1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 05:59
LA DEUXIÈME GUERRE MONDIALE COMMENCE
1er SEPTEMBRE 1939 - 1er SEPTEMBRE 2009


La symbolique du drapeau nazi reste encore ouverte à bien des interprétations tant était-elle vague selon Hitler lui-même. D'aucuns y voyaient la guerre représentée par le svastika noir centré dans un cercle blanc symbolisant la pureté raciale. Le rouge représenterait le peuple et la révolution national-socialiste, mais pouvait aussi faire référence à l'ancien drapeau impérial allemand. Quoi qu'il en soit, c'est d'Allemagne et avec une idéologie reposant fondamentalement sur un racisme biologique exarcerbé, que les nazis déclenchent le conflit le plus meurtrier de l'Histoire à partir de 1939

    Dans le prolongement de coups de force destinés à donner à l’Allemagne une position hégémonique en Europe, coups de force qui n’ont cessé de déstabiliser les relations internationales depuis 1935, Adolf Hitler ordonne l’invasion de la Pologne le 1er septembre 1939.


    En cette aube du vendredi 1er septembre 1939, ce n’est cependant pas un conflit limité que le chef du IIIe Reich déclenche au coeur du continent européen. Les réactions de la France et de la Grande-Bretagne élargissent très rapidement la confrontation, et donnent d’emblée à la guerre une dimension européenne et régionale. L’enchaînement des faits est par la suite connu, surtout à partir de l’année 1941 qui voit l’entrée en guerre de l’URSS et des États-Unis.

Soldats allemands entrant dans Varsovie
   
    1er septembre 1939/1er septembre 2009. Aujourd’hui, c’est donc le jour d’une bien triste commémoration, celui du 70e anniversaire du déclenchement du plus terrible conflit que l’Humanité ait connu jusqu’à présent. Si certains historiens en perçoivent les podromes, voire en datent le déclenchement réel en Asie avec la confrontation sino-japonaise (7 juillet 1937), c’est pourtant en Europe que l’élargissement géographique de la guerre est immédiat, permettant de parler d’emblée d’un nouveau conflit “mondial”.


Le Führer Adolf Hitler salue ses troupes victorieuses en Pologne
   
    Si la Deuxième Guerre mondiale est enseignée dans les classes de Troisième et de Première, ses conséquences vont bien au-delà de ces deux programmes. Elles embrassent toute la période de l’Histoire contemporaine à partir de 1945, jusqu’à l’Histoire dite “immédiate”. En d'autres termes, le programme de la classe de Terminale est largement incompréhensible sans l'arrière-plan des événements qui bouleversent le monde de 1939 à 1945. D’abord par les conséquences directes du conflit qui mérite, bien plus que le grand conflit précédent, le qualificatif de mondial. Guerre totale, guerre industrielle, guerre essentiellement idéologique, la Deuxième Guerre mondiale a vu la mobilisation de plus de 100 millions de combattants de 61 nations différentes, la mort de 50 à 60 millions d’êtres humains, des destructions matérielles et des dépenses économiques incalculables.


    Crimes de guerre systématiques, génocide d’une ampleur inédite qui a fait définir dès 1944 le concept juridique de crime contre l’Humanité, bombardements atomiques, interrogent encore la conscience du temps présent. La Deuxième Guerre mondiale reste très vraisemblablement l’événement majeur de l’Histoire contemporaine. La Guerre froide, le nouvel ordre mondial, la construction européenne et, peut-être, l’inhibition définitive des sociétés occidentales face au phénomène guerrier, en sont un héritage également direct.

    Puisse la somme infinie de souffrance déclenchée par les dictatures - l’Allemagne hitlérienne au premier plan -, la mort brutale de millions d’êtres humains, les causes et les conséquences de ces six années de guerre, conserver encore tout son sens auprès de générations tentées par l’oubli de soi et l’abandon de l’esprit de Défense.

    1er septembre 2009/8 mai 2015-2 septembre 2015. C’est un très long 70e anniversaire qui commence.

Succédant à la Reichswehr, la Wehrmacht constitue la nouvelle armée allemande à partir de 1935. Très bien entraînée et encadrée idéologiquement, elle permit à l'Allemagne de conquérir de manière fulgurante la plus grande partie de l'Europe occidentale et centrale à partir de 1939. Cependant, l'absence d'une véritable économie de guerre jusqu'en 1943 comme l'impuissance du haut commandement face à Hitler, devaient constituer ses faiblesses fondamentales

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 06:58
    Commentaires du journaliste Jean-Dominique MERCHET (journal Libération) sur un sondage IFOP réalisé au coeur de l'été pour Le Figaro. Tout en gardant à l'esprit la relativité de tout sondage, cette étude montre, une fois encore, la faiblesse de nos démocraties occidentales face à une situation de conflit, surtout quand celui-ci s'inscrit dans la durée. Le véritable champ de bataille de la guerre asymétrique en Démocratie est l'opinion publique. La Démocratie est, cependant, aussi fondée sur le Droit. En opposant "l'expression populaire" et le Droit (fut-il international), le journaliste - connu pour son opposition à l'engagement en Afghanistan - utilise le sondage dans le sens de son opinion. Si ce genre d'étude donne un éclairage relatif de l'état de l'opinion publique à un moment donné - un éclairage que l'on aurait aussi tort d'ignorer -, il n'apporte aucun élément de compréhension à ce qui se passe en Afghanistan.

    "Selon un sondage IFOP pour le Figaro, dont on peut lire les détails ici, 64% des Français sont opposés à l'intervention militaire française en Afghanistan. Ils ne sont que 36% à y être favorables. Le soutien des Français se réduit au fil du temps : en octobre 2001, 58 % ( contre 32%) étaient favorables, puis 45% (contre 55%) en avril 2008.

    Globalement, les sympathisants de gauche sont plus hostiles à l'intervention que ceux de droite. C'est aussi le cas des femmes (71%) que des hommes (56%), des catégories populaires (ouvriers-employés) que des cadres. Seuls sont favorables à plus de 50%, les cadres (53%) ainsi que les sympathisants de l'UMP (57%) et électeurs de Nicolas Sarkozy au 1er tour (55%).

    92% des Français estiment que " la situation sur place est très difficile et nos militaires y sont très exposés", 86% qu'il y a "un vrai risque d'enlisement des troupes occidentales", 50% que "la présence militaire est nécessaire pour lutter contre le terrorisme international" et 42% que "la présence militaire a permis de faire progresser le pays vers la démocratie".

    Commentaire: les résultats de ce sondage confirment le peu de soutien de l'opinion publique à la guerre en Afghanistan. Pour l'armée française, ce fait est lourd d'inquiétude. Les soldats, lorsqu'ils risquent leur vie à l'étranger, doivent avoir le soutien du pays: là se trouve la légitimité de leur action et non dans quelques résolutions internationales. Si ce soutien fait défaut, de manière trop importante et pendant trop longtemps, le risque est une coupure entre la nation et l'armée, comme on l'a vu, par exemple, lors de la guerre d'Indochine. Nous n'en sommes pas là, mais les signaux ne sont pas bons."


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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 07:52
    La chaîne de télévision M6 diffuse ce soir, à partir de 20.40, un reportage d'Amélie DEVELAY dans le cadre de son émission hedomadaire "Zone interdite". D'une durée de 1.35, le reportage nous plonge dans la scolarité de l'École Spéciale Militaire de Saint-Cyr à travers la trajectoire de quatre élèves officiers: Guillaume et Anaïs intégrant l'ESM en 1ère année; Christian et Anaïs finissant leur 3e année.

    Créée par Napoléon Bonaparte en 1802, l'ESM de Saint-Cyr Coëtquidan - dont la devise est "Ils s'instruisent pour vaincre" - fait partie des grandes Écoles. Défilant tous les 14 juillet en ouverture mais derrière une autre grande École - l'École Polytechnique -, l'ESM est considérée comme la "maison mère" des officiers de l'Armée de Terre. On y entre par concours (1); la formation dure trois années à l'issue desquelles les jeunes lieutenants choisissent leur Arme (Gendarmerie, Infanterie de Marine, Cavalerie, Artillerie, etc.).

    On entre jeune à Saint-Cyr avec pour perspective une véritable carrière d'officier dans l'Armée de Terre. D'abord comme chef de section ou de peloton, puis comme commandant d'unité (compagnie ou escadron). L'avancement est quasi automatique jusqu'au grade de Capitaine. Par la suite, les plus brillants obtiennent le brevet du Collège Interarmes de Défense (CID) qui leur ouvre un grand commandement ou des fonctions de haut niveau. C'est également la voie pour accéder aux grades d'officiers généraux (2).

    À voir, donc, ce soir "Un an à Saint-Cyr. À l'École des Chefs de l'Armée française."

(1) Saint-Cyr est la seule école d'officiers, avec l'École Militaire Interarmes (EMIA) également située à Coëtquidan), à proposer une voie d'entrée littéraire au concours. Dans la Marine et l'Armée de l'Air, les concours d'entrée sont exclusivement scientifiques.
(2) "Général" étant davantage une appellation qu'un grade au sens strict.


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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 07:49
Hommage militaire rendu au Caporal-chef Anthony BODIN à Vannes, le jeudi 6 août 2009 (Photographie: Le Figaro)

    Nommé Caporal-chef et décoré à titre posthume de la Légion d’honneur par le Ministre de la Défense, M. Hervé MORIN, le Caporal Anthony BODIN du 3e RIMa a été enterré à Dinan, sa ville d’origine, le jeudi 6 août 2009. L’hommage militaire, au cours duquel était présent le Chef d’État-major de l’Armée de Terre, Elrick Irastorza, a eu lieu à Vannes, ville où est installé le 3e RIMa.

    Le blog “Défense et Démocratie” rend, à son tour, hommage à ce jeune soldat, et s’associe à la douleur de ses proches en leur présentant ses plus sincères condoléances.



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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 08:21
LE SITE "DÉFENSE ET DÉMOCRATIE" A SON GROUPE "SOUTENEZ NOS FORCES ARMÉES" SUR FACEBOOK

Pour s'inscrire, cliquer sur le logo "Facebook"
   
    Site et réseau internes d’abord destiné aux universités (1) et aux entreprises, Facebook (2), créé en 2004 par l’Américain Mark Zuckerberg, est depuis devenu l’un des sites de réseautage social les plus populaires au monde.

    L’inscription y est gratuite et chacun peut, depuis 2006, y créer un compte personnel à commencer par nos élèves qui sont, ainsi, parmi les premiers à utiliser Facebook afin de s’y rencontrer ou de multiplier les connaissances.

    Le site garde, cependant et plus que jamais, son intérêt en matière de communication et de mise en réseau de personnes désirant faire connaître et faire vivre leurs idées que ce soit dans le monde politique, économique, associatif ou des passions personnelles.

    Notre blog “Défense et Démocratie” est, donc, particulièrement heureux d’annoncer à ses lecteurs la création d’un groupe “Soutenez nos forces armées”. Ce groupe est ouvert à tous, et propose de fédérer celles et ceux qui désirent réfléchir sur la refondation du lien entre l’Armée et sa Nation à travers le soutien à nos forces armées actuellement engagées dans le monde, et particulièrement en Afghanistan.

    Rejoignez donc notre groupe sur Facebook, invitez vos connaissances et faites-lui de la publicité!

(1) L’Université de Harvard fut la première à en bénéficier.
(2) Qui veut dire “trombinoscope” en français.
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 08:45
HOMMAGE AU CAPORAL ANTHONY BODIN DU 3e RIMa

Le Caporal Anthony BODIN tombé en Afghanistan le samedi 1er août 2009 à l'âge de 22 ans

    La France vient de perdre son 29e soldat en Afghanistan au cours d’une opération de soutien à l’Armée Nationale Afghane (ANA) dans la vallée de Ghayne située au Nord-Est de la capitale, Kaboul. Samedi 1er août 2009 aux environs de 8.00 (heure locale), 160 soldats français manoeuvraient en soutien à 60 soldats de l’ANA. Une dizaine de militaires américains étaient également présents. Pris à parti aux alentours du village de Ghayne Pain, les militaires occidentaux ont repoussé les Talibans en moins d’une heure et demie, mais au cours de l’accrochage le caporal Anthony BODIN (22 ans) appartenant au 3e RIMa, fut mortellement touché. Deux autres militaires français (deux caporaux de 24 et 29 ans) furent également blessés au cours de l'affrontement, mais si la nature de leur blessure nous est inconnue, leur vie ne semble pas menacée.


    La situation en Afghanistan connaît un très sensible regain des combats, et demeure plus que jamais critique. Manquant d’hommes sur le terrain, la coalition a perdu la maîtrise d’une vaste province au Sud du pays. Ancrage des Talibans et de l’économie de l’opium caractérise ainsi cette province du Helmand dans laquelle la coalition a lancé récemment deux opérations de grande ampleur destinées à en reprendre le contrôle. Ce fut d’abord l’opération “Griffe de panthère” conduite par les Britanniques au mois de juin, et poursuivie par une l'opération américaine, “Poignard”, actuellement en cours.

Des Afghanes apprennent à voter ce samedi 1er août 2009 en vue du scrutin du 20 août prochain qui sera la deuxième élection organisée démocratiquement dans le pays (source - Le Figaro)
   
    Au cours des huit années de ce conflit visant à pacifier et à démocratiser l’Afghanistan, non à l’occuper, le pays est loin d’avoir trouvé son équilibre. L’économie reste profondément déstructurée, et l’agriculture ne parvient pas à se défaire de l’emprise du pavot et de l’opium. Les troupes occidentales, insuffisantes en nombre, ne peuvent quadriller en permanence l’ensemble du territoire, condition sine qua non pour protéger la population et étouffer la guérilla talibane. L’ANA a encore besoin du soutien occidental pour devenir réellement opérationnelle: armée et forces de sécurité demandent des années pour devenir réellement opérationnelle. La corruption gangrène les nouvelles institutions qui, si elles disparaissaient avec le Président Hamid Karzaï si impopulaire soit-il, ouvriraient très vraisemblablement une nouvelle période d’anarchie et de guerre civile entre les Pachtounes et les autres ethnies.


    Dans ce contexte particulièrement difficile, auront lieu d’ici quelques semaines (fin août) des élections présidentielle et régionale. Aidée par la communauté internationale, l’Afghanistan tente, donc, d’apprendre la Démocratie. D’aucuns en sourient vouant l’entreprise dès le départ à un échec certain. D’autres, à travers la demande de la redéfinition des objectifs de nos forces armées en Afghanistan, ne demandent ni plus ni moins que leur retrait. Quels que soient les arguments et la difficulté de l’entreprise démocratique afghane – comme irakienne -, c’est oublier que de nombreux soldats sont morts pour cette cause.


    Ce sont, inconstestablement, les troupes américaines et britanniques qui payent le tribut humain le plus élevé à des guerres qui ne sont ni des guerres d’annexion ni des guerres d’occupation (1). Le phénomène est suffisamment neuf à l’échelle de l’histoire des États pour être souligné. Les opérations “Griffe de panthère” et “Poignard” ont ainsi vu 75 soldats américains et britanniques tomber en l’espace d’un mois. Désormais pour l’Armée britannique, la guerre d’Afghanistan commence à l’emporter en nombre de pertes sur celle des Malouines (avril-juin 1982).

Soldat français dans le village de Hajian (province du Wardak) - 12 Juillet 2009

    Quant à la France, elle a engagé près de 4000 hommes dans la région dont 2900 rien qu’en Afghanistan (2). C’est beaucoup à l’échelle de nos forces armées, mais nos pertes - si elles ne peuvent se comparer à celles des Américains dont l'engagement est bien plus important – semblent en revanche, ce en dépit de leur cruauté, dérisoires par rapport au sacrifice britannique (3). Elles augmentent, pourtant, avec le durcissement du conflit. Depuis le 21 juillet dernier, nos troupes ont ainsi essuyé huit attaques dans les provinces de la Kapisa, du Wardak et du Logar. Les combats se rapprochent ainsi des villes et, plus particulièrement, de Kaboul.

    Loin de nous la volonté de vouloir tenir un “body count” que les ennemis de la démocratie savent si bien instrumentaliser depuis la Guerre du Vietnam (1959-1975). Il est à rappeler, cependant, la valeur que toute démocratie, quels que soient ses défauts, attachent à la vie humaine à commencer par celle de ses soldats qui ne sont en rien des “kamikazes” ni de “la chair à canon” à l’image de leurs adversaires. Des soldats qui, pourtant, sacrifient s’il le faut leur existence. Nous leur rendons hommage, une fois de plus, avec une pensée particulièrement forte à l’endroit de la famille d'Anthony BODIN, tombé hier à Ghayne Pain. Une pensée toute aussi forte accompagnera également ses camarades blessés au cours de la même action.

(1) Cf. Le retrait actuel des troupes américaines d’Irak.

(2) Le reste des effectifs est engagé dans la région à proximité du théâtre afghan : Tadjikistan, Kirghizistan et Océan Indien.
(3) 191 soldats anglais ont été tués en Afghanistan depuis 2001.
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 09:22
"La solidarité n'est pas obligatoire. Elle est juste indispensable."

Association Terre Fraternité


Évacuation d'un soldat blessé pendant la bataille d'Uzbin (18-19 août 2008)

    La guerre a toujours été un désastre humain. Pas uniquement du fait des hommes qu’elle tue directement, mais aussi du fait de ceux qu’elle brutalise dans leur âme comme dans leur chair et qui retournent, par la suite, à la vie civile. Des “gueules cassées” d’hier aux mutilés et infirmes d’aujourd’hui, la réalité des conflits n’a pas changé à cette différence que la société d’aujourd’hui ne veut plus les voir ni les reconnaître en tant que tels.

    Le soldat français détient le pouvoir LÉGITIME - car maîtrisé et contrôlé - de tuer et de détruire. Si mourir pour son pays n’est pas une fin en soi, et ne constitue pas une condition sine qua non devant faire de lui un "héros", l’exposition permanente au risque mortel est la condition première de son métier. Le soldat est, donc, un paradoxe au sein d'une société française bercée dans le confort et la sécurité. Il rappelle - surtout s’il revient mutilé - des situations que nous peinons désormais à appréhender, et que nous voudrions enfermer à tort dans les livres d’Histoire. Le mutilé de guerre doit se cacher, car ce qu'il montre de son corps ravagé est le reflet de la cruauté et de la violence d'un monde que nous voudrions fuir. Pourtant, ces combattants blessés, et diminués à vie, sont encore bien présents parmis nous.


    Paradoxalement, l’amélioration de l’équipement des soldats occidentaux, s’il a permis de sauver sensiblement des vies, a augmenté le nombre de soldats gravement blessés. La capacité des gilets pare-éclats et pare-balles - certains pouvant stopper des munitions de 7,62 mm -, les casques en kevlar, font que les projectiles ne pénètrent pas. Ou s’ils pénètrent, ils ne peuvent ressortir. Il en résulte des lésions particulièrement graves du fait de la violence des impacts, qui touchent essentiellement les vertèbres et la colonne vertébrale.

    La nature des attaques, que ce soit en Afghanistan ou en Irak, explique également que beaucoup de soldats sont touchés aux membres inférieurs. Les IED sont, ainsi, responsables de la majeure partie des amputations de jambes.

    Le 1er septembre 1993, le Chef d’État-major de l’Armée de Terre créait la Cellule d’Assistance aux Blessés pour l’Armée de Terre (CABAT), placée sous le commandement du Gouverneur militaire de Paris, actuellement le Général Bruno DARY. Spécifique à la seule Armée de Terre, la CABAT a pour vocation à aider les grands blessés à se réinsérer dans la société. Conseillant les familles comme les unités d’origine des blessés, elle accompagne ces derniers à l’échelle nationale.
    Récemment, et à l’initiative du Général de Corps d'armée DARY, une campagne a été lancée pour aider au financement de l’association Terre Fraternité qui soutient directement la CABAT. L’opération baptisée “Une pensée pour nos soldats” consiste en la vente d’autocollants représentant une fleur (une pensée). Les ventes ont débuté à l’occasion du festival international de musique militaire du 19/20 juin dernier. Elles se sont poursuivies durant le 14 juillet, et se poursuivront à l’occasion d’autres portes ouvertes.

    N’hésitez donc pas à acheter ces autocollants et à faire connaître l’opération autour de vous.

Association Terre Fraternité - Cellule d'Assistance aux Blessés pour l'Armée de Terre (CABAT)

Hôtel National des Invalides
129 rue de Grenelle
75007 Paris
Tél - 01 44 42 39 58

NB1: Depuis 2001, 1250 soldats de la coalition internationale sont tombés en Afghanistan: 742 pour les États-Unis, 185 pour la Grande-Bretagne, 125 pour le Canada, 33 pour l'Allemagne, 28 pour la France, 25 pour l'Espagne, 24 pour le Danemark, 19 pour les Pays-Bas, 15 pour l'Italie (source: icasualties.org).

NB2: Lire aussi l'article de Jean-Dominique MERCHET sur la dernière attaque des Talibans contre un VAB sanitaire.

NB3: Rapport d'information parlementaire sur le coût des OPEX du 1er juillet 2009

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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 16:24


    C’est un temps véritablement estival qui a, aujourd’hui, salué cette édition 2009 du défilé militaire du 14 juillet. Une manifestation particulièrement riche, mettant en avant le développement d’une coopération militaire avec l’Inde (1). Pour l’occasion, 3 détachements représentant les armées de Terre, de l’Air et de la Marine indiennes ouvrirent le défilé. Les unités de retour d’OPEX (Liban, Kosovo) furent ensuite particulièrement mises à l’honneur, notamment les 8e RPIma et 27e BCA de retour d’Afghanistan.

    Mais ce 14 juillet 2009 fut aussi le jour d’un double anniversaire: celui de notre Armée de l’Air qui fête ses 75 ans, et celui de la Brigade franco-allemande qui fut créée il y a déjà 20 ans. Née le 2 octobre 1989 d'une initiative conjointe du Chancelier allemand Helmut Kohl et du Président français François Mitterrand, la Brigade franco-allemande est aujourd'hui forte de 5500 hommes. Elle a défilé en deux unités distinctes mais à parité: l’une française, l’autre allemande. Quand bien même n’autorise-t-elle pas encore à parler d’une Défense européenne véritablement crédible, son symbole n’en demeure pas moins fort à savoir celui de l’entente retrouvée entre la France et l’Allemagne, ainsi que l’existence d’une volonté de bâtir une Défense commune.

    Invité à cette grande manifestation, M. NGUYEN, Enseignant Défense du Lycée Galilée, est particulièrement heureux de partager, avec les lecteurs de ce blog, le témoignage photographique de cette belle journée.


(1) Sur l'Armée indienne, consulter les numéros suivants de la revue "Défense & Sécurité Internationale". HENROTIN (Joseph), "Armées: Indian navy", DSI, 41, octobre 2008, pp. 56-65. WODKA-GALLIEN (Philippe), "L'exercice Garuda II. Une nouvelle étape dans la coopération stratégique entre l'Inde et la France", DSI, 8, octobre 2005, pp. 22-29.
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 13:37
LES MONUMENTS AUX MORTS EN FRANCE


    Madame Luce LARCADE est la Conservatrice du musée de la Maison du Combattant et du Citoyen de Combs-la-Ville. Passionnée d'Histoire, elle est également une grande collectionneuse d'objets historiques. Ce sont ses collections, patiemment et rigoureusement constituées avec son mari, Jean-Louis, qui ont permis au musée de la MCC d'exister.

    L'intérêt porté à la Première Guerre mondiale l'a amené a entreprendre une étude des monuments aux morts dans notre pays. Un bien vaste sujet quand on sait le nombre de communes pouvant exister en France (plus de 36 500...). Des communes qui furent toutes touchées par l'hémorragie démographique de la Première Guerre mondiale.

    À lire, donc, sur "La page de Luce LARCADE".
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 09:09
MARDI 14 JUILLET 2009


    Le 14 juillet que nous nous apprêtons à fêter demain, est notre fête nationale. Ce concept de fête nationale est récent à l’échelle historique. Il remonte au XIXe siècle qui fut le siècle de l’affirmation des nations et des nationalismes en Europe. La date du 14 juillet renvoie d’abord à l’un des événements fondateurs de la Révolution française, celui du 14 juillet 1789. Ce jour qui voit la prise de la Bastille par le peuple de Paris met un terme à la monarchie absolue.

    Le symbole est si fort qu’il est commémoré l’année suivante lors de la Fête de la Fédération. L’unité et la réconciliation de la Nation française est célébrée en présence des représentants des 83 départements, d’une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes et du Roi Louis XVI en personne qui, pour l’occasion, jure fidélité à la toute nouvelle Constitution.

    Par la suite, guerres civile comme étrangère, changements de régime et instabilité politique font tomber dans l’oubli le 14 juillet. Il faut attendre l’avènement et la consolidation de la IIIe République dans le deuxième XIXe siècle, et l’initiative du député Benjamin Raspail, le 21 mai 1880, pour voir institué le 14 juillet comme fête nationale annuelle. Il s’agit, cependant, de la commémoration du 14 juillet 1790 - symbole d’unité - à laquelle il est fait référence, et non à celle du 14 juillet 1789 davantage synonyme de troubles.


    Le 14 juillet devient, donc, notre fête nationale à partir de la fin du XIXe siècle. Le jour est férié et chômé. Il reste jusqu'à nos jours marqué par diverses manifestations festives dont les traditionnels bals populaires et feux d’articifices. Mais le 14 juillet est, surtout, le jour de l’année où les forces armées, grandes écoles militaires en tête, défilent devant la Nation. L’institution de manifestations militaires remontent également à 1880, date à laquelle la République désire montrer la renaissance militaire de notre pays humilié par la défaite de 1870 face aux Prussiens.

    Se produisant dans un premier temps sur l’hippodrome de Longchamp, ayant connu des manifestations à Vincennes puis dans Paris - entre les places de la Bastille et de la République -, le défilé militaire s’est finalement installé sur les Champs-Élysées à partir des années 1980. Largement médiatisé dès 8.40 du matin, il a, ces dernières années, fait une place d'honneur à des troupes étrangères (Allemands, Marocains, Américains, Brésiliens, armées de l’UE). Demain, c’est l’armée indienne qui sera l’invitée du défilé.


    La soirée de ce 14 juillet 2009 sera marquée par l’émission de Michel Drucker “Au coeur de l’Armée de Terre” sur France 2. De Kaboul au Tchad en passant par diverses bases militaires – dont le CENZUB (camp de Sissonne) – l’animateur, entouré de personnalités politiques comme du monde du spectacle, rendra hommage aux hommes et aux femmes de l’Armée de Terre. Présentée comme un documentaire, l’émission sera diffusée à partir de 20.35.

    Pour finir, rien de tel que l’été et les vacances pour redécouvrir le chemin des expositions. Au programme, celle intitulée “La Guerre sans dentelles”, dont le Commissaire est Laurent Gervereau, spécialiste de l’analyse de films et de photographies en Histoire. Cette exposition entend faire réfléchir sur les représentations de la guerre souvent situées à la croisée du témoignage, du symbole et de la propagande. Le choix du château de Versailles n’est, ainsi, pas un hasard. C’est au lendemain de la Révolution, en 1837, que le Roi Louis-Philippe décide la création d’un musée dédié à l’Histoire de France. En 33 tableaux représentant 33 batailles victorieuses – de Tolbiac (492) à Wagram (1809) -, le souverain cherche à donner une représentation officielle et glorieuse de l’Histoire de France. C’est la fameuse Galerie des batailles.


    À cette vision officielle et lisse de notre histoire militaire, l’Historien Laurent Gervereau propose d’y associer d’autres grands symboles de la photographie de guerre contemporaine. L’objectif étant d’associer à chaque tableau une photographie choc destinée à faire redécouvrir les “codes” de l’image représentée ou saisie. Ce regard croisé devant, à son tour, amener à la compréhension des réalités de la guerre. À découvrir, donc, jusqu’au 6 septembre 2009 dans la Galerie des batailles du château de Versailles.
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