2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 14:02

Bientôt sur les écrans de cinéma, un nouveau film de guerre à la gloire des SEALs de la Marine américaine. Le titre ne laisse d'ailleurs aucun doute: "Act of valor" ("Acte de bravoure" pour la version française). Réalisé par Mike McCOY et Scott WAUGH, produit par la société Bandito Bros, "Act of valor" met en scène des combattants du Navy Special Warfare ayant pour mission de libérer un agent de la CIA capturé par des terroristes. Un scénario pour le moins classique, qui devrait nous rappeler un film sorti il y a plus de vingt ans: le "Navy SEALs" de Lewis TEAGUE (1990). À cette différence essentielle que le casting est cette fois tenu par de véritables US Navy SEAL rejouant à l'écran des missions réellement vécues, ce qui n'était pas le cas des Charlie SHEEN, Michael BIEHN et Rick ROSSOVICH autrement plus célèbres... Exaltant le courage et les valeurs d'une unité de forces spéciales mythique, dont la réputation mondiale est sans commune mesure avec le petit nombre de combattants qu'elle représente (cinéma et littérature y étant pour beaucoup!), "Act of valor" a bénéficié des gros moyens de l'US Navy, et les scènes d'action ont été tournées à balles réelles afin de reproduire les effets sonores les plus proches du combat...

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 07:58

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Sur le front de la sécurité intérieure, juin aura été un mois particulièrement meurtrier pour nos forces armées. Hier soir en Guyane, un accrochage suivi d'une embuscade a fait deux morts et trois blessés (dont deux graves) dans les rangs du 9e RIMa et du Groupe d'Intervention Gendarmerie Guyane (GI2G)  de la Gendarmerie nationale. Les faits se sont déroulés dans la commune de Maripasoula (Guyane française), autour d'un site clandestin d'orpaillage situé dans un secteur réputé particulièrement dangereux.

 

Territoire périphérique de la République française et de l'UE, surtout connu pour le site de lancement des fusées Ariane de Kourou, la Guyane est à la fois un département et une région. C'est la plus vaste région de France avec une superficie de 83 850 km2 pour une population d'environ 225 000 habitants, dont 12% de Français métropolitains concernés plus ou moins directement par les activités du centre spatial de Kourou. La densité de population y est très faible (aux alentours de 2 hab/km2), la forêt équatoriale couvrant 96% du territoire au milieu de laquelle courent plus de 1200 km de frontières avec le Surinam à l'ouest et le Brésil au sud et à l'est. C'est dans ce contexte géopolitique de faible emprise de l'État, que s'est développée une économie souterraine liée à l'exploitation aurifère. La présence attestée de filons d'or dans le sous-sol guyanais a très rapidement attiré une population pauvre et clandestine, se livrant à l'orpaillage en dehors de toute exploitation légale.

 

Car l'orpaillage pose de graves problèmes à plus d'un titre. L'activité est hautement dangereuse pour l'écosystème du fait de la destruction des sols qu'elle occasionne et, surtout, du fait de rejets de mercure et de cyanure dans les eaux. À plusieurs reprises, des études ont montré que les populations amérindiennes vivant essentiellement de la pêche dans ces régions où l'orpaillage est pratiqué, étaient massivement contaminées par les métaux lourds (jusqu'à 60% de mercure retrouvés dans les cheveux du nourrisson au vieillard...). L'orpaillage stimule également les flux migratoires clandestins en provenance du Surinam et du Brésil, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer dans un cadre où la présence étatique ne peut s'exercer aussi efficacement qu'en métropole: mise en place de filières et de réseaux qui se criminalisent rapidement du fait des profits escomptés, prolifération de véritables communautés qui échappent à l'autorité régalienne. On estime à près de 15 000 actuellement, le nombre de "garimpeiros" (orpailleurs clandestins) en Guyane française. De fait, les règlements de compte entre eux sont fréquents et violents.

 

Pour contrer une activité illégale qui menace à la fois les hommes et l'environnement, qui mine également l'autorité républicaine, la Gendarmerie nationale a été engagée, depuis 2002, dans des opérations de lutte systématique contre l'orpaillage clandestin. Du repérage des sites à la destruction du matériel nécessaire à l'exploitation des filons (motopompes et groupes électrogènes notamment), les opérations Anaconda ont ainsi vu augmenter les affrontements entre nos militaires et les orpailleurs qui, souvent, défendent leurs campements avec des armes de gros calibres. Les dangers comme l'immensité de l'espace à contrôler ont conduit à un renforcement de la lutte à partir de février 2008, où le dispositif Harpie est venu intensifier le dispositif Anaconda. Désormais, l'Armée de Terre, l'Armée de l'Air mais aussi le service des Douanes participent, en plus de la Gendarmerie, à la lutte. Dispositif interministériel, les opérations Harpie ont pour objectif de désorganiser une économie grise dans son ensemble, en contrôlant les voies de communication fluviale, en paralysant les flux logistiques des orpailleurs, et en démantelant leurs sites de production.

 

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Destruction d'un campement et d'une motopompe par les militaires français (source - MINDEF, 2011)

 

La lutte est dangereuse. Les orpailleurs sont armés et décidés à se défendre. Les actions ont lieu dans la jungle équatoriale avec une visibilité restreinte, et les tirs se font à courte distance voire à bout portant. Si les hélicoptères et les avions de l'Armée de l'Air permettent de couvrir de vastes surfaces, le couvert forestier favorise incontestablement les orpailleurs. L'accessibilité est difficile voire impossible en certains endroits, et les cours d'eau servent de pénétrantes comme du temps des explorations. C'est d'ailleurs au cours d'un contrôle fluvial qu'un militaire du 1er RI, Julien GIFFARD, a été tué le vendredi 9 juillet 2010, devenant de fait le premier militaire tué lors d'une opération Harpie. Plusieurs gendarmes ont été aussi blessés depuis, dont certains très grièvement. C'est au cours d'un survol d'un campement d'orpailleurs, sur le territoire de la commune de Maripasoula mercredi soir, que l'un d'entre eux a été touché par des tirs directs sur son hélicoptère. Ces derniers ont déclenché un déploiement héliporté d'une trentaine d'hommes: des Marsouins du 9e RIMa et des gendarmes du GI2G. Ce sont ces hommes qui sont tombés dans une embuscade, au cours de laquelle un Adjudant de 29 ans et un Caporal-chef de 32 ans ont été tués et deux autres gendarmes ont été grièvement blessés.

 

"Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre ainsi qu'à celui des familles et des proches des deux militaires tués en mission. Notre soutien va aussi aux personnels de la Gendarmerie nationale dont les pertes (tuées et blessés), ce mois-ci, ont été sensibles.

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 14:47

Médaille Gendarmerie nationale

La Gendarmerie nationale est en deuil après la mort brutale, hier soir, de deux militaires abattus par un homme. Les faits se sont déroulés dans un petit village du Var, Collobrières, non loin de Hyères. Alertée au sujet d'une confrontation violente entre deux hommes suite à un vol, la brigade de Pierrefeu-du-Var envoie sur place une patrouille aux environs de 22.12. Celle-ci est composée de deux militaires féminins: un Maréchal des logis-chef et un Adjudant. Les deux sous-officiers se retrouvent face à un homme de gabarit puissant (1,80 m/90 kg), qui ne leur laissent pas le temps d'agir. Frappé et assommé, le Maréchal des logis-chef est achevé avec sa propre arme de service, un SIG Sauer (9 mm). S'en prenant ensuite à l'Adjudant qui bat en retraite et tente de s'abriter, le meurtrier, un maçon de 30 ans, l'abat de plusieurs balles dans le dos. Traqué avec des moyens importants, l'homme a finalement été interpellé tôt ce matin (1).

 

L'actualité afghane ne nous fait pas oublier que les valeurs qui fondent l'Esprit de Défense concernent aussi au quotidien d'autres professionnels engagés, eux aussi, au sens le plus fort. Des professionnels qui courent des risques mortels, et peuvent également subir de graves blessures au cours de leurs missions. Secourir, protéger, veiller font de nos pompiers, policiers et gendarmes des Héros à part entière. 8 gendarmes sont ainsi tombés l'année dernière en service commandé, et le tragique fait divers d'hier soir porte désormais à 4 les pertes de la Gendarmerie nationale depuis le début de l'année 2012.

 

L'Adjudant Alicia CHAMPLON était âgé de 29 ans. Âgé de 35 ans, le Maréchal des logis-chef Audrey BERTHAUT était mère de deux petites filles de 5 et 13 ans. "Défense et Démocratie" s'associe au deuil de la Gendarmerie nationale ainsi qu'à celui des familles et des proches de ces deux héroïnes.

 

(1) Il s'agit d'Abdallah BOUMEZAAR, un ancien repris de justice qui venait d'être libéré au terme d'une condamnation de prison de six années.

 

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Adjudant Alicia CHAMPLON (source - Nice Matin)

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Maréchal des logis-chef Audrey BERTHAUT (source - Nice Matin)

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:00

L'attentat-suicide qui a coûté la vie, hier, à 4 de nos soldats, a également tué les deux interprètes afghans qui les accompagnaient auprès de la population. Les militaires faisaient partie du Battle Group Steel, et leur identité a été révélée par l'EMA depuis.

 

L'Adjudant-chef Thierry SERRAT du GIACM, était âgé de 46 ans et père de deux enfants. Le 40e RA a été plus durement frappé par la perte du Maréchal des logis-chef Stéphane PRUDHOM, âgé de 32 ans et père de deux enfants; du Maréchal des logis, Pierre-Olivier LUMINEAU, 26 ans et du Caporal Yoann MARCILLAN, 24 ans.

 

Les cérémonies du Plan Hommage auront lieu jeudi 14 juin prochain.


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L'Adujdant-chef Thierry SERRAT

 

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Maréchal des logis-chef Stéphane PRUDHOM

 

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Maréchal des logis Pierre-Olivier LUMINEAU

 

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Caporal Yoann MARCILLAN

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 14:42

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Tôt ce matin, un attentat suicide a frappé nos forces en Kapisa. Au cours d'une patrouille dans un bazar, des éléments du 40e Régiment d'Artillerie et du Groupement Interarmées des Actions Civilo-Militaires (GIACM) ont été approchés par un insurgé déguisé en femme. Ce dernier, qui dissimulait des explosifs sous sa burqa (selon les autorités afghanes), s'est fait exploser tuant 4 soldats français et en blessant 5 autres dont 3 grièvement.

 

Ce fait dramatique suscite d'emblée plusieurs réflexions à commencer par un changement sensible dans la manière dont il a été communiqué. Ces dernières années, chaque fois qu'un militaire français était tué en Afghanistan, la Présidence de la République l'annonçait très rapidement, suivie de près par l'EMA qui n'hésitait pas à donner des détails sur ce qui venait de se passer. Aujourd'hui, et alors que l'attaque a eu lieu tôt en matinée, il aura fallu attendre l'après-midi pour obtenir une déclaration de la part du Président François HOLLANDE.  Côté EMA - et alors que nous écrivons en début de soirée - peu de détails ont  filtré et l'identité des militaires tués n'est toujours pas connue. Ce sont essentiellement les agences de presse qui ont annoncé les faits, et cela constitue un changement de posture assez net en termes de communication.

 

Alors qu'experts militaires comme civils devisent à longueur de colloques sur l'évolution des menaces, la nature des conflits contemporains et les nécessaires adaptations de nos forces armées face à un environnement international complexe, notre société n'a jamais semblé aussi fragile et vulnérable devant la violence d'un monde qu'elle semble vouloir ne pas comprendre. La posture au plus haut niveau du pouvoir politique s'en fait en tout cas l'écho. On se souviendra ainsi des déclarations du Président Nicolas SARKOZY, lorsque le 20 janvier dernier, une attaque "green on blue" tua 5 autres soldats français. Les opérations de formation et d'aide au combat à l'ANA étaient d'emblée suspendues, et le Président évoquait le jour même la possibilité d'un retrait anticipé. Par la suite, la campagne présidentielle imposa à nos forces de relâcher le rythme des opérations, et de confiner les troupes dans les FOB afin d'éviter les pertes...

 

Même précipitation, aujourd'hui, de la part du Président HOLLANDE qui, de Tulle, précisait tout à l'heure le calendrier de  retrait de nos troupes. Celui-ci débutera au mois de juillet pour s'achever fin 2012... Sans même parler de l'image que la France laisse auprès de ses alliés, elle qui avait initialement acceptée la date butoir de 2014, cette déclaration - dans le contexte de l'attaque de ce matin - laisse rêveur quant à la compréhension par l'actuel pouvoir politique des implications logistiques induites par un tel retrait. Cette opération lourde et complexe, qui rendrait particulièrement vulnérable notre dispositif, débuterait qui plus est au coeur de l'été, à savoir la saison où les Taliban sont traditionnellement plus agressifs et dangereux.

 

Tous les observateurs avertis le disent: ces derniers ont désormais l'initiative et le moral face à une armée française enfermée dans une problématique de retrait et de désengagement, où le moindre soldat tué constituera une victoire pour les insurgés. Plus que jamais sur la défensive,  nos troupes sont devenues en quelque sorte un maillon faible de la coalition, moins du fait de leur valeur combative que de la posture politique dans laquelle elles sont désormais placées. Les Taliban eux-mêmes ne s'y sont pas trompés, qui ont félicité le choix de la France lorsque s'ouvrait le dernier sommet de l'OTAN à Chicago.

 

Si la guerre n'est désormais plus appréhendée comme "un choc des volontés" dans notre vieille démocratie - alors qu'elle le reste chez nos ennemis -, "Défense et Démocratie" continue de saluer et de rendre hommage à tous nos militaires en Afghanistan. Notre blog s'associe au deuil de l'Armée de Terre ainsi qu'à celui des familles et des proches de ces 84e , 85e, 86e et 87e héros tombés pour la France en terre afghane.

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 09:57

Parti d’une initiative locale - appliquée et évaluée à partir de 2005 par Mme Christine FALLER, enseignante d’Histoire et de Géographie en collège (Académie de Nice) -, le dispositif des "Classes de Défense et de Sécurité Globales" (CDSG) a, depuis, été officiellement institué par la convention-cadre du 8 mars 2011, signée entre M. Jean-Michel BLANQUER pour l’Éducation nationale et M. Éric LUCAS ainsi que le Général de corps d’armée Bruno de SAINT-SALVY pour la Défense nationale.

 

Le principe d’une CDSG est de nouer un partenariat local, directement inscrit dans le projet d’établissement, entre une classe et une unité militaire. Sur la base du volontariat, les élèves de la classe travaillent à la construction de ce partenariat sur un volume de 2/3 heures hebdomadaires. Concrètement, il s’agit:

  1. D’entretenir un lien fort avec l’unité (en s’appuyant sur une correspondance électronique régulière par exemple) surtout lorsque celle-ci est en opération  
  2. De préparer et d’effectuer une visite annuelle de l’unité  
  3. De préparer l’intervention de personnels de l’unité au sein de la classe

S’inscrivant dans la promotion pour l’égalité des chances, le dispositif CDSG - appelé à s’étendre rapidement - s’est révélé prometteur pour les établissements RAR (Réseau Ambition Réussite) et CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Innovation, l’Ambition et la Réussite). Il n’est pas étonnant de l’avoir vu naître dans une académie telle celle de Nice où la proximité d’unités de la Marine nationale a favorisé l’initiative. Une initiative qui illustre le dynamisme et les progrès de l’Éducation à la Défense. L’enjeu pour l’Académie de Créteil (comme bien d’autres) sera de multiplier, dans un avenir proche, les CDSG en s’adaptant à la restructuration des bases de Défense. Celle-ci ayant éloigné les grandes unités militaires de la région parisienne.

 

De manière plus informelle - mais dans une perspective plus large puisque chaque année, ce n'est pas une mais plusieurs classes qui vont visiter une grande unité - le Lycée Galilée s'inscrit dans le principe d'une telle démarche depuis 2008.

 

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 14:43

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Lundi 2 avril dernier, 33 élèves du Lycée Galilée ont entrepris un voyage découverte en Normandie. Organisé par Mme Sophie CRISPO - CPE de l’établissement accompagnée par Mme Émilie MOREAU et M. Nghia NGUYEN, enseignants -, ce voyage s’inscrivait dans une problématique d’Éducation civique et de devoir de Mémoire. Il s’adressait à tous les délégués de classe de la Seconde à la Terminale.

 

Bénéficiant d’une belle journée ensoleillée, les lycéens et leurs accompagnateurs ont d’abord réalisé une visite du Mémorial de la Paix de Caen. Musée dont le propos dépasse l’étude de la seule Deuxième Guerre mondiale et du D-Day (1), le Mémorial se présente comme un bâtiment massif dont l’architecture extérieure rappelle le Mur de l’Atlantique, que les Alliés occidentaux prirent d’assaut le mardi 6 juin 1944. Cette percée est symbolisée par l’entrée même du musée, qui dessine une brèche dans la façade du Mémorial.

 

Munis d’un questionnaire et organisés en petits groupes de travail, les élèves ont réalisé un parcours limité aux origines du conflit mondial et à son évolution jusqu'au débarquement de 1944. Pour beaucoup, cette visite était une première et les questions furent nombreuses sur les équipements de l’époque (Jeep Willis, Hawker Typhoon, fusil antichar, pièces d’uniformes…). L’ampleur des pertes humaines liées à cette guerre, les galeries relatives aux crimes de guerre et au crime contre l’Humanité furent aussi l’occasion pour quelques uns de situer autrement l’enseignement de Défense jusqu’à présent dispensé dans une salle de classe beaucoup moins illustrative. Lorsque la Défense du pays a échoué, le coût humain, matériel et moral de sa libération est exorbitant. Pour tous ce fut l’occasion, au-delà du cours d’Histoire, d’élargir la conscience du prix que les générations passées ont pu sacrifier à notre liberté présente.

 

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Les délégués de classe du Lycée Galilée dans le cimetière de Colleville


Après le déjeuner, et pris en main par Isabelle, guide du Mémorial, lycéens et accompagnateurs se rendirent sur trois sites majeurs du débarquement: Arromanches-les-Bains, Longues-sur-Mer et le cimetière de Colleville/Saint-Laurent-sur-Mer. Du haut d’une falaise et par un temps particulièrement dégagé, les élèves ont pu observer les vestiges de Mulberry B (2) à savoir le port artificiel élaboré par les ingénieurs britanniques et mis en place par les Alliés entre Omaha beach (secteur américain) et Gold beach (secteur anglais) quelques jours après la conquête de la tête de pont. Même vue du littoral la taille des caissons Phoenix reste impressionnante, et les dimensions du port artificiel donnent encore de nos jours une idée des besoins logistiques des armées alliées, alors que les deux grands ports en eau profonde de la région (Cherbourg et Le Havre) étaient encore occupés par les Allemands.

 

L’épine dorsale du Mur de l’Atlantique consistait en une ligne de batteries d’artillerie de gros calibre (3) située en retrait du littoral, dont la position tactique et la portée des pièces permettaient de prendre à partie à la fois la flotte de débarquement immobilisée au large mais aussi les plages où s'entassaient les hommes et le matériel. La batterie de Longues-sur-Mer - encore en bel état de conservation - était ainsi située à la charnière d’Omaha et de Gold beach. Ce redoutable ensemble de 4 canons de 155 mm pouvait prendre sous ses feux les deux plages tout en menaçant le dispositif naval dans ce secteur. Constituée apparemment d’un ensemble de blockhaus d’observation, de réglage de tir et de position de tir bétonnée, la batterie de Longues-sur-Mer s’étendait, en fait, sous terre. Postes de commandement, dépôts de munitions et logement des artilleurs formaient un complexe souterrain, en arrière des blockhaus, étendu sur une superficie de 50 ha.

 

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Pour finir, les délégués du Lycée Galilée vinrent se recueillir au cimetière militaire américain de Colleville/Saint-Laurent-sur-Mer. On oublie trop souvent que l’exceptionnelle journée du  6 juin 1944 -  devenue “Le Jour le plus long” pour la postérité - ouvrit sur une bataille meurtrière de deux mois qui tua plus de 90 000 soldats alliés et allemands. Territoire américain sur le sol français (4), immortalisé dans le film de Steven SPIELBERG, “Saving private Ryan”, le cimetière de Colleville accueille depuis 1956, sur 70 ha, les sépultures de 9387 soldats américains tombés en Normandie. Situé en surplomb de la plage la plus meurtrière du D-Day, “bloody Omaha”, imposant par son silence et son paysage, exprimant par ses rigoureux alignements de croix en marbre blanc l’idée d’une égalité dans la mort et l’héroïsme quels que soient le grade et l’origine du combattant, Colleville n’est pas le seul cimetière militaire mais il est le plus emblématique du sacrifice américain pour la libération de la France.

 

Entre gravité et bonne humeur, cette journée fut aussi longue (départ 6.45/retour 21.30) qu’elle fut agréable pour tous. Véritable plongée dans une histoire douloureuse et encore récente, elle fut  un moment de réflexion particulièrement fécond pour les élèves du Lycée Galilée.

 

(1) Sur le sujet, il existe de nombreux musées locaux de qualité sur la question. Celui de Bayeux consacré à la bataille de Normandie reste incontournable.

(2) Un deuxième port artificiel, Mulberry A, fut construit en face d’Omaha beach. Les deux ensembles furent détruits par une tempête quelques jours après leur construction. Seul Mulberry B fut reconstruit le temps que Cherbourg devint opérationnel pour les armées alliées. C'est de Cherbourg que devait partir la grande artère logistique du dispositif allié occidental: le Red Ball Express.

(3) Nombre de ces armements étaient des pièces de marine, c’est-à-dire des canons retirés des grands navires de surface et adaptés à des positions de tir à terre. Cette conversion des unités de la Kriegsmarine s'opère en 1943. Elle marque un arbitrage stratégique de HITLER désormais en faveur de l'arme sous-marine.

(4) L'administration du cimetière dépend de l'American Battle Monuments Commission.

 

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Statue de bronze symbolisant l'Âme de la jeunesse américaine (sculpteur Donald Harcourt DE LUE)

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 12:54

 

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La salle des Emblèmes dans le Pavillon du Roi (château de Vincennes)

 

À l’occasion de la Journée Nationale de la Réserve (JNR), et en partenariat avec les Délégations Militaires Départementales, notamment celle de Seine-Saint-Denis (1), le Trinôme académique de Créteil a organisé, le jeudi 15 mars dernier, une importante manifestation dont c’était la toute première édition. Six lycées de l’académie étaient ainsi conviés à participer à un rallye citoyen encadrés par des officiers et sous-officiers de réserve, et animés par des personnels d’active. Au total, ce furent 154 élèves (2) des lycées Jules Ferry de Coulommiers, Henri Sellier de Livry-Gargan, Galilée de Combs-la-Ville, d’Arsonval de Saint-Maur-des-Fossés, Guillaume Budé de Limeil-Brevannes et Simone Weil de Pantin, qui furent amenés à réfléchir sur la Défense de la France en cette journée exceptionnelle.

 

De 9.00 à 16.00, entre le Fort-Neuf et le château de Vincennes, les lycéens participèrent à une succession d’ateliers alternant à la fois des aspects concrets et pratiques de la Défense, ainsi qu’une réflexion plus théorique relative à l’organisation d’une Défense nationale plus que jamais définie comme globale: de l’espace satellitaire aux quais du métro en passant par le cyberespace et la défense de nos intérêts maritimes. L’objectif de ce rallye citoyen étant de faire réfléchir sur la nécessité d’une Défense, le sens de l’engagement que celle-ci suppose ainsi que le Devoir de Mémoire indispensable à la cohésion et à la résilience de la Nation.

 

Certains ateliers proposèrent sur un mode interactif un QCM suivi de la présentation d’une spécialité; ainsi les services de Santé et des Essences des Armées, celui des infrastructures de la Défense, la sécurité routière, la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. D’autres furent plus pédagogiques comme ceux concernant le plan Vigipirate et la visite du château de Vincennes. C’est dans l’enceinte de ce dernier que se trouvent aujourd’hui rassemblés les fonds d’archives des armées, entretenus, inventoriés et exploités par le Service Historique de la Défense (SHD). Car la Défense a aussi une Histoire et une Mémoire, ce que l’Adjudant-chef LAFARGUE a bien illustré auprès des élèves tout au long de la visite de la magnifique Salle des Emblèmes. Nos trois armées (Terre, Air, Mer) firent aussi l’objet de présentations substantielles en fin de rallye. Celle de l’Armée de l’Air fut particulièrement intéressante en ce qu’elle mit en avant les missions interministérielles de service public; un aspect qui ne vient pas immédiatement à l’esprit lorsque l’on aperçoit des intercepteurs Rafale ou Mirage 2000…

 

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Les ateliers qui, cependant, rencontrèrent le plus grand succès furent incontestablement ceux où les lycéens purent manipuler eux-mêmes du matériel. La BSPP fit ainsi une mise au point particulièrement utile sur les différents types d’extincteurs: produits utilisés, fonctionnement, mise en oeuvre, distinction entre un feu et un incendie, et exercices pratiques d'extinction… Un autre atelier fut consacré aux différentes techniques de brancardage d’un blessé que ce soit avec un système de fortune (une couverture et deux branches) ou un système plus sophistiqué (sarcophage gonflant afin d’immobiliser une fracture des cervicales ou de la colonne vertébrale). C’est le 2e Régiment Étranger Parachutiste (2e REP) qui produisit la plus grande sensation par sa présentation d'une partie de l’armement du groupe de combat d’infanterie: FAMAS rétrofités, pistolet automatique MAC 50, lance-grenades individuel de 51 mm, MINIMI 5,56 mm et GPS tactique. Bien des lycéens furent surpris par le poids de ces armes mais ne boudèrent pas pour autant l’initiation au tir à 50 m en simulateur SITTAL (3).

 

Au terme de cette très riche journée, le Recteur d’Académie William MAROIS prononça un discours remerciant l'ensemble de l’encadrement militaire d’active et de réserve sans lequel le Trinôme (4) n’aurait pu donner à ce premier rallye sa dimension véritable. Les résultats des QCM, quant à eux, permirent d’attribuer des prix aux groupes et aux lycéens les plus méritants. Si le Lycée d’Arsonval se classa en première position avec une moyenne de 12,46/20, c’est le Lycée Galilée (en deuxième position avec 11,99/20) qui l’emporta individuellement et par groupes. Le groupe n° 6 arriva ainsi en première position et le groupe  n° 4 en 3e position. Surtout, c’est l’élève Anne-Laure LESTIENNE qui obtint la première place en classement individuel avec une moyenne de 16,26/20.

 

(1) Le Colonel Benoît BRULON et son adjoint le Lieutenant-colonel Frédéric QUATREPOINT.

(2) Divisés en 15 groupes. Le Lycée Galilée était représenté par les groupes n° 4/5/6.

(3) Le Système d’Instruction Technique du Tir aux Armes Légères (SITTAL) est simulateur de tir en salle (indoor), version améliorée des anciennes installations de tir réduit. Le SITTAL permet, tout en économisant les munitions et en atténuant l’usure des armes, un entraînement suivi au tir aussi bien individuel que collectif. Un centre de contrôle situé en arrière du pas de tir permet de configurer l’environnement ainsi que les paramètres de tir. Le SITTAL restitue non seulement les résultats du tir (coups au but ou non), mais aussi le comportement du tireur à savoir sa position, son maintien de l’arme au moment du départ du coup, le contrôle de sa respiration, etc.

(4) Représenté par l’IA-IPR Anne-Marie TOURILLON et M. Michel GAUVIN pour l’IHEDN.

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:20

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Le Lycée Galilée accueillait aujourd’hui l’Adjudant-chef Olivier BOUCHENY dans le cadre d’un partenariat reconduit avec le Groupement de Seine-et-Marne de la Gendarmerie nationale. L’existence d’un cyberespace mondialisé, le développement sans précédent d’outils de communication nomades, miniaturisés et interconnectés, la multiplication d’acteurs de tout ordre, mettent plus que jamais l’École devant la nouvelle responsabilité d’éduquer et de prévenir aux risques numériques aussi bien au niveau de la vie privée que de la vie professionnelle (1).

 

Si beaucoup s’entendent, en effet, à reconnaître l’importance fondamentale du creuset scolaire dans l’élaboration d’une culture de Défense, encore faudrait-il que soient jetées des passerelles durables, vivantes et efficaces entre le monde éducatif et celui de la Défense. Surtout faire se rencontrer des professionnels très différents, capables de dialoguer et d’agir autour d’une même problématique au-delà de leur culture (voire blocage) institutionnelle. Dans cette perspective, était aussi invité le Brigadier-chef Sylvie PINSARD, référent Police nationale pour les établissements scolaires, qui a pu assister à l’exposé de l’A/C BOUCHENY.

 

Devant un public de près de 76 élèves de Terminales STG/ES et d’étudiants de BTS, ce dernier eut le mérite de présenter un sujet aussi complexe que sensible. Dans un premier temps, le sous-officier présenta sa mission au sein de la cellule renseignement du Groupement, à savoir un travail de collecte d’informations qui s’appuie essentiellement sur l’action des brigades sur le terrain. Ces informations concernent des sujets aussi vastes que divers tels que: la délinquance, le banditisme, les dérives sectaires, l’islamisme… La sécurité économique à travers la protection des entreprises du plus grand département d’Île-de-France fait aussi partie de ses missions de renseignement. C’est donc sur ce sujet particulier que l’A/C BOUCHENY réalisa un exposé particulièrement fourni, qui eut le mérite de montrer aux élèves et étudiants la sensibilité de l’enjeu.

 

Partant d’une approche globale au sein de l’Intelligence Économique (IE) définie comme le domaine d'expertise destiné à “produire de la connaissance structurée pour aider les entreprises à obtenir un avantage compétitif…” (2), l’A/C BOUCHENY fit un bref rappel historique de l’IE, son lent cheminement en France jusqu’au rapport MARTRE de 1994, et le retard de notre pays en la matière surtout par rapport aux États-Unis. Mettant en place des notions utiles pour les élèves entre sources ouvertes et sources fermées, il expliqua le cycle du renseignement avant de donner des exemples particulièrement pédagogiques d’espionnage industriel (3).

 

Dans une deuxième partie d’exposé, l’A/C BOUCHENY dressa une analyse des risques pour les entreprises, donnant à son public une véritable fiche méthode concernant les réflexes de sécurité lors de voyages professionnels à l’étranger. Car le problème reste de nos jours entier. La plus grande partie de nos élèves et étudiants ira travailler dans un futur plus ou moins proche en entreprise, dans un environnement où les risques numériques accroissent sensiblement la vulnérabilité de ces dernières. Or, le déficit de formation en matière de défense de l’entreprise, de ses brevets, de son patrimoine est patent. Seules les grandes sociétés peuvent mobiliser les moyens humains et financiers nécessaires à la formation de leur personnel, très rarement les PME/PMI. Or, 88% des entreprises de Seine-et-Marne sont des PME/TPE (4) qui n’ont pas les moyens d’investir en matière d’IE. C’est pour pallier cette faiblesse que la Gendarmerie nationale a mis sur pied la méthode PEGASE (Préparation de l’Entreprise par la Gendarmerie à l’Amélioration de la Sécurité Économique). Des points fondamentaux y sont soulignés comme la préparation des dirigeants des entreprises aux problématiques de la sécurité économique, l’énumération des ressources, l’adaptation des protections, la sensibilisation des salariés… Ce dernier point sera d’autant plus efficace que les individus auront déjà été, au préalable, préparés à comprendre les enjeux. C’était donc tout le sens de l’intervention de l’A/C BOUCHENY au Lycée Galilée, à savoir en parler à une partie des élèves avant leur arrivée sur le marché du travail.


Icône pdf 1Télécharger la méthode PEGASE (Préparation de l’Entreprise par la Gendarmerie à l’Amélioration de la Sécurité Économique)


(1) L'Éducation nationale a récemment mis en ligne un site dédié à l'utilisation du web: INTERNET responsable.

(2) Par la veille du renseignement économique, l’aide à la décision et la protection du patrimoine informationnel. C’est ce dernier aspect qui sera approfondi dans la suite de l’exposé.

(3) Notamment l’affaire du Tupolev TU-144 “Konkordski” dans les années 1960. Lors de visites d’installations aéronautiques françaises, les représentants soviétiques de l’époque avaient été jusqu’à mettre des semelles collantes sous leurs chaussures afin de prélever des matériaux et de percer le secret de certains alliages.

(4) TPE: Très Petites Entreprises. Sur cet ensemble de PME/TPE seine-et-marnais, une demi-douzaine de sociétés exercent des activités particulièrement sensibles dans les secteurs militaire et naval…


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Cellule renseignement du Groupement de la Gendarmerie nationale de Seine-et-Marne

 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 11:28

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Logo de l'exercice amphibie interallié Bold Alligator 2012

 

L’interopérabilité désigne la capacité de différentes armées a pouvoir opérer et manoeuvrer ensemble, ce qui est évidemment fondamental dans le cadre d’opérations multinationales. Eu égard à l’inégalité des armées entre elles, aux différences de cultures stratégiques et tactiques mais aussi à la complexité des matériels déployés, l’interopérabilité ne peut s’improviser ni se découvrir à l’occasion d’une crise ou d’un conflit. C’est donc l’enjeu de toute une série de grands exercices (terrestres, aériens et navals), qui rassemblent plusieurs pays, d’acquérir cette capacité à pouvoir faire travailler les états-majors entre eux, mais aussi à faire manoeuvrer des unités de nationalité différente, équipées de matériels divers.


Dans cette perspective, les États-Unis ont récemment joué une simulation navale et amphibie de grande ampleur, du 24 janvier au 13 février, au large de la Caroline du Nord. Habituellement organisé par l’US Navy et l’US Marine Corps (1), l’exercice Bold Alligator a pour vocation d’exercer les forces américaines à des exercices de débarquement en faisant travailler ensemble les marins et les Marines. Si les seconds sont administrativement rattachés au Département de la Marine, ils ne sont pas assignés aux mêmes missions que l’US Navy, constituant avant tout un corps de fusiliers marins qui disposent de ses propres blindés, avions et hélicoptères. Cela étant, la Géographie comme l’Histoire (notamment celle de la Deuxième Guerre mondiale) ont légué à la Marine des États-Unis, comme au corps des US Marines, une culture de la projection avec des moyens que l’on ne retrouve dans aucune autre armée. C’est ce savoir-faire en matière amphibie, unique au monde, que les Américains ont ouvert à d’autres pays - dont la France - à l’occasion de cette version 2012 de Bold Alligator.

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US Marines observant l'arrivée sur la plage d'un AAV-7A1. Les Amphibious Assault Vehicles (AAV) sont les blindés transports de troupes de l'USMC. Portés dans les radiers des bâtiments d'assaut amphibie, ils flottent et se propulsent grace à des hydrojets, se rendant ainsi directement de la mer sur la terre. En 2003, ces engins furent utilisé comme blindés d'appui jusque dans Bagdad... (source - US Navy)


Les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la France ont donc participé à Bold Alligator 2012, faisant de celui-ci le plus grand exercice amphibie de ces dix dernières années, directement observé par les marines italienne, australienne, néo-zélandaise et canadienne. Pour les États-Unis, l’objectif est de maintenir une capacité de débarquement de vive force au terme d’une décennie où les US Marines ont surtout été engagés sur des théâtres d’opérations exclusivement terrestres (Irak et Afghanistan). Pour les pays alliés, ce fut la capacité à s’intégrer dans un assaut amphibie massif sous commandement américain qui fut jouée durant ces deux semaines. Après quelques jours d’entraînement, l’ensemble des forces simula un débarquement grandeur nature, non loin de la base des Marines de la côte Est – Camp Lejeune – en baie de Fort Story (Onslow beach), le 6 février. Si les États-Unis alignèrent l’essentiel de la flotte de débarquement (2), l’engagement de la France fut particulièrement remarqué à l’occasion de ces manoeuvres communes.

 

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LCAC américain débarquant des véhicules français sur Onslow beach (source - ECPAD)

 

En effet, la Marine nationale intégra à Bold Alligator, le BPC Mistral L 9013 et l’Armée de Terre un Groupe Tactique Embarqué (GTE) armé par le 21e RIMa et la 6e Brigade légère blindée, soit au total plusieurs centaines d’hommes et presque une centaine de véhicules dont 3 blindés AMX 10 RC, 22 VAB, 20 VBL et un Engin du Génie d’Aménagement (EGAME). Plusieurs hélicoptères Gazelle et Puma de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT) étaient aussi présents. Surtout, le BPC Mistral embarqua un état-major d’une cinquantaine de personnels détachés de la cellule amphibie de la Force aéromaritime française de réaction rapide (FRMARFOR). La France fut ainsi le partenaire majeur de cet exercice qui vit également pour la première fois la mise en oeuvre du tout nouvel Engin de Débarquement Amphibie Rapide (EDA-R).


Destiné à remplacer les chalands de débarquement classiques, l’EDA-R est conçu comme un catamaran en aluminium de 30 m de long, capable de filer entre 18 et 25 noeuds avec une charge maximale de 100 tonnes. L’EDA-R dispose d’une plate-forme élévatrice centrale accessible par rampes aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, ce qui en fait un engin particulièrement adapté aux manoeuvres terre/mer. Test opérationnel du nouveau véhicule, Bold Alligator fut aussi une vitrine pour les constructions navales françaises (chantiers CNIM et SOCARENAM) d’autant plus que la Marine américaine cherche en ce moment à renouveler sa flotte de Landing Craft Air Cushion (LCAC): un aéroglisseur de grande capacité monté sur coussin d’air, pouvant se mouvoir entre 40 et 70 noeuds ainsi que parcourir une certaine distance sur la plage. La consommation en carburant de ces engins est cependant élevée par rapport à l’EDA-R.


Marins de la Navy et de la Royale, US Marines et Marsouins, apprirent donc à opérer ensemble durant ces quelques jours où LCAC et EDA-R enchaînèrent les exercices d’entrée et de sortie dans les radiers des BPC Mistral, USS San Antonio et USS Wasp. Les deux marines eurent donc l’occasion de confronter et d’approfondir leurs savoir-faire, de comparer leurs matériels en action, de faire travailler mutuellement leur état-major amphibie.

 

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L'EDA-R débarque un AMX 10 RC sur la plage d'Onslow beach. Le BPC Mistral est visible à l'arrière-plan (source - ECPAD)

 

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L'EDA-R sortant du radier du BPC Mistral (source - ECPAD)


(1) Lire à ce sujet DSI, “Marines. Anatomie d’un corps d’élite”, hors-série 22, février 2012.
(2) Ont notamment participé à l’exercice le porte-avions USS Enterprise CVN 65, 4 bâtiments d’assaut amphibie dont les USS Wasp LHD 1, USS Kearsarge LHD 3 et surtout le USS San Antonio LPD 17. Celui-ci est le premier d’une nouvelle classe de Landing Platform Dock (LPD). Divers navires d’escorte et de protection ont accompagné cette task force permettant la mise à terre de 2000 US Marines de l’Expeditionary Strike Group 2 (ESG 2) et du 2nd Marine Expeditionary Brigade (MEB 2).

 

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Tir canon du destroyer lance-missiles USS Nitze DDG 94 (classe Arleigh Burke) le 7 février 2012  (source - US Navy)

 

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