10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 16:41

Insigne du 13e RG

 

Un 57e soldat français vient de trouver la mort dans la vallée de Tagab ce matin. Appartenant à un détachement du Génie de la Brigade Lafayette, le 1ère classe Loïc ROPERH, qui faisait partie d'une unité chargée de l'ouverture d'un itinéraire, a été mortellement touché par l'explosion d'un IED. Il appartenait au 13e Régiment du Génie de Valdahon. Les Détachements d'Ouverture d'Itinéraire Piégé (DOIP) mettent en oeuvre des sections de protection-dépollution dont la mission est de neutraliser les IED et autres pièges le long des axes de communication.

 

Pour assurer ces missions particulièrement dangereuses, les sections protection/dépollution sont embarquées dans des véhicules lourds de type MRAP qui leur assurent une protection non négligeable. Ces véhicules, de type SOUVIM 2, ARAVIS ou Buffalo, sont équipés de tourelles téléopérées, et de caméras leur permettant d'assurer leur sécurité rapprochée comme d'analyser précisément leur environnement immédiat. Certains modèles utilisent des bras articulés afin d'opérer des manipulations à distance. Cependant, la configuration du terrain, notamment les abords des pistes afghanes, nécessitent bien souvent une reconnaissance minutieuse à pied. Les sapeurs sont alors particulièrement exposés. C'est dans ce contexte que le 1ère classe ROPERH, célibataire et âgé de 24 ans, a été tué.

 

"Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre, ainsi qu'à la douleur et la peine de la famille et des proches de ce nouvel Héros.

 

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IN MEMORIAM

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 08:25

Acte-de-capitulation-8-mai-1945.jpg

Acte officiel de la capitulation sans condition de l'Allemagne, le 8 mai 1945, signé par le Maréchal Alfred JODL

 

La date du 8 mai commémore la fin du conflit le plus meurtrier de toute l'Histoire: la Deuxième Guerre mondiale. Par la signature d'un acte de capitulation sans condition - alors qu'Adolf HITLER s'est déjà donné la mort, le 30 avril - l'Allemagne nazie, en la personne du Maréchal Alfred JODL reconnaît sa défaite et cesse les hostilités. La signature de l'acte officiel a lieu en présence des alliés occidentaux à Reims, tôt dans la nuit, mais les Soviétiques exigent que la capitulation soit officiellement renouvelée à Berlin où ils viennent de livrer la dernière grande bataille de la guerre. C'est donc à Karlshorst, dans la banlieue Est de la capitale du Reich anéantie, que le Maréchal Wilhelm KEITEL signe, quelques heures plus tard, une seconde fois l'acte de capitulation. Il est alors 23.01, heure Europe centrale. Le 9 mai est, donc, la date où les combats ont véritablement cessé sur le front Est. L'URSS, puis la Russie, célèbrent donc cet événement 24.00 après la date officiellement reconnue en Europe occidentale.

 

C'est en Russie, à Moscou, que nous pouvons assister tous les 9 mai, aux manifestations militaires les plus importantes en commémoration à cette victoire très chèrement acquise par l'URSS dont les pertes humaines - il faut le rappeler - dépassèrent les 23 000 000 de morts. Le film ci-dessous - de l'agence d'information russe Ria Novosti - nous montre les répétitions du défilé du 9 mai pour cette année. Un défilé qui, au-delà de sa dimension historique, est aussi l'occasion pour les dirigeants russes de réaffirmer la puissance militaire de leur pays comme de présenter de nouveaux matériels.

 

Icône pdf 1
Télécharger l'organisation du défilé 2011

 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 19:13

1-copie-2

Le missile antichar FGM 148 Javelin

 

Du fait de leur forte capacité de pénétration, les systèmes d’armes antichars connaissent un réemploi important au sein de la guerre contre-insurrectionnelle. Quand bien même l’ennemi serait-il dépourvu de moyens blindés, ces armes peuvent être utilisées avec efficacité contre des abris fortifiés, des bunkers, des maisons, des grottes servant de refuges... Véritable succès technique et commercial, le Missile d’Infanterie Léger Antichar (MILAN) franco-allemand est ainsi utilisé depuis plusieurs années en Afghanistan. Cependant - et hormis son âge et son poids (1) -, le MILAN souffre d’un handicap: il est filoguidé. Le filoguidage est un système de navigation du missile par un fil qui se dévide  dès la sortie du tube. C'est par ce fil que sont transmises les corrections de trajectoire durant le tir. Ce système de tir suppose que le servant ajuste, avec constance et pendant de longues secondes, la cible dans sa lunette jusqu'à l'impact. Partant, il est particulièrement exposé surtout s’il a été repéré au départ du coup.

 

C’est notamment pour cette raison que l’Armée de Terre a commencé, ces dernières années, à rechercher un système d’armes complémentaire au MILAN, et qui ne présentait pas l’inconvénient du filoguidage. Cette spécificité a, d’emblée, éliminé la dernière version du MILAN (2) ainsi que le missile franco-canadien Éryx (également filoguidé) au profit de concurrents non européens. Dans un premier temps, le choix a semblé privilégier le système antichar israélien Spike de la firme Rafael, mais c’est finalement le Javelin américain de Raytheon et Lockheed Martin qui l’a emporté (3).

 

Royal Marines à l'entraînement mettant en oeuvre des missiles FGM 148 Javelin

 

Comme le Spike, le FGM 148 Javelin est un système antichar dont la munition autodirectrice est aussi dite “fire and forget”. C’est-à-dire que le tireur illumine la cible avec un laser, et la verrouille avant de procéder à la mise à feu. Une fois celle-ci déclenchée, plus besoin de se préoccuper de la navigation du missile qui a “mémorisé” la cible jusqu’à l’impact. Conçu dans les années 1980 en remplacement du M 47 Dragon, le Javelin a depuis été déployé avec succès au sein de l’US Army. Contrairement à la grande majorité des armes antichars de type lance-roquettes ou lance-missiles, il peut être tiré d’un espace restreint et confiné (une pièce par exemple) sans qu’il y ait à craindre un fort dégagement de chaleur à l’arrière du tube. Une première charge propulsive éjecte discrètement le missile de son lanceur (4), qui grimpe ensuite à 150 mètres de haut pour retomber sur sa cible. Le Javelin, qui peut également être tiré en trajectoire tendue, a ainsi la particularité de pouvoir frapper par le haut suivant une trajectoire en cloche. Cette capacité en fait une arme idéale pour toucher une cible repérée mais masquée derrière un mouvement de terrain, ou s'étant réfugiée derrière un obstacle quelconque. Par ailleurs, lorsque la cible en question est un engin blindé, toucher par le toit correspond à frapper là où le blindage est le plus vulnérable.

 

En Irak, le Javelin fait la preuve de ses terribles capacités antichars. Armé d’une charge militaire en tandem, il fait d’abord exploser les blindages réactifs et additionnels des véhicules de combat, avant de perforer avec une seconde charge le blindage principal. Ayant été initialement conçu et testé sur la protection composite du M1 Abrams, il perce tous les blindages existants actuellement. Le FGM 148 Javelin, qui peut aussi engager en tir direct des hélicoptères, est donc une arme redoutable. Tout en abritant son tireur, il frappe à 2500 mètres là où l’Eryx – aussi discret au départ du coup mais avec le problème du filoguidage en plus - ne frappe qu’à 600 mètres. Quant au Spike israélien, de maniement simple et de type “fire and forget” également, il est plus lourd pour un encombrement similaire, ce qui a son importance pour nos soldats déjà bien chargés en Afghanistan (5).

 

C’est d’ailleurs dans les vallées de Kapisa, ce mois-ci, que nos forces armées déploient le Javelin pour la première fois. Entraînés à Canjuers sur ce nouveau système d’armes depuis le mois de mars, le 152e Régiment d’Infanterie et le 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes sont les premières unités  françaises à utiliser le Javelin en Afghanistan de manière pleinement opérationnelle, et dans un contexte tactique autre qu'antichar.

 

(1) Le MILAN a été conçu dans les années 1960, et a été déployé dans l’Armée française à partir de 1973. Le poste de tir et sa munition pèsent environ 28 kg.

(2) Le MILAN ER, ou Extended Response, est fabriqué par le missilier européen MBDA. Il a une portée de 3000 mètres et une capacité de destruction plus importante que les munitions MILAN précédentes.

(3) 76 postes de tir et 260 munitions ont été commandés.

(4) Une éjection à une distance de sécurité d’à peu près 10 mètres de l’emplacement du tir.

(5) Le système Javelin pèse 22 kg.

 

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Tir d'entraînement d'un Javelin à Canjuers. On remarquera la grande discrétion du dégagement de chaleur à l'arrière du tube, alors que le missile vient à peine d'être tiré. Détonation importante, forte secousse et dégagement à la fois d'une flamme et d'un retour de poudre sont les caractéristiques habituelles des armes antichars d'infanterie. Le Javelin efface une grande partie de ces effets augmentant ainsi la protection des servants et leur confort de tir

 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 18:44

Gurkha rifles

 

Alors que nous relations récemment l'héroïsme d'un sous-officier gurkha en Afghanistan, le Sergent Dipprasad PUN, le journal Le Figaro vient de publier un article sur le recrutement et l'histoire de ces combattants d'élite.

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 10:23

Saint-Tropez

Plaques commémoratives du débarquement de Provence dans le port de Saint-Tropez

 

Provence, Côte d’Azur, Cavalaire-sur-Mer, Saint-Tropez, Saint-Raphaël, Fréjus… Ces lieux qui nous rappellent la proximité des vacances d’été (fort bien méritées pour beaucoup…) constituent l’un des plus beaux sites touristiques au monde: la Côté d’Azur. Palmiers, campings, hôtels, marinas s’étalent sur le front de mer, et restaurants comme magasins de plage ne manquent pas de donner à cet espace son caractère émollient. Cette région est, pourtant, bien plus chargée d’Histoire que n’en laisse paraître la superficialité de l'univers touristique et hédoniste qui semble aujourd’hui la résumer.

 

Sans remonter jusqu’à l’Antiquité gréco-romaine, l’Histoire contemporaine a laissé des traces fortes à commencer par celles du second grand débarquement allié en Europe à l’été 1944: le débarquement de Provence. La Côte d’Azur a, en effet, été au centre d’une opération aéronavale et amphibie de grande ampleur à partir du 15 août 1944 où, à la suite du débarquement de Normandie, et profitant du redéploiement des forces allemandes vers le Nord-Ouest de la France, des dizaines de milliers de soldats américains, français et anglais ont débarqué dans un secteur allant de Marseille à l’Ouest à Cannes à l’Est. L’objectif de l’opération Anvil Dragoon fut de s’emparer des deux ports stratégiques de Marseille et de Toulon, puis d’établir une jonction avec les forces venues de Normandie après une remontée par la vallée du Rhône. Le débarquement de Provence correspondait également à un élargissement du front sud-européen, alors que l’avance alliée était bloquée depuis plusieurs mois en Italie. Dans les grandes, comme les petites, cités balnéaires de la région, des plaques commémoratives ne manquent pas de rappeler le sacrifice des soldats américains du Général Alexander PATCH, mais aussi celui des soldats français du Général Jean de LATTRE de TASSIGNY pour la libération du Sud de la France. C’est à Toulon, dans la Tour Beaumont, que l’on trouvera le Mémorial dédié à cette campagne de la Deuxième Guerre mondiale.

 

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Mémorial des sous-mariniers (Toulon). Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album

 

Toulon qui fut le tombeau de notre Marine des années 1920/1930 - avec le sabordage de la Flotte le 27 novembre 1942 - reste encore de nos jours une ville très marquée par la présence de la Royale. La Préfecture maritime y est installée, et la grande rade qui abrite le grand port militaire (avec celui de Brest) fait de la Marine nationale le deuxième employeur du Var. Nombre d’entreprises de la région dépendent, en effet, des commandes et des travaux militaires. La DCNS a, pour sa part, établi une partie de ses bureaux d’études dans et en dehors de l’enceinte de la base (zone du Mourillon). Si les bâtiments les plus intéressants sont absents de la rade (notamment le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle) du fait de l’opération Harmattan actuellement en cours au large de la Libye, on trouvera en ce moment même à quai - et entre autres - la frégate antiaérienne Cassard D 614, la frégate furtive de classe La Fayette, Surcouf F 111 et le bâtiment de Transport de Chalands de Débarquement (TCD) Siroco L 9012.

 

La base navale de Toulon est aussi le grand port des sous-marins nucléaire d’attaque (SNA), destinés à la protection sous-marine des SNLE et de la Flotte, mais pouvant aussi mener des actions contre la terre. C’est donc ici qu’a été érigé le monument mémorial en hommage aux sous-mariniers de France. Situé au pied de la Tour royale, à l’opposé du port militaire que l’on peut distinguer en arrière-plan, le monument représente une épouse/mère et son fils devant un kiosque de sous-marin de plusieurs mètres de haut. Inauguré récemment, le 28 novembre 2009, en présence du Chef d’État-Major de la Marine (CEMM), l’Amiral Pierre-François FORISSIER, ce mémorial rend un hommage particulièrement émouvant à ces soldats dont la mer n’a pas rendu les corps dans leur grande majorité. L’émotion réside également dans l’hommage rendu au sacrifice des épouses et des mères, dont le personnage féminin de la représentation exprime avec force, et dans une position de recueillement, toute l’infinie tristesse.

 

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Mémorial de l'Armée noire (Port-Fréjus). Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album


L’histoire de Toulon nous rappelle que la Méditerranée a été, pendant des siècles, une mer stratégique pour notre géographie nationale comme impériale. Après un relatif déclin de ses activités militaires au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, il est à considérer que cette base navale regagne aujourd’hui en importance avec la définition que fait le dernier Livre blanc du nouvel “arc de crises”. Quoi qu’il en soit, les témoignages du passé militaire de la région ne manquent pas, et Toulon comme Marseille furent les grands ports de départ pour l’Indochine et l’Algérie.


À Port-Fréjus, situé à quelques dizaines de kilomètres à l’Est, on trouvera sur le bord de mer un très beau monument élevé en hommage aux soldats africains qui servirent en nombre dans notre armée. Ce bronze érigé à hauteur d’homme montre un groupe de tirailleurs accompagnés de leur officier. En réponse à la citation du poète, écrivain, et ancien Président du Sénégal, Léopold SEDAR Senghor, gravée au pied du monument (1), on ne peut s’empêcher de penser à l’ouvrage du Général Charles MANGIN, “La force noire” (1910). De fait, Fréjus fut, pendant longtemps, la principale garnison de troupes africaines en France, et une mosquée rouge (la Mosquée Missiri) y fut construite en 1930 sur le modèle de celle de Djenné (Mali), afin de donner un repère culturel à des soldats venus de notre empire africain.

 

Cette mosquée se trouve en périphérie de Fréjus, non loin du Musée des Troupes de Marine qui, lui, se situe à proximité du Quartier Colonel Lecocq, casernement actuel du 21e RIMa. Dans ce petit musée, jouxtant le Centre d’Histoire et d’Études des Troupes d’Outre-Mer (CHETOM), on trouvera une mine de documents, comme d’objets, retraçant l’histoire de la “Coloniale” de la fondation des Compagnies ordinaires de la Mer en 1622 par le Cardinal de Richelieu jusqu’aux engagements contemporains post-Guerre froide, et l’Afghanistan où, à ce jour, 22 Marsouins ont été tués.

 

Que ce soit dans l’oeuvre scientifique et d’assainissement sous les climats tropicaux, la garde des batteries d’artilleries côtières (d’où le surnom de “Bigors” en comparaison aux bigorneaux accrochés à leur rocher) ou la défense du sol national, l’Infanterie de Marine a écrit une page prestigieuse de notre Histoire militaire. Encore aujourd’hui, les postes ouvrant une carrière chez les Marsouins restent réservés aux meilleurs dans le classement des Écoles militaires (2).

 

On trouvera dans ce musée aux collections particulièrement dense, une urne en marbre rouge contenant les restes de Marsouins de la Division bleue, tombés lors de la bataille de Bazeilles (31 août-1er septembre 1870). Ce combat perdu d’une guerre perdue fut immortalisé par un tableau célèbre d’Alphonse de NEUVILLE, “Les dernières cartouches” (1873). Bazeilles - une petite commune située dans les Ardennes - est à l’Infanterie de Marine ce que la bataille de Camerone (1863) est à la Légion étrangère. Emblématique de l’héroïsme des Marsouins, la bataille de Bazeilles est célébrée chaque année dans les unités de l’Infanterie de Marine, et la girouette de son église, détruite lors des combats, a été offerte au musée de Fréjus.

 

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Mémorial des guerres en Indochine (Fréjus). Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album


Marsouins et légionnaires ont aussi, avec d’autres combattants, chèrement payé notre engagement en Indochine de 1939 à 1954, ce que rappelle un autre mémorial situé également dans la banlieue de Fréjus (3). Bien visible de la route même, le Mémorial des guerres en Indochine se présente d’abord comme un mur sur lequel sont représentés deux combattants indochinois se faisant face et portant une carte de l’Indochine, autour de laquelle s’enroule un dragon. Conflit négligé dès son époque, aujourd’hui oublié et en grande partie occulté par la Guerre du Vietnam qui lui a succédé, la Guerre d’Indochine a pourtant demandé de très lourds sacrifices à la France. Si elle n’a engagé que des combattants volontaires – contrairement à la Guerre d’Algérie qui a vu le Contingent y participer directement – 50 000 d’entre eux y ont laissé cependant la vie. Une nécropole située derrière le mur et en contrebas - où figure quelques 34 000 noms de soldats français, africains et indochinois - rappelle ce lourd sacrifice exigé par la pacification et la défense de notre plus lointaine colonie.

 

Pour qui s’y intéresse, et sans pour autant bouder le plaisir de la Méditerranée et de ses plages, il y a beaucoup à voir de notre Histoire militaire proche comme lointaine sur cette Côte d’Azur. De quoi ressourcer avec plaisir nos réflexions sur l’Éducation à la Défense.

 

(1) À l’Armée noire “Passant, ils sont tombés fraternellement unis pour que tu restes Français.”

(2) Citons à titre d’exemple, le Colonel Michel GOYA, issu de l’EMIA et qui fut major de sa promotion.

(3) Le Musée des Troupes de Marine et le Mémorial des guerres en Indochine sont sur deux sites différents, éloignés l'un de l'autre, et qu'il n'est pas facile de rejoindre si l'on ne dispose pas d'un véhicule personnel. Prendre la ligne 1 pour le Musée et la ligne 2 pour le Mémorial de Fréjus/Square Paul Vernet.

 

Buste Joseph GALLIENI

C'est à Saint-Raphaël qu'est enterré le Maréchal Joseph GALLIENI, que d'aucuns considèrent comme le père spirituel de la pensée contre-insurrectionnelle française

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 04:56

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Continuant à frapper le réseau logistique des insurgés tout en assurant un transfert progressif du terrain aux forces de l’ANA, nos soldats restent au coeur de l’action en Kapisa. Hier en fin d’après-midi, et dans le cadre l’opération Endurance, une compagnie du 2e RIMa (1) appartenant au GTIA Surobi opérait dans les environs du village de Payendakhel lorsque l’un de ses VAB a été touché par un IED. Un Marsouin a été tué et 9 autres ont été blessés dont 3 grièvement.

 

La chaîne médicale a été immédiatement activée et les blessés ont été très rapidement évacués sur le COP Hutnik, puis l’hôpital militaire français Kaia de Kaboul. Dans les prochaines heures, et suivant la stabilisation de leurs blessures, ils devront être rapatriés en France.

 

L’un d’entre eux est, cependant, décédé sur place. Il s’agit du Caporal Alexandre RIVIÈRE, 23 ans, marié et père d’un enfant. Il est, à ce jour, le 22e Marsouin tombé au champ d'honneur en Afghanistan. Défense et Démocratie salue le sacrifice et la mémoire de ce 56e soldat français, et assure de son plus vif soutien l’épouse, l’enfant, les parents et les proches de ce Héros.

 

(1) Le 2e RIMa est situé au Camp d’Auvours-le-Mans non loin de la ville du Mans.

 

IN MEMORIAM


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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:43

Sergeant-Dipprasad-PUN.jpgLe Sergent gurkha Dipprasad PUN

 

S’il y a encore un monde qui fait converger le courage et le sacrifice au nom de valeurs qui transcendent les individus quels qu’ils soient, c’est bien le monde militaire. Cette convergence tient en un mot, l’Héroïsme, dans lequel on trouve à la fois l’acceptation et la capacité de l’individu à affronter une situation de souffrance et de mort au nom d’une cause. Cette dernière projette l’individu dans une transcendance qui, si elle ne lui épargne pas la peur (naturelle) face au danger mortel, l’en distingue fondamentalement de la victime qui, elle, n’a pas choisi, partant refuse la situation. Au plus profond des situations de désespoir, la transcendance fera toujours du Héros un être agissant là où la victime restera un être subissant (1). Que les temps confondent, eu égard à tel traitement médiatique, eu égard à tel dépôt de plainte (2), il n'en demeurera pas moins que cette confusion restera une impasse philosophique, civique et morale.

 

Consubstantiel au Devoir des Armes, il n’est donc pas étonnant de voir que l’Héroïsme a tôt fait dans l’Histoire l’objet d’un culte dont la richesse des traditions militaires en est l’expression. Conservatoire de ces traditions au sein des diverses armées, des unités d’exception se sont distinguées et continuent de susciter, encore de nos jours, une admiration et un prestige qui le disputent à la légende. Que ce soit la Légion étrangère en France ou le Corps des Marines aux États-Unis, pour ne citer que ces deux armées et ces deux pays, ces corps d’élite restent emblématiques des sacrifices consentis par quelques uns pour le plus grand nombre. Sur cette voie de l’Héroïsme, Légionnaires et Marines n’ont pas été les seuls ni les premiers, mais ils ne seront pas non plus les derniers.

 

Les Gurkhas font également partie de ces corps d’élite chargés de traditions. Originaires du Rajasthan, - une région située au Nord de l’Inde - avant d’être chassés par l’avance musulmane vers l’actuel Népal au XVIe siècle, les Gurkhas se confondent avec l’histoire impériale britannique qu’ils prolongent, jusqu’à nos jours, à travers un service militaire outre-Manche (3). Gardant leurs coutumes et leur langue (le népalais), portant le chapeau à bord droit incliné sur la tête et armé du célèbre khukri (4), les Gurkhas combattent d’abord les Anglais au début du XIXe siècle avant d’être recrutés par l’Armée des Indes. Ils sont d’abord mercenaires, mais leur bravoure et leur courage en font des soldats que la Couronne britannique organise bientôt en véritables régiments réguliers (5). Ces derniers participeront dès lors à toutes les guerres de l’Empire, de la terrible révolte des Cipayes (1857-1858) à la Guerre des Malouines (1982) en passant par les Guerres mondiales et les conflits coloniaux.

 

Il n’est donc pas étonnant de retrouver des unités gurkhas, aujourd’hui, en Afghanistan, un théâtre d’opération qui leur est historiquement familier. C’est ici, entre autre, que l’aventure avait commencé, que leurs qualités guerrières s’étaient révélées aux yeux des Britanniques en tant que fusiliers et éclaireurs. De nos jours, les soldats gurkhas, équipés à l’occidentale, et commandés par des officiers sachant communiquer en népalais, assurent des missions à haut risque dans la province du Helmand. Leur familiarité avec le terrain, et leur relative proximité avec l’ethnie Hazara (comme eux de type asiatique) ne les exposent pas moins à de spectaculaires assauts des Taliban.

 

Ainsi, le journal The Telegraph nous rapporte t-il l’histoire d’une attaque menée le vendredi 10 septembre 2010 par une trentaine de Taliban contre un poste isolé de l’Armée britannique non loin d’un lieu appelé Rahim Kalay dans le Helmand. Au cours de l’action, un sergent gurkha de 31 ans, Dipprasad PUN, défendit sa position de nuit, seul, contre les 30 attaquants. Alors qu’il était de garde, le Sergent PUN détecta des mouvements ennemis aux abords de sa position. Grimpant alors sur le toit de son abri, et sous un feu nourri venant de tous les côtés, il tira plus de 400 coups, utilisant tour à tour une mitrailleuse, son fusil d’assaut SA80, un lance-grenades, des grenades à main… Tuant trois Taliban et faisant refluer les autres, le sous-officier - dont le SA80 était soit enrayé soit à court de munitions - parvint à repousser un dernier insurgé qui tentait d’escalader le rempart du poste à coup de trépieds de mitrailleuse, avant de recevoir enfin du renfort.

 

Au service de sa Grâcieuse Majesté depuis trois générations, la famille PUN compte désormais un nouvel Héros en la personne de ce jeune sergent aujourd’hui décoré de la Conspicuous Gallantry Cross pour son fait d’armes. La Conspicuous Gallantry Cross est la plus haute distinction militaire britannique après la prestigieuse Victoria Cross.

 

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(1) Cf. Samuel DUVAL, “Soldats français tombés en Afghanistan. Rendez-nous nos Héros!”, in Le Monde du 11 mars 2010. Lire également la revue Inflexions. Civils et militaires: pouvoir dire, « Que sont les héros devenus ? », 16, 2011.

(2) Cf. L'action en justice des familles des soldats tués à Sper Kunday en août 2008.

(3) Les Gurkhas britanniques sont de nos jours organisés en une brigade comprenant des éléments fusiliers, du Génie, des Transmissions et du Train.

(4) Le khukri est un poignard à large lame recourbée dont la tradition gurkhas voudrait qu’il verse le sang chaque fois qu’il est sorti de son fourreau…

(5) Les Gurkhas servent également au sein des armées népalaise et indienne.

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 09:30

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Si la résolution 1973 votée par les Nations-Unies a permis une intervention militaire qui a sauvé in extremis la rébellion anti-kadhafiste, elle montre aussi toute la complexité d’une gestion de crise à notre époque. Une gestion de crise qui semble poser plus de problèmes qu’elle n’apporte de solutions au-delà d’une équation en apparence simple: renversement du “Guide” = ouverture démocratique. Une équation qui pourrait cependant devenir rapidement simpliste si elle occultait la difficulté actuelle des gouvernements occidentaux à saisir les véritables contours de l’opposition au Colonel KADHAFI; sa nature profonde alors que la Libye est connue depuis longtemps comme étant une des bases d’Al Qaida au Maghreb (1).

 

En fait, rien n’est simple et les faits peuvent être analysés de manière paradoxale, que l’on suive le temps et les logiques des chanceleries, ceux des médias ou des cultures (2) que la crise fait s’affronter simultanément. De ces trois points de vue, rien n’est pareil, tout diffère, et le préjudice infligé à l’intelligence de la situation n’est pas à l’honneur de notre démocratie moderne. 24.00 à peine après son intervention, voilà que des voix s’élèvent pour critiquer la coalition et faire valoir soit le non respect de ladite résolution 1973, soit une interprétation contradictoire de cette dernière. Une semaine plus tard, des expressions comme “enlisement” ou “impasse stratégique” commencent à fleurir dans la presse et ailleurs… Si une coalition est effectivement à l’oeuvre en Libye - plus ou moins bien cimentée par la résolution onusienne votée le jeudi 17 mars 2011 -, on aurait cependant tort de n’y voir qu’une seule opération militaire. En fait, ce que les médias décrivent comme l’opération "Odyssey dawn", n’est qu’une opération parmi plusieurs autres dont les objectifs diffèrent sensiblement. D’où le flou quant à la vision et à la conduite stratégique de l’ensemble.

 

1- “Odyssey dawn” est l’opération militaire visant à instaurer une “No Fly Zone” (NFZ) – comprendre  une zone d'interdiction aérienne permettant le contrôle de l’espace aérien par la coalition - au-dessus de la Libye afin de protéger la population civile de toute attaque de l’aviation kadhafiste. Cette dernière est équipée d'un matériel d'origine essentiellement russe: chasseurs MIG 21 (code OTAN Fishbed), MIG 23 (code OTAN Flogger) et MIG 25 (code OTAN Foxbat), Sukhoï 17 (code OTAN Fitter) et Sukhoï 24 (code OTAN Fencer), et bombardiers TU-22 (code OTAN Backfire).  À cela ajoutons quelques chasseurs Mirage F1 de fabrication française, ce qui porte l'ensemble de l'aviation libyenne à un peu moins de 400 appareils. Ces derniers étant cependant surclassés par  les avions et la qualité des pilotes occidentaux, beaucoup d'entre eux n'étant plus en état de vol du fait de multiples problèmes de maintenance, "Odyssey dawn" est actuellement un succès tactique pour les forces de la coalition.

 

2- L’établissement de la NFZ supposant la destruction des moyens anti-aériens sol-air, et certaines populations civiles étant aussi directement menacées par les troupes du Colonel KADHAFI, la résolution 1973 a également prévu la protection de zones civiles par “tous les moyens nécessaires.” Dès le premier jour, les frappes aériennes se sont donc appliquées à des objectifs militaires au sol alors qu’il n’y avait aucun combat dans les airs. Confondue avec Odyssey dawn, cette opération de protection des populations et des zones civiles est appelée “Harmattan” pour la France et “Ellamy” pour la Grande-Bretagne, les deux principales puissances européennes intervenant directement. Pour l’instant, la protection des populations civiles fait l’unanimité, mais qu’en sera t-il si l’insurrection parvient à investir les fiefs kadhafistes déclenchant une répression en sens inverse sur les populations fidèles au “Guide suprême”?

 

3- Au large de la Libye a été déclenchée une troisième opération militaire destinée à imposer un embargo sur les armes à destination du Colonel KADHAFI. C’est l’opération “Unified protector”.

 

4- Une quatrième opération est organisée afin d’apporter un soutien humanitaire soit direct, soit indirect (en aidant les organisations internationales et ONG). Mise sur pied par l’Union européenne, elle a reçu pour nom “EUFOR Libya”.

 

5- “Hermes” est la cinquième opération destinée à contrôler les flux de migrants occasionnés par le conflit, et qui emprunteraient la voie maritime. Elle s’inscrit dans le dispositif européen FRONTEX dont la vocation est de renforcer la sécurité et la coopération opérationnelle aux frontières de l’UE.

 

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Augusta bay (Italie) le jeudi 24 mars 2011. Le Général américain Carter F. HAM commandant l'US AFRICOM, monte à bord de l'USS Mount Withney (LCC/JCC 20), le bâtiment de commandement américain en Méditerranée. Les frappes en Libye dépendant de son théâtre d'opérations, le Général HAM rencontre le Vice-amiral Harry B. HARRIS (ci-dessous au centre) afin de discuter de la planification des opérations. L'Amiral HARRIS commande la composante navale de l'opération "Odyssey dawn" et coordonne, en fait, les frappes aériennes comme navales dont plus de 50% sont assurées par les Américains au moins jusqu'au 31 mars

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Présentées ainsi les choses pourraient paraître encore simples, mais c’est qu’il ne faut pas oublier que pour chaque opération sont définis un cadre juridique, une autorité politique et un commandement militaire. Or, ce sont souvent les mêmes hommes avec les mêmes structures et les mêmes moyens – car ces derniers ne sont pas illimités loin de là -, qui sont à la manoeuvre d’une opération à une autre sur des objectifs différents… Ainsi, un même bâtiment de guerre pourra se trouver sur zone affecté à plusieurs missions différentes, et les chaînes de commandement mêlant à la fois les structures de commandement à la fois nationales, otaniennes et étatsuniennes s’entrecroiser. Lesdites structures renvoyant à des autorités politiques différentes, devant décider en temps réel d’une situation…

 

La France a, dans un premier temps, fait savoir sa volonté de tenir l'OTAN en deuxième rideau. La prédominance de l’Alliance atlantique, selon elle, donnerait à l’intervention libyenne une coloration trop nettement occidentale de nature à compromettre l’équilibre des relations avec le monde arabe, dont l’adhésion aux frappes aériennes est fondamentale. Un monde arabe prompt à basculer idéologiquement dans une perspective historique qui ramènerait les faits contemporains au colonialisme ou aux croisades.

 

Force, cependant, est de constater que les États-Unis ont souhaité dès le départ se désengager le plus rapidement de la crise libyenne. Dès cette semaine, les frappes aériennes et navales devraient commencer à décroître, pour laisser aux forces américaines un rôle de soutien plus affirmé (ravitaillement aérien et guerre électronique), au détriment d’un rôle de combat direct. Ce basculement n’empêcherait pas un retour offensif si la situation le réclamait, mais dans l’immédiat elle oblige l’opération "Odyssey dawn" à évoluer d’autant plus que c’étaient les Américains qui, jusqu’à présent, assuraient plus de 50% des frappes.

 

Ni la France ni la Grande-Bretagne, pourtant les deux pays européens les plus capables en la matière, ne sont en mesure de mettre sur pied un commandement de coalition aussi important, qui suppose l’unité d’action et le regroupement des efforts, la circulation des informations en temps réel de manière sécurisée afin d’éviter les accidents et les erreurs, un accès à un renseignement fiable... Bref, d’imposer une culture de travail commune. Les États-Unis se désengageant, seul l’OTAN peut offrir cette capacité de commandement intégré, à vrai dire unique au monde. Entériné dimanche 27 mars, le transfert du commandement de l’opération de l'US AFRICOM à l’OTAN est donc passé dans les faits ce jeudi 31. “Odyssey dawn” est devenue l’opération “Unified protector”, nom de code d’origine de l’embargo désormais étendu pour trois mois à l’ensemble des opérations militaires (NFZ, protection des populations civiles et embargo).

 

La France a réussi à imposer un groupe de contact dont la première réunion s’est tenue à Londres mardi dernier. Ce groupe de contact constituera l’autorité politique chargée du pilotage de l’opération militaire dans laquelle l’Alliance atlantique est en quelque sorte la cheville ouvrière. Quoi qu’il en soit et quel que soit le montage, la crise libyenne ne pourra mieux montrer la grande faiblesse, si ce n’est l’échec d’une Europe de la Défense. Incapable de parler d’une même voix, minée par une absence patente de volontarisme qu’illustrent entre autres les baisses drastiques des budgets militaires dans un monde qui réarme de manière accélérée (3), privée d’une capacité de commandement intégré comme de moyens logistiques à la hauteur de ses ambitions mondiales, l’Union européenne dépend encore très largement de l’OTAN – donc des États-Unis – pour sa Défense comme pour l’affirmation de ses valeurs.

 

Général Charles BOUCHARD

C'est un général d'aviation canadien, Charles BOUCHARD, qui prend désormais le commandement de l'opération "Unified protector" à la tête de l'Allied Joint Forces Command (AJFC). L'AJFC est le grand commandement interarmées de l'OTAN situé à Naples, mais les opérations aériennes sont coordonnées du Combined Air Operations Center n° 5 (CAOC-5) de Poggio Renatico non loin de Bologne. Jusqu'au jeudi 31 mars, c'était le CAOC de Ramstein (Allemagne) commandé par le Major général Margaret H. WOODWARD qui prenait en main les opérations en Libye

 

(1) Cf.  Combating Terrorisme Center at West Point, “Al-Qaida’s foreign fighters in Iraq. A first look at the Sinjar records”, Harmony project, 2008, 31 p. Le rapport Sinjar a été établi à partir de 700 documents recueillis en Irak en décembre 2007 par les Américains. Il a permis de déterminer le parcours de combattants étrangers se réclamant du djihad international (origines, motivations, filières…).

(2) Par culture nous entendons les différences d’approche – essentiellement liées à l’Histoire - entre les pays européens et les États-Unis, entre les pays européens eux-mêmes, mais aussi entre les pays occidentaux et le monde arabe.

(3) Les coupes budgétaires au sein de l’armée britannique illustrent de manière spectaculaire cette tendance inquiétante, où des soldats servant actuellement en Libye - voire en Afghanistan – seraient susceptibles d’être licenciés d’ici le mois de septembre. Le licenciement d’élèves-pilotes en fin de formation, avait déjà provoqué une polémique outre-Manche en février dernier…

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 07:21
CPA-30--2011-.pngConsulter l'album photographique de Thomas GOISQUE, une véritable vitrine pour l'EUROCOPTER Tigre...

La chaîne de télévision M6 diffusera dimanche 3 avril prochain, à partir de 22.45, une émission intitulée: "Opérations spéciales: les commandos de l'impossible". Réalisée par Géraud BURIN DES ROZIERS, Thomas GOISQUE et Philippe CASANOVA, elle sera consacrée aux missions de nos pilotes d'hélicoptères en Afghanistan. Que ce soit à bord d'engins Tigre, Caracal, Cougar ou Gazelle, ces derniers sont de tous les coups durs: appui feu au sol, évacuation de blessés et exfiltration d'unités en difficulté... Avec les drones, les hélicoptères sont de loin les systèmes d'armes les plus redoutés des Taliban. Ces derniers ont fixé jusqu'à 20 000 $ la destruction de tout hélicoptère... D'une mécanique complexe et délicate, d'emploi difficile et limité dans les conditions climatiques afghanes, l'hélicoptère n'en demeure pas moins une arme inégalée. Par la mobilité tactique qu'il offre, sa vitesse d'intervention, ses capacités d'attaque et d'observation, il permet de tenir des vallées difficiles d'accès pour l'infanterie.


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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 10:13

 

Au 12e jour du déclenchement de l’opération “Odyssey dawn”, les frappes aériennes (airstrikes) se poursuivent. Privées de tout soutien aérien, et alors que leurs défenses antiaériennes sont quasiment neutralisées par la supériorité technologique des alliés, les forces kadhafistes sont réduites à l’impuissance comme l’atteste cette vidéo britannique (source MoD), diffusée par le quotidien The Sun et reprise par le blog Bruxelles2 de Nicolas GROS-VERHEYDE (1).

 

Si ce n’est face aux assauts désordonnés et inexpérimentés des rebelles, les blindés du Colonel KADHAFI n’ont aucune chance lorsqu’ils sont pris à parti par l’aviation occidentale. Attaqués par des Panavia Tornado GR4 anglais, ainsi que des Mirage 2000 D français, 7 blindés T72 sont détruits (essentiellement par des missiles air-sol Brimstone) au cours d'une mission dont la vidéo du Sun nous montre une partie. Alors que la France engage 33 appareils dans l'opération Harmattan, la Grande-Bretagne n'en envoie que 17, soit deux fois moins, dans l'opération Ellamy. L'Eurofighter Typhoon, dont c'est le premier engagement opérationnel, est surtout affecté  - aussi bien chez les Anglais que chez les Italiens - à des missions de supériorité aérienne plus que de frappes au sol. Son rôle reste, autrement dit, assez discret, voire effacé, eu égard à ce que représente l'armée de l'air libyenne... Le nombre d'appareils engagés comme le nombre de sorties, qui semble très limité par rapport au Rafale, ne participent donc pas à une publicité favorable en ce qui concerne le Typhoon. En revanche, l'opération Harmattan révèle la performance du Dassault Rafale, dont les qualités technico-opérationnelles maintes fois soulignées lors d'exercices - comme en Afghanistan - se confirment en Libye: fiabilité des modèles Air et Marine, et polyvalence des missions sur un rythme de sorties particulièrement intensif (250 depuis le début de l'opération soit 1600 heures de vol). Harmattant montre également la qualité de nos pilotes dont la résistance physique est mise à rude épreuve de jour comme de nuit...

 

Nonobstant un rôle qu’ils voudraient modéré et en retrait durant cette crise (2), les États-Unis assurent cependant plus de 50% des sorties et des frappes aériennes sur les forces libyennes encore loyales au Colonel KADHAFI. Des hommes et des moyens provenant de plus de dix bases de l'US Air Force ont été rassemblés pour constituer la force destinée à opérer les frappes aériennes: la 313th Air Expeditionnary Wing. Visant les batteries anti-aériennes mobiles (SA-6 Kub, code OTAN Gainful), les centres de commandement, les dépôts logistiques, les colonnes blindées, l’Air Force comme la Navy font le ménage sur le terrain tout en assurant 80% des ravitaillement en vol, 75% des surveillances aériennes et 100% des missions de guerre électronique - notamment avec les EA-18G Growler – selon un dernier rapport du Vice-amiral William E. GORTNEY.

 

(1) Un blog spécialisé sur les questions de Défense européenne, dont les sources sont remarquables.

(2) Comme en témoigne le passage récent du commandement de l’opération Odyssey dawn à l’OTAN.

 

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Le Vice-amiral GORTNEY présentant la situation au 25 mars 2011 (source - DoD)

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Armement de Rafale sur la base aérienne 126 (BA 126) de Ventiseri-Solenzara en Corse le samedi 26 mars 2011 (source - MINDEF)

 

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