19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 08:56
UNE FAMILLE FRANCAISE DANS LA GUERRE D’AFGHANISTAN


Pré-acquis

1- Un jeune nommé Julien
2- Le père de Julien
3- La deuxième bataille d'Uzbin


Pré-requis

1- Guerre et opinion publique

2- La plainte de Joël LE PAHUN sur France-Info
3- La judiciarisation des opérations militaires
4- Actualité du lundi 30 novembre 2009

LE PROBLÈME

    Cela fait depuis trois mois que nous travaillons sur la famille LE PAHUN dont le fils aîné, Julien, a été tué lors de la bataille de Sper Kunday, le 18 août 2008. Vous connaissez maintenant le cheminement douloureux de cette famille à travers trois étapes clés: 1- la réaction émotionnelle du 20 août 2008 2- la réaction raisonnée du 26 août 2008 3- l’annonce d’un dépôt de plainte contre trois officiers le 29 octobre 2009.


Les questions à l’élève

1- Quel est votre sentiment – définissez ce terme – à l’endroit de cette histoire?
2- Comment comprenez-vous le cheminement du père de Julien du 20 août 2008 au 29 octobre 2009?
3- Qu’auriez-vous fait à sa place?

Les questions au citoyen

1- Du point de vue de la France et de notre société, quels sont, selon vous, les problèmes que soulèvent la démarche du père de Julien?
2- Du point de vue des ennemis de la France (les Talibans, ici), comment la démarche du père de Julien peut-elle être interprétée?

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 19:48
SOUTIEN ET SOLIDARITÉ POUR NOS TROUPES ENGAGÉES DANS LE MONDE

Voir l'album de la journée en cliquant sur la photographie ci-dessus

Le projet pédagogique “La Nation et son Armée”

    “La Nation et son Armée” est le projet pédagogique que le pôle relais Défense du Lycée Galilée met en place à partir de cette année. Conduit par M. NGUYEN, Professeur d'Histoire, il est l’aboutissement d’une réflexion et d’un certain nombre d’activités qui se sont perfectionnées depuis 2006, date à laquelle le Lycée Galilée a disposé d’un enseignant relais Défense officiellement investi. Avec ce projet pédagogique, l’Éducation à l’Esprit de Défense opère désormais dans un cadre de travail et de réflexion solidement ancré autour de plusieurs actions fortes, qui lui donnent une substance et une âme. La première de ces grandes actions se tenait aujourd’hui au Musée des Invalides à Paris.


L’association Solidarité Défense

    Chaque année l’association Solidarité Défense de l’Amiral (2S) Jacques LANXADE organise au mois de novembre une opération de confection de colis pour le Noël des troupes alors en OPEX (opération extérieure). Association civile et non militaire, contrairement à “Terre fraternité” par exemple, Solidarité Défense exprime, par ce genre de manifestation, ce que devrait être la nature profonde du lien entre l’Armée et la Nation. À savoir que l’initiative de la solidarité à l’égard de nos soldats ne doit pas provenir du milieu militaire lui-même (1), mais avant tout de la société civile.

L'Amiral Jacques LANXADE a été le Chef d'État-major du Président François MITTERRAND de 1989 à 1995. De 1995 à 1999, il sera Ambassadeur de la France en Tunisie
   
    Entreprise remarquable, l’action de Solidarité Défense en partenariat avec l’Éducation nationale a, jusqu’à présent, essentiellement consisté en une opération de “Dessins de Noël” réalisée avec les écoles primaires. Ainsi, depuis plusieurs années des dessins d’écoliers sont glissés dans les colis destinés aux soldats. Cette initiative ne dépassait cependant pas l’enseignement primaire, et elle restait peu connue - voire non relayée du tout - dans l’enseignement secondaire. Or, chaque année l’association manque de bénévoles pour confectionner des milliers de cartons à l'approche de Noël.

    Les choses commencent cependant à changer. Dès l’année dernière un collège avait déjà fait intervenir une classe de 3e pour venir en aide aux bénévoles de Solidarité Défense. Aujourd’hui, ce fut au tour du Lycée Galilée de Combs-la-Ville de relayer cette opération de soutien aux troupes, devenant ainsi le premier lycée de France à participer à l’action “Colis de Noël pour nos soldats”. 60 élèves de deux classes de 2nde et 6 accompagnateurs sont ainsi venus, ce lundi 16 novembre, accomplir un geste de solidarité, de civisme et de patriotisme, dont nous ne pouvons qu’espérer qu’il sera reconduit, et qu’il montrera la voie à d’autres lycées et collèges.

L’action “Colis de Noël pour nos soldats”

    Tôt réveillés pour être sur le départ dès 7.00 et affronter les embouteillages franciliens, les lycéens de Galilée ont été accueillis dès 9.15 par le Général Henri-Bernard BULIT, Secrétaire général de Solidarité Défense, et le Général Bruno BRITSCH, ancien Secrétaire général de l’association, qui tenait pour l’occasion le rôle de guide et de conférencier pour la visite du Musée. Les élèves furent, dès leur arrivée, divisés en deux groupes, le premier étant affecté à la confection des colis dans la Salle des Colonnes; le second effectuant un circuit de visite dans le Musée. Après le déjeuner - dans les salles à manger de l’hôpital des Invalides - les groupes furent inversés.

Le Général Bruno BRITSCH (au premier plan) et le Général Henri-Bernard BULIT accueillent les élèves du Lycée Galilée

    Concernant la confection des colis, les lycéens furent répartis en six équipes immédiatement encadrées par les bénévoles. Cette année, le colis se composait d’un sac à dos dans lequel était ajouté un vêtement de pluie de type K-Way, des chocolats, une carte de téléphone, des cartes de voeux à envoyer, un dessin d’enfant et un message du Président de la République (voir infra). Vingt sacs à dos constituaient un carton, immédiatement refermé, étiquetté, mis sur palette, et embarqué dans un camion par des militaires. Dans les deux jours, tous ces colis devaient rejoindre l’aéroport Charles-de-Gaulle et quitter la France.

Lycéens et bénévoles de l'association Solidarité Défense ont travaillé ensemble dans les chaînes de confection des colis

    Le dynamisme, la célérité et le sérieux des lycéens, visiblement conscients du sens et de la portée de leur action, entraîna une interruption des chaînes de confection le matin, durant vingt minutes, faute de cartons suffisants… D’aucuns, parmi les plus solides physiquement, donnèrent même un coup de main l’après-midi pour charger quelques cartons dans le camion. Des cartons dont les élèves ne manquèrent pas de remarquer les destinations: Kosovo, Tadjikistan, Afghanistan… Opérations PAMIR, Épidote, Héraclès… Quand bien même furent-ils préparés dès le mois de septembre dans le cadre de notre engagement en Afghanistan, c’est toute une géographie mondiale de nos théâtres d’opérations extérieurs (TOE) qu’ils perçurent devant ces piles de cartons.



    Activité plus classique, tout en se réalisant dans la décontraction et la bonne humeur, la visite du département des “Armures et armes anciennes” – le matin pour la 2nde 4, l’après-midi pour la 2nde 1 – avait pour objectif de mettre les élèves en contact avec le Moyen-Âge dont le cours d’Histoire du programme de Seconde (2) sera le dernier de leur scolarité consacré à cette période, à l’exception de ceux qui choisiront plus tard des études d’Histoire à l’Université.

    L’Armée, qui ne fut pas insensible à cette démonstration de solidarité et de civisme, vint
remercier et féliciter les élèves du Lycée Galilée en les personnes du Général d’Armée Elrick IRASTORZA, Chef d’État-major de l’Armée de Terre, et du Général d’Armée (2S) Bruno CUCHE, Gouverneur des Invalides. Impressionnés par le dynamisme des lycéens, leurs aînés de Solidarité Défense ne tarirent pas non plus d’éloges à leur endroit. Ils furent, ainsi, très chaleureusement remerciés par l’Amiral LANXADE et le Général BULIT (3), et une photographie de groupe autour du Général CUCHE clôtura cette belle journée.

    Merci, donc, aux élèves de 2nde 1 et de 2nde 4 qui, par leur tenue et leur travail, sont venus renouveler le lien entre la Nation et ses forces armées. Ils ont, par la même occasion, participé directement au rayonnement de leur établissement scolaire. L’opération “Colis de Noël pour nos soldats” est la preuve qu’il est tout à fait possible de faire vivre concrètement le lien Armée-Nation. Que ce genre d’action pédagogique occupe une place légitime et de choix dans l’enseignement et l’apprentissage de notions comme le civisme et la solidarité nationale. Bien plus, la confection de ces colis participe concrètement à la patiente reconstruction d’un patriotisme dont la communauté scolaire est dépositaire qu’elle en soit consciente ou non.

Ballet d'hélicoptères militaires sur l'esplanade des Invalides le jour même en l'honneur du passage à Paris du Président irakien Jalal TALABANI

Remerciements de l’Enseignant Défense


    Nous ne pouvions, enfin, terminer sans remercier la Proviseure de notre lycée, Madame Marie-Martine SALLES, dont le soutien sans faille a grandement aidé à ce que cette manifestation se réalise.

    Un remerciement aussi aux accompagnateurs qui, emportés par le tourbillon des élèves, se sont tous retrouvés soit dans les chaînes de confection soit dans la manutention des cartons… Myriam WAMBST, enseignante en mathématiques, surprise de découvrir les élèves de 2nde sous un autre éclairage. Marie-Hélène CAMY, agent administratif au Lycée Galilée. Arnaud RICHARD, jeune parent d’élève qui a tenu à suivre cette action pédagogique. Il en a retiré un riche contact avec les lycéens. Pascal DELAUNAY, animateur scolaire de la Ville de Paris. Jacques PLANTARD, membre de la Maison du Combattant et du Citoyen, et Correspondant Défense de la municipalité. L’Enseignant Défense du Lycée Galilée aura également une pensée à l’endroit du Chef d’Escadrons (H) François COLOMBANI, Président de l’AOR de Melun, et du Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY, Président du CCACR 77, dont le soutien moral et les nombreuses discussions ont également aidé à la conduite de l’opération “Colis de Noël pour nos soldats.”


(1) Quand bien même la reconnaissance d’une armée envers les siens est-elle toujours une première nécessité, voire un devoir moral indispensable. Nous voudrions également attirer l’attention de nos lecteurs sur un portail d’informations et de services intitulé “Communauté Défense”. Conçus et animés par d’anciens militaires et familles de militaires, ce portail propose des renseignements d’ordre pratique, des aides dans les démarches administratives, des offres de reconversion professionnelles, etc. à l’ensemble de nos militaires d’active. L’initiative - inédite - est suffisamment originale dans le paysage français pour être signalée.
(2) “La Méditerranée au XIIe siècle”.
(3) Chaque élève reçut, en cadeau de l'association, un sac à dos avec des chocolats.

Carte du Président Nicolas SARKOZY que chaque soldat en OPEX recevra avec son colis

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 13:46
LA LUTTE CONTRE LES IED

L'IED (Improvised Explosive Devices) est un engin explosif fabriqué à partir d'une munition ou de produits divers. Souvent déposé ou enterré sur le bord d'une route, il est aussi appelé "roadside bomb" par les Américains
   
    Découverts de manière massive en Irak à partir de 2004, les IED sont devenus les armes et la riposte tactique les plus efficaces et les plus couramment utilisées contre les forces terrestres occidentales. Elles expriment très concrètement ce qu’est une guerre asymétrique dans la mesure où elles parviennent à peu de frais à infliger des dégâts matériels et physiques – sans parler du stress psychologique – à des armées ayant atteint un degré de sophistication et de puissance tel, qu’il est devenu quasiment impossible de les vaincre tactiquement et encore moins stratégiquement. Armes de pauvres dont l’impact psychologique, moral et médiatique est sans commune mesure avec des effets mécaniques, certes, destructeurs mais limités, les IED sont devenus la menace principale contre les troupes occidentales en Irak et en Afghanistan.

Déjà très présents dans les programmes du Future Combat Systems (FCS), les robots occupent désormais une place de choix dans la nutte contre les IED

    80% des soldats américains tués ou blessés en Afghanistan le sont par ces armes, également appelées “roadside bombs”. Plus de 60% des soldats français tués sur ce même théâtre d’opérations l’ont été par les IED. Finalement, nos pertes en combat direct ne concerne véritablement, depuis 2001, que les dix soldats tombés dans l’embuscade de Sper Kunday/Uzbin le 18 août 2008. Soit une minorité… Cette tendance incite désormais les armées occidentales à réfléchir de manière approfondie sur un champ de bataille où, si l’ennemi reste invisible, la menace de ce type d’engin explosif est permanente. Directement et massivement confrontés à la menace des IED en Irak, les Américains ont développé toute une gamme de brouilleurs d’ondes afin d’empêcher les mises à feu télécommandées (par téléphone portable par exemple), de robots pour la reconnaissance et le déminage à distance, de véhicules capables de résister aux explosions d’IED. Certaines charges sont tellement puissantes, qu’elles peuvent, en effet, percer le plancher d’un char M1 Abrams. Les Mine-Resistant-Ambush Protected-Vehicle (MRAP) sont ainsi conçus comme de lourds véhicules blindés à roues, avec une garde au sol très haute et dont la coque en V est capable de disperser le souffle d’une explosion.

Un MRAP de l'ISAF équipée d'une tourelle téléopérée


Logo de la JIEDDO
   
    Ces parades techniques plus ou moins heureuses, ne peuvent cependant faire l’économie d’un véritable effort théorique et intellectuel sur ce type de menace. Les États-Unis avaient déjà ouvert la voie avec l’Irak, en faisant travailler plusieurs groupes de réflexion sur la question dans le cadre d’un Joint IED Defeat Organization. La JIEDDO, qui fonctionnait jusqu’à présent comme une structure de renseignement sur la question, centralisait une multitude de rapports et d’enquêtes issus des services de renseignement comme des troupes sur le terrain, et en faisait des études de synthèses afin de coordonner les différentes réponses nécessaires à la lutte contre les IED.

Dispositif de mise à feu d'un IED à partir d'un téléphone portable
   
    L’importance et les moyens alloués à la JIEDDO n’ont cessé d’augmenter, et ce n’est pas l’actuel Secrétaire à la Défense américain, Robert GATES, qui inversera la tendance. Les États-Unis sont, en effet, en train de mettre sur pied un service encore plus vaste et mieux intégré (une "Task force") de lutte contre les IED avec la création d’une base de données qui prendra en compte non seulement les travaux de la JIEDDO mais également ceux de services et d’organismes jusque là indépendants et qui, néanmoins, travaillaient sur cette question. Car experts et militaires commencent à percevoir des différences majeures dans la fabrication et l’emploi de ces IED selon que l’on se situe en Irak ou en Afghanistan.

    La diversité des méthodes de fabrication, des engins et des mises à feu est déjà en soi une difficulté d’étude. Un IED reste par définition un engin artisanal et “de circonstance” selon le type d'explosif et les matériaux dont disposent les insurgés. Selon également leur savoir-faire. On s’est aussi aperçu que l’IED classique en Irak est constitué d'un ou de plusieurs obus d’artillerie, dont la mise à feu correspond à un mécanisme électronique. En Afghanistan, la fabrication des IED est bien plus primitive, reposant essentiellement sur des engrais (nitrate d’ammonium) avec comme détonateur une mine. Une autre différence tient aussi dans le réseau routier qui n’est pas aussi bien aménagé qu’en Irak. En Afghanistan, de nombreux IED sont déposés sur des routes non consolidées, voire dans des endroits où les routes sont quasi inexistantes.

Les IED peuvent être enterrés ou déposés à même le sol, sur le bas-côté d'une route ou d'un chemin sous un camouflage sommaire
   
    Les réseaux de fabrication de ces IED ne semblent, cependant, pas aussi bien organisés qu’en Irak où Washington a souvent pointé du doigt l’aide apportée aux insurgés par l’Iran, via l’intermédiaire de la Force Qods (les forces spéciales des Pasdarans). Ainsi, le Lieutenant-Général Thomas F. Metz, Directeur de la JIEDDO, affirmait récemment que si les IED étaient désormais les armes privilégiées par les Talibans, on ne trouvait pas encore en Afghanistan d’IED à effet dirigé aussi sophistiqués que ceux rencontrés en Irak, et de fabrication iranienne. Les IED à effet dirigé sont constitués d’une assiette en métal qui se transforme en un dard en fusion (principe de la charge creuse) capable de percer des blindages épais. Ce sont de loin les IED les plus meurtriers et les plus redoutés par nos soldats.


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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 20:05
  
Il y a des commémorations qui, tout en conservant leur valeur symbolique au fil des ans, revêtent une portée historique plus forte à un moment donné. Le Mercredi 11 novembre 2009 fut de ces commémorations exceptionnelles.


Le rapprochement franco-allemand qui s’amorce au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, se transforme très rapidement – ce dans un contexte de Guerre froide – en une entente économique puis politique. Celle-ci va bientôt façonner le visage de la nouvelle Europe, une Europe pacifiée et prospère dont le destin se construit désormais autour de valeurs démocratiques. Porté de génération en génération par de fortes personnalités politiques aussi bien françaises qu’allemandes, ce rapprochement finit par aboutir à une véritable amitié franco-allemande, impensable une soixantaine d’années auparavant. Les mains jointes du Président François MITTERRAND et du Chancelier Helmut KOHL, le 22 septembre 1984, devant l’Ossuaire de Douaumont, en avaient déjà consitué un symbole particulièrement fort. Cette journée du 11 novembre 2009 est venue s’inscrire, à son tour, de manière exceptionnelle dans l’histoire de cette amitié.

Le dépôt de gerbe au pied de l'Arc de triomphe. Les soldats appartiennent à la brigade franco-allemande (source - Le Figaro)
   
Exceptionnelle car la commémoration d’aujourd’hui a réuni pour la première fois l’Allemagne – en la personne de sa Chancelière Angela MERKEL – à la France. L’Allemagne qui fut la puissance vaincue en 1918, qui fut le pays rendu responsable du déclenchement du premier conflit mondial, et qui, par voie de conséquence, fut frappé par un traité de paix extrêmement dur, le Traité de Versailles en 1919. Que l’Allemagne s’associe au souvenir de ce jour anniversaire de sa défaite, qui plus est devant le monument de France symbolisant au plus haut point le sacrifice des soldats français (1) est déjà en soi un geste formidable. Ce geste montre que les temps ont incontestablement changé. Alors que ce 11 novembre 2009 fut aussi le premier où ne figurait plus aucun vétéran français de ce terrible conflit – le dernier étant décédé l’année dernière -, Nicolas SARKOZY et Angela MERKEL ont voulu montré qu’au-delà de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, le plus important était désormais l’amitié entre les deux peuples. Une amitié avertie et mûrie par l’histoire meurtrière du siècle dernier.


La Proviseure Marie-Martine SALLES et les élèves du Lycée Galilée

Bravant le froid durant plusieurs heures, 46 élèves du Lycée Galilée étaient présents, place Charles de Gaulle, afin de représenter en cette journée exceptionnelle le premier établissement de l’Académie de Créteil préparant au baccalauréat franco-allemand, l'ABIBAC. Emmenés par leur Proviseure, Madame Marie-Martine SALLES, nos élèves ont assisté, aux tous premiers rangs, à la mise en place et au déroulement de la cérémonie.

Point d’orgue de celle-ci, les discours du Président de la République, Nicolas SARKOZY, et de la Chancelière, Angela MERKEL. Entre passé et présent, les deux dirigeants ont lancé un vibrant message en faveur de la réconciliation, de l’amitié et de l’espérance. «La présence de Mme Angela MERKEL est un geste exceptionnel d’amitié» a affirmé le Président français, ajoutant qu’en “ce 11 novembre, nous ne commémorons pas la victoire d'un peuple contre un autre, mais une épreuve qui fut aussi terrible pour l'un comme pour l'autre. Les orphelins allemands et français ont pleuré de la même manière leurs pères disparus."

Venant de prononcer son discours, Nicolas SARKOZY embrasse Angela MERKEL (source - Le Figaro)
   
En cet instant d’émotion, il me semble avoir également entendu M. Nicolas SARKOZY dire que “l’amour de son pays ne devait plus conduire à la haine de l’autre.” Comment mieux dire que nationalisme et patriotisme peuvent - et doivent – être refondés en dépit d’appropriations historiques extrêmes et fermées qui ont conduites aux catastrophes que nous connaissons? Comment dire aussi à nos plus jeunes que le phénomène inverse, à savoir ne plus aimer son pays, conduirait à d’autres catastrophes?


Ainsi, Angela MERKEL, a t-elle reconnu les fautes du nationalisme allemand. “Les Français pendant cinquante ans ont beaucoup souffert à cause des Allemands. Nous commémorons aujourd’hui la fin d’une terrible guerre qui a apporté une souffrance incommensurable. Je m’incline devant toutes les victimes” a t-elle dit. "Je sais que ce qui s'est passé ne peut pas être effacé. Cependant il y a une force qui peut nous aider à supporter ce qui s'est passé. Cette force, c'est la réconciliation." La chancelière allemande a ensuite ouvert son propos sur le monde d’aujourd’hui et “la menace asymétrique”, laissant directement entendre qu’à l’heure actuelle, en Afghanistan, soldats français et allemands sont frères d’armes et courent les mêmes risques mortels. “Vive la France, vive l’Allemagne, vive l’amitié franco-allemande!” a t-elle lancé en clôture de son discours.

La Chancelière Angela MERKEL, le 11 novembre 2009 (source - Le Figaro)
   
Une chorale militaire interpréta les deux hymnes nationaux avant de finir sur l’hymne européen. Certains élèves, touchés par les paroles de Nicolas SARKOZY et d’Angela MERKEL, n’ont pas hésité à reprendre les paroles françaises et allemandes de ces chants, aujourd’hui, symboles d’unité mais aussi de fraternité.


(1) 1 400 000 soldats français furent tués durant la première Guerre mondiale.
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 06:48
INTERVIEW DU PÈRE DE JULIEN

TRAVAIL DIRIGÉ


    Dans une interview donnée à la radio RTL, le 26 août 2008, le père de Julien répond aux questions du journaliste Jean-Michel APATHIE concernant la bataille d’Uzbin et la présence de l’Armée française en Afghanistan.

1- Présentez le document.

2- Par rapport à sa première intervention dans le journal Le Parisien, quels sont les changements que l’on observe chez le père de Julien?

3- Comment expliquer son revirement?

4- Vers quel genre d’action se tourne le père de Julien au lendemain de la mort de son fils?
 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:13
L'ARMÉE FRANCAISE SE CONCENTRE EN KAPISA
Situation de la province de la Kapisa

    L’Armée française a quitté le commandement des forces de l’OTAN, qu’elle assurait jusqu’à présent dans la capitale afghane, Kaboul. C’est aux forces armées turques que revient dorénavant ce commandement, transmis au cours d’une cérémonie de passation à Camp Warehouse, hier, en présence du Général Marcel DRUART.

    Désormais, les forces françaises en Afghanistan – dont la Brigade Lafayette actuellement en cours de constitution en France - sont concentrées et redéployées dans une province voisine de Kaboul : la Kapisa. C’est essentiellement en Kapisa que se situent nos bases militaires, et où se fixe notre action à la fois militaire et pacificatrice.

Contrôleurs aériens français en Afghanistan

    La Kapisa est une petite province à l’échelle administrative du pays. D’une superficie de 1842 km2 et peuplée de 360 000 habitants, elle est divisée en 6 districts. De petite taille, elle n’en comporte pas moins une importance stratégique majeure d’où la concentration de nos meilleures troupes de combat en ce lieu. La Kapisa est, en effet, une région montagneuse, particulièrement accidentée, dont les altitudes varient entre 1000 et 3000 mètres, ce qui explique à la fois l’envoi de troupes de montagne ou d’unités qui ont d’abord subi, en France, un aguerrissement et un entraînement en montagne. C’est par la Kapisa que passe l’une des routes d’infiltration principales des Talibans vers Kaboul. C’est également en Kapisa que se situent la vallée d'Uzbin et le village de Surobi.



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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 09:39
LE LIEN ARMÉE-NATION: UN CAS D'ÉCOLE


    Cela est maintenant officiel, deux familles de soldats tués lors de la bataille d’Uzbin (18-19 août 2008) vont porter plainte (1). En première ligne de cette démarche inédite, nous trouvons la famille LE PAHUN dont Julien – en tête de la patrouille de reconnaissance - fut l’un des tous premiers à tomber lors de l’embuscade meurtrière de l’été dernier. Ces dix morts en un seul affrontement ont marqué les esprits, et les réactions médiatiques comme de l’opinion publique ont été vives.

    Plus d’un an après ce tragique événement - dont Frédérique PONS nous reconstitue l’enchaînement quasi minuté des faits dans son ouvrage “Opérations extérieures: Les volontaires du 8e RPIMa, Liban 1978-Afghanistan 2009” -, l’onde de choc ne s’atténue pas en dépit du reflux émotionnel inhérent à la mise en scène de l’information dans notre société. La récente polémique liée au rôle tenu par les services secrets italiens dans ce secteur de Sarobi, juste avant la relève des forces italiennes par les forces françaises, l’a encore illustrée.


    Ce sont, cependant, les conséquences militaires – peu visibles pour le public non averti – qui ont été parmi les plus importantes, car les dix tués l'ont été dans un contexte de combat direct avec les Talibans. Sur les 36 soldats français tombés en Afghanistan depuis le début de notre engagement, la grande majorité l'a été, en effet, soit par accidents soit par IED. Le RETEX de la bataille a, donc, été très rapide, et il a conduit à des modifications sensibles du dispositif militaire français en Afghanistan: envoi de pièces d’artillerie CAESAR, envoi de drones et d'hélicoptères en plus grand nombre, achat de missiles FGM 148 Javelin aux Américains, augmentation de l’infanterie et de ses soutiens directs au sein des nouveaux GTIA, amélioration du matériel des combattants… La faiblesse de la reconnaissance aérienne des lieux, comme du soutien d’artillerie, ont été parmi les principaux facteurs d’explication de nos pertes ce jour-là.

    Il y a cependant plus grave selon les familles. Différents faits et sources (témoignages des soldats et de leur hiérarchie, enquêtes réalisées par les parents eux-mêmes, mutations d’officiers…) attesteraient d’une somme de dysfonctionnements et de manquements dans l’organisation et la préparation de la patrouille du 18 août (2). Ce sont ces dysfonctionnements et ces manquements, que les parents de Julien LE PAHUN, principalement, veulent connaître. Face au silence des autorités politiques et militaires, ils ont décidé de déposer plainte non pas contre l’État ni l’Armée, mais contre trois officiers qu’ils estiment directement responsables du fait de leur incompétence. Désirant distinguer ces trois officiers du reste de l’Armée - qu’au demeurant ils soutiennent pleinement dans son engagement en Afghanistan et, d’une manière générale, dans toutes les autres OPEX -, les LE PAHUN veulent montrer qu’il ne peut y avoir d’impunité en cas de fautes graves au sein d’une armée démocratique.

    Leur démarche pose, cependant, de redoutables problèmes. Les situations de combat sont toujours des contextes de tension paroxystique où les événements s’enchaînent très rapidement sans que les acteurs en aient une vision toujours claire et compréhensible (le fameux “brouillard de la guerre”…). Tout en recevant la douleur de celles et ceux qui veulent savoir après coup, il y a le risque immense de faire du hors contexte, et de vouloir reconstruire a posteriori des actions qui ont dû être menées avec des informations incomplètes et un matériel insuffisant sur le moment.

    Il n'est pas dans le propos de notre blog de prendre parti sur le bien fondé ou non de l'initiative de ces deux familles. Il est, en revanche, de notre travail d’éducation à l’Esprit de Défense de poser les questions de fond qui se cachent derrière ce genre de démarche, et qui touchent directement le lien entre la Nation et son Armée. La mise en danger de la vie d'autrui est inhérente à toute situation de guerre. Disposer de la vie de ses subordonnés est le propre du commandement militaire, ce qui ne veut pas dire qu'il en fait ce qu'il veut... Cette pesée sur la vie des autres fonde la spécificité du métier des armes, et explique très certainement qu'être militaire n'est pas seulement qu'un métier... Par son essence même, la guerre ne permet pas d’envisager hier comme aujourd’hui, ni demain, le “zéro mort”. Toute mission de guerre - et la reconnaissance d’Uzbin en était une – comporte fatalement des risques mortels que le commandement et la société doivent savoir accepter.

    La judiciarisation de la guerre peut, par ailleurs, avoir pour conséquence de développer une inhibition néfaste au sein de nos forces armées, propre à remettre en cause tout esprit offensif ou d’initiative sur le terrain. Ce qui pourrait provoquer bien plus de morts à l’avenir dans des actions de type Uzbin, si ce n’est - perspective véritablement catastrophique pour notre Démocratie - une incapacité encore plus forte à pouvoir livrer et gagner une guerre, fut-elle juste…

    L’Armée, quant à elle, doit être en mesure de sanctionner efficacement l’impéritie des siens, si celle-ci est avérée (3), et à le faire savoir clairement dans une société de communication où tout finit par se savoir. Ce que demandaient sans doute les LE PAHUN. L'Armée et l'État peuvent-ils, cependant, tout révéler en temps de guerre? Qui plus est à l'âge de ces guerres asymétriques qui font des médias LE véritable champ de bataille?

    Tout en nous associant à la douleur de la famille LE PAHUN – que nous connaissons personnellement par ailleurs, et pour laquelle nous témoignons la plus grande et la plus sincère affection -, espérons que cette nouvelle affaire soit honnêtement présentée et analysée par les médias. Que les graves questions qu’elle soulève soient aussi clairement comprises par une opinion publique si éloignée des affaires afghanes dans cette deuxième bataille d‘Uzbin qui commence.

(1) Les parents du soldat Julien LE PAHUN et l’ex-épouse du Sergent Rodolphe PENON. Lire aussi les développements du blog Secret Défense, notamment l'analyse du Cabinet de Barner qui y est rapporté.
(2) Jean-Dominique MERCHET, dont la qualité des sources n'est pas à remettre en question, relativise la question des fautes commises. Le journaliste de Libération pencherait davantage pour un état général d'impréparation des forces françaises alors envoyées à ce moment en Afghanistan.
(3) Si l'Histoire peut, en effet, nous donner des exemples d'incompétence du commandement militaire ayant conduit à des catastrophes, il est à rappeler que la guerre est tout sauf une science exacte. Qu'il faille reconnaître qu'en de nombreux cas, les conflits ont fait mentir les écoles doctrinales et stratégiques qui, durant des années, ont tenté d'en prévoir le déroulement. Le principe du RETEX participe justement de la remédiation que l'institution militaire porte sur elle-même. À travers enquêtes et analyses au plus près du terrain, l'Armée reconnaît ses insuffisances et en tire les enseignements immédiats afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs à l'avenir.

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 13:21
"MÉMOIRES D'ALGÉRIE"

UNE EXPOSITION DE LA MAISON DU COMBATTANT ET DU CITOYEN


   
    Espace d’Afrique du Nord peuplé par les populations berbères dès le Néolithique, ce qui devait devenir plus tard l’Algérie a été romanisé durant l’Antiquité avant d’être islamisé à partir du VIIIe siècle après JC. La domination arabe laissa place à la domination turque à partir du XVIe siècle, époque où les Espagnols s’intéressèrent également à l’Algérie.


    C’est, cependant, avec la conquête française au XIXe siècle, que naît l’Algérie moderne. La confrontation entre CHARLES X et le Dey HUSSEIN, suite à un d’un différend commercial et diplomatique, conduisit à une expédition militaire le 14 juin 1830. À la tête d’un corps expéditionnaire de 37 000 hommes, l’Amiral DUPERRÉ et le Maréchal BOURMONT prirent le contrôle des principaux ports situés sur la côté algérienne. L’expédition, menée sans projet politique particulier, laissa l’opinion publique française indifférente. Dans un premier temps, elle se limita à une occupation restreinte de parties du littoral. L’intérieur des terres était laissé à des chefs locaux vassalisés.

L'Émir Abd EL-KADER. Portrait d'Ange TISSIER (1852)
   
    C’est la révolte d’un de ces chefs contre la présence française, l'émir Abd EL-KADER, qui devait conduire à une occupation totale de l’Algérie au terme d’une guerre de huit années. Soutenu par le Sultan du Maroc, Abr AR-RAHMAN, Abd EL-KADER fut finalement vaincu. Il fallut, cependant, à la France près d’un quart de siècle encore pour pacifier complètement le territoire. Un des aspects de cette pacification fut, alors, l’installation de premiers colons sur les terres confisquées, notamment des Alsaciens et des Lorrains au lendemain de la défaite française de 1870 face à la Prusse.


    Cette vague de colonisation devait faire de l’Algérie notre grande colonie de peuplement au XXe siècle. C’est à partir de cette époque que la France devait imprimer sa marque politique et culturelle sur l’Algérie. En dépit d’une terrible guerre coloniale (1954-1962), qui fut vécue comme une violente déchirure entre les deux sociétés, le lien historique demeure fort entre la France et l’Algérie encore de nos jours.

    C’est cette Histoire que la Maison du Combattant et du Citoyen retracera du 11 au 28 novembre 2009 à travers “Mémoires d’Algérie”, une superbe exposition organisée dans les salons de l’Hôtel de Ville de Combs-la-Ville par Madame Luce LARCADE.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 16:30
LA FRANCE ENGAGE LE 2e RÉGIMENT ÉTRANGER PARACHUTISTE EN AFGHANISTAN


    On ne le rappellera jamais assez, une guerre se remporte avant tout par la capacité à y engager des hommes. Quelle que soit l’importance du soutien naval ou aérien, quel que soit le degré de sophistication atteint par les forces armées occidentales, rien ne remplacera l’action classique d’une force au sol, en nombre suffisant pour tenir et quadriller le terrain. A fortiori lorsque l’on s’engage dans une confrontation qui voudrait “gagner le coeur et l’esprit des populations” comme l’affirment désormais les plus hautes autorités militaires des nations engagées dans le conflit afghan.

    Rarement conflit n’aura impliqué un aussi grand nombre de pays alliés sur un espace aussi réduit que l’Afghanistan (647 000 km2). Des pays qui comptent parmi les premières puissances militaires de la planète, mais qui connaissent actuellement des difficultés suffisamment grandes pour empêcher de parler d’une victoire à court terme. Cela est un paradoxe.

    En fait, les nations occidentales ne sont plus en mesure, politiquement comme moralement, de se donner les moyens humains de triompher, quand bien même n’ont-elles en face d’elles des adversaires qui n’auraient aucune chance de l’emporter militairement. Certes, les Talibans reprennent le dessus comme le reconnaît le Général américain Stanley A. McCHRYSTAL, commandant en chef les forces de la coalition. Leurs opérations sont bien plus virulentes et mieux coordonnées qu’au début du conflit. Agissant par petits groupes lourdement armés, combinant les attaques aux IED et des embuscades meurtrières, ils frappent les troupes de secours aux points de passage obligé au moment où ces dernières se dirigent sur les lieux d'une première attaque. Avec une connaissance irremplaçable du terrain, de la langue et des populations, les Talibans ont incontestablement repris l’initiative.

Hommes du 93e Régiment d'Artillerie de montagne (93e RAM) ouvrant le feu au mortier de 120 mm. En dépit de l'engagement de canons modernes CAESAR, les mortiers de 120 et de 81 mm tractés par VAB restent particulièrement bien adaptés au théâtre d'opérations afghan

    Cette reprise de l’initiative qui pourrait conditionner à terme une défaite de l’Occident en Afghanistan s'explique moins par la force que peuvent représenter les Talibans – sans pour autant nier le courage de leurs combattants -, que par la faiblesse politique des pays occidentaux. Les traditions pacifistes et neutralistes de nombre de pays européens inhibent l’aptitude au combat de leurs forces armées. Plus récemment, les derniers développements de la bataille d’Uzbin (18 août 2008) nous apprennent que les services secrets italiens avaient acheté une trêve à l’ennemi taliban, afin de préserver la vie des soldats italiens dans la région de Sarobi.

    Cependant, le plus grave reste la réticence de nos démocraties à engager davantage d’hommes sur ce théâtre d’opérations. Les hésitations du Président américain Barack OBAMA dans l’envoi de nouveaux renforts et, surtout, les dernières déclarations du Ministre de la Défense australien, John FAULKNER, qui voudrait voir un retrait rapide des troupes australiennes, fragilisent sensiblement la lutte sur le terrain. Ainsi, pour le Général McCHRYSTAL, la guerre pourrait bien être perdue d’ici un an faute de renforts suffisants (au moins 40 000 hommes supplémentaires).

    La France qui met en avant des expériences historiques de guerres contre-insurrectionnelles - expériences dont l’armée des États-Unis s’inspire directement -, n’échappe pas au mouvement avec les dernières déclarations du Président Nicolas SARKOZY assurant que le nombre de nos soldats en Afghanistan n’augmentera pas. Alors que nous redécouvrons la pensée de David GALULA, nous savons pertinemment que notre pays ne peut plus consentir l’engagement et les sacrifices humains qui nous avaient pourtant donné la victoire sur l'insurrection algérienne. À cette époque, la France avait déployé 400 000 soldats pour tenir un espace grand de 400 000 km2 en comptant la partie saharienne…

    Pourtant, c’est l’un de nos meilleurs régiments de combat que nous nous apprêtons à envoyer en Afghanistan à savoir le 2e Régiment Étranger Parachutiste. Cette unité d’élite de la Légion étrangère, comptant 1200 combattants, devrait être déployée d’ici le début de l’année prochaine au sein d’une nouvelle unité: la Brigade Lafayette. À l’heure où nous écrivons cet article, les légionnaires du 2e REP subissent un entraînement particulièrement intensif et adapté à ce qui devrait les attendre en Afghanistan. Entre Djibouti et les camps de manoeuvre de Champagne (Mourmelon/Mailly), ils répètent inlassablement des exercices les conditionnant à la menace des IED, aux embuscades d’un ennemi agressif et ingénieux, au combat urbain… Plus que jamais, l’Afghanistan est un champ de bataille pour l'infanterie, mais à l’inverse du légionnaire parachutiste de la Guerre d’Algérie, qui était allégé dans son équipement, celui de la Guerre d’Afghanistan emporte sur lui une quarantaine de kilos de matériel.

L'équipement du combattant moderne s'est considérablement alourdi. Le gilet de protection et d'assaut permettant d'emporter des munitions supplémentaires est très lourd. On remarquera aussi que le FAMAS est devenu plus pesant avec l'ajout d'accessoires - poignée, optique de précision, système de visée de nuit, rail Picatinny - qui obligent à la suppression du bipied d'origine

    Le 2e REP formera le noyau autour duquel s’organisera un nouveau Groupement Tactique Interarmes (GTIA). Un GTIA est une unité interarmes correspondant à un assemblage d’unités appartenant à plusieurs armes (Infanterie, Cavalerie, Artillerie, Génie…). La cohérence de cet assemblage est dictée par une mission donnée. Les GTIA français sont actuellement en cours de réorganisation sur le théâtre d’opérations afghan. La tendance est au renforcement de leur composante infanterie, cavalerie, et de leurs appuis. Ils devraient, très prochainement, former une toute nouvelle brigade baptisée Lafayette.

    Signe de l’adaptation rapide de nos forces armées dans un contexte conflictuel, la Brigade Lafayette est non seulement conçue comme une unité pleinement interarmes mais aussi interarmées. Des éléments de la Marine et de l’Armée de l’Air y seront directement intégrés.
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 10:15
CONFÉRENCES AOR/MCC - LA NOUVELLE RÉSERVE MILITAIRE PAR CEUX QUI LA VIVENT

Le Capitaine de Vaisseau Thierry GAUROY et le Chef de bataillon François COLOMBANI, ambassadeurs actifs et dynamiques de la Réserve opérationnelle et citoyenne en Seine-et-Marne (cliquez sur la photographie pour voir l'album de la conférence/débat)
Expression forte du dynamisme et de la volonté de nos réservistes, les conférences du Lieutenant-colonel Alain LEGRIS et du Lieutenant Tom HUBERT se sont tenues devant une salle pleine ce samedi 17 octobre 2009.

    Remercions d’emblée le Capitaine de Vaisseau (R) Thierry GAUROY, le Chef de bataillon (R) François COLOMBANI, ainsi que le Général (2S) Serge AUZANNEAU, qui ont rendu possible une telle manifestation.
Parmi les nombreux invités, étaient présents Mme Françoise SAVY, Maire adjointe chargée de la Petite enfance, de l'Enfance et des Relations avec les établissements primaires, M. Jacques PLANTARD, Correspondant Défense de Combs-la-Ville, M. Dominique BUTTE, Directeur départemental de l’ONAC. L’Éducation nationale était représentée en les personnes de l’Inspecteur d’Académie, M. Jacques MARCHAL, de l’Enseignant relais Défense du Lycée Galilée, M. Nghia NGUYEN, ainsi que quelques élèves du Lycée Galilée.
À travers son parcours, le Lieutenant HUBERT expliqua son engagement dans la Réserve opérationnelle: son passage du corps des sous-officiers à celui des officiers, sa formation à Coëtquidan, sa spécialisation dans les MICAT et le combat PROTERRE au sein du Régiment d’Infanterie Chars de Marine (RICM) de Poitiers. Avec une autre expérience, puisqu’une grande partie de sa carrière se déroula dans l’armée d’active, le Lieutenant-colonel LEGRIS – également issu de l’Infanterie de Marine – raconta son séjour à Mitrovista (Kosovo) au cours d’une OPEX en tant qu’officier de réserve. À la fois acteur et témoin, il analysa non seulement les rapports entre les personnels d’active et de réserve dans un contexte opérationnel à haut risque, mais également les rapports interalliés dans une ville qui fut un concentré des tensions interethniques du Kosovo.
Ces deux conférences furent enrichies par l’expérience du Capitaine Christophe ADRIEN, champion du monde de pentathlon militaire, qui décrivit le déroulement de cette épreuve au sein d’un championnat regroupant les nations de l’OTAN. Le Capitaine ADRIEN illustra, ainsi, le haut niveau de performance physique que la Réserve opérationnelle pouvait atteindre.
Le débat qui s’ensuivit porta sur la difficulté pour nombre de réservistes à faire prendre en compte leur temps d’activité militaire – essentiel pour leur formation et leur aptitude à mener des missions opérationnelles – auprès de leur employeur. Si le Général AUZANNEAU et le Lieutenant HUBERT soulignèrent la contradiction de certaines entreprises qui travaillent pour la Défense tout en ignorant le statut de réserviste de certains de leurs employés, le Chef de bataillon COLOMBANI - s’inspirant des modèles des réserves américaine et britannique - insista sur la nécessité de faire de ce problème de fond un débat plus largement ouvert au public afin d'influencer le législateur.
La Réserve, qu’elle soit militaire ou citoyenne, pose plus que jamais la question du lien entre la nation française et ses forces armées. Donnons lui la place qu’elle mérite à la fois dans la société et les entreprises, mais aussi dans l’Éducation à la Défense.

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