24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 09:06

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Anne-Catherine DAVID, épouse d'un officier, cultive une passion: le théâtre. En 2011, à Draguignan, elle a fondé la compagnie du Moral des troupes qui, depuis, s'est produite à plusieurs reprises avec succès. Professeur d'Arts plastiques et de Théâtre à l'origine, elle écrit avec talent ses propres pièces. Lundi 3 juin 2013, à l'École militaire de Paris (amphithéâtre Foch), elle présentera sa dernière production: "Vilaines filles". L'entrée est de 15 €, et les bénéfices iront à l'association Terre fraternité ainsi qu'à la CABAT en soutien à nos blessés de guerres et aux familles des soldats tombés en opération. N'hésitez pas à relayer le plus largement cette information.


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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 11:15

Reinhard-HEYDRICH.jpg

Reinhard HEYDRICH dans son bureau au siège de la GESTAPO

 

Il y a 80 ans, par décret du 26 avril 1933, Hermann GOERING (1893-1946) créait la Geheime Staatspolizei plus connue sous la forme de son adresse postale – GESTAPO -, qui allait bientôt devenir en Allemagne, mais aussi dans toute l’Europe, le sinistre symbole de l’État policier nazi. Geheime Staatspolizei signifie “police secrète”, l’adjectif “secrète” pouvant aussi être traduit par “privée”. De fait, la GESTAPO fut, dès ses origines, une police spécifiquement politique (et non criminelle) au service du parti national-socialiste, si ce n’est au service de son seul maître. En charge de la traque et de l’élimination de tous les opposants au régime nazi, la GESTAPO élargira son champ d’action durant la guerre en participant directement à la Solution finale. L’Amt IV B 4 - sous la direction du SS Obersturmbannführer Adolf EICHMANN (1906-1962) - en charge de la traque des Juifs dans toute l’Europe occupée, de leur arrestation et de leur acheminement en Pologne, était un service de la GESTAPO à part entière.

 

En 1933, la création de la GESTAPO ne concernait que l’État et la police les plus importants d’Allemagne: la Prusse. Son premier directeur fut Rudolf DIELS (1900-1957), un protégé de GOERING qui fit rapidement les frais de la rivalité entre ce dernier et le puissant chef de la SS, Heinrich HIMMLER (1900-1945), un an plus tard. À partir d’avril 1934, la GESTAPO entre dans l’orbite de la SS et installe son siège au 8 Prinz-Albrecht Strasse à Berlin. Le Reichsführer SS HIMMLER devait faire de la GESTAPO l’instrument d’une répression de la plus redoutable efficacité. Étendant désormais son champ d’action à l’ensemble de l’Allemagne, il l’organise selon le modèle de la SS, et l’intègre au sein de l’Office central de la sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt ou RSHA). Cette intégration est d'importance, car le RSHA va permettre l'unification de l’ensemble des polices allemandes aux côtés de la GESTAPO: KRIPO (Kriminalpolizei), ORPO (Ordnungspolizei), SIPO (Sicherheitspolizei).

 

Le RSHA - dont la GESTAPO est l'un des sept départements (Amt IV) - est dirigé par le SS Obergruppenführer Reinhard HEYDRICH (1904-1942), un homme aussi intelligent que froid et dénué de tout sens moral. Placée sous le commandement du SS Gruppenführer Heinrich MÜLLER (1900-1945), subordonné direct de HEYDRICH, la GESTAPO reçoit pour missions d’éliminer toute opposition politique en Allemagne et dans les territoires occupés, de s’occuper de la “Question juive” (1), d’assurer le contre-espionnage et la police des frontières. HEYDRICH était donc à la tête d'un immense empire policier, que ses talents d'organisateur rendirent redoutable à tous les ennemis réels et supposés du Reich nazi. Éliminé par la résistance tchèque en mai 1942, il fut remplacé par le SS Obergruppenführer Ernst KALTENBRUNNER (1903-1946) qui, sans égaler son intelligence, hérita de ce terrible instrument de répression.

 

Symbole de la terreur absolue qu’un État peut imposer à sa population, la GESTAPO a permis la “mise au pas” (Gleichschaltung) rapide de la société allemande, ainsi que l’instauration d’une répression suffisamment efficace pour empêcher toute résistance – hormis de rares exceptions – jusqu’à la fin de la guerre. Surtout, son nom est resté synonyme dans toute l’Europe d’arrestations, de disparitions, de tortures et de meurtres pour des millions de personnes de 1939 à 1944.

 

(1) La responsabilité des territoires occupés et de la “Question juive” faisait que la GESTAPO contrôlait en grande partie les Einsatzgruppen: ces quatre unités de tuerie mobile responsables de ce que le Père Patrick DESBOIS a appelé la “Shoah par balles”. Les 3000 hommes des Einsatzgruppen A, B, C et D étaient essentiellement issus des rangs de la GESTAPO, de la KRIPO et du SD, tous trois appartenant au RSHA et dépendant plus largement de la SS. S’ajoutaient des éléments de l’ORPO (la police régulière allemande) et des auxiliaires locaux.

 

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Le quartier général de la GESTAPO au 8 Prinz-Albrecht Strasse À Berlin

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 10:38

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À l’occasion de la Journée Nationale du Réserviste, et avec le soutien actif des Délégations Militaires Départementales (DMD) de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne, le Trinôme académique de Créteil a lancé la deuxième édition du Rallye citoyen le jeudi 4 avril 2013. Organisée sur les sites du Fort-Neuf et du Château de Vincennes, cette rencontre dura une journée entière au cours de laquelle 136 élèves de 5 lycées de l’académie furent amenés à réfléchir sur le thème “Défense et engagement”. À partir d’une organisation bien huilée, 8 groupes d’une quinzaine de lycéens chacun furent constitués :

 

G1 – Lycée François Ier (Fontainebleau)
G2 - Lycée François Ier (Fontainebleau)
G3 – Lycée Galilée (Combs-la-Ville)
G4 - Lycée Galilée (Combs-la-Ville)
G5 – Lycée La Mare carrée (Moissy-Cramayel) et Lycée Simone Weil (Pantin)
G6 – Lycée Simone Weil (Pantin)
G7 – Lycée Olympe de Gouges (Noisy-le-Sec)
G8 - Lycée Olympe de Gouges (Noisy-le-Sec)

 

Parcourant 8 ateliers, les élèves eurent à répondre à différentes questions tout en manipulant un certain nombre de matériels. L’atelier de la BSPP dispensa une instruction technique sur les différents types d’extincteurs avant de confronter les lycéens à un double exercice d’extinction d’un feu en plein air et dans un lieu confiné, pollué par une épaisse fumée. Dans ce dernier exercice, les pompiers cherchèrent surtout à sensibiliser les élèves aux risques liés aux fumées et vapeurs. Lors d’un incendie, ce sont ces dernières qui tuent à plus de 70%…

Atelier-BSPP.jpg

Atelier BSPP

 

Autre atelier apprécié par les lycéens : celui du tir en simulateur SITTAL (Système d'Instruction Technique du Tir aux Armes Légères). Les tirs furent effectués à une distance simulée de 50 m, et furent prolongés par un échange avec des soldats participant à l’opération VIGIPIRATE. Ce fut l’occasion de permettre une présentation et une manipulation d’un FAMAS félinisé de nouvelle génération. L’ensemble de ces démonstrations dynamiques avait pour but de sensibiliser les lycéens à la responsabilité d’avoir à porter une arme (ne jamais pointer, par exemple, une arme sur quelqu’un en dehors du contexte de la mission). Le tir est, par ailleurs, une véritable école de concentration et de maîtrise de soi, qui n’a rien à voir avec les films d’action au cinéma. La plupart des élèves se sont eux-mêmes rendus compte de la difficulté de pouvoir toucher une cible même à courte distance.

 

En plus de séances plénières destinées à une présentation plus générale des forces armées (Armée de Terre, Marine nationale et Armée de l’Air), d’autres ateliers ont apporté un éclairage sur les missions du Service de Santé des Armées (SSA), celles de la Gendarmerie nationale et de la réserve opérationnelle. Une visite en deux étapes du Service Historique de la Défense (SHD) a aussi permis d’établir un lien particulièrement important entre la Défense et l’Histoire.

 

Au terme de cette très riche rencontre, les organisateurs proclamèrent les résultats :

 

1- G5 avec une moyenne de 11,87/20
2- G1 avec une moyenne de 11,47/20
3- G6 avec une moyenne de 11,46/20
4- G3 avec une moyenne de 11,25/20
5- G4 avec une moyenne de 11,07/20
6- G7 avec une moyenne de 10,54/20
7- G2 avec une moyenne de 10,5/20
8- G8 avec une moyenne de 9,64/20

 

Félicitations, donc, pour les lycéens de La Mare carrée et de Simone Weil, arrivés en tête du classement. La proximité des résultats pour les élèves du Lycée Galilée montre que ces derniers n'ont pas démérité non plus. Mais l'essentiel était de participer dans l'esprit de "la valeur de l'engagement".


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Atelier SITTAL

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 15:26

USNS Montford Point T-MLP 1

 Le USNS Montford Point en rade de San Diego le 13 novembre 2012

Le samedi 2 mars 2013, au cours d’une cérémonie présidée par le Major-général Jim AMOS, Commandant du Corps des Marines des Etats-Unis, le bâtiment USNS Montford Point T-MLP 1 était baptisé dans la rade de San Diego. C’est dans les chantiers de la National Steel and Shipbuilding Company (NASSCO) de General Dynamics, que ce bâtiment révolutionnaire, inaugurant l’ère du “Sea basing”, fut mis sur cale le 19 janvier 2012. Le USNS Montford Point tient son nom du camp (en Caroline du Nord) où étaient rassemblés et formés, de 1942 à 1949, 20 000 US Marines d’origine afro avant qu’une loi abolisse la ségrégation au sein des forces armées en 1948.

D’un coût de 500 millions de dollars, le USNS Montford Point est une Mobile Landing Platform, c’est-à-dire une vaste plate-forme flottante de 239 mètres de long, 50 de large et un pont de 2300 m2. Conçue à partir d’un super tanker de la British Petroleum (BP) dont on a retiré les réservoirs - ce qui lui donne une silhouette caractéristique, « creusée » entre le château et la proue sur toute la longueur du navire –, bénéficiant de techniques de construction japonaises et sud-coréennes (1), cette plate-forme a pour mission non seulement de transporter, d’embarquer et de débarquer, mais surtout de pouvoir réaliser toutes ces opérations en pleine mer au profit d’une force navale.

En effet, le USNS Montford Point, dont l’entrée en service opérationnel est prévue pour 2015, pourra transporter le matériel d’une brigade et assurer les missions du ravitaillement d’une task force avec un déplacement à pleine charge de 80 000 tonnes, soit presque le déplacement d’un porte-avions de classe Nimitiz… La véritable révolution, cependant, consistera en sa capacité de transbordement d’un bâtiment à un autre. En effet, l’immensité du pont du Montford Point a été prévue pour recevoir des hélicoptères comme des convertibles V-22 Osprey, pour la manœuvre de nombreux véhicules qui embarqueront et débarqueront via une rampe, selon le système Roll-on/Roll-off. Un système de ballasts fait aussi de cette immense partie centrale du bâtiment un espace semi-submersible qui pourra s’immerger afin d’embarquer ou de mettre à l’eau trois hovercrafts de type Landing Craft Air Cushioned (LCAC), ou des SSC (Ship-to-Shore Connector) qui viendront les remplacer dans quelques années. LCAC et SSC seront situés dans trois logements modulaires, côté tribord.

En d’autres termes, le USNS Montford Point n’est ni plus ni moins qu’une base mobile destinée à affranchir une flotte de tous ports, soit que ces derniers ne soient pas sous contrôle, ou qu’ils soient inexistants sur le théâtre d’opération. Bâtiments de combat comme bâtiments logistiques de l'US Navy pourront accoster sur la MLP afin d’effectuer des transbordements lourds de matériels, de carburant, d’engins divers. Des centaines de US Marines transiteront pour être rembarqués dans les LCAC. Au milieu de l’océan, la MLP permettra d’opérer les ruptures de charge qui, autrement, nécessitaient un port. Point d’appui mobile, la MLP verrait une flotte se concentrer autour d’elle, pour se préparer à un débarquement de grande ampleur. Cependant, si le concept technique est révolutionnaire, c’est parce qu’il induit un concept stratégique encore plus révolutionnaire: celui d’organiser à la mer les flux logistiques indispensables à toutes les opérations navales comme aériennes et terrestres.

L’idée d’une base mobile à la mer n’est pas nouvelle en soi. La Guerre du Pacifique avait déjà donné une avance conceptuelle, tactique et technique aux Etats-Unis. Durant la Guerre d’Indochine, une partie de l’effort de guerre entre Tonkin et Cochinchine avait été réalisée par le navire-atelier Jules Verne, dont les missions allaient bien au-delà de simples missions de maintenance navale. Cependant, le « Sea basing » transporte une grande partie de la chaîne logistique opérationnelle en mer. Partant, on entre dans une véritable révolution de la guerre amphibie, du fait de l’échelle opérationnelle envisagée (le monde), et de la souplesse tactique que confère les bâtiments de la classe Montford Point. Appelées à devenir de véritable hubs navals, les MLP permettront un transfert direct des flux logistiques en mer, au plus près d’un théâtre des opérations tout en restant à l’abri, réduisant considérablement le coût de l’empreinte terrestre d’un corps expéditionnaire américain. Last but not least, les Etats-Unis pourront s’affranchir de contraintes politiques liées aux âpres négociations relatives à l’installation de bases de soutien sur un territoire étranger. Le cas du Pakistan et des entraves qu’il a imposé à la logistique otanienne en Afghanistan est un exemple concret de cette dépendance, que le Sea basing réduira sensiblement. Les forces armées américaines gagneront ainsi une plus grande indépendance d’action, et une souplesse de projection stratégique inégalée à l’échelle planétaire.

Avec les MLP, les bases de soutien seront désormais en mer et l’US Navy comme l’US Army pourront se projeter avec ou sans la possibilité d’utilisation d’un port. En réduisant significativement l’importance de ce paramètre majeur - incontournable jusqu’à présent dans toute planification logistique amphibie (2) -, les Américains transforment profondément la guerre sur mer. Le concept de Sea basing recouvre un ensemble de programmes et de matériels étudiés depuis le début des années 2000 par la Navy, notamment à travers des exercices réguliers Joint Logistics Over the Shore (JLOTS). Ces derniers permettent de définir les matériels qui permettront une meilleure interopérabilité entre, par exemple, les MLP et les besoins de l’US Army. La crise économique et les restrictions budgétaires ont, cependant, considérablement ralenti la plupart des programmes, et celui du Montford Point reste à ce jour la seule illustration véritablement achevée du Sea basing.

Lorsqu’il entrera en service, le  USNS Montford Point T-MLP 1 sera mis à disposition du Military Sealift Command (MSC), qui l’armera d’un équipage de 34 marins seulement. Deux sister-ships devraient être construits dans un avenir proche: le USNS John Glenn (livraison en 2014) et le USNS Lewis B. Puller (livraison en 2016).

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(1) Géantes mondiales de la construction navale, les firmes sud- coréennes - Hyundai, Daewoo, Samsung, STX, Hanjin… - se sont en effet spécialisées dans la course au gigantisme naval. De nos jours, elles en maîtrisent des processus industriels particulièrement délicats notamment dans la découpe rapide de l’acier.

(2) On se souviendra de cet effort technique que fut la construction de ports artificiels au large d’Arromanches durant les opérations du débarquement en Normandie en 1944. Mulberry 1 et Mulberry 2 avaient justement pour fonction de donner aux Alliés les ports, jetées et quais qu’ils n’avaient pas pour débarquer tout le matériel de l’armée qu’ils venaient de mettre à terre.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:48

Il y a quelques jours était commémoré le 70e anniversaire de la disparition de Hans (1918-1943) et Sophie SCHOLL (1921-1943), ainsi que Christoph PROBST (1919-1943), tous trois exécutés dans la prison de Stadelheim située dans la banlieue sud de Münich. C'était le 22 février 1943. Si une petite dizaine de personnes constituait ce groupe de résistants allemands contre le nazisme - connu sous le nom de "Rose blanche" -, l’Histoire aura surtout retenu les noms des deux premiers, un frère et une soeur unis jusque dans la mort pour avoir osé rédiger et distribuer des tracts exprimant une opposition ouverte à la politique guerrière d’Adolf HITLER (1889-1945).


La Rose blanche naît au printemps 1942, à Münich, autour de la personne d’Hans SCHOLL, un jeune étudiant en médecine. Comme tous les jeunes allemands de cette époque, Hans et Sophie ont grandi dans une Allemagne qui a vu le nazisme pénétrer non seulement la vie politique mais aussi tous les aspects de la vie sociale et culturelle. S’ils ont pu en ressentir l’attrait en ses débuts, un "éveil intérieur" vraisemblablement lié à une indépendance d’esprit et une éducation libérale reçues d’un père qui détestait les nazis, les amena à développer progressivement un esprit de résistance à l’encontre de l’idéologie dominante. Si l’influence d’un professeur de Philosophie - Kurt GRUBER (1893-1943) - a pu jouer sur le tard, l’expérience directe de la guerre pour Hans SCHOLL, Alexander SCHMORELL (1917-1943) et Wilhelm GRAF (1918-1943) - qui servaient dans la Wehrmacht - a aussi renforcé leur conviction d’opposant.


Mouvement de résistance intellectuel et pacifique, essentiellement présent dans le milieu universitaire munichois, la Rose blanche a édité et distribué six tracts dénonçant la politique nazie et ses crimes (notamment le meurtre de masse des Juifs) au nom de principes humanistes et éthiques. Expédiés via la poste à des personnes d’influence, les tracts devaient être reproduits et diffusés à leur tour par les personnes qui les recevaient. Traqués par la GESTAPO, Hans, Sophie SCHOLL et Wilhelm GRAF sont arrêtés le 18 février 1943. Avec Christoph PROBST, ils sont traduits en justice le 22 par le juge Roland FREISLER (1893-1945), et sont exécutés par décapitation le jour même. Une deuxième vague d’arrestation conduira à l’exécution de Kurt GRUBER et Alexander SCHMORELL le 13 juillet suivant. Wilhelm GRAF sera exécuté le 12 octobre 1943.


Le destin tragique des jeunes résistants de la Rose blanche illustre toute la difficulté d’entrer en résistance dans un pays ayant basculé à la fois dans le totalitarisme et la guerre. Comment résister sans s’exposer à l’accusation de trahison, qui plus est au moment où la nouvelle de la défaite de Stalingrad ne peut plus être cachée ? Comment résister alors que la terreur s’est abattue sur l’ensemble de la société, et qu’elle est sans pitié? "Contre toutes les forces contraires..." écrivait GOETHE que Hans SCHOLL reprend à la veille de son exécution. Une citation qui exprime le désespoir profond des résistants à HITLER, mais un désespoir qui finit par toucher un autre espoir tout aussi profond et infini : celui d’une liberté de conscience que la dictature ne peut atteindre. Les résistants de la Rose blanche ont tous en commun d’être profondément chrétien: catholique, orthodoxe ou protestant. Jusqu’à ce père, Robert SCHOLL (1891-1973), qui connut aussi les prisons nazies mais ne cessa jamais d’encourager ses enfants à rester fidèles à leur conscience.


Hans et Sophie SCHOLL (1942)

Hans SCHOLL, Sophie SCHOLL et Christoph PROBST EN 1942


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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 06:42

Dans la représentation que le cinéma donne du terrorisme, on est très souvent dans l’action terroriste en elle-même ou dans la lutte contre cette action. Porter le regard sur ce qui précède ces deux aspects, à savoir la fabrique du terrorisme, est en revanche beaucoup plus rare. Comment devient-on terroriste ? Comment expliquer le glissement d’une jeunesse dans l’islamisme radical ? Telles sont les questions sur lesquelles le cinéaste franco-marocain Nabil AYOUCH a voulu porter son éclairage à travers le film "Les chevaux de Dieu".


Le 16 mai 2003, la ville de Casablanca était ensanglantée par une série de 5 attentats qui faisaient 41 morts et une centaine de victimes. Nabil AYOUCH part de ce fait réel pour construire un film qui s’attache davantage à dresser un tableau de la misère sociale, économique, mais aussi tout simplement humaine, qui gangrène une partie de la jeunesse marocaine et explique la dérive islamiste. Ce tableau social, il le réalise à partir de l’évolution de deux frères, de l’enfance à l’âge adulte, dans un bidonville de Casablanca (Sidi Moumem), celui même où les terroristes du 16 mai 2003 avaient grandi.


Les chevaux de Dieu

(Crédit photographique - Didier BAVEREL)

 

"Les chevaux de Dieu" est un film qui cherche moins à restituer le fil d’un événement d’actualité, qu’une humanité abîmée prématurément. Yassine et Hamid grandissent dans un univers familial et social qui ne leur ouvre aucune perspective d’avenir. La violence, les petits boulots, la frustration sociale et la misère sexuelle sont leur lot à un âge où tout reste encore à découvrir avec insouciance. L’amour leur est même refusé, non qu’il soit absent de leur être, mais parce qu’une éducation fruste, ne laissant aucune place à l’intimité, en a ôté toute faculté d’expression.


La délinquance et son aboutissement carcéral s’inscrivent presque naturellement dans ce cheminement, notamment pour Yassine. C’est en prison que ce dernier rencontre les salafistes qui vont l’endoctriner en lui donnant le but qu’il n’a jamais eu dans sa vie. C’est à l’instant où ils cessent de croire en tout, du fait d’une existence qui n’a cessé de les maltraiter, que Yassine et Hamid sont récupérés par les "fous de Dieu". Ensemble, les deux frères se laisseront gagner par une idéologie mortifère, et iront jusqu’au point de non retour à savoir le martyr.

 

Avec ce film réalisé presque à la manière d’un documentaire, Nabil AYOUCH livre à la fois une puissante émotion et un message fort. L’innocence perdue des deux frères et l’impasse de vie dans laquelle ils se trouvent, les emmènent sur un chemin où amour et pardon sont absents. Le ton du film est d’autant plus juste qu’il met au coeur du propos ce glissement dans la violence sans pour autant céder à la mise en scène cinématographique habituelle de cette violence. "Les chevaux de Dieu" questionnent la société marocaine par le bas comme par le haut. Les jeunes des bidonvilles y trouveront matière à réflexion sur leur condition avec, peut-être, une mise à distance salvatrice, alors que l’État chérifien sera questionné dans le même temps sur la sincérité de son réformisme. Mais en France, où Nabil AYOUCH est né et a grandi comme un autre Mohamed MERAH (1988-2012), jeunes des cités comme pouvoir politique auraient tort aussi de ne pas se sentir concernés.


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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 06:46

Le 7 février 1943, les forces japonaises évacuaient définitivement l’île de Guadalcanal par le Cap Esperance situé au nord de l’île. Cette évacuation, réalisée par la Marine impériale, signifiait la défaite des Japonais au terme d’une très dure bataille de six mois au cours desquels 31 000 des leurs furent tués contre 7100 Américains. Situés dans l’archipel des Salomon - dont elle constitue l’une des îles principales (6500 km2) -, l’île de Guadalcanal permettait pour les deux belligérants d’installer une base aérienne de premier ordre d’où la violence des combats autour de la piste de Henderson Field qui fut l’abcès de fixation de la confrontation. Pour les Japonais, il s’agissait de prendre position aux portes de l'Australie tout en gênant sensiblement les liaisons entre celle-ci et l’allié américain. Pour ce dernier, l’objectif était à la fois de défendre l’Australie tout en frappant la Nouvelle-Guinée où les Japonais avaient établi une importante base navale à Rabaul. Entreprenant les premiers les travaux, les Japonais furent cependant surpris le 7 août 1942 par un débarquement américain. Ils répliquèrent à cet assaut de vive force en envoyant, durant des mois, des dizaines de milliers d’hommes qui affrontèrent Gi’s et Marines dans des combats d’infanterie meurtriers. L’affrontement fut aussi naval et aéronaval, et la Marine japonaise se montra si dangereuse que c’est à partir de la bataille navale de Savo que l’US Navy perfectionna rapidement le tir canon au radar. 67 bâtiments de guerre (29 pour les Américains et 38 pour les Japonais) gisent encore sur les fonds sous-marins en face de Guadalcanal. C’est par la mer que les Américains finirent par arracher la décision. D’abord en obligeant les Japonais à n’amener leurs renforts que de nuit, puis en asphyxiant progressivement les lignes de ravitaillement adverses tout en réussissant à opérer de nouveaux débarquements pour renforcer leurs troupes sur l’île. 

 

Guadalcanal soldier

Insigne de la 1ère Division US Marines

 


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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 06:56

Colline-Mamaiev.jpg

Le mémorial de la bataille de Stalingrad à la veille du 70e anniversaire de la célébration de la victoire soviétique (Crédits photo: Mikhail MORDASOV/AFP)

 

Le 2 février 1943, au terme de l’opération soviétique nom de code Cercle, la VIe Armée allemande du Général Fiedrich PAULUS (1890-1957) capitulait dans Stalingrad. Sans espoir d’être secourus depuis l’échec de l’opération Wintergewitter, privés de tout ravitaillement avec la perte des aérodromes de Morozovskaïa, de Tatzinskaïa et surtout celui de Pitomnik, épuisés et affamés après plus de cinq mois de combats d’une rare violence, les soldats allemands se rendent par milliers. La bataille a tué plus d'un million de combattants tant soviétiques qu’allemands, ainsi que des dizaines de milliers de civils. Sur les 94 000 prisonniers que fait l’Armée rouge, 95% mourront en captivité.

 

Nous célébrons, aujourd’hui, le 70e anniversaire de cette bataille qui se confond avec le tournant de la guerre, d’autant plus qu’elle est contemporaine de la victoire britannique d’El-Alamein en Égypte et de celle des Américains à Guadalcanal dans les îles Salomon. Plus qu’un symbole - que nous pourrions comparer à ce que fut la bataille de Verdun pour la France de la Première Guerre mondiale - la bataille de Stalingrad fut une victoire stratégique décisive pour l’URSS, qui porte un coup d'arrêt définitif à l'invasion allemande, et amorce la reconquête de son territoire.

 

Un tel événement est, depuis, devenu une commémoration majeure en Union soviétique puis en Russie de nos jours. Quand bien même fut-elle depuis rebaptisée Volgograd en 1961 (1), la ville actuelle reste marquée à jamais par cette bataille, et l'on imagine le lustre des commémorations qui se tiendront aujourd'hui au pied du gigantesque mémorial de la colline Mamaïev, symbole même du sacrifice soviétique durant cette terrible confrontation. D'ailleurs, à l'occasion de ces commémorations annuelles, Volgograd reprend son ancien nom de Stalingrad, le temps d'une journée...

 

À l'occasion de ce 70e anniversaire, un autre hommage viendra également du cinéma. Portée au grand écran par Joseph VILSMAIER en 1992 et par Jean-Jacques ANNAUD en 2001, la bataille de Stalingrad va bientôt connaître un troisième opus (2) avec la sortie, courant 2013, d'un autre “Stalingrad” du réalisateur Fedor BONDARCHUK. Dans ce blockbuster russe filmé en 3D, la reconstitution historique semble de bonne qualité et privilégie une fois de plus les histoires individuelles, notamment d’amour sur fond de guerre. C’est que la bataille - “mère” de toutes les batailles urbaines comme on le dit de nos jours dans les écoles militaires - fut un événement gigantesque dont les flèches et autres tracés sur les cartes d’état-major ne restitueront jamais le tragique destin des millions de personnes (civiles comme militaires) qui vécurent et périrent dans cet affrontement.

 

(1) Dans le cadre de la déstalinisation.

(2) On reprendra les versions cinématographiques les plus connues, car il existe aussi une autre réalisation sur le sujet de Yuri OZEROV (1989). 

 

 

Stalingrad---Fyodor-BONDARCHUK.png

Tournage.jpgImage du tournage

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 09:29

Insigne ENSOA

Insigne de l'ENSOA

 

La ville de Saint-Maixent-l'École, située dans le département des Deux-Sèvres non loin de la Niort, a une longue tradition d'accueil d'unités et d'écoles militaires. Cette tradition remonte au lendemain de la désastreuse guerre franco-allemande de 1870. Cependant, lorsque l'on parle de Saint-Maixent de nos jours, la ville se confond essentiellement avec le nom de la prestigieuse École Nationale des Sous-Officiers d'Active (ENSOA). L'ENSOA est, en effet, considérée comme la maison mère des sous-officiers de l'Armée de Terre, l'École où ces derniers accomplissent leur formation initiale avant d'être envoyés dans des écoles de spécialité (dites d'application), puis dans les unités opérationnelles. L'École de Saint-Maixent est aux sous-officiers ce que les Écoles de Coëtquidan sont aux officiers.

 

Du grade de sergent à celui de major, les sous-officiers constituent un maillon essentiel dans la chaîne de commandement au point qu'ils sont souvent qualifiés de "cheville ouvrière" du commandement, ceux qui commandent directement les troupes sur le terrain dont ils partagent au plus près la dureté de la vie. Leurs responsabilités techniques, tactiques, d'encadrement et d'instruction sont incontournables au point qu'un bon officier reconnaîtra (toujours) avoir sauvé sa mise - ou réussir son temps de commandement - grâce au soutien inestimable de ses sous-officiers (ajoint comme subordonnés).

 

Certes, au quotidien, la cohabitation n'est pas facile entre les deux catégories de chefs: compréhension de la mission, répartition des tâches et compétences techniques ne sont pas les mêmes, et ne sont souvent pas perçues de la même manière dans un contexte très hiérarchisé et conflictuel. L'appréhension d'une même mission se fera toujours à deux niveaux différents selon que l'on soit officier ou sous-officier. Cependant, un jeune lieutenant ou capitaine comprendra très vite que le grade n'est pas suffisant pour commander ses sous-officiers, et qu'il lui faudra une compétence technique et humaine avérée au quotidien pour gagner leur estime et leur loyauté. Inversement un jeune sous-officier devra accomplir ce même travail de compétence en direction de la troupe tout en comprenant les impératifs du commandement. Il devra exercer la part la plus rude de celui-ci sans en avoir pour autant la supervision de son lieutenant et de son capitaine. Avec l'expérience et l'ancienneté beaucoup de sous-officiers exercent des commandements d'officiers dans les unités, devenant chefs de section ou de peloton à part entière. Pour les plus capables, l'Armée leur offrira la possibilité de devenir officier par la voie du recrutement interne.

 

L'ENSOA accueille, de nos jours, des engagés venant directement de la vie civile et désirant devenir sous-officier de carrière. D'autres venant des unités, et par recrutement interne, viennent aussi y suivre une deuxième formation initiale: celle des sous-officiers après avoir vécu celle des militaires du rang. Géographiquement, l'École a toujours été articulée en plusieurs ensembles, ce qui lui fait occuper un espace important dans une petite commune de 7500 habitants, auquel il faut ajouter les terrains de manoeuvre environnants. Les quartiers Largeau, Coiffé, et Marchand constituent actuellement l'ENSOA. Un quatrième ensemble, le Quartier Canclaux, a été récemment rendu à la municipalité. C'est au Quartier Coiffé que l'on trouvera le coeur de l'École avec les bataillons d'élèves sous-officiers et les différents services. C'est en ce lieu que ceux-ci apprennent d'abord leur métier de soldat dans un premier temps, auquel succède un apprentissage du commandement des hommes.

 

Le 1er septembre prochain, l'ENSOA fêtera son cinquantième anniversaire. S'il existait déjà une école de formation de sous-officiers à Saint-Maixent depuis 1948, c'est en 1963 que naissait véritablement l'ENSOA et que la première promotion était accueillie (4 novembre). L'École n'a depuis cessé de donner à l'Armée de Terre de nombreuses générations de sous-officiers dont l'Enseignant Défense du Lycée Galilée est lui-même issu (108e promotion d'octobre 1983). 2013 sera donc une année importante pour l'ENSOA qui a prévu d'organiser plusieurs manifestations à savoir:

  • 22-23 mai 2013 - Le baptême de la 289e promotion aux Invalides, avec une messe du souvenir. Un concert de musique militaire sera donné à cette occasion dont les bénéfices iront à la Cellule d'Aide aux Blessés de l'Armée de Terre (CABAT).
  • 8 et 9 juin 2013 - Portes ouvertes de l'Ensoa. Visite de l'École, démonstrations dynamiques, présentation de matériels...
  • 14 juillet 2013 - Défilé de la 289e promotion de l'Ensoa sur les Champs-Elysées en présence des anciens de la Première promotion (1963).
  • Décembre 2013 - Cérémonie de clôture du cinquantenaire.

La devise de L'ENSOA est "S'élever par l'effort" et son chant "Jeune chef" que l'on pourra écouter ci-dessous.

 

 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 11:21

Recrutement-2013.jpg

 

Comme pour les (grandes) entreprises, les armées - et plus particulièrement l'Armée de Terre - rencontrent des besoins importants en termes d'effectifs qu'il faut sélectionner, former et renouveller. Des besoins d'autant plus récurrents que la fidélisation des engagés volontaires, au-delà du premier contrat de 5 années, constitue aujourd'hui un vrai problème. Signe des temps, le public des jeunes engagés se caractérise par une grande versatilité. L'Armée de Terre, qui concentre la plus grande partie des besoins humains, éprouve donc un besoin régulier en hommes et en femmes, comme le montre cette huitième campagne de recrutement qui vise à engager 10 000 nouveaux militaires pour l'année 2013.

 

Contrairement à un recrutement d'entreprise, cependant, l'entrée dans le métier des armes est bien plus qu'un contrat au sens juridique du terme. Il s'agit d'un engagement non exempt de contraintes fortes et de risques mortels, que l'actualité somalienne et malienne récente a malheureusement illustré. C'est sur cette dimension de l'engagement pour autrui que le nouveau site de recrutement de l'Armée de Terre a voulu insister, jusqu'à son titre dont le slogan précédent "Devenez vous-même" est devenu sengager.fr "Pour moi, pour les autres". Une mise en forme dynamique et pédagogique, une publicité réussie d'aucuns diraient, mais qui ne trompe nullement quant à la vérité et la réalité de la transcendance  inhérente à cet engagement si particulier.

 

Un jeune intéressé par un début de carrière dans l'Armée de Terre trouvera rapidement des réponses à ses interrogations. Des réponses simples, courtes, claires, et des réponses également adressées aux familles, ce qui est assez nouveau avec cet onglet "Votre enfant s'engage". L'Armée n'ignore pas la communication moderne, et elle s'est remarquablement adaptée à la société en accompagnant le questionnement de familles qui voient un fils ou une fille partir sous les drapeaux. Un autre signe des temps...

 

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