20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 18:12
LE RETOUR D'EXPÉRIENCE OU RETEX

    Si la France ne s’est pas engagée dans la guerre d’Irak – qui débute le 20 mars 2003 à l’initiative des États-Unis -, il n’en demeure pas moins que les militaires français suivent de très près l’évolution de ce conflit. Tirer rapidement les enseignements d’une guerre en cours, en observer les caractéristiques stratégiques, tactiques et techniques afin de pouvoir éclairer nos propres pratiques, voire notre doctrine militaire également, telle est la tâche  - au sein de l’Armée de Terre - d’un service que l’on appelle la Division Recherche et Retour d’Expérience (DREX) (1). Le “retour d’expérience” ou RETEX est, en fait, le travail d’un groupe d’officiers attachés à un théâtre d’opérations particulier, et dont les observations font l’objet de synthèses régulières dans des publications spécialisées: “Doctrine”, “Héraclès”, “Les Cahiers de la DREX”, "Les Cahiers du CESAT"...

    C’est à un ancien officier du RETEX - dans lequel il a servi durant trois années  et qui s’est spécialisé sur les questions du Proche et du Moyen-Orient - que nous devons une récente et stimulante synthèse sur la guerre en Irak. “Irak. Les armées du chaos" est actuellement le seul véritable ouvrage accessible au grand public et en langue française, spécifiquement consacré à ce conflit qui dure depuis mars 2003.


(1) Un cas très concret se présente sous nos yeux à travers le conflit afghan. Il est, en effet, intéressant d'étudier les conséquences psychologiques, tactiques et stratégiques de l'embuscade de Sarobi/Uzbin (août 2008) sur l'évolution doctrinale de l'Armée française. Lire à ce sujet l'article d'Isabelle Lasserre "La stratégie militaire française en Afghanistan", in Le Figaro du mercredi 31 décembre 2008. Expériences irakienne et afghane, approches américaine et française, plus que jamais s'entrecroisent, et nous redécouvrons avec force les théoriciens de la contre-insurrection: Thomas Edward Lawrence, Roger Trinquier, David Galula.

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Fiches et dossiers
commenter cet article
27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 10:28
    Les trinômes académiques - qui viennent juste de fêter leur 20e anniversaire - sont plus que jamais dynamiques. En témoigne ce cycle de quatre conférences, consacrées au terrorisme, et organisées par le trinôme de Paris pour l'année 2008-2009.

1- Jeudi 18 décembre 2008 - "Le terrorisme comme objet d'Histoire" par Henry LAURENS, Professeur au Collège de France.
2- Jeudi 12 février 2008 - "Les démocraties à l'épreuve du terrorisme: l'exemple français" par Jean-Louis BRUGUIÈRE, Magistrat.
3- Jeudi 26 mars 2008 - "L'argent du terrorisme et le crime organisé" par Xavier RAUFER, Directeur des Études du Département Menaces criminelles contemporaines, Université de Paris II.
4- "La guerre contre le terrorisme: l'intervention française en Afghanistan" par l'État-major des Armées.

    Les conférences se dérouleront dans la salle Austerlitz de l'Hôtel national des Invalides à Paris, de 18.30 à 20.00.

    Les enseignants - ou autres responsables de la communauté scolaire - intéressés devront s'inscrire par courriel auprès de: corrine.de-lemos@gmp.terre.defense.gouv.fr


Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 17:51

UN MORT ET UN BLESSÉ EN AFGHANISTAN

 

    Le porte-parole de l’État-major des Armées (CEMA), le Capitaine de Vaisseau Christophe PRAZUCK, a confirmé aujourd’hui le décès d’un sous-officier français en Afghanistan. Membre d’une OMLT (Operational Mentoring Liaison Team), l'Adjudant appartenait au 3e Régiment du Génie (1). Il a sauté sur une mine alors qu’il encadrait un exercice du 2e Kandak de la 1ère Brigade de l'Armée Nationale Afghane (ANA) à camp Darulaman à une dizaine de kilomètres au Sud de Kaboul. L’explosion a également grièvement blessé un deuxième sous-officier qui a, aussitôt, été évacué par héliportage. L’Afghanistan est l’un des pays au monde le plus infesté par les mines anti-personnels, et l’on ne sait encore si nos démineurs ont été touchés par un engin récemment posé ou « oublié » depuis un certain temps. Ce décès porte à 25 le nombre de nos soldats tombés en Afghanistan.


(1) Les OMLT désignent de petites équipes de militaires occidentaux directement intégrées dans les unités de l’ANA. L'Armée française a détaché 300 de ses soldats dans les OMLT. Leur mission est à la fois de former, d’assurer une aide au commandement ainsi que l’interopérabilité avec les armées occidentales. Le concept est également mis sur pied en Irak.


Sources: Secret Défense, Le Monde et Le Figaro.


Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 21:28

    Sur le modèle de ce qui se fait depuis des années aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où les sociétés civiles - à défaut d'approuver les guerres - soutiennent le sacrifice de leurs soldats, je voudrais souligner une initiative suffisamment rare en France pour qu'elle soit portée à l'attention de nos élèves, à savoir la création récente d'un website destiné au soutien moral de nos combattants partout où ils sont engagés dans le monde. Un soutien qui s'élargit également au souvenir des deux guerres mondiales, des conflits en Indochine, Corée et Afrique du Nord.

    Constituée au lendemain de l'embuscade de Sarobi, à l'été 2008, l'Association Nationale de Soutien à nos Soldats en Opérations (ANSSO), s'est créé un logo qui ne va pas sans rappeler le célèbre ruban jaune "Support our troops" des Américains. Mais nos trois couleurs nationales viendront dire que pour une fois, il existe une initiative française de cet ordre dont nous pouvons enfin être fiers.


   
Le site encore en construction s'adresse aux particuliers comme aux entreprises. Il est appelé à se développer, et les possibilités sont vastes. Dans un premier temps, l'ANSSO cherche à collecter des fonds afin de produire des stickers, des t-shirts et autres produits de sa marque, dont les revenus iront en aide aux familles des soldats tués ou blessés. L'association voudrait également pouvoir contribuer au financement d'appareillages médicaux - de type prothèses par exemple - pour les grands blessés dont le nombre paradoxalement augmente plus la protection physique des soldats devient lourde...

    De présentation claire, sobre et efficace, le site de l'ANSSO offre la possibilité
d'écrire aux soldats, de télécharger les logos - réussis - de l'association, ainsi que des vidéos. On y trouvera une présentation individuelle des soldats tués dans les conflits les plus récents. Reste maintenant à développer cet hommage aux morts et aux blessés à travers une action  tournée vers les vivants de manière dynamique: témoignage des familles certes, mais témoignages aussi d'un intérêt et d'une reconnaissance publiquement exprimés à chaque instant par la société civile à l'endroit de nos forces armées. Dans l'enfer des combats, nos soldats ne doivent pas se sentir oubliés. Espérons que des initiatives - courantes depuis des années aux États-Unis -, comme la confection de paquets cadeaux à l'occasion du Noël des troupes, se feront très prochainement via l'ANSSO.

    Saluons encore une fois cette initiative qui, je l'espère, se multipliera un peu partout sur le web français, et dans nos régions. Voilà en tous les cas, une manière concrète de revitaliser et de moderniser
le lien Armée-Nation. J'invite vivement les élèves à participer à ce soutien moral de nos troupes.
Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 11:24
"DES HOMMES DANS LA TOURMENTE: LA GRANDE GUERRE 1914-1918"
  

11 novembre 1918 – 11 novembre 2008. À quelques mois de la disparition de Lazare Ponticelli - le dernier soldat français de la Grande Guerre -, nous commémorons le 90e anniversaire de l’Armistice. Le 11 novembre 1918, à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, le Ministre allemand Matthias Erzberger - représentant la toute jeune République allemande de Weimar - et le Généralissime Ferdinand Foch signaient l'Armistice qui mettait fin à la Première Guerre mondiale, un conflit dont les destructions humaines, morales et matérielles furent sans commune mesure avec les guerres précédentes.

Par son extension géographique – quand bien même les théâtres d’opérations furent-ils essentiellement européens, contrairement à la Deuxième Guerre mondiale -, sa dimension industrielle et l’acharnement des combats, la Première Guerre mondiale fut la véritable matrice de ce que le Général Erich Ludendorff devait bientôt appeler une “guerre totale”. Dans cette guerre d’un type à la fois ancien et nouveau - cf. Entre autres le livre de Michel  Goya, La chair et l'acier. L'armée française et l'invention de la guerre moderne (1914-1918), Paris, Tallandier, 2004, 480 p. -, et préfigurant le déchaînement hors-normes de ce que sera la prochaine guerre mondiale, la France a particulièrement souffert. Sur les 9 millions de morts et les 8 millions d’invalides qu’a fait le conflit, notre pays a perdu 1 400 000 hommes sans parler des mutilés, les fameuses “gueules cassées”.

Dans les années qui suivirent la fin de la guerre, la France se couvre de près de 36 000 monuments aux morts, dont l’ossuaire de Douaumont, non loin de Verdun, reste le plus marquant. La quasi-totalité des communes françaises ont été touchées par ce bain de sang où 10% de notre population active masculine a disparu. La relation entre cette guerre et le déclin de notre démographie est, désormais, devenue un thème classique de l’enseignement de notre Histoire et de notre Géographie.

Les combats les plus violents eurent lieu sur le front Ouest, et plus particulièrement sur la partie Nord-Est de notre territoire. Les destructions matérielles y furent immenses. Villes et villages, voies de communications, mines, infrastructures industrielles, terres agricoles, furent en grande partie anéanties. Des villages entiers disparurent des cartes, et jusqu’à nos jours se pose encore le problème du déminage et de la neutralisation d’anciennes munitions dans ces régions.

Tranchée française en 1915
Le 11 novembre 1918 marque donc la fin de cette catastrophe pour l’humanité européenne. Cet armistice porte, cependant, en son sein, les germes du conflit futur qui devait dévaster de manière encore plus profonde l’Europe et la France. Car un armistice correspond davantage à une trêve et un arrêt des combats convenu entre les belligérants, et non à une capitulation sans condition qui désigne nettement un vaincu. Cet arrêt des combats est survenu à temps pour stopper l’avance des armées alliées. Le territoire allemand n’a donc pas été envahi au moment où l’armée allemande était en pleine décomposition, et perdait pied. Pire, l’armistice a été signé par le Gouvernement de la République et non les membres de l'État-major allemand. L'idée était de faire admettre que la défaite avait été acceptée (provoquée?) par les démocrates de Weimar et non les militaires. L'idée d'une trahison et du "coup de poignard dans le dos" n'est pas bien loin...

Dans les années d’après-guerre, et pour ces raisons, une grande partie de la population allemande devait considérer la guerre comme une défaite injuste. Une défaite d’autant plus injuste que la dureté des traités de paix humilia un nationalisme allemand aussi virulent qu'il était jeune à l’échelle historique. Ainsi, beaucoup d’Allemands devaient exonérer leur armée de toute responsabilité, pour faire porter à la République de Weimar le poids du désastre.

C’est donc cette histoire de feu et de sang que la Maison du Combattant et du Citoyen - à l’occasion de ce 90e anniversaire – a décidé de commémorer à travers une exposition de grande qualité (1) . Le public de Combs-la-Ville y trouvera un hommage particulièrement sensible, rendu à nos soldats tombés au champ d’honneur, mais aussi à ceux qui - ayant survécu physiquement - y sont restés d’une autre manière.

(1) L'exposition n'aurait pas eu lieu sans la tenacité de Madame Luce LARCADE, qui en a été l'organisatrice rigoureuse, et n'a pas ménagé son temps, guidée par le souci permanent de faire parvenir aux jeunes générations le témoignage de l'Histoire. Le Lycée Galilée - et avec lui toute la communauté scolaire de Combs-la-Ville - lui exprime ses plus vifs remerciements.

Message-Auzanneau-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans La Maison du Combattant
commenter cet article
16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 08:19
JOURNÉES DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE (JSI) - PREMIÈRE ÉDITION

    Signe des temps, et sur une initiative de la Ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, les femmes et les hommes qui participent directement à la sécurité intérieure du pays sont désormais et officiellement mis à l’honneur à l’occasion des premières Journées de la Sécurité Intérieure (JSI). Cette première se tiendra dans toute la France ce week-end - samedi 18 et dimanche 19 octobre -, au travers de 105 manifestations dans les régions. J’invite très vivement les élèves à venir rencontrer nos professionnels de la sécurité à Paris sur l’esplanade des Invalides à cette occasion.

    Vus au quotidien et trop souvent assimilés à une répression « injustifiée », policiers et gendarmes sont, par définition, envoyés là où il y a des problèmes… Ils assurent pourtant 24.00 sur 24 la sécurité des biens et des personnes. Que ce soient les personnels médiatisés du RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion), du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale), ou de simples agents sur le terrain, tous exercent un métier de sacrifice, difficile, ingrat, où les risques encourus sont dangereux et mortels.

Équipe du GIGN à l'entraînement

     Dans une société où l’individualisme et l’incivisme amènent trop souvent à percevoir les professionnels de la sécurité sous un angle répressif, partant négatif, il était temps de recréer un lien entre eux et la Nation. C’est dire le bien fondé de l’initiative de la Ministre qui associe également, à ces premières JSI, les pompiers et les personnels de la sécurité civile et des préfectures.

    Il s’agit donc de partir à la rencontre d’un univers de métiers dont les multiples missions n’aboutissent en fait qu’à une seule mission : nous protéger. C’est pour cela que le thème choisi pour cette première édition sera : « Rencontrer les experts de votre sécurité ». De nombreuses animations et expositions seront proposées au grand public à cette occasion, de l’entraînement des chiens à des démonstrations de tir, en passant par un lâcher de parachutistes et de vols d’hélicoptères…

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy et sa Ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie
   
    Le plus intéressant, cependant, sera la mise en avant de la modernité des moyens utilisés par les polices et par la gendarmerie de nos jours, reflet direct de la modernité du terrorisme et du crime contemporains. Le logiciel RAPACE qui permet de détecter les faux billets, le logiciel TREIMA, base de données des œuvres volées, des véhicules d’intervention judiciaire avec laboratoire intégré, le portrait robot informatisé, les caméras thermiques, et bien d’autres technologies utilisées par la police scientifique seront ainsi présentés. Présentation également des principales drogues, d’armes, de munitions, d’équipements divers des forces de sécurité, et jusqu’à la lance incendie Cobra qui permet aux pompiers de percer les cloisons des bâtiments seront aussi de la partie.

    Une très bonne occasion, donc, pour les élèves, futurs citoyens, de comprendre l’enjeu de la Sécurité dans une Démocratie et dans un État de Droit.
NB: Pour celles et ceux qui ne pourraient pas se rendre à Paris ce week-end, une manifestation des JSI 2008 se déroulera à la caserne des pompiers - route de Corbeil à l'entrée de Melun (juste en face du lycée George Sand) - samedi à partir de 10.00. De nombreuses animations s'y tiendront mais avec les parachutistes et les hélicoptères en moins...
Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 13:21
HOMMAGE AUX SOLDATS DU 8e RPIMa, DU 2e REP ET DU RMT EN AFGHANISTAN

Carte détaillant le dispositif militaire de l'OTAN, en Afghanistan, dans lequel les forces armées françaises sont intégrées. L'Afghanistan est divisé en 5 commandements régionaux, Kaboul et ses environs (Regional Command Capital ou RCC) constituant un secteur à part entière (1). Jusqu'à présent affectées dans Kaboul, les forces françaises - avec l'augmentation de leurs effectifs - ont récemment pris en charge une partie du secteur américain (RC East) où les combats sont beaucoup plus violents

    Alors que les vacances d’été se poursuivent encore pour bon nombre de Français, l’actualité immédiate n’a pas manqué de nous rappeler - au-delà du sport spectacle des Jeux olympiques - que notre monde reste en proie à la violence et au danger.

    Dans un contexte où la France - sans parler d’autres pays de l'Union européenne -
se refuse à accorder davantage à sa Défense, alors qu’ailleurs sur notre planète les budgets militaires partout s’envolent, la guerre entre la Géorgie et la Russie nous rappelle de manière inquiétante un type d’affrontement que nous voulions croire d’une autre époque.

    Plus proche de nous, Français, mais plus loin géographiquement, l’Afghanistan est aussi venu se rappeler brutalement à nos mémoires avec la mort de 10 soldats, hier, principalement des parachutistes du 8e RPIMa. Cet été s’achève, donc, de manière particulièrement tragique pour nos forces armées qui viennent d’essuyer les pertes les plus lourdes en combat direct depuis 2001/ 2002, période à partir de laquelle elles ont été engagées dans ce pays d’Asie centrale dans le cadre de l’ISAF d’abord, de l’OTAN ensuite.

Soldats français et afghans dans Kaboul
   
    Dans un
article précédent, j’avais, avec pessimisme, annoncé une augmentation prévisible des pertes françaises. L’envoi de renforts plus nombreux, et l’implication plus directe de ces derniers dans des secteurs difficiles, tenus jusqu’à présent par les Américains laissaient malheureusement prévoir, sans grande difficulté, cette évolution.
  
    Depuis hier, des informations laissaient déjà entendre que nos troupes avaient été engagées dans un combat majeur dans le district de Saroubi, à une soixantaine de kilomètres à l’Est de Kaboul (2). Nous savons maintenant qu’une
mission de reconnaissance - composée d’hommes du 8e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (8e RPIMa basé à Castres), du 2e Régiment Étranger Parachutiste (2e REP à Calvi), du Régiment de Marche du Tchad (RMT à Noyon) et accompagnée par des unités afghanes - est tombée, lundi après-midi, dans une embuscade tendue par les Talibans. Les combats se sont poursuivis pendant une partie de la nuit de mardi. Au cours de ce violent affrontement, 10 soldats ont été tués et 21 autres blessés (3). Les Talibans affirment avoir détruit 5 véhicules.

Une colonne française - constituée de VBL et de VAB - progressant dans les environs de la ville de Sarobi (vallée d'Uzbin), lieu de l'embuscade. Le paysage, désertique et sans aucun couvert, laisse imaginer l'extrême difficulté des conditions dans lesquelles nos soldats se sont battus
   
    Alors que nous ne comptions jusqu’à présent que 14 pertes – essentiellement dues à des accidents ou à des attentats -, nos soldats en ont pratiquement essuyées autant en une nuit de combat qu’au cours de ces sept dernières années. Inutile de dire à quel point l’événement résonnera dans nos médias, et que beaucoup tenteront d’y trouver matière à tirer une conclusion exactement contraire aux intérêts de la France, de l’Europe, et de la Démocratie, à savoir exiger le retrait de nos troupes d’Afghanistan, partant du combat contre le
totalitarisme islamiste et le terrorisme.

    Rendons en ce jour un hommage à nos soldats et à leur famille dont le chagrin ne fait que commencer.

(1) C'est le 4 août dernier que la France prit le commandement de la RCC en remplacement de l'Italie.
(2) L'engagement a eu lieu dans la RCC.
(3) Détail des pertes: 8 morts et 17 blessés pour le 8e RPIMa, 1 mort pour le 2e REP et 1 mort pour le RMT.

Effectifs des différents contingents nationaux de l'OTAN en Afghanistan au mois de mars 2008. Les forces françaises ont, depuis, sensiblement augmenté leurs moyens atteignant 3600 hommes, ce qui représente beaucoup pour une armée dont la réduction des effectifs et des moyens est à l'ordre du jour

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 20:54
  
« Mon G2 (Bureau de renseignement) me dit ce que l’ennemi pourrait envisager. En fonction de quoi mon G3 (Bureau des opérations) me propose ce que je devrais faire. Mais mon G4 (Bureau du soutien logistique) m’impose ce que je peux faire. »

"Tout homme qui a posé le pied à Omaha Beach le 6 juin 1944 est un héros."


États-Unis/Grande-Bretagne: l’affrontement des doctrines stratégiques

1944. La guerre embrase le monde depuis plusieurs années, mais les Alliés ont remporté de grandes victoires en 1942 et 1943. Désormais, les puissances de l’Axe ont perdu toute initiative stratégique que ce soit en Europe ou en Asie. Cependant, Américains, Britanniques et Soviétiques sont divisés sur la manière de poursuivre la guerre et de libérer le continent européen. À la stratégie périphérique d’un Churchill qui désire atteindre le Reich par la Méditerranée et le Sud, Roosevelt préfère une stratégie plus directe à travers l’Europe du Nord-Ouest. Staline, lui, demande surtout l’ouverture d’un second front qui soulagerait son effort de guerre. Depuis plus de deux ans, en effet, l’Armée rouge, paye un prix terrible à sa lutte contre le nazisme.

C’est au cours des grandes conférences interalliées de l’année 1943, que la décision est finalement prise de frapper par l’Europe du Nord-Ouest, et plus particulièrement la Normandie. Un débarquement massif dans cette région, suivie d’une puissante offensive devait permettre d’atteindre le coeur de l’Allemagne rapidement. C’est la doctrine stratégique américaine qui l’emporte, donc, à savoir livrer une bataille frontale destinée à anéantir la Wehrmacht.

L’effort de guerre américain

Cependant, au-delà de cette grande décision politique, ce qui allait devenir l’opération Overlord fut avant tout des années de négociations appuyées de rapport d’experts, d’études stratégiques et techniques en tout genre, de plans constamment vus et revus. Décider un débarquement en Europe était une chose, le réaliser en était une autre même pour l’armée américaine qui, en 1939, ne disposait que de 175 000 hommes sous les drapeaux. Tous ses matériels étaient alors frappés d’obsolescence, et généraux comme soldats avaient encore tout à apprendre de la guerre.

Dans ces remarques générales se trouvent toute l’importance des années 1941-1943 où, sous les coups des dictatures allemande et japonaise, les États-Unis chancellent mais ne fléchissent pas. Alors que le Victory program - ce gigantesque plan de conversion de l’économie industrielle américaine en une économie de guerre - se met en place, permettant non seulement à l’US Army de s’équiper, mais aussi de soutenir l’allié britannique et soviétique, les États-Unis organisent une mobilisation militaire sans précédent. De 1940 à 1945, l’armée américaine opère une brutale montée en puissance multipliant par 30 les effectifs de l’Army, par 21 ceux de la Navy, par 16 ceux de l’US Marine Corps. Le 30 juin 1945, 12 123 000 hommes et femmes servent dans les forces armées, et dans l’US Army pour 1 officier de carrière on en comptait 50 venant de la société civile. Le personnage du Capitaine de Rangers John Miller - magistralement interprété par Tom Hanks - dans le film de Steven Spielberg “Saving private Ryan” (1998) - professeur de littérature avant d’être mobilisé, est, en fait, assez conforme à ce que fut la réalité pour des millions d’Américains. Si l’on ajoutait à ces chiffres ceux relatifs à l’équipement d’une telle armée – sans commune mesure avec la rusticité de l’armée soviétique d'alors -, on prendra la mesure de ce que pesa l’effort de guerre américain dans le cours du conflit.

La guerre américaine: logistics first!

À cette mobilisation vient aussi se greffer l’apprentissage de la guerre. Inexpérimentés et bousculés par les premières confrontations avec l’ennemi que ce soit à Kasserine ou dans la Mer de Corail, les soldats américains apprennent vite. Très rapidement, la guerre vue de l’Amérique va dégager trois données essentielles: l’importance du soutien aérien et de la maîtrise du ciel qu’il suppose, le contrôle des mers et des océans, et l’organisation logistique d’abord navale et ensuite terrestre. La supériorité américaine dans ce domaine est manifeste, et elle n’a cessé de se renforcer jusqu’à nos jours. S’inspirant de méthodes industrielles et entrepreneuriales, l’armée américaine va imposer une standardisation et des normes de manière inédite afin de rationaliser toutes les productions de guerre.

La logistique, au sens économique et industriel, devient désormais une véritable spécialité, une donnée d’entrée dans toute planification quelle qu’elle soit. C’est une différence fondamentale avec les autres armées. L’analyse de la Blitzkrieg allemande et des offensives japonaises nous montre une conception de la guerre justement inverse, à savoir l’incapacité de mobiliser sur la durée une économie de guerre d’où le recours à des offensives conçues dans le cadre d’une guerre brutale mais courte. En fait, les Japonais ne parviendront jamais à remplacer les porte-avions perdus à partir de 1942, et l’industrie de guerre du Reich ne parviendra pas non plus au niveau d’efficacité et de standardisation atteint par l’industrie américaine nonobstant l’efficacité d’un Albert Speer. La fabrication d'un char Tigre I coûtait le prix de 3 Messerschmitt BF 109, et si les Allemands disposaient des meilleurs blindés de toute la guerre, leur incapacité à maîtriser les océans et le ciel annulait, in fine, cet avantage tactique. En dépit d'efforts désespérés, les dictatures devaient ainsi, jusqu'en 1945, prolonger le conflit dans l'improvisation industrielle. 

Le D-Day

Le courage et la valeur ne sont évidemment pas le monopole des Américains. Des Britanniques, des Canadiens, des Français et bien d'autres participeront directement aux débarquements du mardi 6 juin 1944 et à la grande bataille qui s'en suivra. Cependant, seuls les Américains pouvaient rendre ce débarquement matériellement possible du fait de leur puissance industrielle et technique, de leur savoir-faire logistique et stratégique. En effet, toutes les expériences cumulées que ce soit en matière de débarquement d’un important corps de bataille, de maîtrise de l'interopérabilité des différentes armes, de la coordination logistique, vont se concentrer et trouver leur aboutissement dans l’opération Overlord. De Dieppe à Guadalcanal, en passant par l’Afrique du Nord, la Sicile, et l’Italie, le retour d’expérience est particulièrement riche en 1944.

Les choses n’étaient pourtant pas jouées d’avance, loin de là, et avec de meilleures intuitions les Allemands auraient très bien pu tenir en échec Overlord. Certes, la supériorité matérielle des Alliés est incontestable. L’Angleterre, où se concentrent troupes et matériels, est un gigantesque camp militaire au printemps 1944. À la veille du débarquement, 750 000 Gi’s s’y trouvent sans compter les autres forces armées (2 000 000 d’hommes au total). Mais les incertitudes quant aux réactions allemandes et à la météorologie – fondamentale pour opérer un débarquement aussi lourd -, les défis techniques (notamment à l’endroit des ports artificiels), sont énormes. Plus le nombre de bâtiments engagés est important, plus se pose la question des goulets d’étranglements que seront les plages. et les ports Les problèmes logistiques deviennent exponentiels, alors que la Manche reste démontée…

Le jour J est cependant arrêté au 6 juin 1944. La décision a été prise par Eisenhower au dernier moment, et les bulletins météorologiques ont joué un rôle déterminant. Dans la nuit du 5 au 6 juin, des milliers de parachutistes sont largués au-dessus de la Normandie. Leurs missions: s’emparer de points névralgiques (notamment les ponts sur l’Orne) et les tenir jusqu’à l’arrivée des troupes débarquées. Au même moment, une flotte de 1213 bâtiments de guerre, 736 navires de soutien, 864 cargos, 126 engins de débarquement, se concentre au large de l’île de Wight, dans une zone dont le nom de code est "Picadilly Circus". Elle commence à traverser la Manche. À son bord, 156 000 hommes et 20 000 véhicules s’apprêtent à être débarqués.

Six secteurs de débarquement sont définis. D’Est en Ouest, un secteur britannique dans la région d’Ouistreham, nom de code “Sword beach”. Un secteur canadien dans la région de Saint-Aubin-sur-Mer, “Juno beach”. Un second secteur britannique dans la région d’Arromanches, “Gold beach”. Les Américains débarquent simultanément dans 3 secteurs: “Omaha beach”, la Pointe du Hoc et “Utah beach”. Si notre pays - affaibli par la défaite de 1940 et la guerre qui oppose les Français entre eux - joue un rôle mineur dans le plus grand débarquement de l'histoire, il n'en est pas absent non plus. Certes, le Général de Gaulle ne sera pas directement associé aux grandes décisions, mais des soldats français devaient être au coeur des combats dès le 6 juin. Ce sont les hommes du 1er Bataillon de fusiliers marins appelé "Commando Kieffer" du nom du Capitaine de Corvette Philippe Kieffer qui les commande. Rattachés au corps de bataille britannique qui débarque à Sword beach, ils ne sont que 178 mais ils se distinguent dans les combats pour Ouistreham. Au soir du 6 juin, 25% d'entre eux auront été tués ou blessés. 
Symbolique, la participation française devait être néanmoins particulièrement efficace si l'on prend en compte le rôle de la résistance intérieure qui - par ses renseignements comme par son action armée - a très vraisemblablement sauvé la vie de milliers de soldats alliés.


“Bloody Omaha”


Ce sont les secteurs américains qui seront les plus meurtriers. Si les défenses allemandes sont rapidement enfoncées côté britannique et canadien, ainsi qu’à Utah beach, le choc frontal à Omaha beach et sur la Pointe du Hoc est en revanche très violent. À Omaha, sur un front de 8 km, le débarquement commence à 6.25 du matin. D'emblée, les 8 premières compagnies américaines qui atteignent la plage n’ont pratiquement aucune chance, et sont décimées sous le feu des terribles MG 42 et de l’artillerie allemande, dont la présence n’avait pas été signalée initialement. Une deuxième vague d’assaut touche la plage à 7.00, une troisième à 10.30.

Les conditions de cette mise à terre sont catastrophiques. Le mauvais temps qui gêne la couverture aérienne et navale, la force des courants qui fait dériver les engins de débarquement par rapport à la plage (25% des soldats américains tués ce jour-là le seront par noyade), la quasi absence de blindés - la plupart ayant coulé dans la Manche -, la qualité des défenses allemandes, expliquent l'ampleur des pertes. La situation est très rapidement désespérée pour les soldats américains, qui vont néanmoins tenir jusqu’à la fin de l’après-midi, moment où les défenses allemandes faiblissent enfin, ce qui permet les premières percées dans les lignes de défense ennemies. Au soir de la bataille, la pénétration à l'intérieur des terres au-delà d'Omaha beach n'est que de 2 kilomètres au lieu des 8 prévus. Les objectifs ne sont pas atteints. Ce sont les progrès réalisés dans les autres secteurs de débarquement qui obligent les Allemands à relâcher leur pression et à reculer.

À Omaha, les pertes furent 15 fois plus élevées qu’à Utah beach pourtant située à proximité. Sur les 10 300 hommes que perdirent les Alliés ce jour-là, entre 3 et 4000 furent tués dont plus de 1000 Gi's sur la seule plage d'Omaha. Pour ces soldats, la France ce ne fut guère plus que quelques dizaines de mètres de plage. Avec la Pointe du Hoc et le village de Sainte-Mère-l’Église - où Rangers et parachutistes furent aussi décimés -, Omaha beach reste le symbole du courage et du sacrifice américain pour la libération de la France et de l'Europe.

Insignes des trois grandes unités américaines qui participèrent à l'assaut sur Omaha beach et la Pointe du Hoc le 6 juin 1944. De haut en bas: la 1ère Division d'Infanterie (Big Red one), la 29e Division d'Infanterie (Blue and Grey), et le 5e Bataillon de Rangers
 
Situé sur le territoire des communes de Colleville et de Saint-Laurent-sur-Mer, le cimetière militaire américain de la bataille de Normandie  a été érigé en front de mer juste en arrière de la plage d'Omaha beach. La statue de bronze s'élevant vers le ciel symbolise le sacrifice de la jeunesse américaine à la libération de l'Europe

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans La Maison du Combattant
commenter cet article
18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 19:53
INDOCHINE: DEUX SIÈCLES D'HISTOIRE D'UN PEUPLE (1858-1954)

Officier français dans la jungle avec son radio

    La Maison du Combattant et du Citoyen présente, du 26 mai au 7 juin 2008, de 14 h à 18 h, une exposition intitulée «  Indochine : deux siècles d’histoire d’un peuple ». L'exposition, qui a été inaugurée le lundi 26 mai, se tient dans l'Hôtel de Ville de Combs-la-Ville.

    Sans parti pris sur le fait colonial, cette exposition s’efforce de montrer ce qu’a été la vie de ce que l’on a appelé « l’Indochine Française »,
entre 1858 - date du début de la colonisation - et 1954 qui vit le retrait des troupes françaises. Elle est aussi dédiée aux combattants français tombés - souvent dans l'indifférence de la métropole - alors qu'ils accomplissaient leur devoir.

    Mais qu'est-ce que l'Indochine ? « C’est une terre de rencontre des hommes d’Asie venus des bassins surpeuplés du Yang Tsé Kiang et les autres descendus des massifs tibétains le long des grands fleuves aux eaux limoneuses (Mékong, Fleuve Rouge). C’est une terre de friction… des civilisations nées l’une aux Indes, l’autre en Chine. » (1) Les géographes comparent l’Indochine au fléau de bambou (la Cordillière) auquel on suspend deux paniers de riz (les deux deltas). Ces riches greniers à riz ont suscité beaucoup d’envie chez les voisins...

(1) Cf. JACQUIN (Henri), Guerre secrète en Indochine, Orban, 1979.


Repost 0
Enseignant Défense Général (2S) Serge Auzanneau - dans La Maison du Combattant
commenter cet article
8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 10:14
ANALYSE DE LA GUERRE ASYMÉTRIQUE PAR UN OFFICIER FRANCAIS
La première édition française de "Contre-insurrection. Théorie et pratique" (2008)

    Il y a quarante ans disparaissait David Galula. Il avait 49 ans. Pour le grand public son nom n’évoque rien, et pour beaucoup de militaires français il en dit à peine un peu plus… Peut-être qu’un jour, l’ouverture aux historiens d’un fonds privé d’archives en dira davantage sur cet homme que seul son dossier militaire, bien étudié par le Chef d'Escadron Philippe de Montenon (1) - et complété par les archives de la
Rand Corporation -, permet d’approcher pour le moment. Car il s’agit aujourd’hui de reconnaître et de rendre la place qu’il mérite à un officier de grande valeur, qui fut un penseur militaire particulièrement clairvoyant et que son propre pays, jusqu’à présent, ignora.

    Qui fut David Galula et en quoi est-il marquant dans le paysage de la pensée stratégique? Pourquoi est-ce des États-Unis que vint la reconnaissance de cet homme remarquable et non de son pays d’origine?

    Invitation au voyage de la
Chine maoïste à l’Irak post-Saddam Hussein en passant par la Grèce et l’Algérie, à travers un parcours militaire et humain digne d’intérêt: celui de David Galula "le Clausewitz de la contre-insurrection".

(1) Cf. GALULA (David), Contre-insurrection. Théorie et pratique, Paris, Économica, 2008, 218 p. Lire la présentation de Philippe de Montenon pp. XV-XXVII.


Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives