29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 12:18

Le dimanche 29 avril 2012, la Journée Nationale du Souvenir des Victimes et des Héros de la Déportation a été commémorée à Combs-la-Ville, Place du Souvenir. Plusieurs gerbes ont été déposées au pied du monument aux morts de la commune: celles de la Municipalité, de la communauté juive et des associations d'anciens combattants de Combs. Après le lever des couleurs, M. Jacques PLANTARD, élu et correspondant Défense, ainsi que le Député-maire Guy GEOFFROY ont, chacun à leur tour, prononcé un discours rappelant l'horreur de la politique concentrationnaire et d'extermination nazie, mais appelant aussi les générations actuelles à ne pas cesser le combat en faveur de la tolérance et de la paix.

 

Une fois de plus, le Lycée Galilée a apporté sa contribution au Devoir de Mémoire, en la présence de sa Proviseure, Madame Marie-Martine SALLES, de l'Enseignant Défense, et d'Ufkun et Alexis, deux porte-drapeaux.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 07:12

C-CLANET-et-Mdc-GIOT.jpg

 

Trop souvent brouillés entre représentations traditionnelles et poncifs idéologiques, les liens entre l’Armée et la Nation ne sont pas toujours faciles à saisir, d’où l’intérêt de cette étude de terrain demandée en 2011 par l’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire de Paris (IRSEM) au Centre d’Étude de la Vie Politique Française (CEVIPOF ou Centre de recherche politique de Sciences Po). Trois chercheurs (1) sont ainsi allés interroger un millier d’élèves dans six lycées, sillonnant le pays entre Paris et Menton. L’ "Enquête sur les jeunes et les armées : images, intérêts et attentes" nous montre que la perception de l’institution militaire par la jeunesse est largement positive nonobstant la persistance d’un clivage idéologique (2) les jeunes se définissant de droite lui étant plus favorables que ceux se définissant de gauche (pp. 42-43). L’ "antimilitarisme" des années 1970/1980 semble être passé de mode, la suspension du service militaire ayant certainement contribué à ce recul. Surtout, l’armée figure comme étant l’institution qui bénéficie de la plus grande confiance au sein de la jeunesse, devant l’institution scolaire pourtant elle aussi bien classée (85% contre 78% pp. 31-32).

 

L'étude du CEVIPOF et de l'IRSEM laisse cependant apparaître un paradoxe à travers une méconnaissance et un manque d'intérêt général de nos jeunes à l'endroit de leur défense militaire, quand bien même la raison d’être, comme la finalité, des forces armées ne sont-elles pas remises en cause (pp. 52-56). La contradiction n'est, en fait, qu'apparente: le premier phénomène expliquant assez largement le second, ce que nous n'avons cessé de vérifier au sein de nos classes et de nos enseignements au Lycée Galilée. Quelles que soient les actions pédagogiques EDUC-DEF menées depuis des années, que cela soit dans une salle de cours ou à travers une sortie, les lycéens se sont très majoritairement inscrits dans une position d'ouverture et d'intérêt plutôt que d'hostilité. Tous chantent en début d'année l'hymne national, et c'est sans préjugés qu'ils découvrent une Éducation à la Défense qui, trop souvent, n'a pas été abordée en collège... Si d'aucuns peuvent y témoigner une certaine indifférence - qu'ils partagent au demeurant avec d'autres disciplines scolaires... -, nombreux sont également ceux qui, à un moment ou à un autre, expriment un intérêt pouvant aller jusqu'à une volonté d'engagement dans les forces armées. En résumé, nous pourrions dire que nos jeunes sont très largement ignorants des choses de la Défense (comme des affaires du Monde), ce qui est plutôt normal eu égard à leur âge. Ignorance n'est cependant pas défiance, et ils sont dans leur très grande majorité en attente de savoir et de réflexion. Ces derniers ne doivent pas être déçus, mais c'est ici que se situe le véritable problème à savoir la réticence, voire l'hostilité encore de nos jours, de certains enseignants à vouloir enseigner la Défense au nom de schémas militants et idéologiques aussi dépassés que contestables.

 

L'enquête de Ronald HATTO, d'Anne MUXEL et d'Odette TOMESCU vient donc fort à propos. Officiellement présentée le 7 novembre dernier au CEVIPOF, en présence des généraux Benoît ROYAL, Robert de CREMIERS et Nicolas de LARDEMELLE, elle dresse un état des lieux qui ne manquera pas de nourrir directement la réflexion des enseignants relais Défense de notre académie comme d'ailleurs. Ces derniers pourront la télécharger ci-dessous.

 

Icône pdf 1 Rapport final: "Les jeunes et les armées: images, intérêts et attentes"


(1) Ronald HATTO, Anne MUXEL et Odette TOMESCU.
(2) Le clivage par sexe est également sensible, les garçons étant plus réceptifs que les filles sur le sujet.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 09:57

Parti d’une initiative locale - appliquée et évaluée à partir de 2005 par Mme Christine FALLER, enseignante d’Histoire et de Géographie en collège (Académie de Nice) -, le dispositif des "Classes de Défense et de Sécurité Globales" (CDSG) a, depuis, été officiellement institué par la convention-cadre du 8 mars 2011, signée entre M. Jean-Michel BLANQUER pour l’Éducation nationale et M. Éric LUCAS ainsi que le Général de corps d’armée Bruno de SAINT-SALVY pour la Défense nationale.

 

Le principe d’une CDSG est de nouer un partenariat local, directement inscrit dans le projet d’établissement, entre une classe et une unité militaire. Sur la base du volontariat, les élèves de la classe travaillent à la construction de ce partenariat sur un volume de 2/3 heures hebdomadaires. Concrètement, il s’agit:

  1. D’entretenir un lien fort avec l’unité (en s’appuyant sur une correspondance électronique régulière par exemple) surtout lorsque celle-ci est en opération  
  2. De préparer et d’effectuer une visite annuelle de l’unité  
  3. De préparer l’intervention de personnels de l’unité au sein de la classe

S’inscrivant dans la promotion pour l’égalité des chances, le dispositif CDSG - appelé à s’étendre rapidement - s’est révélé prometteur pour les établissements RAR (Réseau Ambition Réussite) et CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Innovation, l’Ambition et la Réussite). Il n’est pas étonnant de l’avoir vu naître dans une académie telle celle de Nice où la proximité d’unités de la Marine nationale a favorisé l’initiative. Une initiative qui illustre le dynamisme et les progrès de l’Éducation à la Défense. L’enjeu pour l’Académie de Créteil (comme bien d’autres) sera de multiplier, dans un avenir proche, les CDSG en s’adaptant à la restructuration des bases de Défense. Celle-ci ayant éloigné les grandes unités militaires de la région parisienne.

 

De manière plus informelle - mais dans une perspective plus large puisque chaque année, ce n'est pas une mais plusieurs classes qui vont visiter une grande unité - le Lycée Galilée s'inscrit dans le principe d'une telle démarche depuis 2008.

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:38

Midway"First hit at Midway" par Paul RENDEL

 

1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

 

La guerre se mène aussi avec des symboles, et ces derniers revêtent une dimension d’autant plus sensible que la période est sombre. Le premier bombardement britannique sur Berlin (25 août 1940) ainsi que les coups portés par les premières unités commandos, avaient notamment pour objectif de redonner le moral aux forces armées anglaises ainsi qu’à la population. Le raid du Lieutenant-colonel James Harold DOOLITTLE opéré au-dessus de Tôkyo, le 18 avril 1942, fut également de cet ordre pour les États-Unis.

 

Subissant de terribles coups de boutoir, et stratégiquement sur la défensive depuis l’attaque de Pearl Harbor, les Américains ressentaient de plus en plus la nécessité d’un symbole fort susceptible de galvaniser les énergies d’une nation qui entrait alors en guerre. Au même titre que le premier bombardement de Berlin à l’été 1940, le symbole ne pouvait provenir que d’un bombardement inattendu de la capitale japonaise. L’absence de bases navales à proximité de l’archipel japonais, l’inexistence de bombardiers capables de traverser l’océan Pacifique, les victoires de l’armée impériale, confortaient  cependant les stratèges nippons dans l’idée que le Japon était hors d’atteinte des frappes américaines. Unissant leurs efforts, l’US Army Air Force (USAAF) et l’US Navy s’attachèrent à démentir cette confiance en organisant un raid particulièrement audacieux, qui reste, encore de nos jours, dans les annales de l’histoire de l’aviation militaire.

 

Élaborée par un officier de l’Armée de l’Air américaine (1), le L/C DOOLITTLE, l’opération posa d'emblée de difficiles questions techniques. Il fallait amener à proximité du Japon, et en toute discrétion, une escadrille de bombardiers capables de décoller à partir d’un porte-avions. Le choix se porta sur un bombardier moyen d’un poids de 9 tonnes à vide: le B-25 (2). Celui-ci était capable d’emporter 10 tonnes de bombes mais la spécificité de cette mission allait le mettre à rude épreuve. En effet, le raid comportait 16 bombardiers B-25 qu’il fallait entasser sur le pont d’un porte-avions, en l’occurrence le USS Hornet CV 8. Chaque bombardier mesurait 16,5 m de long pour une envergure de 20,5 m, ce qui était énorme pour un porte-avions ne disposant que d’une piste droite de 252 m de long… La difficulté majeure était de faire décoller de tels avions sur un espace aussi étroit et sur une distance aussi courte. Ensuite, il fallait que les 16 appareils – qui n’auraient pu de toute manière revenir et apponter sur le Hornet – puissent disposer de suffisamment de carburant pour pouvoir rejoindre la Chine. Tout ceci ne fut possible qu’avec un entraînement particulièrement intensif des pilotes, et un allégement maximal des bombardiers. Des équipements de bord furent ainsi démontés, une seule tonne de bombes (ce qui est peu) fut emportée et des réservoirs auxiliaires furent installés. Encore de nos jours, une mission aérienne est un compromis rigoureux entre la charge de carburant, d’armement et d’équipements spécifiques. Un même appareil ne sera pas configuré de la même manière selon qu’il soit affecté à une mission d’interception, de soutien au sol, ou de reconnaissance.

 

Escorté par un autre porte-avions – le USS Enterprise CV 6 et sa task force (3) – le USS Hornet appareilla d’Alameda, son port d’attache, non loin d’Oakland (Californie), le 2 avril 1942. Le raid fut lancé le matin du 18 avril, peu après la destruction d’un navire de pêche japonais, le Nitto Maru, qui aurait pu détecter et compromettre la mission. Le bombardement de Tôkyo eut lieu quelques heures plus tard. Il ne dura que quelques minutes, fit peu de dégâts, mais frappa les imaginations comme cela était voulu par les Américains. Il n’y eut aucun gain tactique, qui plus est 15 B-25 furent perdus, 3 membres d’équipage furent tués et 8 autres capturés (dont 3 furent exécutés). En revanche, le bombardement de la capitale japonaise obtint l'effet symbolique escompté. Ce résultat eut par ailleurs une conséquence stratégique importante. Désormais la destruction des porte-avions américains était à l’ordre du jour…

 

Wissame, élève de la 2nde 6, nous raconte le raid du Lieutenant-colonel DOOLITTLE.

 

(1) La présence du terme “Army” indique qu’à l’origine l’Armée de l’Air américaine a d’abord dépendu de l’Armée de Terre. Ce n’est qu’à la veille de la Deuxième Guerre mondiale qu’elle s’émancipe de l’US Army pour constituer une Arme à part entière. En 1945, l’évolution sera totalement achevée, mais l’ampleur des combats aéronavals dans le Pacifique soulèvera une rivalité existentielle vis-à-vis de la Marine.

(2) Le North American B-25 est également appelé “Mitchell” du nom du Général William MITCHELL (1879-1936), le premier grand théoricien de la guerre aérienne aux États-Unis. Cet avion fut l'un des nombreux modèles réussis et construits par les ingénieurs américains de la Deuxième Guerre mondiale.

(3) Pour cette mission le USS Hornet, qui devait laisser à terre ses chasseurs, n’était plus protégé. Il fallait par ailleurs être capable de se débarrasser de bateaux japonais susceptibles, aux approches de l’archipel, de donner la position du groupe de combat américain.

 

B-25 Mitchell

Bombardier North American B-25 Mitchell

Logo USAAF

Emblème de l'United States Army Air Force

 

18 AVRIL 1942 - LE RAID DU LIEUTENANT-COLONEL DOOLITTLE

 

  Le 18 avril 1942, a lieu le Raid DOOLITTLE. Le projet a été proposé par le général ARNOLD, qui a été présenté au président américain de l’époque: ROSVELT. Ce raid, aussi appelé le raid fou, avait principalement le but de l’emporter pour soutenir le moral des alliés qui a été anéanti par le fameux bombardement de PEARL HARBOR le 7 décembre 1941. Pour mener à bien cette opération, le générale ARNOLD nomme comme chef des opérations le lieutenant-colonel DOOLITTLE. Pour cette mission, DOOLITTLE a carte blanche. Il envoie donc 24 équipes aux camps d’entrainement de Floride. Comme armes principales il décide d’utiliser des bimoteurs b25 les plus adapter à la mission d’après lui et deus portes avions seront nécessaires. Un General chinois collaborera avec les forces américaines lors de cette mission, il sera très utile pour ouvrir des piste d’avons en Chine, nécessaires à l’atterrissage des bombardiers. Le départ aura lieu le 1er avril 1942. Les soldats ont été entrainés à faire décoller des bombardiers lourdement charger sur une piste extrêmement courte, celle de chaque portes avions. Le lancement des opérations aura lieu le 18 avril, les bombardiers décollerons a 700 km des côtes aux regrets du chef des opérations qui lui voulait les faire décoller a seulement 300 km des côtes mais cela mais en péril la sécurité des portes avions, donc aucun risque ne fut pris. Malgré la petite piste, les bombardiers décolleront. Ils bombardèrent a seulement 300 mètres du sol et ont fait des dégâts important car ils ont réussis à viser des citernes d’essences, mais surtout les zones industriel et ont donc provoqué d’endormes dégâts. Apres cela, les bombardiers avait encore 2000km à parcourir pour atterrir sur les pistes ouvertes grâce au nationaliste chinois, l’atterrissage se fit à l’abri mais malgré cela 8 soldat on périt au cours de ce raid, 4 au combat et 4 autres ont été capturé, 3 d’entre eux ont été exécutés et 1 soldat  mourut en détention. En conclusion, ce raid fou aura été utiles pour les américains et les allies qui ont repris confiance en la force américaines.

Tigre---Message-2.jpg

 

COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)

Nassima - La conférence de Wannsee (20 janvier 1942)

Iman - La chute de Singapour (15 février 1942)

William - L'opération Chariot (27 mars 1942)

Repost 0
Enseignant Défense Wissame - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 14:43

Memorial.jpg

 

Lundi 2 avril dernier, 33 élèves du Lycée Galilée ont entrepris un voyage découverte en Normandie. Organisé par Mme Sophie CRISPO - CPE de l’établissement accompagnée par Mme Émilie MOREAU et M. Nghia NGUYEN, enseignants -, ce voyage s’inscrivait dans une problématique d’Éducation civique et de devoir de Mémoire. Il s’adressait à tous les délégués de classe de la Seconde à la Terminale.

 

Bénéficiant d’une belle journée ensoleillée, les lycéens et leurs accompagnateurs ont d’abord réalisé une visite du Mémorial de la Paix de Caen. Musée dont le propos dépasse l’étude de la seule Deuxième Guerre mondiale et du D-Day (1), le Mémorial se présente comme un bâtiment massif dont l’architecture extérieure rappelle le Mur de l’Atlantique, que les Alliés occidentaux prirent d’assaut le mardi 6 juin 1944. Cette percée est symbolisée par l’entrée même du musée, qui dessine une brèche dans la façade du Mémorial.

 

Munis d’un questionnaire et organisés en petits groupes de travail, les élèves ont réalisé un parcours limité aux origines du conflit mondial et à son évolution jusqu'au débarquement de 1944. Pour beaucoup, cette visite était une première et les questions furent nombreuses sur les équipements de l’époque (Jeep Willis, Hawker Typhoon, fusil antichar, pièces d’uniformes…). L’ampleur des pertes humaines liées à cette guerre, les galeries relatives aux crimes de guerre et au crime contre l’Humanité furent aussi l’occasion pour quelques uns de situer autrement l’enseignement de Défense jusqu’à présent dispensé dans une salle de classe beaucoup moins illustrative. Lorsque la Défense du pays a échoué, le coût humain, matériel et moral de sa libération est exorbitant. Pour tous ce fut l’occasion, au-delà du cours d’Histoire, d’élargir la conscience du prix que les générations passées ont pu sacrifier à notre liberté présente.

 

Delegues.jpg

Les délégués de classe du Lycée Galilée dans le cimetière de Colleville


Après le déjeuner, et pris en main par Isabelle, guide du Mémorial, lycéens et accompagnateurs se rendirent sur trois sites majeurs du débarquement: Arromanches-les-Bains, Longues-sur-Mer et le cimetière de Colleville/Saint-Laurent-sur-Mer. Du haut d’une falaise et par un temps particulièrement dégagé, les élèves ont pu observer les vestiges de Mulberry B (2) à savoir le port artificiel élaboré par les ingénieurs britanniques et mis en place par les Alliés entre Omaha beach (secteur américain) et Gold beach (secteur anglais) quelques jours après la conquête de la tête de pont. Même vue du littoral la taille des caissons Phoenix reste impressionnante, et les dimensions du port artificiel donnent encore de nos jours une idée des besoins logistiques des armées alliées, alors que les deux grands ports en eau profonde de la région (Cherbourg et Le Havre) étaient encore occupés par les Allemands.

 

L’épine dorsale du Mur de l’Atlantique consistait en une ligne de batteries d’artillerie de gros calibre (3) située en retrait du littoral, dont la position tactique et la portée des pièces permettaient de prendre à partie à la fois la flotte de débarquement immobilisée au large mais aussi les plages où s'entassaient les hommes et le matériel. La batterie de Longues-sur-Mer - encore en bel état de conservation - était ainsi située à la charnière d’Omaha et de Gold beach. Ce redoutable ensemble de 4 canons de 155 mm pouvait prendre sous ses feux les deux plages tout en menaçant le dispositif naval dans ce secteur. Constituée apparemment d’un ensemble de blockhaus d’observation, de réglage de tir et de position de tir bétonnée, la batterie de Longues-sur-Mer s’étendait, en fait, sous terre. Postes de commandement, dépôts de munitions et logement des artilleurs formaient un complexe souterrain, en arrière des blockhaus, étendu sur une superficie de 50 ha.

 

Croix-de-marbre.jpg

Pour finir, les délégués du Lycée Galilée vinrent se recueillir au cimetière militaire américain de Colleville/Saint-Laurent-sur-Mer. On oublie trop souvent que l’exceptionnelle journée du  6 juin 1944 -  devenue “Le Jour le plus long” pour la postérité - ouvrit sur une bataille meurtrière de deux mois qui tua plus de 90 000 soldats alliés et allemands. Territoire américain sur le sol français (4), immortalisé dans le film de Steven SPIELBERG, “Saving private Ryan”, le cimetière de Colleville accueille depuis 1956, sur 70 ha, les sépultures de 9387 soldats américains tombés en Normandie. Situé en surplomb de la plage la plus meurtrière du D-Day, “bloody Omaha”, imposant par son silence et son paysage, exprimant par ses rigoureux alignements de croix en marbre blanc l’idée d’une égalité dans la mort et l’héroïsme quels que soient le grade et l’origine du combattant, Colleville n’est pas le seul cimetière militaire mais il est le plus emblématique du sacrifice américain pour la libération de la France.

 

Entre gravité et bonne humeur, cette journée fut aussi longue (départ 6.45/retour 21.30) qu’elle fut agréable pour tous. Véritable plongée dans une histoire douloureuse et encore récente, elle fut  un moment de réflexion particulièrement fécond pour les élèves du Lycée Galilée.

 

(1) Sur le sujet, il existe de nombreux musées locaux de qualité sur la question. Celui de Bayeux consacré à la bataille de Normandie reste incontournable.

(2) Un deuxième port artificiel, Mulberry A, fut construit en face d’Omaha beach. Les deux ensembles furent détruits par une tempête quelques jours après leur construction. Seul Mulberry B fut reconstruit le temps que Cherbourg devint opérationnel pour les armées alliées. C'est de Cherbourg que devait partir la grande artère logistique du dispositif allié occidental: le Red Ball Express.

(3) Nombre de ces armements étaient des pièces de marine, c’est-à-dire des canons retirés des grands navires de surface et adaptés à des positions de tir à terre. Cette conversion des unités de la Kriegsmarine s'opère en 1943. Elle marque un arbitrage stratégique de HITLER désormais en faveur de l'arme sous-marine.

(4) L'administration du cimetière dépend de l'American Battle Monuments Commission.

 

Saint-Laurent.jpg

Statue de bronze symbolisant l'Âme de la jeunesse américaine (sculpteur Donald Harcourt DE LUE)

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:37

Insigne 93e RAM

Le 20 janvier dernier une attaque particulièrement meurtrière de type "green on blue" tuait 4 soldats français et en blessait 14 autres. Aujourd'hui, l'un de ces blessés vient de succomber à ses blessures. Il s'agit du Capitaine Christophe SCHNETTERLE du 93e Régiment d'Artillerie de Montagne, (93e RAM) qui était le commandant d'unité des soldats pris à partie ce jour-là au cours d'une séance d'entraînement sportif sur la FOB de Gwan.  L'officier, âgé de 45 ans, marié et père de deux filles, est décédé à l'hôpital du Val de Grâce de Paris au terme d'une agonie de plus de deux mois.

 

Notre blog salue et rend hommage à tous nos militaires en Afghanistan. "Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre ainsi qu'à la famille et aux proches de ce 83e héros tombé pour la France en terre afghane.

 

Capitaine-Christophe-SCHNETTERLE.jpg

 

Groupe Facebook 2

IN MEMORIAM

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 10:06

Midway

"First hit at Midway" par Paul RENDEL

 

1942-2012. Il y a 70 ans la Deuxième Guerre mondiale entrait dans sa troisième année. Le conflit est devenu planétaire. On se bat sur quasiment tous les continents: en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie. Mers et océans deviennent de véritables champs de bataille qui s’étendent désormais “au-delà de l’horizon” avec le développement sans précédent du combat aéronaval. Après une période de brutales conquêtes, les puissances de l’Axe se heurtent à un raidissement allié sur tous les fronts. 1942 est une année en suspens où les armes résonnent partout, et où de grandes batailles terrestres et aérovanales sont livrées. Le monde retient son souffle: l’Axe est-il sur le point de l’emporter ou assiste t-on au début du redressement allié?

 

Dans la nuit du 27 au 28 mars 1942 a lieu l’un des plus grands raids commandos de l’histoire sur le port de Saint-Nazaire. Une force britannique de 611 hommes détruisit une installation majeure du port (la forme Joubert) afin de l’interdire au cuirassé Tirpitz au plus fort de la bataille de l’Atlantique. Si le raid de Saint-Nazaire fut une victoire britannique, elle le fut au prix de très lourdes pertes: la plus grande partie des 266 commandos furent tués ou capturés.

 

En ce début d’année 1942, les combats les plus cruciaux pour les alliés occidentaux se déroulent non pas en Afrique du Nord mais dans l’océan Atlantique. L’une des plus grandes batailles de toute la guerre depuis l’ouverture des hostilités s’y déroule, et elle semble tourner à l’avantage de la Kriegsmarine, la flotte de guerre du Reich. Par l’Atlantique, l’Angleterre reçoit le ravitaillement qui lui permet à la fois de nourrir sa population et de continuer la lutte. Par l’Atlantique passent également les liaisons vitales pour aider l’allié soviétique en grande difficulté. Si Washington a pendant longtemps considéré l’océan Atlantique comme son meilleur “fossé antichar” face à l’expansionnisme allemand, c’est ce fossé qu’il faut désormais franchir afin de pouvoir libérer l’Afrique du Nord et l’Europe. Pour résumer la situation stratégique, l’Atlantique concentrent toutes les liaisons vitales qui conditionneront rapidement le cours de la guerre.

 

Or, la situation des alliés est particulièrement sombre en ce début d’année 1942. L’Angleterre reste assiégée par la Kriegsmarine dont les sous-mariniers attaquent avec succès les convois navals, coulant de nombreux navires. Nous sommes à l’époque où l’Amiral Karl DÖNITZ - l’architecte des forces sous-marines du Reich - cherche à atteindre le seuil record de 500 000 tonnes de navires coulés, chiffre à partir duquel il estime que les constructions navales britanniques ne pourraient plus soutenir le rythme des destructions. Profitant de la quasi absence de défense des côtes américaines, DÖNITZ lance l’opération Paukenschlag dès l’entrée en guerre des États-Unis. En mars 1942, alors qu’il fallait au moins quatre tankers par jour pour maintenir l’économie de guerre britannique, le tonnage envoyé par le fond par les U-Boats allemands approchait dangereusement les 500 000 tonnes. Au large de la côte Est des États-Unis et du Canada ce fut un véritable carnage. Au mois d’avril 1942, près d’un million de tonnes de navires américains et britanniques furent ainsi coulés (1).

 

L’épine dorsale de la Kriegsmarine était alors constituée par les terribles U-Boats. L’Allemagne n’avait pas eu le temps - au lendemain de la Première Guerre mondiale et après le sabordage de ses bâtiments de guerre à Scapa Flow (juin 1919) - de reconstruire une flotte de surface capable de rivaliser avec la Royal Navy et l’US Navy. Cependant, les quelques bâtiments qu’elle avait pu lancer lorsque la guerre éclata, étaient parmi les plus puissants, les plus modernes et les plus dangereux raiders, au premier rang  desquels figurait le cuirassé Bismarck. Pris en chasse par la Home Fleet, le Bismack fut finalement contraint au sabordage en mai 1941. En revanche, son sister ship, le cuirassé Tirpitz – avec les cuirassés de poche Admiral Scheer et Lützow -  continuait de faire planer une grave menace sur les convois alliés. Hormis le fait que les bâtiments britanniques étaient plus nombreux, le Tirpitz souffrait de la faiblesse stratégique dans laquelle se trouvait la Kriegsmarine à savoir la rareté de points d’appui indispensables pour réparer les dommages en cas d'affrontement avec la Home Fleet. Sur l'ensemble de la côte occidentale française, il n’y avait qu’un seul point d’appui pouvant jouer ce rôle pour le cuirassé Tirpitz: le port de Saint-Nazaire et plus particulièrement le dock Normandie aussi appelé forme-écluse Joubert. Il s’agissait d’une vaste cale-sèche seule capable de recevoir un bâtiment comme le Tirpitz. La détruire revenait à condamner ce dernier à rester dans son fjord norvégien de Faettenfjord c'est-à-dire, en d'autres termes, à le neutraliser. Le raid de Saint-Nazaire, ou opération Chariot, fut donc un haut fait d’armes de la bataille de l’Atlantique à la gloire des marins et des commandos de sa Majesté (2). William, élève de la classe de 2nde 6, nous en raconte le déroulement.

 

(1) Cf. (John) COSTELLO et (Terry (HUGHES), La bataille de l’Atlantique, Albin Michel, Paris, 1980, 320 p. Au terme de l’opération Paukenschlag (août 1942), les alliés perdirent 609 navires soit plus de 3 millions de tonnes.

(2) La Royal Navy et la Marine nationale ont commémoré ce 70e anniversaire le mercredi 28 mars 2012 à Saint-Nazaire.

 

royal-navy-ensign.gif

White ensign - Pavillon de la Marine de guerre britannique

 

Poignard commando SAS-copie-1

Poignard des commandos britanniques

 

 

27 mars 1942 - Opération Chariot

 

Le 27 mars 1942, l’opération Chariot commença. Des navires Britanniques partirent de l’extrême Sud-ouest de Grande Bretagne en direction de ST-Nazaire, dans la nuit du 27 mars 1942. Cette opération avait pour but de détruire la Forme-Joubert afin d’éviter que l’un des navires allemands ne viennent se faire réparer. La Forme-Joubert était la seule calle où le navire allemand pouvait venir faire des réparations(en raison de sa taille). Le navire en question s’appelait : Tirpitz.

 

 La flotte anglaise se fit repérer par un sous marin allemand mais celui-ci se trompa sur la direction des anglais. Ceci aura une conséquence pendant l’attaque parce que des navires allemands étaient allés à leur rencontre, mais dans une mauvaise direction, laissant ainsi ST-Nazaire moins bien protéger. Les navires Britanniques passèrent devant le phare de ST-Nazaire en évitant les combats grâce à des documents volé (pour cela certain navires avaient été « maquillé » pour passer inaperçu). Les bombes qui devaient faire exploser l’un de leur bateau ainsi que la Forme-Joubert furent enclencher dans les environ de 1h30 du matin du 28 mars 1942. Une fois découvert, le combat commença. Le navire anglais contenant les bombes s’encastra dans la porte de la Forme-Joubert avant d’exploser.

 

Cette opération fut une réussite car le navire allemand: Tirpitz ne  fit que quelque raid afin d’éviter tout dommage. Il y eut de nombreux morts et blesser durant l’attaque du côté anglais et allemand.

 

William

Tigre---Message-2.jpg

 

COMMÉMORATION 1942

 

Marjorie - Le Victory program (6 janvier 1942)

Ufkun - La fin de la conférence d'Arcadia (14 janvier 1942)

Nassima - La conférence de Wannsee (20 janvier 1942)

Iman - La chute de Singapour (15 février 1942)

Repost 0
Enseignant Défense William - dans Agenda-Commémorations
commenter cet article
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:35

Les tueries de Toulouse et de Montauban ne seront pas commentées sur ce blog en tant que telles. Nous n'alimenterons pas non plus les polémiques sur l'inefficacité présumée de nos services de renseignement ni sur le soi-disant échec de l'intervention du RAID. Enquêtes multiples ainsi que médias et autres relais d'opinion s'en chargeront. En revanche, notre blog pédagogique apportera quelques propos destinés à nourrir la réflexion de nos lycéens qui ont tous observée la minute de silence demandée par le Président Nicolas SARKOZY. Cet instant de recueillement s'il fut suivi, ne fut majoritairement pas commenté ni expliqué. Or la vague médiatique déferlante comme les enjeux d'Éducation à la Défense soulevés par ces événements nécessitent de substantiels éclaircissements auprès de nos élèves. Comme l'expérience l'a bien montré au sein des classes de l'Enseignant Défense du Lycée Galilée, les lycéens sont demandeurs de telles explications, et leurs questions sont aussi nombreuses qu'elles peuvent être pertinentes. À celles et ceux qui ont été choqués par les actes du terroriste Mohamed MERAH, mais qui cherchent à comprendre au-delà du sensationnalisme médiatique, nous voudrions insister sur les faits suivants:

 

1- Par la personnalité même de Mohamed MERAH, son parcours d'autoradicalisation, la formation qu'il s'est donnée à cette fin (allant jusqu'à chercher l'expérience du combat dans la zone Afghanistan-Pakistan), ses propres revendications comme la justification de ses actes, les tueries de Toulouse et de Montauban s'inscrivent dans une opération de guerre. Elles ont été menées comme telles par leur auteur et ne sont en aucun cas un fait divers.

 

2- Partant, ces tueries illustrent que la guerre peut se livrer de nos jours, plus que jamais, à front inversé. Que s'il n'y a plus d'ennemis conventionnels, sources de menaces directes à nos frontières, l'ennemi peut très bien frapper nos soldats en Kapisa avec des IED ou des attaques "green on blue", comme il peut aussi frapper directement sur le territoire national. En ce sens, notre concept de Défense globale (1) vient d'être tragiquement justifié.

 

3- Si le Maréchal des logis chef Imad Ibn ZIATEN (1er RTP) - abattu à Toulouse le 11 mars dernier -, le Caporal Abel CHENNOUF (17e RGP) et le 1ère classe Mohamed Farah CHAMSE-DINE LEGOUADE (17e RGP) - abattu à Montauban le 15 mars - et le Caporal Loïc LIEBER (17e RGP) grièvement blessé (2), n'étaient pas en mission, ils ont été ciblés en tant que militaires et ennemis non en tant qu'individus. Certes, ils ne pouvaient s'attendre à une pareille situation, mais leur mort dans une action de guerre en fait des héros au même titre que leurs camarades tombés en Afghanistan. Car c'est l'un des objectifs stratégiques du Djihad international que de porter la guerre n'importe où avec des soldats sans uniformes, qui s'affranchissent des frontières et des territoires. La trajectoire individuelle, sociologique et géographique de Mohamed MERAH est, à ce titre, parlante.

 

4- La communauté juive de France a, elle aussi, payé un lourd tribut dans cette opération de guerre, dont le ciblage et le mode opératoire terroriste ne peuvent en aucun cas être assimilés à un "coup de folie meurtrier" et déresponsabilisant. Repérages, planification, froide exécution filmée et revendications idéologiques ne font pas non plus de Jonathan SANDLER, ses deux fils (3), Myriam MONSONEGO (8 ans), ainsi qu'un autre adolescent (blessé), des victimes d'un fait divers mais des victimes de guerre.

 

5- Quant aux critiques qui pleuvent a posteriori sur la gestion de cette crise, il est à remarquer que les renseignements ont fait leur travail puisque Mohamed MERAH a pu être identifié et localisé en quelques heures à partir du moment où les enquêteurs ont eu la certitude que c'était la même arme qui avait servi entre Toulouse et Montauban. Cette célérité des enquêteurs est déjà en soi un exploit. Le terroriste n'a pas été "découvert", et s'il n'a pas été neutralisé avant son passage à l'acte c'est que la loi républicaine et démocratique empêchait de le faire. Si le RAID devait se voir reprocher une quelconque défaillance dans ses deux assauts de l'appartement du 17 rue du Sergent Vigné, ce ne serait sûrement pas de la part de ces personnes qui ont assisté du fond de leur salon auxdits assauts, qui plus est sans rien connaître des contraintes techniques, tactiques, médiatiques et politiques inhérentes aux situations extrêmes. Les hommes du RAID, qui ont compté plusieurs blessés dans leurs rangs, n'ont, en dehors de leur hiérarchie, de compte à rendre qu'à leurs alter ego à savoir tous ceux qui ont pu connaître une situation aussi complexe où la vie et la mort ne pouvaient se jouer qu'à quelques secondes, le temps d'une décision écrasante dans une incertitude omniprésente - le fameux brouillard de la guerre. Ces personnes ne sont pas nombreuses, et il est toujours facile de juger quand on ne sait rien de l'action et de ses risques mortels. Les policiers du RAID sont aussi des héros.

 

Alors qu'il est souvent dit, à juste titre, qu'il ne faut point amalgamer l'Islam et l'islamisme, ne succombons pas non plus à la déresponsabilisation intellectuelle et morale. Il n'y a malheureusement pas eu de "tueur fou" ni à Toulouse ni à Montauban ces dernières semaines. Il n'y a rien d'aléatoire mais bien au contraire il y a une logique: celle d'un terroriste et d'une guerre globale et asymétrique à laquelle nous resterons encore exposés très longtemps aussi bien sur des champs de bataille extérieurs qu'intérieurs à nos frontières nationales. Mohamed MERAH était un moudjahidin et il est allé jusqu'au bout de sa logique de guerre avec des valeurs antagonistes aux notres, quand bien même une enseignante d'anglais du Lycée Gustave Flaubert de Rouen, Lorraine COLLIN, pouvait confondre les sens à donner aux minutes de silence.

 

(1) Comprendre que la Défense nationale d'aujourd'hui n'est plus exclusivement militaire et tournée vers des théâtres d'opérations extérieurs. Elle est aussi civile, économique et culturelle et doit faire face à des théâtres d'opérations intérieurs. Dans le cas de figure présent, ce sont des forces de police (et non militaire) qui ont éliminé un djihadiste sur le territoire national.

(2) L'association "Familles de mili" d'Angélique BERNISSANT et Geneviève THÉOLAS organise une collecte pour Caroline, la veuve du Caporal Abal CHENNOUF, et le Caporal Loïc LIEBER.

(3) Arieh (5 ans) et Gabriel (3 ans).

 

-1.jpg

Caroline, enceinte de 7 mois, est la compagne du Caporal Abel CHENNOUF. Elle vient d'obtenir l'autorisation de pouvoir se marier à titre posthume (source - Libération. Photographie: Pascal PAVANI, AFP)


Groupe Facebook 2

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
commenter cet article
16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 12:54

 

Salle-des-Emblemes.JPG

La salle des Emblèmes dans le Pavillon du Roi (château de Vincennes)

 

À l’occasion de la Journée Nationale de la Réserve (JNR), et en partenariat avec les Délégations Militaires Départementales, notamment celle de Seine-Saint-Denis (1), le Trinôme académique de Créteil a organisé, le jeudi 15 mars dernier, une importante manifestation dont c’était la toute première édition. Six lycées de l’académie étaient ainsi conviés à participer à un rallye citoyen encadrés par des officiers et sous-officiers de réserve, et animés par des personnels d’active. Au total, ce furent 154 élèves (2) des lycées Jules Ferry de Coulommiers, Henri Sellier de Livry-Gargan, Galilée de Combs-la-Ville, d’Arsonval de Saint-Maur-des-Fossés, Guillaume Budé de Limeil-Brevannes et Simone Weil de Pantin, qui furent amenés à réfléchir sur la Défense de la France en cette journée exceptionnelle.

 

De 9.00 à 16.00, entre le Fort-Neuf et le château de Vincennes, les lycéens participèrent à une succession d’ateliers alternant à la fois des aspects concrets et pratiques de la Défense, ainsi qu’une réflexion plus théorique relative à l’organisation d’une Défense nationale plus que jamais définie comme globale: de l’espace satellitaire aux quais du métro en passant par le cyberespace et la défense de nos intérêts maritimes. L’objectif de ce rallye citoyen étant de faire réfléchir sur la nécessité d’une Défense, le sens de l’engagement que celle-ci suppose ainsi que le Devoir de Mémoire indispensable à la cohésion et à la résilience de la Nation.

 

Certains ateliers proposèrent sur un mode interactif un QCM suivi de la présentation d’une spécialité; ainsi les services de Santé et des Essences des Armées, celui des infrastructures de la Défense, la sécurité routière, la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. D’autres furent plus pédagogiques comme ceux concernant le plan Vigipirate et la visite du château de Vincennes. C’est dans l’enceinte de ce dernier que se trouvent aujourd’hui rassemblés les fonds d’archives des armées, entretenus, inventoriés et exploités par le Service Historique de la Défense (SHD). Car la Défense a aussi une Histoire et une Mémoire, ce que l’Adjudant-chef LAFARGUE a bien illustré auprès des élèves tout au long de la visite de la magnifique Salle des Emblèmes. Nos trois armées (Terre, Air, Mer) firent aussi l’objet de présentations substantielles en fin de rallye. Celle de l’Armée de l’Air fut particulièrement intéressante en ce qu’elle mit en avant les missions interministérielles de service public; un aspect qui ne vient pas immédiatement à l’esprit lorsque l’on aperçoit des intercepteurs Rafale ou Mirage 2000…

 

Sarcophage.JPG


Les ateliers qui, cependant, rencontrèrent le plus grand succès furent incontestablement ceux où les lycéens purent manipuler eux-mêmes du matériel. La BSPP fit ainsi une mise au point particulièrement utile sur les différents types d’extincteurs: produits utilisés, fonctionnement, mise en oeuvre, distinction entre un feu et un incendie, et exercices pratiques d'extinction… Un autre atelier fut consacré aux différentes techniques de brancardage d’un blessé que ce soit avec un système de fortune (une couverture et deux branches) ou un système plus sophistiqué (sarcophage gonflant afin d’immobiliser une fracture des cervicales ou de la colonne vertébrale). C’est le 2e Régiment Étranger Parachutiste (2e REP) qui produisit la plus grande sensation par sa présentation d'une partie de l’armement du groupe de combat d’infanterie: FAMAS rétrofités, pistolet automatique MAC 50, lance-grenades individuel de 51 mm, MINIMI 5,56 mm et GPS tactique. Bien des lycéens furent surpris par le poids de ces armes mais ne boudèrent pas pour autant l’initiation au tir à 50 m en simulateur SITTAL (3).

 

Au terme de cette très riche journée, le Recteur d’Académie William MAROIS prononça un discours remerciant l'ensemble de l’encadrement militaire d’active et de réserve sans lequel le Trinôme (4) n’aurait pu donner à ce premier rallye sa dimension véritable. Les résultats des QCM, quant à eux, permirent d’attribuer des prix aux groupes et aux lycéens les plus méritants. Si le Lycée d’Arsonval se classa en première position avec une moyenne de 12,46/20, c’est le Lycée Galilée (en deuxième position avec 11,99/20) qui l’emporta individuellement et par groupes. Le groupe n° 6 arriva ainsi en première position et le groupe  n° 4 en 3e position. Surtout, c’est l’élève Anne-Laure LESTIENNE qui obtint la première place en classement individuel avec une moyenne de 16,26/20.

 

(1) Le Colonel Benoît BRULON et son adjoint le Lieutenant-colonel Frédéric QUATREPOINT.

(2) Divisés en 15 groupes. Le Lycée Galilée était représenté par les groupes n° 4/5/6.

(3) Le Système d’Instruction Technique du Tir aux Armes Légères (SITTAL) est simulateur de tir en salle (indoor), version améliorée des anciennes installations de tir réduit. Le SITTAL permet, tout en économisant les munitions et en atténuant l’usure des armes, un entraînement suivi au tir aussi bien individuel que collectif. Un centre de contrôle situé en arrière du pas de tir permet de configurer l’environnement ainsi que les paramètres de tir. Le SITTAL restitue non seulement les résultats du tir (coups au but ou non), mais aussi le comportement du tireur à savoir sa position, son maintien de l’arme au moment du départ du coup, le contrôle de sa respiration, etc.

(4) Représenté par l’IA-IPR Anne-Marie TOURILLON et M. Michel GAUVIN pour l’IHEDN.

 

Legionnaire-2e-REP.JPG

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:20

C-BOUCHENY.jpg

 

Le Lycée Galilée accueillait aujourd’hui l’Adjudant-chef Olivier BOUCHENY dans le cadre d’un partenariat reconduit avec le Groupement de Seine-et-Marne de la Gendarmerie nationale. L’existence d’un cyberespace mondialisé, le développement sans précédent d’outils de communication nomades, miniaturisés et interconnectés, la multiplication d’acteurs de tout ordre, mettent plus que jamais l’École devant la nouvelle responsabilité d’éduquer et de prévenir aux risques numériques aussi bien au niveau de la vie privée que de la vie professionnelle (1).

 

Si beaucoup s’entendent, en effet, à reconnaître l’importance fondamentale du creuset scolaire dans l’élaboration d’une culture de Défense, encore faudrait-il que soient jetées des passerelles durables, vivantes et efficaces entre le monde éducatif et celui de la Défense. Surtout faire se rencontrer des professionnels très différents, capables de dialoguer et d’agir autour d’une même problématique au-delà de leur culture (voire blocage) institutionnelle. Dans cette perspective, était aussi invité le Brigadier-chef Sylvie PINSARD, référent Police nationale pour les établissements scolaires, qui a pu assister à l’exposé de l’A/C BOUCHENY.

 

Devant un public de près de 76 élèves de Terminales STG/ES et d’étudiants de BTS, ce dernier eut le mérite de présenter un sujet aussi complexe que sensible. Dans un premier temps, le sous-officier présenta sa mission au sein de la cellule renseignement du Groupement, à savoir un travail de collecte d’informations qui s’appuie essentiellement sur l’action des brigades sur le terrain. Ces informations concernent des sujets aussi vastes que divers tels que: la délinquance, le banditisme, les dérives sectaires, l’islamisme… La sécurité économique à travers la protection des entreprises du plus grand département d’Île-de-France fait aussi partie de ses missions de renseignement. C’est donc sur ce sujet particulier que l’A/C BOUCHENY réalisa un exposé particulièrement fourni, qui eut le mérite de montrer aux élèves et étudiants la sensibilité de l’enjeu.

 

Partant d’une approche globale au sein de l’Intelligence Économique (IE) définie comme le domaine d'expertise destiné à “produire de la connaissance structurée pour aider les entreprises à obtenir un avantage compétitif…” (2), l’A/C BOUCHENY fit un bref rappel historique de l’IE, son lent cheminement en France jusqu’au rapport MARTRE de 1994, et le retard de notre pays en la matière surtout par rapport aux États-Unis. Mettant en place des notions utiles pour les élèves entre sources ouvertes et sources fermées, il expliqua le cycle du renseignement avant de donner des exemples particulièrement pédagogiques d’espionnage industriel (3).

 

Dans une deuxième partie d’exposé, l’A/C BOUCHENY dressa une analyse des risques pour les entreprises, donnant à son public une véritable fiche méthode concernant les réflexes de sécurité lors de voyages professionnels à l’étranger. Car le problème reste de nos jours entier. La plus grande partie de nos élèves et étudiants ira travailler dans un futur plus ou moins proche en entreprise, dans un environnement où les risques numériques accroissent sensiblement la vulnérabilité de ces dernières. Or, le déficit de formation en matière de défense de l’entreprise, de ses brevets, de son patrimoine est patent. Seules les grandes sociétés peuvent mobiliser les moyens humains et financiers nécessaires à la formation de leur personnel, très rarement les PME/PMI. Or, 88% des entreprises de Seine-et-Marne sont des PME/TPE (4) qui n’ont pas les moyens d’investir en matière d’IE. C’est pour pallier cette faiblesse que la Gendarmerie nationale a mis sur pied la méthode PEGASE (Préparation de l’Entreprise par la Gendarmerie à l’Amélioration de la Sécurité Économique). Des points fondamentaux y sont soulignés comme la préparation des dirigeants des entreprises aux problématiques de la sécurité économique, l’énumération des ressources, l’adaptation des protections, la sensibilisation des salariés… Ce dernier point sera d’autant plus efficace que les individus auront déjà été, au préalable, préparés à comprendre les enjeux. C’était donc tout le sens de l’intervention de l’A/C BOUCHENY au Lycée Galilée, à savoir en parler à une partie des élèves avant leur arrivée sur le marché du travail.


Icône pdf 1Télécharger la méthode PEGASE (Préparation de l’Entreprise par la Gendarmerie à l’Amélioration de la Sécurité Économique)


(1) L'Éducation nationale a récemment mis en ligne un site dédié à l'utilisation du web: INTERNET responsable.

(2) Par la veille du renseignement économique, l’aide à la décision et la protection du patrimoine informationnel. C’est ce dernier aspect qui sera approfondi dans la suite de l’exposé.

(3) Notamment l’affaire du Tupolev TU-144 “Konkordski” dans les années 1960. Lors de visites d’installations aéronautiques françaises, les représentants soviétiques de l’époque avaient été jusqu’à mettre des semelles collantes sous leurs chaussures afin de prélever des matériaux et de percer le secret de certains alliages.

(4) TPE: Très Petites Entreprises. Sur cet ensemble de PME/TPE seine-et-marnais, une demi-douzaine de sociétés exercent des activités particulièrement sensibles dans les secteurs militaire et naval…


Cellule-renseignement-77.jpg

Cellule renseignement du Groupement de la Gendarmerie nationale de Seine-et-Marne

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Comptes rendus
commenter cet article

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives