15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 17:03
"HOMMAGE AUX FEMMES DE NOS SOLDATS". UN NOUVEAU GROUPE EST NÉ SUR FACEBOOK

5.jpg    C’est au Quartier Corbineau, implantation du 402e Régiment d’Artillerie de Châlons-en-Champagne, que le Ministre de la Défense, Hervé MORIN, est venu rendre, aujourd’hui, les honneurs militaires ainsi qu’un dernier hommage au Capitaine Fabrice ROULLIER et au Sergent-Chef Mathieu TOINETTE. Le Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chef d’État-major de l’Armée de Terre (CEMAT) ainsi que les familles des deux militaires étaient présents.

Hommage-2-402e-RA.jpgLe Quartier Corbineau, vendredi 15 janvier au matin (source photographique - Ministère de la Défense)

    Lundi, dans le village d’Alasay, les deux hommes qui faisaient partie d’une OMLT épaulant une unité de l’ANA, furent engagés dans un combat. Alors que le sous-officier fut le premier touché, le Capitaine ROULLIER, se portant à son secours, fut à son tour mortellement atteint. Il devait décéder le lendemain. À titre posthume, le Capitaine ROULLIER fut promu Lieutenant-Colonel, et le Sergent-Chef TOINETTE, Adjudant. Tous deux reçurent les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. Rappelons également qu’au lendemain de ces deux décès, le Maréchal des logis Harouna DIOP du 517e Régiment du Train fut lui aussi tué par un IED.

Hommage-402e-RA.jpg(Source photographique - Ministère de la Défense)

    Les hommages se succèdent donc, et ils ne cesseront avant longtemps tant le conflit afghan s’inscrit-il dans la longue durée. Neuf années déjà, et l’on ne voit pas encore l’issue. Ces hommages particulièrement visibles, relayés quasiment en temps réel notamment par notre blog, ne doivent cependant pas être compris comme une faiblesse, alors que dans le même temps le décompte des Talibans abattus ainsi que leur visage nous restent inconnus.

    Il est vrai que si le “body count” a fini par miner le moral de l’opinion publique américaine qui finissait par voir davantage ses propres morts que ceux de l'ennemis durant la Guerre du Vietnam, il est aussi un révélateur du prix que nos démocraties accordent à la vie humaine. Un prix qui nous distingue très certainement de nos ennemis en Afghanistan, mais qui ne doit pas entamer notre détermination à poursuivre le combat. D’où l’urgente nécessité à renforcer la solidarité et la cohésion de la Nation autour des forces armées, quelles que soient les décisions politiques qui sont et seront prises.

    Le blog “Défense et Démocratie” est ainsi entièrement tourné vers cet autre combat qu’est la refondation du lien Armée-Nation. Alors que nous avions relayé notre message et notre action sur le site de réseautage Facebook, à travers le groupe “SOUTENEZ NOS FORCES ARMÉES”, voilà que nous avions ressenti le besoin d’essaimer et de créer un deuxième groupe émanant du premier, un groupe plus spécifiquement consacré “aux Femmes de nos soldats”.

    Les monuments aux morts, comme les hommages rendus à nos soldats, ne cessent depuis plus d’un siècle de nous rappeler la geste héroïque des combattants français de toutes les guerres, celles gagnées ou celles perdues. Mais alors que le nombre de nos soldats tués et blessés en Afghanistan continue d’augmenter mécaniquement du fait de l’accroissement des troupes sur ce théâtre d’opérations, du fait de l’intensification des combats, du fait que l’on ne peut gagner les coeurs des Afghans sans se rapprocher du terrain avec tous les risques que cela comporte, nous avons trop souvent tendance à oublier ces autres héros que sont les femmes qui partagent la vie de nos militaires, et souffrent en silence.

    Nous oublions, trop souvent, que derrière chaque HÉROS se tient une HÉROÏNE. À chaque balle qui frappe, à chaque IED qui tue ou mutile, c’est le commencement d’une souffrance infinie pour celle qui est restée, alors que l’autre s’en est allé, brutalement emporté et toujours trop tôt.

    Dans une société où les Forces armées se sont professionnalisées et spécialisées, le risque est grand de ne vouloir voir désormais en chaque militaire qu’un technicien de la guerre qui s’est engagé “pour cela” ou qui “est fait pour cela.” Combien de fois n’entendons-nous pas le poncif selon lequel “ils se sont engagés en connaissance de cause, ils devaient s’y attendre…” mais comment dire une telle chose à une mère, une épouse ou une soeur d'un soldat qui vient de mourir?

    Certes, l’absence d’humanité peut aussi guetter en démocratie, et le cas Nadia MOREL l’illustre bien. Mais pour l’immense majorité de nos concitoyens, y compris ceux qui désapprouvent le conflit afghan, il y a des choses que l’on ne peut dire ne serait-ce que par pudeur devant le spectacle de la détresse et du désespoir né de la perte du mari, du fils ou du frère. En ce sens, les “Femmes de nos soldats” sont porteuses d’une humanité qui nourrit un lien essentiel entre notre monde de confort et de sécurité et celui de la guerre et de ses risques mortels.

    Ce deuxième groupe viendra donc enrichir toutes ces initiatives, qui se développent sur Facebook mais aussi ailleurs. Des initiatives qui montrent combien le lien entre la Nation et son Armée peut être encore vivant. Émanation du groupe “SOUTENEZ NOS FORCES ARMÉES” avec lequel il est étroitement lié, “Hommage aux FEMMES de nos soldats” s’en distingue afin de mieux dire toute la place que l’on devrait faire à ces femmes qui, par amour, ont adhéré à l’engagement si particulier de leur mari ou de leur compagnon.

    Ce nouveau groupe est donc dédié aux mères, aux épouses, aux compagnes, aux soeurs. À celles qui savent plus que tout autre ce que c’est que de donner et de construire la Vie. Celles qui voient partir, qui attendent et qui prient. Celles qui espèrent tout en continuant à affronter seules les difficultés du quotidien. Celles qui subissent et acceptent à jamais le sacrifice de l’autre.

NB – Ce soir, la chaîne France 4 rediffuse un documentaire de Gaël LEIBLANG, “La meilleure façon de marcher. Engagez-vous!” (2006), qui retrace les premiers pas de quatre jeunes dans l’institution militaire.

Hommage aux FEMMES de nos soldats
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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 15:08
Convoi-logistique.jpg Convoi logistique en Afghanistan (source photographique: Ministère de la Défense)
  
    Le Ministère de la Défense vient d’annoncer la mort d’un sous-officier du 517e Régiment du Train, tué par un IED alors qu’il escortait un convoi logistique du 5e Kandak de soutien de la 3e Brigade du 201e Corps de l’ANA. Le convoi - encadré par une OMLT elle-même constituée de spécialistes du Train, du service de Santé, des Transmissions et du Génie - circulait entre Pol E-Charki et Tagab et devait passer ce matin par Nijrab et Bagram. Deux autres soldats ont été blessés durant l'embuscade, mais ils sont actuellement hors de danger.

MDL Harouna DIOP(Source photographique - Secret Défense)

    Le Maréchal des logis (Sergent) Harouna DIOP avait 40 ans. Il était marié et père de six enfants. C’est le troisième militaire français tué en Afghanistan depuis lundi.

    Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille, et nous l'assurons de notre plus vif soutien.

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 10:03
Patrouille.jpgPatrouille française dans un village afghan. La patrouille d'hier matin était composée d'une trentaine de combattants de l'ANA, épaulés par 7 militaires d'une OMLT française (source photographique - Ministère de la Défense)
   
    Dépêche Le Monde-AFP/9.00 - Comme nous le redoutions, nous venons d'apprendre le décès de l'officier qui fut, hier matin, grièvement blessé dans le village d'Alasay au cours d'une embuscade où fut tué le Sergent-chef Mathieu TOINETTE du 402e RA. Le Capitaine Fabrice ROULLIER (39 ans) de la 1ère Brigade mécanisée est le 38e militaire français tombé en Afghanistan.

    "Défense et Démocratie" se joint à la douleur de cette deuxième famille et lui réaffirme son soutien plein et entier.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 18:51
UN 37e SOLDAT FRANCAIS TUÉ AU COMBAT

Mathieu-TOINETTE.jpegLe Sergent-chef Mathieu TOINETTE avait 27 ans (source photographique - Secret Défense)
   
    Les cérémonies traditionnelles de voeux ne pourront faire oublier que la guerre, elle, continue sans trêve aucune. Ainsi, depuis le 1er janvier, ce sont 15 soldats de la coalition qui sont tombés au cours de combats et d'embuscades en Afghanistan, soit un soldat toutes les 24.00 (si ce n'est un peu plus) à compter jusqu'à ce jour.

    La seule journée de ce lundi a vu la mort de 4 militaires de l'OTAN (3 soldats américains et 1 Britannique), et l'accrochage d'une OMLT (Operational Mentoring Liaison Team) française en soutien au 32e Kandak (1) de la 3e Brigade du 201e Corps de l’ANA, est venu alourdir ce bilan. L'OMLT est tombée, ce matin, dans une embuscade alors qu'elle se trouvait dans le le village d’Alasay, principale agglomération de la vallée d’Alasay en Kapisa. Au cours du combat, un Sergent-chef du 402e Régiment d’Artillerie – exerçant la fonction d’infirmier – a été tué.

    Un Capitaine de la 1ère Brigade mécanisée, grièvement blessé, a été héliporté jusqu’à la base américaine de Bagram où se situe l’hôpital militaire le plus important de la région. L’officier est, actuellement, entre la vie et la mort.

    Le blog “Défense et Démocratie” exprime ses condoléances aux proches du sous-officier, qui était célibataire, et réaffirme son soutien moral à tous les soldats engagés sur le théâtre d'opérations afghan ainsi qu'à leur famille.

    Avec 3300 hommes directement engagés en Afghanistan - 3750 sur l'ensemble du théâtre d'opérations -, la France est le quatrième contributeur à la coalition internationale qui tente de rétablir la sécurité et la paix dans ce pays et, au-delà, stabiliser une région du monde où terrorisme et risques nucléaires se conjuguent dangereusement. Depuis décembre 2001, ce sont 37 militaires français qui ont payé de leur vie ce combat.

(1) Un Kandak désigne un bataillon afghan.

Patrouille franco-afghanePatrouille conjointe franco-afghane (source - Ministère de la Défense)

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 17:51
AU 3e RIMa DE VANNES, LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ADRESSE SES VOEUX AUX FORCES ARMÉES

Nicolas-SARKOZY--Vannes---2010-.jpg
    Ce vendredi 8 janvier 2010 fut la journée des voeux présidentiels aux Forces armées. Nicolas SARKOZY était, pour l’occasion, accompagné d’Hervé MORIN, Ministre de la Défense (1), d’Hubert FALCO, Secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, et du Général d’Armées Jean-Louis GEORGELIN, Chef d’État-major des Armées.

    La cérémonie des voeux présidentiels s’est déroulée au 3e RIMa de Vannes (Morbihan), une unité éprouvée par des pertes humaines en Afghanistan en 2009. Nicolas SARKOZY a réaffirmé l’important engagement français en Afghanistan (plus de 3700 hommes à l’heure actuelle). Cet engagement est justifié, même si le Président s’est gardé d’annoncer l’envoi de renforts comme le réclame Washington depuis plusieurs mois. Le jeudi 28 janvier prochain se tiendra, en effet, une conférence internationale particulièrement importante à Londres, où sera vraisemblablement annoncée la décision ou non d’envoyer de nouveaux renforts en Afghanistan. Le Président de la République a, cependant, redit que l’objectif restait la protection et la stabilisation de la société afghane “dans le cadre d'un pays souverain, stable, en paix, acteur du dialogue international”. Par conséquent, s'il n'est pas encore d'actualité d'envoyer des renforts, il est hors de question de se retirer d'Afghanistan.

    Les voeux présidentiels ont été également l’occasion de défendre la réforme de la carte militaire, dont l’ampleur suscite de profondes inquiétudes. Lancée en 2008, généralisée en 2011, cette réforme aboutira a une transformation inédite du déploiement de nos forces armées sur l’ensemble du territoire national. 83 casernes et bases seront supprimées dont 11 bases aériennes et 1 base aéronavale. Nicolas SARKOZY a justifié cette réorganisation majeure par le soucis de réaliser des économies qui seront directement réinvesties dans la modernisation des équipements de nos soldats.

    Exprimant sa reconnaissance pour nos 10 000 militaires déployés dans le monde entier (Afghanistan, Liban, Côte d’Ivoire, Kosovo, et au large de la Somalie principalement), le Président a souligné la spécificité du métier des armes dont les risques mortels constituent le “prix de l’héroïsme militaire”. Et c’est cet héroïsme qui, selon Nicolas SARKOZY, fait de l’engagement militaire “un engagement à nul autre pareil” qui “distingue les faits d’armes des faits divers.”

    Cette distinction entre la notion de héros et celle de victime dans le discours présidentiel - distinction que nous ne cessons de souligner dans nos interventions - ne pourra manquer de nous rappeler que le 3e RIMa fut, aussi, le régiment insulté au mois d’octobre dernier par une élue locale - Nadia MOREL - refusant de rendre hommage aux soldats tombés en Afghanistan.

(1) Voir la vidéo des voeux 2010 du Ministre de la Défense, Hervé MORIN.

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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 09:27
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    Voeux du Général (2S) AUZANNEAU

    La Maison du Combattant et du Citoyen et son Président, le Général (2S) Serge AUZANNEAU adressent leurs vœux de bonne et heureuse année 2010 à tous les utilisateurs du blog «Défense et Démocratie» ainsi qu’aux animateurs.

    Ils se joignent à vous pour rendre hommage à nos Forces armées et aux personnels civils et militaires qui y servent. Ils assurent, où qu’ils se trouvent, la Défense de la France et de nos valeurs qui font l’humanisme Français: la liberté, l’Égalité, la Fraternité, la Laïcité. Avec l’Europe et les pays de l’OTAN ils défendent la Paix dans le monde et la Démocratie.

    Nous nous inclinons devant ceux qui sont tombés et devant la douleur de leurs proches. Ils ont droits à la reconnaissance de la Patrie. Mais nous nous souviendront des paroles de Churchill à la veille de la Seconde Guerre mondiale: « Ils ont voulu la paix au prix du déshonneur. Ils ont eu le déshonneur puis ils ont eu la guerre. » (1)

(1) Cette citation célèbre de Winston S. Churchill désignait les pacifistes et, notamment, ceux qui avaient soutenus les accords de Münich (septembre 1938), pensant sauver la paix au prix de l'abandon de la Tchécoslovaquie face à Adolf HITLER.

Chasseurs du 27e BCAChasseurs du 27e BCA en Afghanistan

    Voeux de l’Enseignant Défense

    L’Enseignant Défense du Lycée Galilée de Combs-la-Ville présente, au nom du blog “Défense et Démocratie”, ses meilleurs voeux à tous nos militaires (Terre - Air – Mer) ainsi qu’à leurs familles.

    Il n’appartient pas à la condition humaine de pouvoir dire de quoi seront faits les temps futurs, à commencer par la nouvelle année. Nous ne pouvons que souhaiter que 2010 épargne au mieux nos soldats engagés sur les théâtres d’opérations les plus dangereux, sachant qu’il n’y aura jamais d’opérations de guerre sans pertes ni drames humains.

    D’emblée, nos voeux de soutien et de réconfort moral les plus sincères sont et seront toujours renouvelés que ce soit aujourd’hui ou demain ou après-demain auprès de nos soldats, de leurs parents, épouses, compagnes et enfants.

    L’Enseignant Défense présente également ses meilleurs voeux aux partenaires du pôle relais Défense du Lycée Galilée, qui participent directement à ses actions éducatives, et l'aident à donner une substance au lien Armée-Nation: la Maison du Combattant et du Citoyen du Général (2S) AUZANNEAU, le CCACR du Capitaine de vaisseau (R) GAUROY et l'AOR de la région de Melun du Chef d'Escadrons (H) COLOMBANI.

    Mes voeux de bonne année aussi à la communauté du Lycée Galilée, Madame la Proviseure et Madame la Proviseure adjointe, les enseignants et l'ensemble du personnel administratif et technique. Aux élèves et plus particulièrement à ceux qui présenteront l’examen du Baccalauréat en juin 2010. Et puis pour finir, je souhaite une bonne année avec un petit clin d’oeil à celles et ceux qui me supportent directement, mais qui me le rendent si bien à travers leurs copies mal rédigées, leurs taquineries diverses et leurs discussions de jeux vidéos et autres…

    Mes voeux les plus sincères à tous pour l’année 2010.

Camp Bastion (Afghanistan) - Vendredi 25 décembre 2009Soldats britanniques à Camp Bastion (Afghanistan) le vendredi 25 décembre 2009 (source photographique - Le Figaro)

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 12:15
LECTURES DE VACANCES, LECTURES AFGHANES

    Popularisées par le cinéma, les forces spéciales de la Marine des États-Unis - les US Navy SEALs - ont pour équivalent nos commandos Marine et nos nageurs de combat. Ce sont des combattants d’élite, d’un très haut niveau tactique et technique, capables également d’expertise sur le terrain en étant immergés au sein de populations hostiles comme c’est le cas en Irak ou en Afghanistan.

Le-survivant.gif
    Marcus LUTTRELL fut l’un d’entre eux, et dans un livre co-écrit avec l’écrivain Patrick ROBINSON, paru aux États-Unis en 2007, il raconte son histoire et celle de la SEAL Team 10 engagée en Afghanistan en 2005. Les faits sont véridiques et valurent à son auteur une renommée mondiale. “Lone survivor” - en français “Le survivant” (1) – fut un best-seller dès sa sortie, l’année même où LUTTRELL se retira du service actif de la Navy.

    Né en 1975 dans une famille texane, patriote et élevé dans les valeurs de l’American spirit, Marcus LUTTRELL est un solide gaillard qui, dès sa prime jeunesse, s’habitue à une vie d’épreuves physiques qui l’amène à s’engager dans la Marine américaine, en 1999, avec le rêve de pouvoir rejoindre un jour l’élite des forces spéciales: les Navy SEALs.

    Ce rêve se réalise au prix d’une formation physique et mentale d’une dureté extrême, qui marque LUTTRELL à vie et occupe près de la moitié de l’ouvrage. Pendant plusieurs mois, celui-ci endure la formation de base de tous les aspirants SEALs: l’ENDOC et le BUD/S (Basic Underwater Demolition/SEAL school) avec sa redoutée “semaine d’enfer”. C’est au Naval Special Warfare Center de Coronado, une presqu’île située en face de la baie de San Diego (Californie), que s’enchaînent d’éprouvants exercices physiques: courses dans le sable, pompes, abdominaux, ports de charges lourdes (troncs d’arbre, canots…), mais surtout un contact permanent avec la mer. Les candidats s’entraînent en permanence dans et sous l’eau aux limites de la noyade et de l’hypothermie. L’eau doit devenir l’élément naturel de tout SEAL, là où elle constitue un obstacle pour toutes les autres unités de l’armée… Les abandons sont nombreux mais respectés de tous, les instructeurs sont vénérés.
Logo SEALInsigne des US Navy SEALs (le trident)

Marcus LUTTRELLMarcus LUTTRELL (le premier en partant de la droite)

    Au terme de sa formation, Marcus LUTTRELL devient un SEAL (promotion 228), il reçoit son Trident (l’insigne des US Navy SEALs) et sert comme infirmier. C’est un patriote marqué par les attentats du 11 septembre 2001, qui est engagé en opération en Irak d’abord puis en Afghanistan. C’est sur ce dernier théâtre d’opérations que va s’écrire véritablement son histoire.

    En Afghanistan, le travail de LUTTRELL et de son équipe est de traquer à la frontière avec le Pakistan, les groupes de Taliban ainsi que leurs convois logistiques. Le mardi 28 juin 2005, il est héliporté dans les montagnes de l’Hindu Kush, dans la province afghane de Kounar, avec trois autres commandos: le Lieutenant Michael P. MURPHY (chef d'équipe), le 2e classe Matthew G. AXELSON et le 2e classe (?) Danny DIETZ. C’est l’opération Redwing dont l’objectif est l’élimination d’un chef de guerre taliban important: Ben SHARMAK dans le texte, de son vrai nom Ahmad SHAH (2).

    L’opération tourne au désastre. Sur un terrain montagneux extrêmement difficile d’accès, sans couverture végétale pour se masquer, sous des trombes d’eau glaciale la nuit et un soleil écrasant le jour, et alors que leurs communications radio sont coupées, les quatre Navy SEALs sont découverts par trois bergers afghans dont ils sont persuadés qu’ils sont des informateurs talibans. S’engage alors une grave crise de conscience où la logique militaire voudrait que les bergers soient abattus afin de protéger la mission. Mais s'y oppose la logique humaine et morale, où l’absence de certitude pleine d’avoir à faire à des combattants empêche l’exécution des bergers. Ces derniers sont finalement relâchés sur l’avis décisif de Marcus LUTTRELL.

    Dans les heures qui suivent, le commando est repéré et attaqué par une force talibane de 150 combattants environ, peut-être non loin d’un volume de 200 combattants. Encerclés et submergés, les US Navy SEALs vont se battre comme des lions dans un rapport de force de 1 contre 30/35. Afin de mieux saisir ce qu’a pu être leur combat, il nous faut revenir à la bataille de Sper Kunday d’août 2008, où la section Carmin 2 a failli disparaître dans un combat à 1 contre 5… Ce jour-là, aucune force aérienne ne vint au secours des SEALs dans les temps. Tous furent tués à l’exception de Marcus LUTTRELL, blessé, mais qui fut sauvé par des villageois pachtounes en vertu de leur code de l’honneur (le pachtounwali), et plus particulièrement la tradition du lokhay warkawal (l’hospitalité et la protection de l’étranger).

    “Le survivant” est une histoire vraie à plus d’un titre. Dans les faits qu'elle retrace tout d'abord, mais aussi parce que l'on y retrouve cet esprit de camaraderie et de fraternité qui n’existe que dans le monde des soldats et des combattants. Un esprit de cohésion, de solidarité et de droiture (un Navy SEAL ne meurt jamais seul et n'est jamais abandonné par son équipe), que scellent les épreuves d'un entraînement impitoyable ainsi que le sang versé au combat. Au-delà, on y perçoit également le questionnement d’un soldat qui, avec bon sens et dans un langage cru, se demande si son pays est encore en mesure de gagner une guerre. La cause peut être juste, l’arsenal mis à disposition et les hommes choisis pour mener cette lutte peuvent être hors du commun, mais à partir du moment où la société n’accepte plus l’idée même de la guerre, plus aucun conflit ne peut être gagné (3). "Le survivant" est aussi une histoire vraie par l'humanité de ces paysans afghans qu'elle révèle au milieu d'un déchaînement de haine et de violence né d'un véritable choc entre deux civilisations.

    Marcus LUTTRELL est allé, depuis, revoir les familles de ses camarades tués au combat. Il est considéré comme un véritable héros aux États-Unis, et a été décoré de la Navy cross et du Purple heart. Mais au fond de lui-même, il reste un homme rongé et hanté par cette décision d’avoir libéré les trois bergers afghans ce jour de juin 2005.

Équipe du Lieutenant (SEAL) MURPHYMatthew Axelson (premier en partant de la gauche), Marcus LUTTRELL (quatrième en casquette) et Michael MURPHY (sixième). Tous les US Navy SEALs sur cette photographie sont morts au combat en Afghanistan à l'exception de Marcus LUTTRELL

Journal de Kaboul
    Dans un autre registre mais concernant toujours le conflit afghan, vient de paraître “Journal de Kaboul” (4) du Lieutenant-Colonel Geoffroy de LAROUZIÈRE-MONTLOSIER. Dans cet ouvrage, à la fois carnet de bord et récit de voyage, le Colonel de LAROUZIÈRE-MONTLOSIER, qui a été le commandant du Bataillon français à Kaboul (BATFRA), raconte le quotidien des missions de nos soldats en Afghanistan de septembre 2003 à janvier 2004. L’engagement de ces derniers n’est pas aussi spectaculaire que celui de la SEAL Team 10, mais il n’en comporte pas moins nombre de dangers mortels au quotidien, tel que peut nous le rappeler l’extrait que nous reproduisons infra.

    L’auteur, Saint-cyrien de formation, a exercé au sein du commandement de l’OTAN à Naples au lendemain de sa mission afghane. Il est aujourd’hui Professeur au Cours Supérieur d’État-Major (CSEM) de l’École militaire de Paris.

    Extrait de "Journal de Kaboul" (source - Ministère de la Défense)
   
    "Tout autre fut l’après-midi. À 13h30, alors qu’elle recherchait, comme nous, des roquettes pointées sur la ville, une patrouille canadienne a sauté sur une mine, et deux de nos frères d’armes de la Belle Province sont morts. Deux heures plus tard, à la suite de l’explosion d’un engin au passage d’un convoi militaire à Deh-Ya-Kub, sur la route Kaboul-Kandahar, la brigade m’a demandé d’inspecter cette zone située en secteur canadien. Avec l’accord du Repfrance, j’ai envoyé nos deux sous-officiers spécialistes en neutralisation d’explosifs (NEDEX), l’adjudant-chef Gervais et l’adjudant Drécourt – les seuls de la brigade capables de conduire ce type d’opérations compliquées – escortés d’une patrouille blindée, d’un groupe du génie et d’un médecin. L’ensemble était placé sous les ordres du lieutenant Cohelo, chef de la section du génie. Sur les lieux, ils ont repéré une roquette bourrée d’explosif et commandée par un téléphone sans fil. Le lieutenant a fait évacuer le secteur et bloquer la circulation à distance de sécurité, provoquant ainsi un gros embouteillage sur cette route très fréquentée. […] le maréchal des logis commandant la patrouille blindée a tenu tête pendant deux heures à un flot de véhicules et de passants en colère. Il a réquisitionné un Afghan parlant un peu anglais pour lui servir d’interprète auprès des passants qui cherchaient à passer outre ce frêle barrage. Pendant ce temps, les démineurs détruisaient cette saleté de roquette piégée.


    Quand je les ai vus revenir, épuisés, tellement humbles, j’ai pensé que nul autre métier ne suscitait de tels moments."

 


(1) LUTTREL Marcus et ROBINSON Patrick, Le survivant. 28 juin 2005, Afghanistan. Province de Kounar. Opération Redwing. L’histoire vraie et dramatique d’un commando de Navy SEAL infiltré au cœur des montagnes talibanes, Paris, Nimrod, 2009, 352 p.

(2) Ahmad SHAH échappa à l'opération Redwing, qui fut donc un échec. Il fut cependant abattu par l'armée pakistanaise en avril 2008.

(3) L'auteur s'en prend essentiellement à un type de médiatisation systématiquement négative des actions militaires, et à une classe politique que l'on devine facilement comme étant de sensibilité démocrate. Cependant, plusieurs passages de son livre décrivent un spectaculaire élan de solidarité (notamment à l'annonce de la mort supposée des quatre Navy SEALs) et de générosité, qui reflète la vigueur réelle d'un patriotisme profondément ancré dans la société américaine.

(4) de LAROUZIÈRE-MONTLOSIER (Geoffroy), Journal de Kaboul, Éditions Bleu autour, 2009, 202 p.

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 08:52
L'AFGHANISTAN ET NOUS, 2001-2009

UNE EXPOSITION DU MUSÉE DE L'ARMÉE

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Depuis le 31 octobre dernier, se tient au Musée de l’Armée (Hôtel des Invalides) une exposition photographique sur l’Afghanistan. Cette exposition est réalisée à partir de 170 photographies provenant de l’Agence Seven et du fonds de l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD).

    Elle tente de donner un éclairage sur les réalités économiques et sociales afghanes, les bouleversements liés à un conflit de plusieurs décennies, la réalité également de l’engagement de la coalition internationale ainsi que celle de la difficile reconstruction de l’État afghan.

    Les 14, 15 et 16 janvier prochains aura lieu toute une série de tables rondes, qui permettront un échange entre les photo-reporters et les spécialistes de ce conflit.

    L’exposition “L’Afghanistan et nous 2001-2009” se tiendra jusqu’au 26 février 2010.

    Informations pratiques

* Le Musée de l’Armée est ouvert tous les jours de 10.00 à 17.00 sauf le 1er lundi du mois et le 1er janvier.

* Tarifs – 7 €. Gratuit pour les –18 ans.

* Le catalogue de l’exposition – “L’Afghanistan et nous 2001-2009”, Éditions Nicolas Chaudun, 256 p, 27 €.

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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 19:24
DOCUMENTAIRE

A L'ÉCOLE DES PILOTES DE CHASSE DE L'AÉRONAVALE

Appontage RafaleAppontage d'un Rafale sur le porte-avions Charles de Gaulle
   
    La chaîne de télévision France 4 diffuse durant ces vacances scolaires un double volet documentaire sur le recrutement et la formation des pilotes de l’Aéronavale (1): "À l'école des pilotes de chasse de l'Aéronavale". Les deux premières émissions ont déja été diffusées le mardi 22 décembre dernier, mais deux autres émissions sont programmées pour le lundi 28 à partir de 20.35, ainsi que le vendredi 1er janvier 2010 à partir de 22.05.

    Ce documentaire en quatre parties a été réalisé en 2009 par Bruno SEVAISTRE et Pascal CRESEGUT. Il nous montre le parcours de quatorze jeunes hommes, candidats pour devenir pilotes de combat dans l’Aéronavale. En d'autres termes, ce qu'il y a de plus haut dans le monde des pilotes de chasse. De l’engagement jusqu’à la consécration (2), la promotion “Bravo 2009” doit affronter des épreuves théoriques et pratiques dont la difficulté va en s'accroissant.
Tous rêvent de pouvoir, un jour, piloter le fleuron de nos forces aériennes: l’avion Dassault Rafale.

    Des élèves m’ayant depuis le début de l’année fait part de ce rêve de pouvoir voler un jour à bord d’un avion de chasse, je ne peux que leur recommander vivement le documentaire de Bruno SEVAISTRE et de Pascal CRESEGUT, qui montre bien l’évolution pas à pas des candidats pilotes depuis leur incorporation. Ces derniers sont tous issus de formation scientifique, généralement le baccalauréat S, mais des filières plus techniques telles que STI peuvent aussi y mener. Contrairement à une idée reçue le passage par une classe prépa scientifique n'est pas un préalable obligatoire, quand bien même cela peut-il aider grandement par la suite. En revanche, un bon niveau en anglais, un mental solide, et un goût de l’effort éprouvé au sein d’une formation technique particulièrement exigeante, sont indispensables.
En fait, quatre candidats de Bravo 2009 seulement parviendront à franchir les premiers mois de la sélection, dont un seul véritablement pourra poursuivre le cursus à l'École de l'Air de Salon-de-Provence.

    La formation pour devenir pilote de combat dans l'Aéronavale est très longue. Elle s'étend de quatre à six années, et c'est là que résidait l'une des grandes difficultés du documentaire: comment montrer six années de formation avec les mêmes individus, sachant que la plus grande partie d'entre eux seront éliminés entre temps. L'émission est, donc, entrecoupée de témoignages de candidats pilotes plus avancés dans le cursus afin de pouvoir restituer toutes les grandes étapes de la formation d'un pilote de l'Aéronavale. Ainsi, les candidats de la promotion "Bravo 2009" sont-ils essentiellement suivis lors des premiers mois d'une sélection impitoyable sur la base de Lanvéoc-Poulmic à bord d'avions Cap 10.

T45.jpgAvion d'instruction T 45 appontant sur le porte-avions USS John Fitzgerald Kennedy (CV 67). On distingue la crosse d'appontage que le pilote déploie au dernier moment, et qui permet d'accrocher un câble d'arrêt tendu à travers le pont pour freiner l'avion. Le USS Kennedy a été retiré du srvice actif en 2007.

    Très rapidement, cependant, le propos des réalisateurs nous emmène aux États-Unis, où les aînés de "Bravo 2009", ceux ayant réussi à intégrer l'École de l'Air pour se spécialiser dans la formation de pilote de chasse, vont se perfectionner au sein d'un cursus commun avec les candidats pilotes de l'US Navy et du Corps des Marines. Puissance aéronavale unique au monde depuis la Deuxième Guerre mondiale, disposant actuellement de onze porte-avions en service opérationnel, les États-Unis ont, en effet, développé un savoir-faire inégalé en matière de formation de ce type de pilotes. D'emblée, les meilleurs pilotes de l'Aéronavale au monde sont américains. C'est à la Naval Air Station (NAS) Meridian (3), dans le Mississippi, et à bord d'avions à réaction T 45 Goshawk, que les jeunes officiers français perfectionnent leur pilotage et, fait essentiel pour des pilotes de l'Aéronavale, apprennent à apponter pour la première fois sur porte-avions. 300 appontages sont  d'abord effectués en simulateur avant de réaliser le premier sur le USS Carl Vinson (CVN 70) (4).

    On l'aura donc compris, être pilote de chasse est l’une des formations militaires les plus sélectives et les plus difficiles. Mais être pilote de l’Aéronavale signifie faire partie des meilleurs parmi les meilleurs. Si tous les pilotes de l’Aéronavale disposent des mêmes compétences que celles des pilotes de l’Armée de l’Air, l’inverse n'est pas le cas. Comme dans l'Armée de l'Air, un pilote de l'Aéronavale est avant tout un militaire avant d'être un pilote, avec toutes les contraintes inhérentes au métier des Armes. Il est également un marin ayant une connaissance spécifique des contraintes relatives à l'environnement maritime que l'on ne trouve pas à terre. Ainsi, décollage et appontage sur un porte-avions font partie des manoeuvres les plus redoutées pour tous les pilotes. Même pour les plus grands porte-avions (ceux de la classe Nimitz par exemple), vu du ciel le pont paraît toujours très petit… Un pilote de l’Aéronavale ne dispose que de quelques dizaines de mètres pour réussir à décoller ou apponter sur une surface instable du fait du roulis et du tangage.

Arabian-sea-6---April-2007.jpg"Touch and go" d'un avion Rafale du Charles de Gaulle sur le porte-avions américain USS John C. Stennis (CVN 74)  le 12 avril 2007. Les deux porte-avions manoeuvrent depuis plusieurs mois dans le Nord de la mer d'Arabie afin d'assurer le soutien des troupes au sol en Afghanistan. Le mois suivant, le porte-avions français sera immobilisé de longs mois à Toulon pour y subir des réparations lourdes (IPER). Il ne pourra être remplacé faute d'un deuxième porte-avions disponible. Jusqu'en 2009, ce sont nos alliés américains qui permettront à nos pilotes de s'entraîner périodiquement sur leurs porte-avions. Le pont d'un porte-avions américain est, cependant, beaucoup plus long: 330 m en moyenne pour 260 m pour le Charles de Gaulle. Plus particulièrement la piste oblique - celle sur laquelle les appontages se réalisent -  qui mesure 243 m pour les premiers et 203 m pour le second. Il est aussi à noter que la longueur des catapultes américaines est de 90 m pour 75 m sur le Charle de Gaulle. L'évaluation de la distance et de la vitesse d'approche sont donc différentes, même si ce qui compte demeure, avant tout, l'alignement par rapport au miroir quel que soit le porte-avions (Source photographique: US Navy).

HUD-F-18.jpgAppontage d'un chasseur américain F 18 Hornet vu du Head-up display (HUD)

    On comprendra que les réflexes à la seconde près jouent énormément. La piste d'aterrissage pour un pilote de l'Aéronavale bouge du fait de la houle, mais elle est également mobile du fait de la vitesse de marche du porte-avions. Un double paramètre qui exige une précision hors du commun dans la manoeuvre de l'appareil, et qu'un pilote de l'Armée de l'Air ne connaît pas car les pistes terrestres sont longues de plusieurs kilomètres et sont des infrastructures par définition immobiles. D’où la nécessité, pour les pilotes de l’Aéronavale, de s’entraîner en permanence. Une flottille qui ne s’entraîne plus perd rapidement son savoir-faire, au même titre que les équipes travaillant autour des avions, notamment en ce qui concerne le catapultage et la préparation des missions. C’est le problème majeur qui s’est posé lors de la longue immobilisation (IPER) de notre unique porte-avions de 2007 à 2009: à savoir comment continuer à assurer le niveau de qualification de nos pilotes et de leurs équipes.

    Dans le même ordre d’idée, disposer d’une force aéronavale signifie la capitalisation d’un savoir-faire complexe aussi bien en matière technologique (aéronautique comme maritime), technique, qu’en matière de formation et d’entraînement des hommes, à commencer par les pilotes. Ceci ne peut s’improviser du jour au lendemain, et il faut de longues années – et de très coûteux moyens – pour mettre sur pied ce type de force navale.

Charles-de-Gaulle.jpgLe porte-avions Charles de Gaulle (à droite) réalisant un exercice avec le porte-avions américain USS Enterprise (CVN 65) en 2007. La différence de taille des ponts d'envol est particulièrement nette sur cette photographie (source photographie - US Navy)

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(1) L'année 2009 correspond au 100e anniversaire de l'Aéronavale.

(2) Cf. "Charles de Gaulle. Six appontages pour une qualif", in Cols bleus, n° 2931 du 12 décembre 2009. La consécration réside en
la qualification d'appontage sur le porte-avions Charles de Gaulle (6 appontages réussis), et l'intégration d'emblée dans un groupe aérien embarqué. C'est cette longue formation qui aboutit en conclusion du documentaire avec l'expérience d'Edgar qui obtient sa qualification et son indicatif pilote opérationnel dans la flottille: "Schuler".

(3) La deuxième grande base d'entraînement des pilotes de l'US Navy est la NAS Kingsville au Texas.

(4) Le USS Carl Vinson est le porte-avions vedette du film mythique de Tony SCOTT, "Top gun" (1986).

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 17:01
JOYEUX NOEL 2009

Christmas tree

    Le blog “Défense et Démocratie” souhaite un très joyeux Noël à nos soldats, nos marins et nos aviateurs. À toutes celles et tous ceux qui participent à la défense de notre Démocratie et de ses valeurs.

    Partout dans le monde et sur tous les océans, nos militaires sont présents pour défendre la paix, le respect du droit international, aider d’autres peuples à trouver le chemin de l’État de droit, garantir nos intérêts.

    Notre pensée, toujours forte à l’endroit des soldats éloignés de chez eux et de leur pays, le sera aussi - et en particulier - pour les familles endeuillées en Afghanistan et au Liban. À ces familles dont c’est le premier Noël privé du mari, du compagnon, du père, du frère ou du fils tombé en 2009, nous disons notre compassion, et notre plus sincère affection. Merci.

    Notre hommage ne tient pas en une minute de silence, il est permanent.

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