26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 08:25
Le Chasseur de 1ère classe Clément CHAMARIER a reçu les honneurs militaires, hier, vendredi 25 février 2011 au 7e BCA à Bourg-Saint-Maurice. En présence du Ministre d'État, Ministre de la Défense et des Anciens combattants, Alain JUPPÉ, et du Chef d'État-Major de l'Armée de Terre, le Général d'Armée Elrick IRASTORZA, Clément CHAMARIER a été promu Caporal-chef et a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume.

7e-BCA.png

Groupe Facebook 2
Logo 3
Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:49

Insigne du Commandement des Forces Terrestres

L'Adjudant-chef Bruno FAUQUEMBERGUE du Commandement des Forces Terrestres de Lille a été retrouvé mort dans sa chambre le jeudi 24 février 2011 à Kaboul. Ce décès, dont les causes ne sont pas encore connues, fait actuellement l’objet d’une enquête. Il porte à 55 le nombre de nos soldats tombés en Afghanistan. Près de la moitié de ces soldats faisaient partie de l’encadrement officier et sous-officier, et s’ils sont tous morts dans le cadre de leur mission on pourra aussi observer un certain nombre de suicides (peut-être trois).

 

L'Adjudant FAUQUEMBERGUE était âgé de 42 ans. il laisse derrière lui une épouse et deux  jeunes fils. Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de ce sous-officier.

 

IN MEMORIAM

 

Groupe Facebook 2

Logo 3

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:52

The hurt locker

Cliquer sur l'affiche pour télécharger la vidéo

 

Avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan, le grand public a appris à connaître les Improvised Explosive Devices (IED) – également appelés “roadside bombs” (1) -, responsables de la plus grande partie des pertes dans les rangs des coalitions occidentales. De fabrication artisanale - ce qui n’exclue pas une grande sophistication pour certains d’entre eux -, d’une grande diversité et difficiles à détecter, les IED sont aujourd’hui le grand fléau du champ de bataille asymétrique. Aujourd’hui, les armées occidentales consacrent des budgets très importants afin d’étudier les moyens, les techniques et les tactiques des poseurs d’IED, afin de pouvoir élaborer des parades en retour (2).

 

En Afghanistan, il ne se passe pas un jour ni une nuit sans que la lutte contre les IED ne mobilise des moyens lourds. Des drones qui peuvent détecter silencieusement et à distance des équipes posant un IED, aux opérations visant à rechercher et détruire des caches d’engins explosifs divers entrant dans la fabrication des roadside bombs, c’est un ensemble important de missions qui est aujourd’hui dédié à la lutte anti-IED: anticipation, surveillance, détection, déminage… En fait, la lutte anti-IED est, actuellement, planifiée autour de trois axes stratégiques: en amont, il s’agit d’attaquer le réseau qui concentre le matériel, fabrique les IED et les pose. C’est l’organisation de la filière, de son financement et du recrutement des spécialistes qu’elle nécessite qui est, ici, visé. La récente opération Storm Lightning qui s’est déroulée en Kapisa du 29 janvier au 7 février entrait dans cette perspective.

 

Le deuxième axe stratégique de la lutte anti-IED consiste à mettre en échec le dispositif lui-même une fois qu’il est installé sur le terrain. C’est ici qu’interviennent les aspects les plus spectaculaires (les plus médiatisés) du problème. Le recours traditionnel aux chiens s’est, par exemple, accompagné d’un développement sans précédent de robots. La lutte anti-IED a contribué à une robotisation  accélérée du champ de bataille, de la télé-opération, et de la généralisation de véhicules davantage conçus pour la protection que pour le combat (MRAP). Destruction ou neutralisation des explosifs, et lorsque l’on peut, atténuation de leurs effets, sont parmis les missions les plus dangereuses et les plus éprouvantes pour nos soldats. Dans un film récent – “The hurt locker” (2009), “Démineurs” pour le titre français (voir affiche ci-dessus) - la cinéaste Katryn BIGELOW a très efficacement restitué le quotidien des combattants des Explosive Ordnance Disposal Team en Irak (3). À l’aval, le troisième volet stratégique de la lutte anti-IED concernera la formation des forces et la transmission des savoir-faire destinés à permettre une lutte en synergie de tous les acteurs du champ de bataille.

 

(1) En France, la terminologie reçoit: “Engins Explosifs Improvisés” (EEI) ou “Engins Explosifs de Circonstance” (EEC).

(2) Aux États-Unis, un service a été spécialement créé pour lutter contre cette menace. Le Joint Improvised Device Defeat Organization (JIEDDO) a reçu un budget de 2,7 milliards de dollars pour 2010. En France, c’est à l’École du Génie d’Angers qu’a été ouvert récemment (juillet 2010) un centre d’étude sur les IED. Appelé Centre Contre IED (C-IED), il s’inscrit dans une dimension interarmées.

(3) Si les IED utilisent essentiellement des munitions d’artillerie, on observe cependant des différences sensibles quant à leur fabrication et leur utilisation de l’Irak à l’Afghanistan. En Afghanistan, les engrais plus facilement accessibles sont beaucoup plus utilisés, et la rareté des routes ainsi que la faiblesse du réseau urbain expliquent aussi une plus grande dispersion dans l’emploi de ces armes par rapport au théâtre irakien.


La lutte anti-IED dans l'armée américaine

 

La lutte anti-IED dans l'armée canadienne

 

Groupe Facebook 2

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Fiches et dossiers
commenter cet article
22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 08:07

CYBERCRIMINALITÉ, CYBER-MENACES ET FAMILLES


EXPOSÉ/DÉBAT AU LYCÉE GALILÉE

SAMEDI 5 MARS 2011

10.15 - RÉFECTOIRE

 

Ordinateur-familial.jpg

 

Dans la continuité du travail entrepris avec les élèves des classes de 2nde 6 et de 1ère S2 sur le thème des cyber-menaces et de la cybercriminalité le 11 janvier dernier (1), l'Enseignant Défense organise une réunion d'information en direction des parents d'élèves cette fois. La réunion se fera sous la forme d'un exposé/débat le samedi 5 mars  2011 à 10.15, et elle aura lieu dans l'enceinte du Lycée Galilée (au réfectoire).

 

C'est l'Adjudant-chef Laurent CLÉMENT de l'unité N-Tech du Groupement de Gendarmerie nationale de Seine-et-Marne, déjà connu des lycéens, qui animera cette rencontre. Celle-ci approfondira les sujets déjà abordés avec les élèves, en posant la question du rôle des familles dans la sensibilisation et la préservation des plus jeunes devant les cyber-menaces. À partir d'exemples particulièrement concrets et quotidiens, l'Adjudant-chef CLÉMENT montrera comment l'Esprit de Défense s'impose d'abord à l'échelle de l'individu et de sa famille avant de s'imposer à l'échelle de l'entreprise et de l'ensemble de la société.

 

Organisée dans le cadre du Comité d'Éducation à la Santé et à la Citoyenneté (CESC) du lycée, cette rencontre verra également l'intervention de l'infirmière Laurence DELY qui a beaucoup travaillé sur la question des addictions adolescentes.

 

(1) Les personnes désirant approfondir ces questions pourront consulter le très riche blog "Cybercriminalité, sécurité et ordre public sur INTERNET" de Jean-Paul PINTE.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 19:19

Le récent combat de Landarkhel dans lequel le soldat de 1ère classe Clément CHAMARIER a succombé, samedi soir, a aussi fait deux blessés dont un caporal-chef grièvement touché aux jambes. Alors que la reconnaissance à nos soldats tués en Afghanistan - comme ailleurs - connaît un véritable déficit civique, que dire de celle qui devrait aussi aller aux blessés de guerre (et d’autres missions) dont le nombre est bien plus élevé que celui des morts. Ceux dont la situation est plus difficile du fait d’une existence qui, désormais, doit porter un handicap parfois définitif (1). Ils sont actuellement environ 600 à avoir été blessés en Afghanistan: polycriblés, amputés, avec des séquelles à vie lorsque la tête ou la colonne vertébrale sont touchées…

 

126e-RI.jpgHommes du 126e RI à l'entraînement au CENTAC avant leur départ en Afghanistan. La mise en sûreté et l'évacuation d'un blessé sous le feu est un exercice systématique

 

De nos jours, la protection du combattant face à toute la ferraille qui peut voler sur le champ de bataille a été sensiblement accrue. La volonté de préserver une “substance combattante” de plus en plus rare dans nos armées professionnelles, ainsi que la réactivité de l’opinion publique devant les pertes humaines, expliquent une transformation qui se lit directement dans le poids des tenues de combat actuelles. Qu’ils soient Américains, Canadiens, Britanniques, Français ou autres, les soldats de la coalition portent des casques et des gilets pare-balles dont le matériau le plus communément rencontré est le kevlar. Les gilets pare-balles et pare-éclats - qui se confondent maintenant avec le gilet d’assaut dans lequel viennent se loger les chargeurs et autres équipements - sont tissés à partir de fibres de très haute résistance comme les para-aramides (Kevlar, Twaron, Goldflex) ou les polyéthylènes (Spectra, Dyneema, Zylon). Aujourd’hui, il existe plusieurs types de gilets dont les caractéristiques de protection varient selon la vélocité des projectiles à stopper. Des poches permettent de glisser, soit devant soit derrière, des plaques de protection additionnelles en métal ou en céramique avec pour conséquence un alourdissement sensible d’un gilet déjà pesant… À l’heure actuelle, le standard de protection maximum (niveau 4) concernant les gilets pare-balles permet d’arrêter une munition d’une vélocité de 878 m/s à l’impact.

Gilet pare-balles série 3

L'Armée française utilise le gilet pare-balles réglementaire dit de série 3 d'un poids de 10,5 kg.

 

Ce renforcement de la protection ne va pas sans poser plusieurs paradoxes cependant. Le premier peut tomber sous le sens, encore faut-il le dire: le soldat étant alourdi il est plus lent donc plus vulnérable. Sa résistance dans l’effort est limitée par le poids et l’encombrement du gilet. Deuxième paradoxe, certains projectiles conservent une énergie cinétique suffisamment importante pour pénétrer le gilet sans pouvoir ressortir du corps. Cela complique l’intervention chirurgicale. Troisième paradoxe lié au renforcement de la protection, le choc de l’impact est tel - n’étant plus absorbé en partie par la pénétration - que même sans pénétrer le coup peut causer de graves blessures internes: lésions des cervicales et de la moëlle épinière, éclatement d'organes... Nous touchons ici aux limites du “protéger à tout prix” qui, s’il a incontestablement sauvé de nombreux soldats, a aussi augmenté sensiblement le nombre de paralytiques.

 

Medecin-US.jpg

Quoi qu’il en soit le délai de l’intervention sanitaire qui suit une blessure au cours d’un combat fait plus que jamais la différence entre un mort et un blessé. La règle est connue des médecins militaires depuis longtemps: c’est la “golden hour” qui correspond à un délai d’intervention médico-chirurgical d’une heure au delà duquel les chances de survie du blessé déclinent sensiblement. C’est avec l’utilisation massive de l’hélicoptère - qui permet une intervention rapide sur le champ de bataille même, et en des lieux inaccessibles à l’avion – durant la Guerre du Vietnam, que les Américains parviennent à augmenter considérablement les chances de survie de leurs blessés graves en tenant la golden hour. L’évacuation médicale par hélicoptère sur le lieu même des combats est, depuis, devenue une véritable spécialité américaine. Aujourd’hui, en Afghanistan, les US MEDEVAC, héliportés en quelques minutes auprès des soldats blessés, administrent déjà les premiers soins dans l’hélicoptère même: transfusions, réanimation, massages cardiaques, diagnostics et préparation de l’intervention chirurgicale… Lorsque les blessés arrivent à l’antenne chirurgicale ou à l’hôpital (la structure médico-chirurgicale de théâtre), leur taux de survie reste encore important.

 

Réalisant un reportage pour la chaîne qatari Al Jazeera, le journaliste indépendant Vaughan SMITH, a récemment montré combien cette procédure du “pick and save”, mise en pratique par les hommes du 214e Régiment d'aviation de l'US Army en Afghanistan, sauvait de nombreuses vies. Certaines blessures étant malheureusement trop graves, il n’est quasiment pas possible de sauver le soldat. Ce fut le cas pour Clément CHAMARIER où, malgré l’intervention d’un infirmier présent sur place, les premiers soins n’ont pu préserver la vie du soldat.

 

 

Les réalités du conflit afghan ont obligé l’Armée française à faire un effort particulier en matière de soins de première urgence. À défaut de pouvoir disposer d’autant d’hélicoptères que les Américains, nos forces intègrent systématiquement dans les missions un personnel de santé bien formé dont la mission est de conserver au mieux le bénéfice de la golden hour. Plusieurs d’entre eux - les Infirmiers de Classe Supérieure (ICS) Mathieu THOINETTE et Thibault MILOCHE - ont d’ailleurs payé de leur vie cette  indispensable "médicalisation de l'avant" et leur présence au sein des unités de combat.

 

Dès que l'état de santé du soldat blessé est stabilisé, il est rapidement rapatrié en France. Cela peut se faire à partir d’avions ravitailleurs C135-FR équipés du kit MORPHEE (Module de Réanimation pour Patient à Haute Élongation d’Évacuation), notamment s'il y a un grand nombre de blessés comme ce fut le cas en 2008 au lendemain de la bataille de Sper Kunday. Ce kit d’adaptation, dont il existe deux versions (une lourde et une légère) donne à nos Forces armées une capacité d’évacuation collective, tout en dispensant les services d’une unité hospitalière de soins intensifs. De retour en France, le blessé est dirigé dans les Hôpitaux d’Instruction des Armées (HIA) de la région parisienne. Au nombre de 9, les HIA relèvent du Service de Santé des Armées (SSA). Celui de Percy, situé à Clamart, est l’un des plus importants, car on y trouve plusieurs spécialités chirurgicales (neurochirurgie, orthopédie et traumatologie, stomatologie et maxillo-faciale, plastique, thoracique) ainsi qu'un centre de traitement des brûlés.

 

Au-delà du traitement médical de la blessure se pose aussi la question – celle-ci autrement plus durable - du traitement de la souffrance morale et de la réadaptation à la vie du soldat, souvent devenu infirme et exclu, de fait, de la vie militaire. La résilience n’est pas seulement une question qui se pose de manière collective, à l’échelle de la société, comme nous l’avions déjà soulevé dans des articles précédents. Elle se pose aussi à l’échelle de l’individu qui doit redonner un sens à son existence et doit réapprendre à vivre. Dans et autour de l’institution militaire, il existe actuellement des structures qui prennent en charge le suivi des blessés et s’occupent de leur réinsertion, en plus des unités d'origine qui continuent de jouer un rôle important auprès des soldats comme de leur famille. La Cellule d’Aide aux Blessés de l’Armée de Terre (CABAT), commandée par le Lieutenant-colonel Thierry MALOUX, ainsi que l’Institution Nationale des Invalides (INI) sont les plus connues. Se situant davantage dans le milieu associatif, mais en lien étroit avec le milieu militaire, on trouvera également les associations du Général Bernard THORETTE, Terre fraternité, du Général Michel BARRO, l'Association pour le Développement des Oeuvres d'Entraide dans l'Armée (ADO), et de l’Amiral Jacques LANXADE, Solidarité Défense dont le travail bénévole reste exemplaire. Dans cette présentation, on ne s’étonnera pas de la prééminence de l’Armée de Terre qui contribue à plus de 90% des pertes (tués et blessés).

 

(1) Sur l'action de l'Armée en faveur des blessés et des familles de soldats blessés et tués, lire l'article de (Jean) GUISNEL, "L'Armée renforce son soutien aux soldats victimes des combats et à leurs familles", Défense ouverte du 16 février 2011.

 

 

Groupe Facebook 2


Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Fiches et dossiers
commenter cet article
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:30

Insigne du 7e BCA

 

La France vient de perdre son 54e soldat en Afghanistan. Il appartenait au 7e Bataillon de Chasseurs Alpins (7e BCA).

 

Du 29 janvier au 7 février 2011, une opération de grande ampleur a été menée par les troupes françaises en Kapisa. Dans cette région, située à 70 km environ au Nord-Est de Kaboul, les Taliban sont particulièrement actifs, entravant notamment l'axe routier Nord/Sud qui constitue aussi la grande artère économique de Kaboul et des vallées voisines. L’objectif de l’opération Storm Lightning fut de dégager cette MSR (Main Supply Route) tout en frappant les réseaux logistiques des insurgés dans cette région. Ratissant de très larges secteurs, nos forces ont ainsi été amenées à reconquérir les vallées adjacentes d’Afghana, d’Alasay et de Bedraou, capturant même il y a quelques semaines un important chef Taliban.

 

C’est en vallée d’Alasay, surveillée par trois Combat Outpost (COP), aux abords du village de Landakhel que les Taliban ont attaqué, hier en soirée, un convoi logistique escorté par des soldats du 7e BCA et qui revenait sur Nijrab. Situé à 5 km au Nord de Tagab et parcouru par la MSR, le secteur du village de Landakhel est réputé dangereux en dépit de la construction par les Français d’une mosquée en février 2009. L'attaque d'hier soir a endommagé un VAB, touché par une roquette antichar. Grièvement blessé, le Chasseur de 1ère classe Clément CHAMARIER (19 ans) n'a pu être sauvé nonobstant la rapidité des secours. Un caporal-chef du 7e BCA et un caporal du 132e Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre (132e BCAT) ont aussi été blessés dans ce combat.

 

150 000 soldats alliés, dont 4000 Français, sont, actuellement, déployés en Afghanistan sous le commandement de l'OTAN.

 

Nous nous associons à la douleur de la famille et des proches de ce jeune soldat.

 

Soldat-Clement-CHAMARIER.jpg

(Source - Secret Défense)

 

Groupe Facebook 2

Logo-3.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 18:21

 

Le 4 octobre 2010, le 1er Régiment d’Infanterie de Sarrebourg en Moselle, recevait ses premiers équipements FELIN à destination de ses 6 compagnies de combat. Sur une vidéo du journal  Le Figaro nous pouvons désormais voir à quoi ressemble cet équipement dans sa configuration opérationnelle, tel qu’il a été mis en oeuvre lors d’une récente présentation, et tel qu’il sera bientôt projeté sur le théâtre d’opérations afghan à la fin de l’année. À l’heure actuelle, le 1er RI travaille à la mise en condition de ce matériel Hi-Tech.

 

Le FELIN ou Fantassin à Équipements et Liaisons Intégrés est un programme d’équipement majeur de l’Armée de Terre, lancé en 2001 après plusieurs années d’étude. Emboitant le pas à des programmes similaires dans d’autres pays – Land warrior aux États-Unis ou FIST en Grande-Bretagne – le FELIN est pris en main par la société SAGEM (groupe SAFRAN) à partir de 2004. Jusqu’en 2008, les divers équipements du système sont soumis au banc d’essai. Une première livraison en présérie permet un passage au banc d’évaluation en 2009. Cette année, plusieurs unités reçoivent le FELIN pour le tester dans des milieux considérés comme extrêmes pour l’engagement de l’infanterie: désert, jungle, montagne…

 

Icône pdf 1

Téléchargez le dossier SAFRAN en pdf

 

Aujourd’hui, le programme FELIN, arrivé à maturité, est désormais opérationnel. Nous entrons dans la phase de production, qui voit le déploiement du matériel dans les unités. 22 588 tenues ont été ainsi commandées à la SAGEM, et les premières unités ont commencé à être équipées dès la fin 2010. Avec le 1er RI, le 13e BCA a déjà perçu l’ensemble de ses tenues FELIN. Bientôt suivront les 16e BC, le 92e RI et le 35e RI. Il est ainsi prévu d’équiper 4 régiments d’infanterie par an jusqu’en 2015, année au cours de laquelle l’ensemble de l’Armée de Terre sera félinisée.

 

Le FELIN est un système d’équipement individuel du combattant d’infanterie. De conception modulaire, il comporte 90 pièces d’équipement permettant 16 configurations différentes selon les missions. Se présentant comme une plate-forme d’équipements associés, la tenue peut se voir ajouter ou, au contraire, se voir retirer des éléments au gré des circonstances. Le FELIN fait véritablement entrer notre infanterie sur le champ de bataille numérique, en info-centrant toutes les fonctions élémentaires du fantassin à savoir sa protection, ses capacités d’observations, d’agression, de mobilité et de communication. En situation de combat direct avec l’ennemi, le système FELIN permet à tout soldat de devenir un soutien tactique à part entière par la capacité de ce dernier à informer en temps réel tous les autres combattants de son groupe, les localiser et leur apporter un feu y compris en configuration indirecte ou déportée.

 

Maillon situé au centre des flux d’informations de son groupe de combat, le FELIN est aussi intégré dans les autres systèmes d’armes présents sur le champ de bataille: blindés Leclerc, VBCI, canon CAESAR, hélicoptère Tigre, drone, avion Rafale qu’il pourra renseigner directement. Capable de combattre de jour comme de nuit, le FELIN agit aussi comme un capteur de la chaîne de commandement à tous ses échelons, du général au chef d’équipe. C’est cette faculté d’agir en réseau sur le terrain, comme de pouvoir s’intégrer dans un réseau tactique plus large, qui fait désormais entrer le fantassin français dans la dimension véritablement info-centrée de la guerre moderne. À ce titre, le FELIN constitue une brique d’un ensemble technologique et tactique plus vaste: le système Scorpion.

 

Film du groupe SAFRAN/SAGEM

 

Fantassin mécanisé évoluant sous blindage à la vitesse d’un VBCI, le FELIN est destiné au combat débarqué à proximité de l’objectif. À l’origine, le programme avait lancé un autre sous-programme concernant la mise au point d’une nouvelle arme: la PAPOP ou Poly-Arme Poly-Projectile. De conception bullpup (1) comme le FAMAS, la PAPOP (dont il a existé deux versions) devait pouvoir traiter tout objectif masqué ou non. Le poids de l’arme et la bonne évolutivité du FAMAS ont finalement conduit à l’abandon de la PAPOP. Aujourd’hui, c’est un FAMAS de nouvelle génération qui équipe le FELIN.

 

L’un des reproches souvent adressé à l’endroit du fantassin info-centré, que ce soit le Land warrior américain ou le FELIN français, - hormis le coût - est le poids de la tenue. Celui-ci est déterminé à 30 kg avec une dotation réglementaire en munition de 6 chargeurs et 4 grenades. L’expérience en Afghanistan comme ailleurs montre, cependant, que les combattants n’hésitent pas à emporter avec eux davantage de chargeurs et de grenades augmentant sensiblement le poids de la tenue… Toutes les configurations FELIN que nous avons pu observer jusqu’à présent, montrent effectivement un combattant lourdement équipé, voire encombré par la taille de certains appareils optiques… Le système n’échappe pas à cette recherche permanente du compromis entre la mobilité et la protection, cette dernière représentant 40% du poids total de la tenue. L’actuel FELIN, nonobstant son appellation, n’a, donc, plus rien à voir avec les fantassins des guerres d’Indochine ou d’Algérie, qui étaient beaucoup plus “félins” au sens propre…

 

Si la question du poids se pose dans l’immédiat face aux Taliban, elle peut être nuancée à l’aune du paradigme de l’infanterie occidentale où le fantassin a toujours été un combattant chargé que ce soit les “mules” de Marius, les gens d’armes du XVe siècle ou les grognards de Napoléon. Le FELIN a pour lui une recherche de pointe en matière d’ergonomie, d’optronique et de liaisons radio qui a le mérite d’intégrer directement au combattant une large panoplie de moyens pour un poids d’ensemble équivalent aux anciens équipements, la protection et la polyvalence du soldat en moins pour ces derniers. Pensons à ce que pouvait peser une paire de jumelles, un poste radio TRPP 13 ou TRPP 11 pour une efficacité bien moindre aussi bien à l’échelle du combattant que du groupe…

 

Mise en condition du système FELIN par le 13e BCA

 

Le programme FELIN a permis de grandes avancées technologiques et ergonomiques. Pour communiquer, le combattant dispose d’un système d’ “ostéo-communication” où micros et écouteurs transmettent les messages par vibration au contact des os du crâne. Le RETEX a fait intégrer les commandes radio ainsi que le terminal informatique à la poignée du FAMAS qui, pour se faire, a été allongée au-delà de la poignée pistolet. Il est vrai que le casque à tendance à s’alourdir avec les systèmes optiques et de communication qu’il centralise désormais. Si l’US Army travaille, actuellement, sur des concepts d’exosquelettes pouvant permettre de soulager le portage du soldat et d’augmenter l’endurance de ce dernier, d’autres recherches en matière d’électro-textiles et d’armes plus légères pourraient alléger dans un avenir proche l’actuel FELIN.

 

FELIN - Mardi 8 février 2011

Sniper FELIN du 1er RI, dans sa "ghillie suit",  en démonstration à Sarrebourg

 

Quoi qu’il en soit, l'actuel concept de guerre info-centrée nécessite plus que jamais une force combattante à la fois physiquement bien entraînée et bien instruite techniquement. Le fantassin d’aujourd’hui, de préférence de grand gabarit, se doit de penser la bataille à la vitesse de l’INTRANET tout en restant conscient des limites de son équipement - notamment l’autonomie des batteries d’énergie (2) –, et tout en conservant la “rusticité” traditionnelle du grenadier-voltigeur. Mais au-delà de ces considérations techniques, le système FELIN est surtout représentatif d’une évolution de notre infanterie moderne où l’homme - devenu rare dans les armées de métier - doit être capable de combattre tout en étant économisé et préservé. La part de la protection – en coût comme en poids - dans de telles tenues est d’une certaine manière le sacrifice à consentir dans des conflits où une partie de la Nation ne perçoit pas l’intérêt direct d’engager nos soldats. La moindre perte devenant, en effet, très vite insupportable au regard de l’opinion publique.

 

(1) Le terme “bullpup” désigne la conception mécanique d’une arme à feu dont la culasse et le mécanisme de tir se situent très en arrière, à l’endroit qu’occupe habituellement la crosse sur les fusils d’assaut classiques. L’avantage de l’architecture bullpup est de permettre la réalisation d’armes plus courtes et plus compactes sans pour autant sacrifier la longueur du canon. Le FAMAS français a été particulièrement novateur en la matière.

(2) Avec les tenues FELIN, SAGEM/SAFRAN fournit d’indispensables kits de rechargement. Ces kits – prévus également pour les vieux VAB - permettent aux soldats de se brancher à l’intérieur des véhicules afin de recharger leurs batteries, mais aussi de synchroniser leur système d’information.

 

Icône pdf 1Téléchargez le FAMAS félinisé en pdf


Groupe Facebook 2

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Fiches et dossiers
commenter cet article
8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:43

Patrick BEAUDOUIN

Le Député Patrick BEAUDOUIN est aussi  le maire de Saint-Mandé (Val-de-marne)

 

Le mercredi 25 août 2010, le Député Patrick BEAUDOUIN, Membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, a remis à la Présidence de la République un rapport particulièrement intéressant. Rendu public le 3 février dernier, ledit rapport vient de faire l’objet d’un article dans le journal La Croix. Il part du constat que la mondialisation induit des transformations majeures telles que la relativisation de la règle, la personnalisation de la morale, la transmission d’une information qui ne connaît plus d’obstacles fondamentaux. Autant d’évolutions qui, aujourd’hui, menacent de vider nos valeurs collectives de leur substance, de réduire le cadre historico-philosophique de notre culture à une enveloppe purement formelle.

 

Ce document ne peut se comprendre sans le contexte plus large de la réforme structurelle voulue et inspirée par le Président Nicolas SARKOZY. En questionnant la place de l’individu et de son rôle dans une société en mutation profonde et constante, l’Éducation au civisme, à la citoyenneté et à l’Esprit de Défense, se trouve placée au coeur de ce mouvement de réformes. D'emblée, la Défense et le “vivre ensemble” sont posés par l’auteur du rapport comme deux notions indissociables ce qui amène à réaffirmer que le creuset républicain est plus que jamais une idée neuve et fonctionnelle nonobstant les apparences. Qu’il ne tient qu’à notre communauté nationale d’en faire vivre à l’unisson les éléments consubstantiels que sont le Civisme, la Citoyenneté et l’Esprit de Défense. En proposant des pistes de réflexion audacieuses, le rapport BEAUDOUIN vise à une refondation de la matrice de la cohésion nationale, qui devrait renforcer à terme la résilience de notre société face aux menaces du monde.

 

Si l’ambition d’un objectif se lit dans les moyens que l’on y accorde, elle se perçoit également  à l’échelle du temps dans laquelle on l’inscrit. Toute ambition nationale digne de ce nom ne peut se concevoir qu'à partir du temps de l’apprentissage scolaire. Ainsi, l’École de la République doit-elle se réinvestir, plus que jamais, dans cette refondation matricielle de la cohésion nationale, car c’est d’abord à l’École que l’initiation à ces valeurs républicaines permettant le “vivre ensemble” doit s’opérer. Certes, la demande sociétale comme les dispositifs institutionnels (Éducation Civique Juridique et Sociale et Éducation à l’Esprit de Défense) existent déjà, mais ce que propose M. BEAUDOUIN va bien plus loin.

 

Le Député entend donner une substance véritable à l’existant. Reprenant le Parcours citoyen, il en propose un jalonnement concret de l’École primaire à l’enseignement supérieur, mais aussi au-delà. L’initiation débutée à l’École, selon un enseignement dont le caractère obligatoire et solennel serait plus accentué, insisterait davantage sur le respect des symboles républicains et la connaissance de la langue. Cependant, cet itinéraire scolaire se prolongerait au-delà de l’École, à travers un itinéraire de vie citoyen qui proposerait à chacun d’exprimer à travers des partenariats, des engagements, des actions publiques diverses, sa conscience de la Défense du pays (1). L’invention de moyens “d’une imprégnation permanente du citoyen” aux intérêts de défense de la Nation est une originalité du rapport BEAUDOUIN, car elle donne une dimension pleinement citoyenne à une éducation initialement scolaire, en allant justement au-delà de l’École et du temps scolaire. Le “Parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l’Esprit de Défense” deviendrait, dès lors, une véritable “colonne vertébrale” où un itinéraire de vie citoyen viendrait s’articuler sur un itinéraire scolaire initiateur.

 

Dans la réflexion de M. BEAUDOUIN et de son équipe, c’est donc à l’École de la République que revient ce rôle fondamental d’initiateur à l’Esprit de Défense. L’École avec ses milliers d’établissements - “petites nations” en soi - et ses 12 000 000 d’élèves et d’étudiants. Plus que jamais, c’est dans cette phase de vie pleinement consacrée à l’apprentissage fondamental que les jeunes doivent être sensibilisés et “imprégnés” de cet Esprit de Défense, qui doit, à terme devenir, un véritable réflexe sociétal. Pour cela, il est proposé l’instauration, aux côtés de l’enseignement général et de l’enseignement professionnel, d’un troisième volet d’Instruction publique exclusivement dédié à un Parcours de la citoyenneté, du civisme et de l’Esprit de Défense. Les dispositifs d’action, dont nous sommes nous-même acteur pleinement engagé, existent, mais le rapport du parlementaire constate la dispersion et le manque de coordination des initiatives. À un autre niveau, il souligne aussi le manque de retentissement de l’Éducation à l’Esprit de défense dans l’Enseignement supérieur (2).

 

Concrètement, le rapport “Parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l’Esprit de Défense” propose l’institution d’une journée de la République, annoncée par le Président de la République lui-même, et qui se tiendrait annuellement tous les 11 novembre. Cette journée serait un moment de réflexion et d’échange sur un ensemble de thèmes déjà étudiés en milieu scolaire: le développement durable, l’eau, la biodiversité, la prévention routière, etc. Ces champs d’études seraient, cependant, fédérés et problématisés autour du Civisme, de la Citoyenneté (3) et, fait entièrement nouveau, autour de l’Esprit de Défense. Le port de l’uniforme en milieu scolaire est, aussi, une autre proposition audacieuse de la part du Député.

 

À l’orée de la vie d’adulte et de la vie active, celui-ci, propose une réorganisation de l’actuelle Journée Défense et Citoyenneté (JDC), l'ancienne JAPD, en deux moments plus nettement distingués à savoir une journée du civisme et une journée de la Défense. La première aurait pour objectif de récapituler les acquis de l’Éducation civique en milieux scolaire tout en marquant l’entrée de l’individu dans la communauté civique. La seconde serait plus spécifiquement consacrée aux problématiques de la Défense nationale dont nous savons, aujourd’hui, qu’elles sont plus que jamais globales. Il s’agirait d’une information approfondie et suivie sur ces questions, nécessitant un système d’information et d’échange permanent avec les individus: l'auteur du rapport propose l'élaboration d'une plate-forme INTERNET interactive.

 

Au terme de la présentation d’un document aussi riche en perspectives, il est à  souligner le volontarisme et l’ambition qui en font une réflexion résolument moderne. L’accent qu’il porte sur l’Éducation à l’Esprit de défense en milieu scolaire ne pourra être considéré comme une entreprise de “bourrage de crâne”, n’en déplaise à ces esprits qui ne comprendront de toute manière jamais ce que peut représenter l’intérêt général comme l’intérêt supérieur de la Nation. Car il ne faut pas s’y tromper, derrière la réflexion du Député Patrick BEAUDOUIN, c’est la question de la résilience même de la société française qui est posée à l’endroit des prochaines générations (4). Le rapport aborde d’ailleurs, et à plusieurs reprises, ce concept dont il propose un renforcement concret à travers une formation permanente autour de dispositifs déjà existants: brevet de natation, éducation routière, éducation aux gestes qui sauvent, etc (5).

 

Des cyber-menaces à l’échelle des individus à la guerre et au terrorisme en passant par la Défense économique et culturelle, le rapport BEAUDOUIN est le miroir des dangers du monde et des inquiétudes contemporaines à l’endroit des valeurs philosophiques et politiques sur lesquelles notre pays s’est construit jusqu’à nos jours. Les menaces pesant sur la cohésion de la Nation sont réelles.  En parler pour forger dès à présent les instruments de la résilience n'est pas inutile, et nous ne pouvons que saluer un travail courageux et sans complexe, espérant que dans ses grandes lignes de réflexion, il soit rapidement suivi de mesures concrètes.

 

Icône pdf 1Téléchargez le rapport BEAUDOUIN (2010).pdf

 

(1) Cf. (Patrick) BEAUDOUIN, "Parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l'Esprit de Défense: vivre la France dans la République", Rapport, août 2010, 49 p. Lire “Le parcours volontaire: un engagement continu au service de la nation” pp. 28-29.

(2) Cf. Le séminaire “Passerelles d’avenir” du jeudi 24 février 2011, organisé par la Commission Armées-Jeunesse à l’École militaire de Paris.

(3) Ce qui se fait déjà.

(4) Lire à ce sujet les réflexions connexes du Cf2R et de l’ASAF.

(5) Cf. (Patrick) BEAUDOUIN, “parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l’Esprit de défense: vivre la France dans la république”, p. 11. Pour une définition de la “résilience”.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 19:48

Passerelles d'avenir

 

Par l’intensité des efforts physiques inhérents au métier des armes, par les capacités d’adaptation intellectuelles et techniques constamment sollicitées, l’engagement militaire est avant toute chose une affaire de jeunes. Recruter de jeunes hommes et de jeunes femmes de tous niveaux est un défi permanent pour une armée moderne et professionnalisée comme la notre. Si le chômage et l’échec scolaire ont leur part d'explication en matière de recrutement, une trop grande négligence quant à la qualité de celui-ci se retrouvera rapidement dans des emplois toujours exigeants physiquement comme moralement.

 

Dans notre société, il n’est pas évident de rendre attractif le métier des armes pour des jeunes qui ne demandent qu’à finir leurs études dans les meilleures conditions, afin de pouvoir se construire une situation viable, gagner leur vie correctement, et profiter du confort et des plaisirs qu’offre notre civilisation de bien-être. Si la communication des Armées s’est très bien adaptée aux standards de notre époque, elle peut aussi conduire à une image fallacieuse de l’engagement militaire, notamment à l'endroit de celle ou de celui qui laisserait les représentations l'emporter sur la réalité de fond. Cette illusion sur la réalité de l'engagement militaire explique aujourd'hui un taux élevé de ruptures de contrat. Actuellement, dans l’Armée de Terre, 25% des jeunes recrues rompent leur contrat d’engagement au bout de six mois seulement.

 

C’est à la Commission Armées-Jeunesse (CAJ) de favoriser cette connaissance mutuelle entre la Jeunesse et les forces armées. Organisme consultatif, placé sous l’autorité du Ministre de la Défense, la CAJ contribue à la promotion de l’Esprit de Défense au sein de la société civile. L’action de la CAJ est transversale à une cinquantaine d’associations de jeunesse, une quinzaine de ministères, plusieurs délégations interministérielles et grandes administrations. La CAJ permet ainsi un dialogue fécond entre des organismes de sensibilités très différentes, mais rassemblés autour de la Défense.

 

Le récent rapport parlementaire du Député Patrick BEAUDOUIN – Parcours de la citoyenneté, du civisme et de l’Esprit de Défense: Vivre la France dans la République – ayant souligné la faiblesse de la diffusion de l’Esprit de Défense dans l’Enseignement supérieur, la CAJ organisera prochainement un séminaire intitulé “Passerelles d’avenir”. Cette rencontre qui se tiendra dans les murs de l’École militaire de Paris, le jeudi 24 février 2011, est destinée à faire se rencontrer des étudiants et de jeunes officiers. Il s’agira d’un regard croisé autour de quatre thèmes d’étude:

 

1- Comment faire connaître les enjeux de défense au sein de l'enseignement supérieur?

2- Comment organiser l'enseignement de défense dans le supérieur?

3- Comment valoriser un engagement citoyen ?

4- Quels débouchés proposer aux jeunes diplômés dans les armées?

 

Présentés sous la forme d’un questionnement problématique, ces quatre ateliers de réflexion auront pour objectif de produire un dialogue entre les deux communautés, et de faire émerger des idées pouvant permettre à terme la mise en oeuvre d'une culture de Défense dans l'Enseignement supérieur. Les étudiants intéressés par ces réflexions sont, d’ores et déjà, vivement invités à venir s'inscrire à ce séminaire passionnant (1).

 

(1) Par téléphone au 01 44 42 32 41 ou par courriel à evenement@caj.defense.gouv.fr


FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 10:30

Bannière Cf2R

 

" Dans une société qui fragilise les individus, ces derniers, pour dépasser leurs problèmes, préfèrent des lectures qui ne leur prennent pas la tête aux propos universitaires froids et analytiques."

 

Jean-Claude Kauffman, sociologue

 

Le traitement médiatique de l’actualité relative aux conflits et aux opérations militaires relève quasi systématiquement de l’instantanéité émotionnelle, qui ne permet en aucune manière de comprendre ni les enjeux, ni la complexité des situations comme des processus de décision. Ce traitement brouille, in fine, la compréhension du sens même de la vie et de la mort. 

 

Alors que la liberté de l’information est un vecteur incontestable de toute vie démocratique, une certaine mise en scène de cette information, si peu précautionneuse de vouloir établir le contexte des faits avec rigueur, aboutit à l’effet exactement inverse de ce que devrait réaliser l’information en Démocratie, à savoir éduquer – au sens éclairer – les citoyens.

 

La tournure que prend l’affaire des deux otages français récemment tués au Niger – Vincent DELORY et Antoine DE LÉOCOUR – est symptomatique d’une évolution générale qui, tout en mettant en scène la douleur des familles, légitime au plan privé, “oublie” une autre souffrance: celle des familles des soldats tués ou blessés (1) que ce soit dans le contexte de cette affaire ou dans d’autres. Cette souffrance est pourtant tout aussi légitime si ce n’est davantage, car au drame d’ordre privé s’ajoute un drame national: le soldat étant le représentant d’un État, de sa politique, de ses valeurs… La confusion entre une victime et un Héros, la sphère privée et la sphère publique, est, de nos jours, totale. Pire, elle est entretenue par un théâtre médiatique dont le jeu pervers efface le sens des événements, confond les causes et les effets, inverse les valeurs.

 

Cette tendance lourde de nos sociétés de communication individualistes et hédonistes fait le jeu des ennemis de la Démocratie et de ses valeurs profondes. Elle donne aux guerres asymétriques, auxquelles les démocraties occidentales sont aujourd’hui confrontées, une réalité si particulière où la victoire des ennemis de la Démocratie est plus que jamais possible à un prix dérisoire. Un prix qui ferait mentir notre effort de Défense: sa doctrine, son budget, son organisation… car il ne peut y avoir de Défense nationale (et européenne) s’il n’y a de résilience sociétale. Plus qu’une mode, le concept mis au goût du jour par le psychologue/éthologue Boris CYRULNIK devrait se concrétiser rapidement au sein de notre société sous peine de la voir succomber au premier grand choc. La résilience c’est - autrement dit - l’Esprit de défense, et l’on comprendra la lourde responsabilité qui, aujourd’hui, incombe à l’institution scolaire qui a officiellement en charge cette Éducation à l'Esprit de Défense.

 

Dans son éditorial “Déclarations excessives”, Éric DENÉCÉ, Directeur du think tank Cf2R, nous rappelle avec bon sens quelques vérités que la médiatisation de l’affaire des otages du Niger pourrait nous faire perdre de vue. Rappeler les invariants que comporte toute opération de guerre, la lutte contre le terrorisme, les prises d’otages, n’est jamais inutile dans une société où l’accès à l’information se confond trop souvent avec l’idée de sa compréhension équilibrée et mesurée. L’éclairage du chercheur, qui fut par son passé homme de terrain et d’expérience militaire également, ne manquera pas de nous rappeler la réflexion de l’ASAF que nous avons récemment mise en ligne sur la problématique “médias et guerre asymétrique”. Souhaitons qu’en reproduisant sur notre blog de tels propos, nous puissions contribuer à notre tour à la diffusion de ces réflexions essentielles.

 

(1) Dans cette affaire, la France n’a eu que trois soldats blessés, mais il est à rappeler que des gendarmes nigériens sont morts pour avoir tenté de sauver les deux otages. Le jour même de ce drame, le Caporal-chef Hervé GUINAUD était tué en Afghanistan par un IED.

 

Groupe Facebook 2

 

DÉCLARATIONS EXCESSIVES - ÉDITORIAL D'ÉRIC DENÉCÉ DU MARDI 1er FÉVRIER 2011

 

Nous nous associons pleinement à la douleur des familles des deux Français enlevés et tués au Niger par les terroristes d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Leur assassinat est un acte barbare et profondément injuste. Rien n'est pire que la perte d'êtres chers. C'est surtout un drame particulièrement cruel à la veille du moment de bonheur qu'aurait du être un mariage.

 

Toutefois, dans ce cas comme dans celui du Thanit, les familles des victimes, relayées par une presse avide de sensationnel et un ancien ministre en mal de médiatisation, reprochent en des termes peu amènes l'intervention décidée par le gouvernement afin de sauver les otages. Si les deux cas sont sensiblement différents - les passagers du Thanit étant délibérément passés outre les recommandations du Quai d'Orsay - les condamnations péremptoires de la décision gouvernementale et de l'action des unités spéciales sont grandement regrettables.

 

La douleur indicible de la perte d'un proche peut certes excuser les débordements verbaux et écrits. Cependant, il convient de réfuter ces déclarations excessives formulées sous le coup de l'émotion. Elles omettent de prendre en considération des facteurs importants.

 

- D'abord, elles sous-estiment le sens de la responsabilité et de l'humain qui sont ceux des autorités en charge de la prise de décision et de la préparation de l'intervention. Nos militaires des forces spéciales sont maris et pères; ce ne sont pas des pistoléros avides d'action à tout prix. Lorsqu'ils déclenchent une opération, c'est parce que celle-ci a été minutieusement préparée et a toutes les chances de réussir; sinon, ils s'abstiennent.

 

- Ensuite, ces hommes, même s'ils ont choisi ce métier, risquent leur vie pour en sauver d'autres en s'exposant à des situations particulièrement dangereuses. D'ailleurs, trois d'entre eux ont été blessés lors de l'action au Mali et nous n'avons pas entendu les familles avoir un mot de remerciement pour ceux qui ont risqué leur vie pour leurs enfants ou amis, ni pour les militaires nigériens qui ont pris en chasse les terroristes au péril de leur vie. Plusieurs ont d'ailleurs trouvé la mort dans cette poursuite.

 

- Enfin, cette action était indispensable car elle était possible: il fallait agir rapidement avant que les terroristes n'emmènent les otages dans des zones inaccessibles à nos moyens de surveillance. Au demeurant, rien ne nous permet de dire que les deux jeunes gens seraient sortis vivants, ou en bonne santé physique et mentale, d'une détention aux mains d'AQMI.

 

Il est grandement regrettable que les déclarations des familles fassent le jeu des terroristes d'AQMI qui écoutent en permanence nos médias. Ils multiplient les communiqués de propagande et de désinformation, à partir des renseignements que leur donne la presse, pour semer la zizanie en France. Prenons garde à ne pas nous faire les alliés inconscients de ceux qui veulent nous nuire.

 

Depuis plusieurs années, à l'occasion des enlèvements qui se multiplient, les familles et les médias condamnent l'action gouvernementale lorsqu'une intervention échoue, lui reprochant d'en avoir trop fait. Elles le critiquent également lorsque les détentions durent en longueur, l'accusant de ne pas en faire assez. Par contre, trop souvent, la part de responsabilité des « kidnappés » dans leur enlèvement est occultée (Irak, Thanit, etc.) et les coûts que génèrent les efforts pour leur libération sont systématiquement passés sous silence. Il convient une nouvelle fois de rappeler que face aux preneurs d'otages, seule la fermeté donne des résultats (1). La négociation, c'est la concession. Lorsqu'un gouvernement paie pour libérer des otages, il ne fait que perdre sa crédibilité et renforcer les moyens des terroristes. Il entretient également leur volonté de poursuivre leurs kidnappings, puisque cela marche et que cela rapporte.

 

C'est pourquoi, il est indispensable de manifester clairement notre détermination à ne pas céder. L'intervention contre les ravisseurs d'Antoine de Léocour et de Vincent Delory était nécessaire et légitime, malgré son issue malheureusement funeste pour nos deux compatriotes; et les terroristes ont été mis en échec. Il est complètement déplacé d'y voir un acte irréfléchi des hautes autorités. Le sacrifice des deux jeunes gens n'a jamais été la volonté du gouvernement dans cette affaire, quoi qu'en disent certains esprits égarés.

 

Afin d'assurer la protection de nos compatriotes installés dans les pays du Sahel, il n'est pas possible de laisser les enlèvements se multiplier sans réagir. Il est devenu essentiel de mettre un terme aux actions d'AQMI, ce que ne sont pas capables de faire, seuls, les Etats de la région. C'est la tâche à laquelle s'attellent, chaque jour, le ministère des Affaires étrangères, la DGSE, le Commandement des opérations spéciales et les unités du renseignement militaire, au Sahel, mais aussi en Afghanistan et en Somalie. Cette mission est d'une grande complexité et n'est malheureusement pas toujours couronnée de succès.

 

L'opération du 8 janvier dernier à échoué à libérer nos otages, mais elle a eu un impact très significatif sur les pays de la région qui ont été dopés par la détermination de la France à combattre les terroristes et se mobilisent davantage dans cette lutte. La récente intervention médiatique d'Ussama Ben Laden contre les autorités françaises est la preuve que notre action, en Afghanistan comme au Sahel, dérange les terroristes.

 

 (1) Voir à ce titre l'interview de Jean-Christophe Ruffin, « Face aux preneurs d'otages, seule la fermeté paie », Le Figaro Magazine, 15 janvier 2011, pp. 36-39.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives