporaines sont venues brouiller la signification profonde du sacrifice militaire qui, intrinsèquement, n’a pourtant pas changé.

 

“Défense et Démocratie” s'associe donc au deuil de l'Armée de Terre, ainsi qu'à la douleur et à la peine des familles et des proches du Caporal Kisan Bahadur THAPA et du légionnaire parachutiste de 1ère classe Gerhadus JANSEN. Nous saluons également la mémoire des 2661 héros de la coalition morts à ce jour en Afghanistan (3).

 

(1) Parmi ces Navy SEALs, les autorités militaires américaines ont reconnu que figuraient des membres de la SEAL Team 6, l'unité qui a éliminé Oussama BEN LADEN le dimanche 1er mai dernier à Abbottabad.

(2) Nous insistons sur l’expression “anti-armée” et non “anti-militariste” dans la mesure où il n’a jamais été question dans notre histoire récente de militariser d'une quelconque manière la société française au sens strict de la notion de militarisme. L’expression “anti-armée” nous semble donc plus juste pour décrire cette opinion philosophico-politique selon laquelle tout ce qui relève de l’Armée, et s’y rattache, est considéré comme fondamentalement mauvais. Des propos comme ceux de Nadia MOREL ou, plus récemment, d’Eva JOLY au sujet de la parade du 14 juillet sont de cet ordre.

(3) Dont 1727 soldats américains et 380 soldats britanniques.


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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 14:52

ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE - Hôtel des Invalides, Mardi 19 juillet 2011

 

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs,

 

Une fois encore dans cette cour des Invalides retentit le son de la marche funèbre qui accompagne à leur dernière demeure ceux que la France veut honorer de l'avoir si bien servie.

 

Devant ces sept cercueils recouverts du drapeau tricolore sur lequel j'accrocherai dans un instant la médaille de la Légion d'Honneur, je m'incline au nom de la Nation tout entière avec la reconnaissance et le respect dus à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour leur pays.

 

Je pense à leur famille, à leurs enfants dont la douleur touche le cœur de tous les Français. Je pense à leurs frères d'armes qui les ont vus tomber à côté d'eux et qui continuent de risquer leur vie.

 

Capitaine Thomas Gauvin,

Adjudant-chef Jean-Marc Guéniat,

Adjudant-chef Laurent Marsol,

Adjudant-chef Emmanuel Techer,

Maître Benjamin Bourdet,

Sergent Sébastien Vermeille,

Brigadier-chef Clément Kovac,

 

Vous vouliez servir votre pays. Vous aviez choisi le beau métier de soldat. Vous en connaissiez les exigences et les risques. Vous n'avez pas hésité. Vous n'avez pas reculé. Vous êtes allés jusqu'au bout de votre engagement. Vous avez accompli votre devoir selon la haute idée que vous vous en faisiez. Vous avez fait vôtres les vertus militaires de discipline, de fidélité, de courage et d'honneur.

 

Vous êtes tombés dans une guerre où des assassins fanatiques et sans honneur cherchent à asservir par la terreur des hommes, des femmes et des enfants désarmés que vous aviez mission de protéger contre cette violence aveugle et meurtrière.

 

C'était une noble mission. Vous l'avez accomplie noblement. Vous avez pris de grands risques, en partageant la vie quotidienne de ceux que vous deviez défendre parce que vous saviez que vous ne pouviez pas les défendre de loin et que vous ne pourriez pas les protéger en vous protégeant vous-même. Vous avez mis votre vie en danger pour sauver d'autres vies, des vies innocentes.

 

Aucune vie ne peut s'échanger contre une autre vie. La perte d'un être cher est irréparable et rien ne peut sécher les larmes d'un père, d'une mère, d'une épouse, d'un fils, d'une fille. Mais vos pères, vos mères, vos épouses, vos enfants peuvent être fiers de vous comme vous pouvez être fiers de leur courage et de leur dignité.

 

Vous n'êtes pas morts pour rien. Car vous vous êtes sacrifiés pour une grande cause. Vous avez défendu les plus belles valeurs de notre pays. Vous avez combattu dans une guerre juste engagée contre une tyrannie qui emprisonnait tout un peuple, qui opprimait les femmes, qui maintenait les enfants dans l'ignorance et qui avait transformé tout un pays en base arrière du terrorisme et de l'obscurantisme.

 

Vous n'êtes pas morts pour rien. Vous êtes morts pour la grande cause des peuples libres qui ont payé leur liberté avec le sang de leurs soldats. On ne devient esclave que lorsque l'on n'a plus la volonté de se défendre. L'armée française, c'est l'affirmation par le peuple français de sa volonté de demeurer libre et de ne jamais devenir l'esclave de quiconque.

 

L'armée française, ce n'est pas seulement un instrument parmi d'autres d'une politique. L'armée française, c'est l'expression la plus achevée de la continuité de la Nation française dans l'Histoire. L'armée française, c'est l'expression de la détermination constamment renouvelée de la France à défendre l'idée qu'elle se fait d'elle-même, de sa vocation dans le monde et d'une certaine idée de l'Homme profondément ancrée en elle. Si la France a passé avec la liberté du monde « un pacte multiséculaire » elle le doit d'abord à son armée. L'armée française n'est pas séparée du reste de la Nation française car l'armée française fait corps avec la Nation française.

 

Soldats qui êtes morts pour la France, pour accomplir la mission qu'elle vous avait confiée, soldats qui avez rejoint par-delà la mort la longue cohorte de tous ceux qui sont tombés un jour au champ d'honneur, vous êtes à votre tour aujourd'hui comme le furent ceux qui vous ont précédés, vous êtes le visage meurtri de la France, le visage dans lequel la France reconnait ses plus belles valeurs humaines.

 

Soldats, vous êtes partis en pleine jeunesse en emportant avec vous les promesses d'une vie heureuse. Mais nul ne vous a volé votre destin. Soldats, vous avez vécu et vous êtes morts en hommes libres. Pour vos proches, pour vos frères d'armes, pour tous les Français qui aiment profondément leur pays, soldats, vous resterez à jamais des exemples dont la France se souviendra et dont chacun d'entre nous se souviendra au milieu des épreuves de la vie.

 

Capitaine Thomas GAUVIN,

 

Vous étiez sorti de Saint-Cyr il y a 3 ans. Major de votre promotion, vous aviez choisi le 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes. Cet engagement, vous l'avez porté avec passion. Chuteur opérationnel, chef de section commando parachutiste, vous aviez pour la première fois emmené votre section en opération l'an dernier en République centrafricaine. En Afghanistan, vous aviez montré à nouveau que commander, c'était faire partager à vos hommes votre énergie, le sens de votre engagement et de votre mission.

 

Adjudant-chef Jean-Marc GUÉNIAT,

 

Vous aviez rejoint le 17ème régiment du génie parachutiste de Montauban comme engagé volontaire en 1994. Vos supérieurs avaient très vite remarqué vos qualités et vous avaient dirigé vers l'école du génie d'Angers, où vous aviez accédé au corps des sous-officiers. Chuteur opérationnel, instructeur commando, vous aviez montré votre bravoure au cours de nombreuses opérations en Afrique et dans les Balkans. A chaque fois, vous aviez passionnément aimé transmettre vos connaissances et votre savoir- faire aux jeunes soldats que vous commandiez.

 

Adjudant-chef Laurent MARSOL,

 

Après avoir fait votre service militaire en 1998, vous vous étiez engagé à l'école nationale des sous-officiers d'active. Major de votre promotion, vous aviez rejoint le 1er régiment de chasseurs parachutistes. C'était il y a 10 ans. Chuteur opérationnel, commando parachutiste, vous aviez une grande expérience des opérations. C'était la 3ème fois que vous étiez engagé en Afghanistan. Vous aviez à cœur de faire partager à vos hommes votre expérience et votre connaissance du terrain.

 

Adjudant-chef Emmanuel TECHER,

 

Vous aviez rejoint le 17ème régiment du génie parachutiste il y a 17 ans, à l'issue de votre formation à l'école des sous-officiers d'active des transmissions. Très vite, vous aviez opté pour le métier de sapeur et la formation aux techniques de combat. Vous aimiez l'action, vous aimiez le terrain. Vous étiez un sous-officier supérieur parmi les meilleurs et les plus expérimentés, comme vous l'aviez prouvé lors de nombreuses opérations, en Afrique et dans les Balkans.

 

Maître Benjamin BOURDET,

 

C'est votre amour de la mer qui vous a mené à servir votre pays. Natif de l'ile de Ré, vous étiez entré dans la marine nationale en 2003 comme fusilier marin et vous aviez progressé dans cette spécialité jusqu'à recevoir en 2008 votre béret vert de commando marine. C'était l'aboutissement de votre vocation. Au sein du commando JAUBERT, vous aviez notamment participé à la lutte contre la piraterie dans l'océan Indien. Vous aviez alors prouvé vos qualités de tireur d'élite et votre très grande bravoure.

 

Sergent Sébastien VERMEILLE,

 

Vous aviez commencé votre carrière dans l'infanterie de marine, au 1er puis au 21ème RIMa. Vous aviez été engagé au Kosovo puis au Tchad. Il y a 2 ans, vous aviez choisi de combattre avec d'autres armes et de devenir un « soldat de l'image » comme opérateur audiovisuel.

En Afghanistan, où vous aviez déjà été déployé comme marsouin, vous étiez un témoin engagé, talentueux et courageux. Grâce à vous, nos compatriotes pouvaient partager le déroulement de vos missions et comprendre le sens des engagements de la France.

 

Brigadier-chef Clément KOVAC,

 

Vous aviez rejoint le 1er régiment de chasseurs à Verdun en 2007. Vous étiez un expert du char AMX 10 RC, que vous pilotiez avec une grande habileté, quelles que soient les difficultés du terrain. Après un premier engagement en Nouvelle-Calédonie, vous faisiez en Kapisa l'expérience de votre première opération extérieure de longue durée. Vous aviez prouvé votre grande rigueur et votre endurance dans un poste très exposé où vous avez acquis toute la confiance de vos chefs.

 

« Honneur et Patrie ». Vous connaissiez mieux que quiconque le sens de ces deux mots. Vous les avez fait vivre. Puissent-ils toujours se trouver de jeunes Français qui vous ressemblent pour que les générations futures comprennent encore leur signification.

 

« Honneur et Patrie ». La France tout entière s'incline sur vos cercueils.

 

Vive la République!

Vive la France!

 

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  Cour d'honneur des Invalides, le mardi 19 juillet 2011 (source - MINDEF)

 

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 13:59

Commando Jaubert

 

Au lendemain de la mort de 5 de nos soldats dans un attentat suicide à Joybar, et en ce jour de fête nationale, c'est un autre militaire français qui vient de tomber au combat. Opérant en vallée d'Alasay, près du village de Shekut, les forces françaises en soutien de policiers afghans étaient en train de sécuriser une zone lorsqu'ils ont été engagés par des insurgés. Le combat s'est déroulé de nuit et a mis aux prises une vingtaine de soldats des forces spéciales de la Brigade La Fayette  avec deux groupes d'insurgés. Ces derniers tentant d'empêcher les policiers afghans de tenir la zone en voie de sécurisation, l'action s'est très vite élargie à des tirs de canons CAESAR ainsi que l'intervention d'hélicoptères de combat. Les insurgés furent repoussés et les forces spéciales furent dégagées, mais aux environs de 6.20  un commando Marine fut tué par un tir d'arme légère.

 

Le Second maître Benjamin BOURDET appartenait au Commando Jaubert, une unité d'élite de la Marine nationale. Âgé de 30 ans, cet officier marinier est le 70e soldat français tombé en Afghanistan. D'emblée, 2011 est l'année la plus meutrière pour nos forces armées sur ce théâtre d'opérations avec 18 soldats tués  à ce jour.

 

"Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre ainsi qu'à la douleur et à la peine de la famille et des proches de ce nouvel Héros.

 

Second-maitre-Benjamin-BOURDET.jpg

 

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 14:36

 

17e-RGP.jpg

 

Ce 14 juillet 2011 restera marqué par la prolongation - entérinée par le Parlement hier - de l’opération Harmattan en Libye, ainsi que par l’annonce officielle par le Président Nicolas SARKOZY du calendrier de retrait des troupes servant en Afghanistan. La Libye comme l’Afghanistan étant actuellement les deux théâtres d’opérations où nos forces sont engagées dans des opérations de guerre. Et comme pour nous le rappeler en cette veille de fête nationale, 5 soldats du GTIA (1) Kapisa ont été tués ce matin lors d’un attentat suicide dans le village de Joybar, non loin de la FOB (2) de Tagab.

 

Sécurisant une shura (3) dans le village de Joybar, ces militaires étaient en appui de deux autres unités dont une Provincial Reconstruction Team (PRT) américaine. L’attentat s’est produit aux environs de 11.00 dans le poste où se trouvaient les soldats français. Un insurgé, peut-être habillé en policier, s’est fait exploser donnant le signal d’une attaque extérieure. Au terme d’une lutte qui vit l’engagement de F 16 américains et de Tigre français, les insurgés furent repoussés sans avoir pu occasionner de pertes.

 

En revanche, l’attentat suicide a tué le Lieutenant Thomas GAUVIN (27 ans, marié) et l’Adjudant Laurent MARSOL (35 ans) du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP), les adjudants Emmanuel TECHER (38 ans, marié) et X (4) du 17e Régiment du Génie Parachutiste (17e RGP), et le Caporal-chef Sébastien VERMEILLE (31 ans, marié, 2 enfants) qui était photographe du SIRPA (5) Terre. Grièvement blessé, un interprète afghan est également décédé dès son arrivée à l’hôpital militaire français de Kaboul. Cet attentat meurtrier a, par ailleurs, blessé 4 autres militaires ainsi que 3 civils afghans.

 

Ce bilan, qui pourrait s’alourdir dans les prochaines heures, assombrit une année 2011 dont les pertes sont désormais supérieures à celles de 2010. Et l’année est encore loin d’être finie… L’attentat de Joybar inflige à nos forces leurs plus lourdes pertes depuis la bataille de Sper Kunday, en août 2008, où 10 de nos soldats avaient été tués au combat au cours d'une embuscade de plusieurs heures. Alors que le Président SARKOZY effectuait, pas plus tard qu’hier, un voyage éclair en Afghanistan, où il annonçait le retrait dans les prochains mois de 1000 soldats de ce théâtre d’opérations, nos pertes se sont brutalement alourdies s'élevant désormais à 69 hommes tombés en mission. Le choc émotionnel que cet attentat va produire au sein de notre opinion publique illustrera, une fois de plus, le paradoxe d’une guerre asymétrique où le combattant occidental (ici français) n’aura jamais été aussi “vulnérable” alors qu’il n’aura jamais été techniquement aussi puissant et aussi protégé...

 

Alors que les feux d’artifice et les bals lancent, ce soir même, le début des festivités du 14 juillet; alors que les forces armées s’apprêtent à défiler devant une Nation quasi indifférente aux sacrifices humains comme budgétaires consentis par ses militaires, nous réaffirmerons notre plus fort soutien moral ainsi que notre fraternité républicaine à tous ceux dont la mission est de protéger les citoyens français à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières.

 

“Défense et Démocratie” s’associe au deuil de l’Armée de Terre, qui paye le prix fort des pertes en opération. Notre blog adresse également le plus sincère message de soutien et de solidarité aux familles et aux proches de nos Héros tombés, aujourd’hui, en terre afghane.

 

(1) Groupement Tactique Interarmes.

(2) Forward Operating Base ou base opérationnelle avancée. Il s’agit d’une base située en avant-poste, fortement protégée et destinée à servir de point d’appui aux troupes en opération dans le secteur.

(3) Une shura est une assemblée de notables locaux regroupant des maleks ou chefs de villages.

(4) La famille n'a pas souhaité rendre public l'identité du sous-officier.

(5) Service d’Information et des Relations Publiques des Armées.

 

Lieutenant Thomas GAUVIN

Lieutenant Thomas GAUVIN

 

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Adjudant Laurent MARSOL

 

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Adjudant Emmanuel TECHER

 

Caporal-chef-Sebastien-VERMEILLE.jpgCaporal-chef Sébastien VERMEILLE


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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 22:25

1er-Regiment-de-Chasseurs.jpg

 

Un accident s’est produit ce matin dans un Combat Outpost (COP) de l’Armée française (1), tuant un jeune soldat du 1er Régiment de Chasseurs (1er RC). De retour d’une mission à bord de son AMX 10 RC, et alors qu’il débarquait de son engin blindé, le Brigadier (2) Clément KOVAC a été mortellement atteint par le tir accidentel d’un FAMAS manipulé par un camarade situé à proximité.

 

Les accidents de ce genre sont malheureusement inévitables dans un environnement de guerre même si, à travers l’instruction élémentaire des soldats de nos jours, des efforts et des progrès sensibles sont réalisés en matière de sécurité et de maîtrise des armes.

 

Âgé de 22 ans, le Brigadier KOVAC est le 64e soldat français tombé dans l’exercice de sa mission en Afghanistan. "Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre, ainsi qu'à la douleur et à la peine de la famille de ce Héros.

 

(1) Il s’agit du COP Gawn anciennement COP 46 Hutnik.

(2) Équivalent au grade de caporal dans les armes dites “blanches” (avec des galons blancs et non jaunes comme la Cavalerie ou la Gendarmerie départementale).

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 08:02

Propagande - Panzer IV

 

10 juillet 1941-10 juillet 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, et l’Europe était à feu et à sang. Sur le Front Est, la guerre fait rage depuis le 22 juin. Surprenant l’Armée rouge, la Wehrmacht s’enfonce profondément dans le territoire soviétique. Par de vastes mouvements d’encerclement, elle capture et anéantit des armées entières. D’emblée les combats sont acharnés et meurtriers pour les forces soviétiques. C’est une lutte sans pitié de part et d'autre, et de nombreux crimes de guerres sont commis dans les deux camps dès les premiers jours du conflit. Le moral de l’armée allemande reste élevé, et Hitler pense à la possibilité d’une victoire rapide avec la prise de Moscou avant l’hiver. La résistance soviétique se raidit cependant, et de grandes batailles ralentissent la progression de la Wehrmacht. C’est l'une de ces grandes batailles, qui eut lieu dans la région de Smolensk, que nous racontent Bérenger et Cécile de la classe de 1ère S2.

 

Tigre---Message-2.jpg

 

LA BATAILLE DE SMOLENSK (10 JUILLET 1941)

 

Smolensk est une ville située dans l'actuelle Russie. La région qui l'entoure a été le théâtre de plusieurs batailles pendant la seconde guerre mondiale, notamment de juillet à septembre 1941, opposant le Groupe d'armées Centre de la Wehrmacht à l'armée soviétique. A partir de l'été 1941, Hitler lance son attaque sur le Front de l'Est: l'opération Barbarossa. Située sur la route vers Moscou, la ville de Smolensk constitue pour les Allemands une étape importante avant la prise de la capitale soviétique. L'armée allemande projette entre autre de s'emparer du pont de terre entre deux fleuves (le Dniepr et la Daugava) et de détruire autant que possible les forces soviétiques.

 

La Bataille de Smolensk débute le 10 juillet 1941. L'armée allemande, vient tout juste de s'emparer de la ville de Minsk et peut maintenant franchir le Dniepr et se diriger vers la ville de Smolensk. Le 13 juillet commence une manœuvre d'encerclement de la ville par le Groupe d'armées centre, qui doit néanmoins faire face à une première contre-attaque de l'Armée Rouge.  Trois jours plus tard, le 16 juillet, la ville tombe aux mains de l'armée allemande.

 

Du 20 au 25, le maréchal soviétique Timochenko utilise le nouveau front de réserve, composé de six armées pour contre-attaquer massivement et libérer des armées encerclées. Malgré de nombreuses pertes, l'intervention réussie en partie entraînant un équilibre entre les forces allemandes et soviétiques. Cependant, une telle résistance de la part de l'armée soviétique n'était pas prévue dans le plan initial de l'opération Barbarossa. De plus, le groupe d'armées centre est dangereusement avancé en comparaison aux groupes nord et sud. Ainsi, le 23 juillet, la directive n° 33 d'Hitler remet en question les premiers objectifs définis. Il ordonne en effet d'utiliser le groupe d'armées centre pour soutenir au nord et au sud les autres troupes, dans le but de capturer Leningrad et Kiev. Toutefois les contre-attaques soviétiques empêchent l'accomplissement de cette directive et l'armée allemande évite de justesse la reprise de Smolensk par l'armée rouge, le 27 juillet.


Ainsi, à la fin du mois de juillet, aucune des deux armées n'arrivent à prendre le dessus. Au début du mois d'août, une nouvelle attaque est lancée vers le sud par le Panzergruppe 2 du groupe d'armées centre, dirigé par le général Guderian. Le 8 août, l'armée allemande parvient ainsi à capturer la ville de Roslavl, au sud de Smolensk, qui constitue un important nœud ferroviaire. Toutefois, sa progression est stoppée par l'armée soviétique, au prix de lourdes pertes. Alors que la situation allemande s'améliore grandement au cours du mois d'août et que le chef de la Wehrmacht prévoit l'attaque de Moscou, Hitler réaffirme dans sa directive n° 34 que les objectifs sont la prise de Leningrad et de l'Ukraine. Le Panzergruppe 2 continue donc son attaque vers le sud et franchit la rivière Unega le 20 août. Il est néanmoins repoussé par une contre-attaque massive. Au début du mois de septembre, la découverte du plan des positions soviétiques dans un avion abattu permet à Guderian d'engager une partie de ses troupes entre deux divisions soviétiques pour ensuite rejoindre le premier Panzergruppe, encerclant ainsi huit cent mille soldats soviétiques (Bataille de Kiev). Toutefois, une dernière contre-attaque soviétique lancée le 30 août permet à l'armée rouge de reprendre la ville d’Ielnia le 6 septembre, montrant que l'envahisseur peut être battu et repoussé.

 

Cette bataille, qui dura deux mois, a entrainé de nombreuses pertes humaines et matérielles. Elle montre, malgré la victoire allemande, les limites de la « Blitzkrieg ». En outre, les soviétiques se sont rendus compte que les Allemands n’étaient pas imbattables.  Par ailleurs le changement de directive d’Hitler durant cette bataille est un événement important. On peut en effet se demander si sa décision n'est pas une erreur qui a par la suite entrainé la défaite allemande lors de la bataille de Moscou. Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que la bataille de Smolensk de 1941 constitue un événement majeur du Front de l'Est et marque un fort ralentissement de la progression de l'armée allemande.

 

Cécile et Bérenger

 

Bataille de Smolensk


Bibliographie

 

1- BETHELL (Nicholas), LE NAN (Maurice), Le Front russe (La Deuxième guerre mondiale), Time-Life, 208 pages.

2- MASSON (Philippe), Histoire de l'armée allemande 1939-1945, Perrin, 1999, 553 pages.

 

 

Commémorations 1941-2011

* 8 juin 1941. Chloé et Lisa – L’opération Exporter

* 15 juin 1941. Adrien et Romain – La bataille de Sollum

* 22 juin 1941. Charles et Loïc - L'opération Barbarossa

* 7 juillet 1941. Alexis et Louis - La création de la LVF

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 14:00

Propagande - Panzer IV

7 juillet 1941-7 juillet 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, et l’Europe était à feu et à sang. Symbole de la collaboration militaire avec l’Allemagne hitlérienne, la Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme (LVF) est mise sur pied peu de temps après l’ouverture du front Est en juin 1941. Forte d'une douzaine de milliers de combattants volontaires portant l'uniforme allemand et unis par la haine du communisme, la LVF est engagée en Russie où elle est saignée à blanc. Elle cesse d’exister en tant qu’unité à l’été 1944, date à laquelle les rescapés des combats participent à la création de la 33e Division SS Charlemagne.

Durant la guerre, la Waffen SS a recruté dans les pays occupés. 1 000 000 d’hommes sont passés dans ses rangs, constituant 38 divisions dont le fanatisme au combat a occasionné de nombreux crimes de guerre. Avec leurs camarades français de la Sturmbrigade SS Frankreich, un contingent de miliciens, des volontaires français servant dans la Kriegsmarine, et d’autres poussières d’unités, les survivants de la LVF consituent le noyau de la nouvelle division. Décimés et réduits à un bataillon dans les dernières semaines de la guerre, les SS de la Division Charlemagne poursuivent la lutte de manière acharnée jusque dans les rues de Berlin. Ils sont ainsi parmi les derniers à se rendre aux forces soviétiques. Louis et Alexis, élèves de 1ère S2, nous racontent la Légion des Volontaires Français contre le Bolchévisme.

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LA LÉGION DES VOLONTAIRES FRANCAIS (LVF)

Tout d’abord, nous allons commencer par quelques rappels chronologiques en rapport avec  la création de la L.V.F. (Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme) qui eut lieu le 7 juillet 1941. Le 22 juin 1941, le Troisième Reich allemand lance l’opération Barbarossa (en référence à l’empereur Frédéric Barberousse) qui consiste à envahir l’URSS et donc de violer le pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939.  La Wehrmacht franchit le Dniepr le 11 juillet 1941. Le 19 septembre 1941, Kiev tombe aux mains des nazis.

 Ensuite, nous allons parler des faits concernant la L.V.F. La Légion des volontaires français contre le bolchévisme, connue sous le nom de régiment d’infanterie 638 pour les Allemands, est créée le 7 juillet 1941, quelques jours après le déclenchement de l’opération Barbarossa. Cette naissance est soutenue par un ensemble de partis collaborationnistes, notamment le RNP (rassemblement national populaire) de Marcel Déat, le PPF (parti populaire français) de Jacques Doriot, et le MSR (mouvement social révolutionnaire) d'Eugène Deloncle. La LVF utilisait comme étendard le drapeau tricolore français. La LVF, association loi de 1901, était dirigée dans la Zone occupée par un Comité central chargé du recrutement, dont faisaient partie Eugène Deloncle, Jacques Doriot, Marcel Déat, tandis que le recrutement dans la Zone libre était confié à un Comité d'action (à Marseille), dirigé par Simon Sabiani, et dont faisait partie Louis Lumière.  Un Comité d'honneur donnait une sorte de caution morale par des personnalités intellectuelles, figures éminentes de la collaboration, qui seront toutes condamnées après-guerre (à l'exception du cardinal Baudrillart, décédé) telles que: Jean Luchaire, Abel Bonnard, le cardinal Baudrillart, Georges Claude, Alphonse de Châteaubriant, ainsi que des dirigeants du Parti national breton.

Son organe de presse était Le Combattant européen, rédigé par Marc Augier. Hitler accepte le concours de volontaires français avec beaucoup de réticence. Il refuse que la création de la LVF entraîne une quelconque obligation envers le gouvernement français et que son effectif dépasse les 15 000 hommes. Malgré la collaboration d'État, le gouvernement de Vichy était officiellement neutre dans le conflit mondial et restait rétif à tout ce qui pouvait déboucher sur une collaboration militaire, interdisant aux officiers d'active de l'armée de s'engager dans la LVF. Pétain a cependant eu une attitude ambigüe envers la LVF: il déclara sa sympathie pour l'initiative dont les membres détiendraient « une part de notre honneur militaire », mais désapprouvera le port de l'uniforme allemand (la France n’ayant pas déclaré la guerre à l’URSS) et gardera une attitude distante envers cette unité. Elle est dissoute en 1944 pour être principalement intégrée à la Division SS Charlemagne.

Après, nous allons voir les enjeux et les origines de la L.V.F.  Le projet avait été envisagé auparavant par Jacques Benoist-Méchin, sous le nom de la « Légion tricolore », qui aurait été une unité spéciale de l'armée française. La manœuvre échoue sous pression de l'ambassadeur allemand, Otto Abetz. Le but de la création de la L.V.F. était de se faire bien voir par les autorités allemandes, afin d’obtenir une « place » dans la nouvelle Europe qui se profile à l’horizon, ainsi cela permettait de garantir leur bonne volonté à l’égard des allemands. Enfin, nous constaterons que la création de la L.V.F. a fortement marqué la collaboration lors de la seconde guerre mondiale. En effet, elle représentait un autre aspect de que celle-ci pouvait prendre. Souvent mal vue par la population française, elle a cependant attiré de nombreuses personnes pour ses attraits économiques (le salaire entre autre). 

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Bibliographie 

 

1- Trafics et crimes sous l’Occupation de Jacques Delarue, éd. Fayard.

2- Dictionnaire historique de la France sous l’Occupation sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, éd. Tallandier.

 


Commémorations 1941-2011

* 8 juin 1941. Chloé et Lisa – L’opération Exporter

* 15 juin 1941. Adrien et Romain – La bataille de Sollum

* 22 juin 1941. Charles et Loïc – L’opération Barbarossa

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 19:18

1er RCP

Alors que les présidents SARKOZY et OBAMA viennent d’annoncer un début de retrait de leurs troupes d’Afghanistan, les combats se poursuivent en Kapisa où, ce matin, une patrouille du Battle Group Raptor a durement affronté un parti d’insurgés. Au coeur des opérations de recherche et de nettoyage du terrain avec d’autres unités, le 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP), qui venait de perdre un des siens il y a une semaine, a vu tomber durant cette matinée un deuxième soldat. Le 1ère classe Cyrille HUGODOT, tireur d’élite, a été mortellement touché au cours d’une action qui, selon, l’État-major des Armées (EMA) a vu l’engagement d’hélicoptères de combat Tigre et Gazelle ainsi que la “neutralisation” d’une demi-douzaine d’insurgés.

 

Une fois encore, ce combat de plus dans une guerre asymétrique n’autorise pas la même précision des bilans tactiques de part et d’autre. La frustration qui s’ensuit ne peut que résonner émotionnellement dans notre opinion publique, trop souvent au détriment de la compréhension du conflit lui-même.

 

Une émotion qu'il ne s’agit pas non plus de nier devant l’annonce de la mort de ce soldat de 24 ans, qui laisse derrière lui une compagne et une petite fille de 4 ans. Mais parce que ce sacrifice ne doit pas demeurer ni inutile ni sans lendemain, "Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre, ainsi qu'à la douleur et à la peine de la famille de ce Héros.

 

Cyrille HUGODOT

 

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IN MEMORIAM

 


 


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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 06:22

Le missilier MBDA travaille en ce moment sur un nouveau concept de missile multirôle hypersonique, emportant plusieurs charges autonomes et re-localisables. Ce missile - destiné à frapper des cibles aussi bien terrestres que navales, situées dans un environnement géostratégique complexe - est le CVS 401 Perseus. Dans une période où la présentation de nouveaux matériels aéronautiques et militaires bat son plein (1), l'entreprise d'armements nous présente à travers une vidéo - qui ne va pas sans nous rappeler celle qui nous présentait l’année dernière le système russe Club-K - à quoi ressemblerait ce missile d’un futur proche (2) et comment il serait employé. Il est d’ailleurs intéressant de voir apparaître dans ce document-fiction plusieurs lanceurs Club-K, ces derniers étant décrits comme l’une des menaces que le Perseus devrait permettre de traiter.

 

Missile lourd (800 kg), étudié pour remplacer l’actuelle gamme des Harpoon, Exocet et autres Otomat, le Perseus serait tiré aussi bien d’une cellule de lancement vertical d’une frégate, d’un destroyer ou d’un croiseur, que d’un tube lance-torpilles d’un sous-marin (ce qui suppose une capacité de changement de milieu). Propulsé à Mach 3 dans un rayon d’action qui en ferait davantage une arme tactique que stratégique, le Perseus disposerait d’un système d’identification des cibles de très haute résolution. En fait, tout serait pensé dans le sens de la plus grande précision avec la marge d’erreur la plus faible possible. Le missile pourrait aussi bien être guidé du bâtiment militaire que par un opérateur au sol. Il recevrait durant son vol des informations en permanence, qui lui permettraient de se recaler à n’importe quel moment sur un objectif mobile, voire d’en changer au moment critique.

 

 

Projections conceptuelles intéressantes, le Perseus pourrait 1- percer une bulle aéronavale de protection en venant frapper pile à la verticale d’un bâtiment, là où les radars opèrent le moins 2- frapper d’un seul coup ou détacher au dernier moment deux charges militaires intégrées dans le missile principal et permettant une triple frappe dispersée (dans trois parties différentes d’un bâtiment de guerre par exemple) 3- exercer cette triple frappe sur une cible terrestre qui, au dernier moment, se révèlerait non pas une mais multiple. Chacune des charges offrirait jusqu’au dernier moment la possibilité d’être guidée sur un objectif précis.

 

(1) Cf. Le 49e salon du Bourget qui se tient actuellement du 20 au 26 juin 2011.

(2) Les études actuelles travaillent sur une vingtaine d’années soit une mise au point aux alentours de 2035.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 04:32

22 juin 1941-22 juin 2011. Il y a 70 ans c’était la Deuxième Guerre mondiale. Notre pays était occupé, et l’Europe était à feu et à sang. Par l'ampleur des moyens utilisés, par la dimension d'emblée totale (notamment raciale) de la confrontation germano-soviétique, et par le terrible effet de surprise, l'opération Barbarossa figure parmi les actions militaires majeures de l'année 1941. Elle marque l'entrée en guerre du IIIe Reich contre l'URSS, ce qui élargit de manière considérable la guerre européenne commencée depuis septembre 1939. Surtout, elle frappe une Union soviétique dont l'armée a été décapitée par les purges staliniennes de la fin des années 1930, et plonge dans le désarroi un Joseph STALINE qui, jusqu'au bout, a refusé de comprendre la proximité de la menace allemande. Aujourd'hui, Charles et Loïc de la 1ère S2 nous racontent cet événement majeur de la Deuxième Guerre mondiale.


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L’opération Barbarossa a débuté le 22 juin 1941 et s’est achevée le 5 décembre 1941. Dans la continuité de sa politique nazie (« l’élimination des juifs » et « la conquête de l’espace vitale ») Hitler lança l’opération Barbarossa destinée à conquérir l’URSS. Pour cela il déploya toute son armée avec 3 300 000 soldats; 3648 chars et 2700 avions. Apres avoir vaincu la France il déclara que le prochain objectif était la conquête de l’espace vitale au détriment du judéo-bolchevisme alors qu’il n’avait pas encore vaincu la Grande Bretagne. C’est alors qu’il commença à conquérir l’Ukraine pour ne pas « nous affamer à nouveau comme durant la dernière guerre » ce qui veut dire qu’il n’excluait pas la guerre sur deux  fronts. C’est ainsi qu’il lança ses troupes sans vraiment connaitre les conditions réelles du combat puisqu’il ne se rendait jamais sur le front. De plus, cette invasion fut acceptée par la population allemande grâce notamment à la rapidité avec laquelle la France avait été vaincue. Pour cette opération toute  l’armée allemande été mobilisée et les industries tournaient à plein régime. Ainsi cette opération avait des enjeux politique et économique.


Au matin du 22 juin 1941, les 5,5 millions d’hommes (d’origines allemande, finlandaise, hongroise, roumaine et italienne) rassemblés sous la bannière du Grand Reich Allemand, se déployaient sur quatre fronts. Le front le plus au nord, la frontière russo-finlandaise, était confié aux troupes du maréchal finlandais Mannerheim comprenant un groupe d’armées de 21 divisions soutenu par la quatrième flotte aérienne et  l’aviation finlandaise, soit environ 900 appareils.


Toujours au Nord, le groupe d’armée du maréchal Von Leeb composé de 7 divisions ainsi que des 3 groupes Panzers de Hoeppner appuyé par la première flotte aérienne (250 appareils) était positionné à la frontière lituanienne. Ce groupe était chargé de conquérir les états baltes annexés par l’URSS (en réponse à l’annexion de la Pologne et d’autres états par Hitler en 1939) puis de marcher sur Leningrad. Plus bas, le groupe d’armées Centre du maréchal Von Bock était déployé en Pologne. Composé de 42 divisions dont 9 divisions blindées de Panzers Hoth et Guderian et soutenus par les deuxième et troisième flottes aériennes (environ 1 700 appareils), ce groupe devait mener l’assaut vers Minsk, Smolensk et Moscou. Au Sud, le groupe d’armées du maréchal Von Rundstedt se trouvait entre Lublin et l’embouchure du Danube. Il était composé de 33 divisons allemandes, 15 roumaines et hongroises ainsi que de 5 divisions blindées du groupe de Panzers Von Kleist, soutenus par la quatrième flotte aérienne comprenant environ 750 avions. Ce groupe devait prendre Kiev, l’Ukraine, la Moldavie et la Crimée.


Suite aux purges staliniennes, l’Armée Rouge était très affaiblie et désorganisée, mais pouvait compter sur un potentiel d’environ 12 millions d’hommes et femmes en réserve. Staline avait déployé environ 3 millions d’hommes sur le front ouest. La Wehrmacht avançait à grand pas: Vilnius tomba le 24 juin 1941 puis Lvov le 30. Le 1er juillet Guderian arrivait sur la Berezina et Hoeppner entrait dans Riga. Le 15 juillet, les Etats baltes, une grande partie de l’Ukraine ainsi que la Moldavie étaient passés sous contrôle nazi. Les soldats soviétiques battaient en retraite. Le 8 août, les troupes allemandes prenaient Minsk et franchissaient le Dniepr. La route de Moscou était ouverte aux nazis. Mais Hitler voulait s’assurer de détruire Leningrad et Kiev avant de prendre Moscou. Il ordonna l’arrêt de l’offensive centrale le 22 août. Leningrad était complètement encerclée le 19 août. Mais dès septembre 1941, un effort de guerre commence à naitre dans la population russe qui, même si elle en a assez du soviétisme, souhaite arrêter la progression allemande et tous les massacres de civils désarmés et de juifs qui l’accompagnent. Les allemands sont bloqués par la boue, le front est énormément étendu ce qui ralentit considérablement les communications.


Fin octobre, Hitler déclenche la bataille de Moscou. Il mobilise environ 50% de ses forces. L’hiver est arrivé et les températures baissent jusqu’à -30°C. Les soldats se battent dans une neige de plus d’un mètre d’épaisseur. Le 5 décembre, les russes lancent une contre-offensive. Les soldats allemands ne sont pas équipés pour affronter un hiver sibérien et donc reculent sur tous les fronts. S’en suivent d’autres contre-offensives soviétiques. Le 22 janvier 1942, la bataille de Moscou est gagnée par Joukov. C’est le début de la fin pour le Troisième Reich. En effet, l’Opération Barbarossa se solde par un échec monumental qui a fait subir de lourdes pertes aux soldats allemands mais surtout aux soldats russes. Suite à l’échec de la bataille de Moscou, les russes font reculer la Wehrmacht de plus en plus. La conséquence directe de cet échec est la prise de Berlin en 1945 et cette image célèbre des soviétiques qui plantent leur drapeau sur le toit du Reichstag.

 

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Charles et Loïc

 


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