28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 19:53

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Le jeudi 26 janvier 2012, l’Adjudant-chef N-TECH Laurent CLEMENT est venu sensibiliser un public de 60 élèves et étudiants de BTS du Lycée Galilée. Poursuivant le partenariat noué depuis l’année dernière entre l’établissement scolaire et le Groupement de Gendarmerie Nationale de Seine-et-Marne, le sous-officier a plus particulièrement développé, cette année, les risques liés aux réseaux sociaux alors qu’il avait davantage insisté, l’année précédente, sur les problèmes des blogs. À la fois pédagogue et prompt à répondre aux élèves à partir d’exemples très concrets, l’Adjudant-chef CLEMENT n’a pas cherché à inquiéter les élèves sur un sujet où malheureusement les dérives (harcèlement, injures, chantage, escroqueries…) augmentent sensiblement. En revanche, il les a clairement mis en garde expliquant à la fois son travail, les caractéristiques des réseaux sociaux, et les réflexes élémentaires de protection vis-à-vis de ces derniers.

 

Les unités N-TECH de la Gendarmerie nationale sont réparties sur tout le territoire à raison d’une unité par département. Ces gendarmes ne sont pas nombreux mais ils ont un savoir-faire de pointe et sont plus que jamais sollicités dans les diverses enquêtes. En charge de l’extraction de preuves numériques selon des protocoles particuliers, les gendarmes N-TECH travaillent aussi bien sur des infractions informatiques que sur des enquêtes plus classiques (viols et crimes par exemple) qui nécessiteraient un supplément d’enquête technique. Ils font ainsi parler le matériel même en mauvais état, disposant de moyens informatiques à la fois matériels et logiciels très performants. À partir d’un contenu d’ordinateur ou de téléphone portable, les N-TECH peuvent aider à déterminer les traits de personnalité d'un suspect ou d'une victime ou retrouver des traces perdues depuis longtemps.

 

À partir de cette présentation, l’Adjudant-chef CLEMENT a abordé la question complexe des réseaux sociaux (Facebook, MySpace…) qu’il a distingué des réseaux communautaires (1). Échangeant directement avec des élèves intéressés par le propos, le sous-officier a privilégié le réseau Facebook dans son approche, sachant que celui-ci est la plate-forme favorite des jeunes. Les chiffres donnent d’emblée le tournis: Facebook c’est aujourd’hui entre 750 et 800 000 000 de membres inscrits (2), plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire annuel et 4 milliards d’ “objets” (3) échangés par jour. Les réseaux sociaux jouent beaucoup sur la méconnaissance de leur charte par les membres eux-mêmes. Lire une charte doit être un premier réflexe avant toute inscription. On y trouvera la mention  de l’âge légal d’inscription (4) mais aussi les conditions d’utilisation des données personnelles mises en ligne. Ainsi, et contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les bannières publicitaires qui constituent les recettes principales de Facebook, mais la vente des données personnelles des utilisateurs du réseau créé en 2004 par Mark ZUCKERBERG… La “gratuité” de l’inscription sur Facebook est donc relative: âges, goûts et intérêts des utilisateurs étant analysés et vendus à des fins d’études de marché et de campagnes publicitaires.

 

L’analyse de l’Adjudant-chef CLEMENT a, donc, permis de plonger rapidement le public scolaire dans la problématique de la sensibilisation à savoir qu’un individu ne prendra conscience de la défense de son entreprise et de son pays que s’il apprend déjà à se protéger lui-même. Ici, en l’occurrence, à travers la gestion des données personnelles mises en ligne. Soulignant les dangers de l’addiction aux réseaux sociaux, le gendarme a aussi insisté sur ceux liés à une exposition imprudente des photographies personnelles (88% des adolescents), des adresses courriel (68%) et des adresses postales (27%). Ces chiffres amènent aux conclusions suivantes:

  • L’intimité n’existe pas sur INTERNET, plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Tout ce qui est mis en ligne n’appartient plus à l'individu, et est désormais vu de tous.
  • Le harcèlement, les indiscrétions, les injures, etc. ont toujours existé, mais avec INTERNET et les réseaux sociaux ils ne sont plus circonscrits à l’école ou l’entreprise. Ils deviennent ainsi permanents et violent l’intimité.
  • Il faut toujours contrôler les données que l’on met en ligne en ayant conscience du caractère irréversible de l’opération. Un “objet” ne "meurt" que s’il n’est plus téléchargé ni conservé, ce qui est toujours impossible à vérifier.

(1) Les réseaux sociaux rassemblent les internautes de la manière la plus large pour des rencontres et des échanges. L’objectif reste la socialisation alors que les réseaux communautaires (Tweeter par exemple) rassemblent davantage autour d'un centre d’intérêt commun. La distinction reste cependant fine, les réseaux communautaires constituant un type de réseaux sociaux.

(2) Dans ce nombre, il est à prendre en compte de nombreux doublons et inscriptions multiples pour un même internaute…

(3) Par objet, il faut comprendre les conversations, les photographies, les vidéos…

(4) 13 ans pour Facebook.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 09:09

Logo GTIA Tiger

Insigne du GTIA Tiger (Afghanistan 2011/2012)

 

Suite à l'action de soutien de plusieurs classes en fin d'année 2011, le Lycée Galilée vient de recevoir un courrier du GTIA Tiger répondant à l'envoi de lettres de lycéens à l'occasion des fêtes de Noël. À des "lettres aux soldats" répondent, donc, des "lettres de soldats", parfois personnalisées dans une réponse directe à un ou une élève, parfois de portée plus générale. Dans un environnement particulièrement dangereux - comme vient de le montrer l'actualité récente -, si différent de ce qu'ils ont pu connaître ici, en France et en Occident, ce sont d'autres jeunes - à peine plus âgés - qui prennent un temps très certainement compté entre deux missions pour répondre à nos futurs bacheliers. Les mots sont forts car ils sont sincères. Ils décrivent l'hiver afghan qui survient en ce moment même, et cette beauté de l'Hindu Kush dont les soldats ne peuvent pleinement profiter. Ils décrivent aussi ce que les événements leur font prendre comme recul. La solitude de l'homme face au danger ne leur laisse que cette camaraderie unique et exceptionnelle, inhérente au monde militaire. L'idée d'un engagement supérieur pourra aussi apparaître plus ou moins clairement au détour de quelques lignes, mais même inconsciente elle en fait d'ores et déjà des Héros non des victimes.

 

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Sergent Christopher (27e BCA)

 

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Caporal-chef Thomas (27e BCA)

 

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Caporal-chef Nicolas (27e BCA)

 

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Caporal Richard (27e BCA)

 

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Caporal Kévin (27e BCA)

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 17:50

93e RAM-2e REG

 

4 soldats français ont été abattus hier aux environs de 8.00 (heure de Kaboul) par un soldat afghan. L’attaque, qui s’est produite dans la base opérationnelle avancée (FOB) de Gwan située dans la vallée de Tagab au sud de la Kapisa, a également blessé 16 autres militaires français dont le capitaine commandant le détachement. Les blessés ont été très rapidement héliportés vers les hôpitaux militaires français de Kaboul et américain de Bagram. 5 d’entre eux sont dans un état particulièrement grave et, dès aujourd’hui, un avion C135-FR conditionné MORPHEE devrait en rapatrier 12 en France.

 

Les militaires français effectuaient une séance de sport (course à pied) et ne portaient aucune protection balistique (1). Ils n’étaient pas non plus armés contrairement aux militaires américains qui, eux, pratiquent le sport avec une arme. Les 4 morts sont 3 sous-officiers et un militaire du rang. Tous exerçaient le rôle d’instructeur au sein d’une OMLT (Operationnal Mentoring and Liaison Team), ces unités en charge de l’encadrement et du soutien de l’Armée Nationale Afghane (ANA). Le soldat afghan qui a ouvert le feu avec un fusil d’assaut s’est enfui avant d’être capturé (2). Il s'appelle Abdul MANSOUR et appartient au Kandak 34, dont les militaires tués et blessés avaient en charge l’instruction.

 

Cette deuxième attaque “green on blue” (3) contre les forces françaises est particulièrement grave, car 1- elle survient quelques semaines seulement après une autre attaque de ce type et cause des pertes encore plus lourdes 2- elle compromet l’indispensable confiance entre les OMLT et l’ANA 3- elle est de nature à transformer l’engagement déjà fragile de notre pays en Afghanistan comme les déclarations quasi immédiates du Président Nicolas SARKOZY l’ont laissées entendre. D’emblée, les opérations des OMLT et POMLT françaises ainsi que le programme de formation des officiers afghans (EPIDOTE) ont été suspendues, et la menace d’un retrait accéléré et prématuré de nos forces du théâtre afghan a été clairement agitée. Cette menace est à relativiser cependant car, d’une part, la France reste liée à une coalition dont elle ne maîtrise pas tous les éléments du calendrier de retrait. D’autre part le retrait en tant que tel imposera une certaine lourdeur technique et logistique qui prendra un certain temps d’autant plus que le contexte tactique – comprendre la protection des FOB et des convois – reste actuellement tendu.

 

Le plus grave dans ce genre d’attaque, qui tend à se répéter, est inconstetablement la rupture de confiance qu’elle produit des niveaux divers. Une première rupture déjà au niveau des hommes qui font la guerre. Comment nos militaires peuvent-ils accomplir leurs missions si, désormais, à la menace adverse s’ajoute une insécurité grandissante en provenance de troupes “amies”? En entraînant une suspension des opérations conjointes avec l’ANA, l’Armée française risque à son tour de rompre un lien de confiance qui n’a pas toujours été facile à établir avec les Afghans. Elle risque, le temps de son retrait, de connaître ce que les Américains avaient connu en Irak à savoir - pour se protéger - un repli sur ses FOB, coupée de tous contacts avec la population. Ce qui n’est évidemment pas la meilleure des attitudes en matière de “conquête des coeurs et des esprits…” Bien plus grave, ce fait de guerre devenu événement médiatique en période électorale pousse à des déclarations (aussi bien du pouvoir que de l’opposition) faisant douter de la solidité de notre démocratie face à l’épreuve de la guerre fut-elle juste. Nonobstant l’action de Mme Françoise HOSTALIER, Député du Nord, sur le point de rendre un rapport parlementaire sur la transition afghane, les réactions politico-médiatiques illustrent davantage la perte de confiance de notre pays en sa capacité de résilience.

 

Qui est ce soldat afghan qui a ainsi ouvert le feu sur d'autres soldats sensés être ses compagnons d’armes? Les Taliban se sont empressés de revendiquer l’action comme ils l’avaient fait pour le “green on blue” du 29 décembre. Dans un premier temps et en l’absence d’informations précises, on pense immédiatement à une infiltration ou à l’action d’un renégat: ces fameux “soldats retournés” par les insurgés. Dans le cas présent l'information semble se vérifier, l'enquête établissant que le soldat afghan qui a tiré est bien un Taliban infiltré. Âgé de 21 ans, il s'était d'abord engagé dans les rangs de l'ANA avant de déserter puis de revenir s'engager après, pense-t-on, un séjour au Pakistan.  Il s'avère cependant que ce genre de situation, qui voit des soldats et des policiers afghans tourner leur arme contre leurs alliés, pourrait être beaucoup plus complexe. Un récent rapport de l’OTAN, rendu public par le New-York Times, recense sur une période allant de mai 2007 à mai 2011 26 attaques de ce type ayant causé la mort de 58 soldats occidentaux. L’étude ne porte que sur trois provinces et quelques centaines de témoignages, mais elle tente de dégager une tendance qui montre que ce genre d’attaques est en nette augmentation. Elles correspondraient à 6% des pertes de l’OTAN jusqu'à présent, et traduiraient de profondes incompréhensions culturelles (4) plutôt qu’une stratégie talibane concertée, quand bien même ce dernier calcul demeure t-il réel comme le montre l'attaque d'hier.

 

Le “caporal stratégique” (5) n’aura jamais été autant mis à l’épreuve qu'en Afghanistan, alors que beaucoup de soldats de l’ANA sont perçus comme des menteurs et des voleurs, des combattants peu fiables, et que ces derniers ne ressentent qu’arrogance de la part des soldats occidentaux. Dans un tel contexte - le fossé  linguistique et culturel aggravant les incompréhensions - la moindre altercation peut être vécue comme une humiliation à laquelle répondra une réaction de haine et une inévitable réparation d’honneur.

 

Le Sergent-chef Svilen SIMEONOV avait 34 ans. Il était marié et père d’un enfant. Avec lui, le 2e Régiment Étranger de Génie (2e REG) est de nouveau frappé après la perte de l’Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI et du Sergent Damien ZINGARELLI le 29 décembre dernier. L’Adjudant-chef Denis ESTIN avait 45 ans. Il était marié et père de deux enfants. L’Adjudant-chef Fabien WILLM avait 43 ans. Il était marié et père d’un enfant. Le Brigadier-chef Geoffrey BAUMELA avait 27 ans. Il était père d’un enfant. Tous trois appartenaient au 93e Régiment d’Artillerie de Montagne (93e RAM) dont ce sont les premières pertes en Afghanistan. “Défense et Démocratie” s’associe au deuil de l’Armée de Terre ainsi qu’à la douleur des familles et des proches de ces 79e, 80e, 81e et 82e soldats tombés pour la France en terre afghane.

 

C Sliven SIMEONOV

Sergent-chef Svilen SIMEONOV (2e REG)

C Denis ESTIN

Adjudant-chef Denis ESTIN (93e RAM)

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Adjudant-chef Fabien WILLM (93e RAM)

Brigadier-chef-Geoffrey-BAUMELA.jpgBrigadier-chef Geoffrey BAUMELA (93e RAM)


(1) Au même titre que l’Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI et le Sergent Damien ZINGARELLI, tués dans des circonstances proches le jeudi 29 décembre dernier.

(2) Contrairement à l’attaquant du 29 décembre qui, lui, a été abattu.

(3) C’est ainsi que les Américains désignent ces attaques provenant de soldats ou de policiers afghans contre les forces alliées, les couleurs désignant les couleurs des deux armées: vert pour l’ANA et bleu pour l’OTAN.

(4) Le rapport de l’OTAN parle d’une “crise de confiance et d’incompatibilité culturelle” entre les soldats occidentaux et leurs homologues afghans.

(5) La notion de "caporal stratégique" a été énoncée pour la première fois par le Général Charles C. KRULAK du Corps des Marines des États-Unis, dans un article devenu célèbre: "The strategic corporal: leadership in the three block war", in Marines magazine, january 1999. Par cette expression, KRULAK désigne le rôle désormais majeur joué sur le terrain par les militaires les moins gradés dont l’attitude au sein des populations, et en présence des médias, peut induire des conséquences stratégiques et politiques imprévisibles. La notion n'est pas forcément négative et peut souligner une qualité de formation, d'initiative, d'action et de responsabilisation au plus bas niveau de la hiérarchie. Malheureusement, le "caporal stratégique" est davantage perçu  dans l'actualité comme le (ou les) soldat(s) qui, par leurs actions irresponsables voire condamnables,  jette(nt) l'opprobre sur une cause et s'avère(nt) contre-productif pour l'engagement stratégique. Le récent scandale montrant des soldats américains urinant sur des cadavres de Taliban en est un exemple concret, et l'ironie aura voulu que ces snipers appartiennent au Corps des US Marines... La scène étant, en effet, de nature à grossir les rangs de l'insurrection, à discréditer le rôle des États-Unis en Afghanistan et, in fine, à attiser la haine de l'Occident.

 

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 17:43

Insigne 2e REG

Terrible année 2011 qui, jusque dans ces derniers jours, a vu deux nouveaux soldats français tomber en Afghanistan (1). Ainsi ce matin, dans le cadre d'une opération de soutien (2) à l'Armée Nationale Afghane (ANA) en vallée de Tagab (non loin du poste de Jangali), deux sous-officiers du 2e Régiment Étranger de Génie ont été abattus par un homme que l'on a d'abord pris pour un soldat afghan, avant que les Taliban ne revendiquent cette action désignant l'homme du nom d' "Ibrahim". Alors que les deux légionnaires aménageaient leur position, ils ont été attaqués par le soldat/Taliban, et ont été tués avant que ce dernier ne soit à son tour abattu par d'autres militaires français (3).

 

Si c'est la première fois que l'Armée française est, ainsi, frappée, ce n'est en revanche pas la première fois que les Taliban agissent de cette manière. Avec l'attentat suicide, l'assassinat de personnalités et l'attaque de lieux symboliques, l'infiltration des forces occidentales afin de perpétrer de semblable tuerie est un mode de combat de plus en plus utilisé par les insurgés. Plusieurs attaques, comme celle de ce matin, opérées par des insurgés infiltrés ou des soldats "retournés" ou décidant de trahir, se sont déjà produites par le passé. En novembre 2010, un "policier" afghan avait ainsi tué six soldats de l'ISAF au cours d'un entraînement. L'une des attaques les plus graves avaient été, cependant, celle qui frappa la Central Intelligence Agency (CIA) le 30 décembre 2009 dans la province de Khost, et qui décapita l'Agence américaine en Afghanistan. Ce jour-là, Human Khalil AL-BALAWI, un physicien de 36 ans, islamiste retourné travaillant pour le compte des services secrets jordaniens et américains, commet un attentat suicide tuant dix personnes. Parmi ces personnes se trouvaient plusieurs officiers et analystes de la CIA dont Jennifer Lynne MATTHEWS, l'une des meilleures expertes d'Al Qaida. C'est elle qui commandait la FOB Chapman - le lieu où s'est produit l'attentat - d'où était planifiée la traque des chefs d'Al Qaida notamment par drones (4).

 

L'enquête de la CIA montra par la suite combien les services de renseignement jordaniens étaient, eux-mêmes, divisés quant à la fiabilité de l'agent double AL-BALAWI. D'emblée, les rapports soulignant la fragilité de l'ANA - et bien plus encore celle des forces de police -, son incompétence tactique selon les standards de la guerre moderne, sa fragmentation ethnique, mais surtout le manque de compréhension entre les soldats afghans et ceux de l'ISAF/OTAN, sont connus depuis longtemps (5). En agissant de la sorte, les Taliban augmentent le fossé entre militaires occidentaux et afghans et accentuent le manque de confiance réciproque: la méfiance grandissante des premiers venant rapidement nourrir des attitudes qui peuvent être jugées vexatoires dans le ressenti des seconds. La barrière linguistique ne devant pas arranger les choses. Au moment où la coalition tente de se désengager du conflit en mettant en avant la  fiabilité et la montée en puissance de l'ANA, ce type d'action, peu coûteuse en homme et en moyen pour les Taliban, est de nature à détruire bien plus aux plans psychologiques et médiatiques.

 

Après le Chef de Bataillon Benoît DUPIN et le Légionnaire Goran FRANJKOVIC, le 2e REG se voit une nouvelle fois endeuillé par la perte de l'Adjudant-chef Mohammed EL-GHARRAFI (39 ans, marié et père de 4 enfants) et du Sergent Damien ZINGARELLI (27 ans, célibataire). "Défense et Démocratie" s’associe au deuil de l’Armée de Terre ainsi qu’à la douleur des familles et des proches de ces 77e et 78e soldats tombés pour la France en terre afghane.

 

(1) 78 soldats français sont tombés en Afghanistan depuis 2001 dont 26 à ce jour pour la seule année 2011.

(2) Il s'agit de l'opération Hunting Spear 2 qui voit le déploiement de la 3e Brigade de l'ANA dans la vallée de Tagab, appuyée par le Battle Group Tiger de la Task force La Fayette.

(3) Il n'est cependant pas impossible que l'Afghan en question soit un militaire trahissant pour le compte des Taliban. Une enquête a été ouverte.

(4) (Joby) WARRICK, "CIA honors 12 officers, contractors killed in action", The Washington post, june 8, 2010.

(5) (Jean) GUISNEL, "Un colonel français livre sa vision de l'armée afghane", Défense ouverte, 11 mars 2010.

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 10:39


(Source - Cadremploi, Le Figaro)


Saint-Cyrien de la promotion Montcalm (1980/1982), le Général Éric BONNEMAISON est revenu au bercail après une riche carrière partagée entre le monde opérationnel et le monde diplomatique. Il commande depuis 2009 les Écoles de Coëtquidan. Bien plus que la reconnaissance d’une valeur professionnelle qui ne pouvait que le prédisposer à la formation des officiers de l’Armée de Terre, ce commandement est aussi une consécration pour cet officier intellectuel et écrivain qui n’a jamais cessé de réfléchir sur la condition militaire et le rapport de l’homme à la guerre et à la violence (1).


Cavalier et marsouin d’origine, Éric BONNEMAISON connaît bien l’Afrique où il a d’abord participé à l’opération Manta au Tchad (1985/1986) comme lieutenant. Chef de bataillon il a été ensuite engagé dans des opérations à Djibouti et en Somalie. Dans le cadre de la coopération, il a été coordinateur géographique pour l’Afrique centrale avant de devenir adjoint militaire de l’Ambassadeur pour le renforcement des capacités africaines de maintien de la paix. Cette connaissance approfondie des réalités du continent africain le conduira en 1999 au poste de représentant français auprès du Centre d’Études Stratégique de l’Afrique à Washington DC. En 2005, il devient le chef de la cellule Afrique/Moyen-Orient au cabinet du Ministre de la Défense. Entre-temps, Éric BONNEMAISON sera breveté de deux académies militaires américaines : le Command and General Staff College et l’Armed Forces Staff College (1995/1996), avant d’exercer deux grands commandements au RICM (2002) et à la 9e BLBMa (2007).


C’est donc à un officier riche d’expériences et de connaissances qu’est confiée la formation des élèves-officiers de Coëtquidan à partir de 2009. L’année suivante, le Général BONNEMAISON publie un livre remarquable qu’il destine aux futurs officiers de l’Armée de Terre (2). Dans cet ouvrage bien écrit, qui tutoie le futur candidat à l’engagement pour finir par s’adresser au jeune officier, l’auteur enlève le lecteur dès les premières pages. Pourquoi ? La réflexion d’Éric BONNEMAISON est philosophique mais non abstraite. Sa philosophie se nourrit en permanence d’une expérience de terrain qui éclaire et donne tout son sens au mot “action”. La grande valeur du propos réside, en effet, en ce qu’il cherche à donner un sens à l’engagement et à la mission du militaire d’aujourd’hui. Cette recherche l’amène à une conclusion d’humanité où, plus que jamais, dans les conflits asymétriques d’aujourd’hui, la place des hommes, dont l’officier est amené à exposer la vie, reste centrale.

 

Quand on lit le Général BONNEMAISON on comprend tout ce que recouvre professionnellement et humainement la grande École du Commandement. Une école dont les enseignements dépassent de loin le monde des seules forces armées, même si c’est au sein de ces dernières que l’expérience du commandement restera toujours unique. On comprend aussi combien le sujet central de la Défense de notre Nation nous parle de vie et non de mort ; combien l’officier français d’aujourd’hui se situe à mille lieues du stéréotype de la brute militaire sans âme ni foi. Car de l’exercice de l’autorité à l’esprit de responsabilité en passant par l’exemplarité et la sollicitude, l’auteur nous décrit la carrière des armes comme un métier d’âme et de vertus qui, si elles sont théoriquement à la portée du plus grand nombre, sont loin d’être saisies de tous. Un métier d’esprit et de coeur aussi appelé “vocation”.

 

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Avant-propos du livre "Toi, ce futur officier"


"Je hais la guerre et je hais les armes de toutes mes forces. Depuis toujours.


Tout petit, j’étais entouré d’une famille remplie d’amour.


Puis l’Histoire m’a obligé à me battre en Algérie. J’ai découvert que la guerre pouvait faire tomber des hommes dans la barbarie. Et c’est en refusant la torture que j’ai pris conscience des droits de l’Homme.


Dans notre monde de violence, ma vocation de prêtre et d’éducateur de rue m’a porté à m’occuper des jeunes délinquants, rendus barbares par le manque d’amour et l’absence de parents. Ceux dont plus personne ne veut.


“Toi, ce futur officier”, le livre d’Éric Bonnemaison , s’adresse aux jeunes qui souhaitent se diriger vers l’armée. Ce général expérimenté nous parle avec une grande sagesse des qualités humaines et de la conscience nécessaires pour combattre l’ennemi et diriger les hommes. Ses pages m’ont surpris par leur limpidité et leur profondeur. Nous sommes bien loin de l’armée archaïque que j’ai connue dans ma jeunesse.


Ses propos intéresseront aussi tous ceux qui comme moi ; même en dehors des corps armés, s’interrogent sur l’énigme de l’homme face à la violence.


Père Guy GILBERT
Paris, le 9 novembre 2009"

 

(1) Lire de (Frédéric) PONS, "Général Éric Bonnemaison: "Ce que je dis à mes Saint-Cyriens", in Valeurs actuelles du 11 février 2010 et de (David) ABIKER, "Général Bonnemaison: MAM m'a scanné", in Le Figaro du 29 novembre 2011.

(2) (Éric) BONNEMAISON, Toi, ce futur officier, Paris, Economica, 2010, 240 p.

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:51

Alors que des initiatives exprimant la solidarité de la Nation envers ses soldats - envoyés au combat ou en opération extérieure (OPEX) - s'organisent à l'approche des fêtes de fin d'année, les lycéens de Galilée ont voulu eux aussi apporter leur contribution. Ils s’appellent Paolo, Alexandra, Anthony, Mélanie, Juliette, et il y en a bien d’autres: 45 lycéens tous élèves de Terminale. Ils ont écrit au retour d’un voyage, immersion d’une journée dans un régiment de l’Armée de Terre: le 501e Régiment de Chars de combat de Mourmelon-le-Grand.

 

Ces lettres sont chacune adressées à un soldat anonyme qui passera les fêtes de Noël et du Nouvel An en OPEX, loin des siens. Elles ont été envoyées au 501e RCC, qui se chargera de les faire parvenir sur les théâtres d’opérations à la fin du mois de décembre. Le propos a été laissé à l'entière liberté des élèves, même si beaucoup - dans leurs discussions - ont particulièrement pensé à l’Afghanistan: théâtre le plus dangereux pour nos troupes où 76 de nos soldats sont tombés à ce jour.

 

Ils ont écrit à un soldat inconnu et resteront également inconnus à leur lecteur au-delà de la mention de leur seul prénom. Le fait est d’importance, car le geste est celui de citoyens français pour des militaires français. C'est l'expression d'une Idée - celle de la Citoyenneté - et de la reconnaissance de l'engagement militaire à travers une mission, expression elle aussi de la souveraineté et des valeurs de notre pays.

 

Les mots sont simples, parfois maladroits, mais la spontanéité de la rédaction fera percevoir les fautes d’écriture avec bienveillance et non plus avec sévérité… Ces mots restent, surtout, un témoignage particulièrement sincère de solidarité et de civisme.


Icône pdf 1La lettre de Laetitia, lycéenne de TES1

Icône pdf 1La lettre de Maxime, lycéen de TS2

Icône pdf 1

La lettre de Clairfane, lycéenne de TSTG

Icône pdf 1

La lettre de Florine, lycéenne de TSTG


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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 16:17

Insigne 501e RCC

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Accompagnés par leur Proviseure, Mme Marie-Martine SALLES, 44 élèves de Terminale du Lycée Galilée (Combs-la-Ville) ont visité, le mardi 22 novembre 2011, le 501e Régiment de chars de combat (1).

 

Héritier de la tradition chevaleresque et de la cavalerie lourde, le 501e RCC est la dernière grande unité de Cavalerie encore équipée de chars de combat. Appartenant à la 2e Brigade blindée d’Illkirch, le régiment est situé sur la commune de Mourmelon-le-Grand. C’est en ce lieu que, depuis le Second Empire, nos grandes unités terrestres ont pris l’habitude de venir s’entraîner. À mi-chemin entre la région parisienne et cette frontière orientale restée longtemps dangereuse, la Champagne offre effectivement ce large espace indispensable pour pouvoir faire manoeuvrer et tirer les 52 chars de combat Leclerc du 501e RCC.

 

Les élèves sont arrivés au Quartier Delestraint après un voyage d’un peu plus de deux heures. Peu familiers des véhicules blindés, ils purent d’emblée observer une impressionnante collection de chars. De l’entrée du régiment des As (2) jusqu’à sa place d'armes sont, en effet, alignés de nombreux véhicules blindés  parmi lesquels on reconnaîtra les chars B1 bis, M4 Sherman, AMM8, AMX 13, AMX 30 B1 et B2... Autant de rappels historiques qui font quasiment du 501e RCC un musée en la matière. On y trouvera même un exemplaire du célèbre char allemand Panther de la Deuxième Guerre mondiale.

 

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Table ronde avec l'Adjudant-chef CLANET


Après un petit déjeuner offert au foyer du régiment, le Lieutenant-colonel Bastian DUFILHOL, chef du BOI, présenta rapidement l’organisation de la journée aux élèves et à leurs accompagnateurs. L’essentiel fut rappelé dès le départ à savoir le sens de l’engagement militaire a fortiori au sein d’une unité de combat: “En s’engageant dans le métier des armes, le citoyen fait potentiellement don de sa vie à la France.” Cette phrase, les élèves de Galilée, devaient, tout au long de la journée, en retrouver le principe et la substance au travers des multiples échanges noués avec les militaires.

 

Répartis en 4 groupes, élèves et accompagnateurs allèrent à la rencontre de soldats, tous jeunes mais déjà vétérans de plusieurs OPEX. Au cours de ce premier atelier organisé à la manière d’un regard croisé, les lycéens purent questionner le Capitaine POGNON ainsi que plusieurs sous-officiers et hommes du rang sur leurs motivations et leur perception du métier et de ses risques mortels. Certaines questions amenèrent les militaires à parler de leur vie familiale, plus particulièrement de la solitude et des difficultés rencontrées au quotidien par leur épouse. Une absence de plusieurs mois fait tout reposer sur celle-ci, déstabilise les enfants, alimente l’angoisse…

 

Mais une idée élevée du service à rendre au pays et à la société, celle d'une importance accordée à la tradition (parfois confondue avec l’Histoire), le refus d’un individualisme égoïste et la recherche d’une fraternité d’armes, ont été les motivations les plus généralement exposées devant les élèves. Cependant ce qui décrirait l'essentiel de tous ces engagements au-delà de leur individualité,  serait avant tout le mot “vocation”. Tous se sont sentis “appelés”, à un moment donné, à servir le pays au prix du plus grand sacrifice s’il le fallait.

 

OECC.jpgManipulation de l'OECC: un obus de 120 mm d'un poids de 20 kg et à douille combustible


Un deuxième atelier fut consacré aux métiers proposés par le régiment à travers une présentation complète des carrières. Celle-ci ne tombant pas pour autant dans les accents d’une campagne de recrutement. À cette occasion, les lycéens purent surtout se faire une idée de la richesse d’un régiment tel que le 501. À la fois entreprise à gérer quotidiennement au sens matériel du terme, l'unité des As est aussi une communauté de vie. Autour d’un coeur de métier combattant de nombreuses spécialités viennent s’articuler, qui offrent des perspectives professionnelles à la fois militaires et civiles sur le long terme.

 

Le troisième atelier mit en avant le char AMX Leclerc dans une double présentation: statique et dynamique. Engin chenillé de combat lourd, le Leclerc déplace – lorsqu’il est équipé guerre – une masse de 56 tonnes a une vitesse impressionnante surtout en tout terrain. C’est peut-être l’aspect qui a le plus surpris les élèves, qui le voyaient pour la première fois. Mis en oeuvre par un équipage de 3 hommes seulement, le blindé Leclerc est un matériel tout droit sorti de la Guerre froide. Une époque où la France – aux côtés de l’Alliance Atlantique – se préparait à arrêter une masse de blindés adverse particulièrement importante. Emportant 40 OECC (obus explosif à charge creuse) et OFL (obus flèche) de 120 mm, 950 munitions 12,7 mm, un millier de munitions 7,62 mm, un système lance-grenades GALIX, c’est un blindé de nouvelle génération comparable au M1 Abrams américain, au Challenger 2 britannique, au Léopard  2 allemand et au Merkava israélien. Son blindage – composite de type NERA (3) - est modulaire selon les théâtres d’opérations. Capable de fortes accélérations en tout terrain afin d’éluder un tir de missile, le char est relativement silencieux pour la masse qu’il met en mouvement. Embarquant un appareillage électronique aussi complexe que "durci", le Leclerc combat de jour comme de nuit quel que soit le temps, et sa tourelle gyrostabilisée lui permet de tirer en mouvement. Le chargement des obus est automatique et s'effectue à partir d'un robot, ce qui autorise une cadence de tir à 6 obus/minute.

 

  Ce montage vidéo permettra de se représenter la vitesse de déplacement de l'AMX Leclerc, sa maniabilité en tout terrain ainsi que le fonctionnement de son armement principal et de sa conduite de tir

 

Le char Leclerc appartient à ces fleurons du savoir-faire industriel et technologique français. Il est le dernier-né d’une longue lignée d’engins qui ont fait l’histoire du régiment depuis ses origines. C’est ce que les élèves ont pu retenir lors du dernier atelier consacré à l’histoire de l’unité. La salle d’Honneur du 501e RCC est aussi un petit musée en soi. Située dans le bâtiment de l’état-major du régiment, elle retrace une évolution qui va de la première bataille de blindés de l’Histoire (Berry-au-Bac le 16 avril 1917) aux OPEX les plus récentes (4). D’abord armé de tank Schneider CA1, le 501 RAS devenu 501e RCC reçoit des chars B1 bis avant de disparaître dans la tourmente de 1940. Reconstitué au sein de ce qui allait bientôt devenir la 2e DB, réarmé en MK VI Crusader anglais puis en M4 Sherman américain, le régiment blindé revient en France à l’été 1944, libérant Paris, Strasbourg et atteignant le nid d’aigle hitlérien de Berchtesgaden en 1945. Les vitrines de la salle d’Honneur font ainsi revivre cette riche histoire qui voit aujourd’hui les tankistes du 501 partir en Afghanistan sans leur char Leclerc, mais dans le cadre de missions d’escorte des convois ou de formation de militaires afghans (5).

 

Au terme de cette riche journée, le Colonel Georges REICHERT, Chef de corps du régiment, vint saluer les organisateurs et les élèves du Lycée Galilée. Autour d’un pot, les différents acteurs de la communauté éducative et de la communauté militaire purent ainsi échanger une dernière fois leurs (très bonnes) impressions. Dépaysement particulièrement instructif jusque dans le déjeuner où beaucoup découvrirent avec plaisir les rations individuelles de combat (type OTAN); immersion dans un univers qui laissa des regrets à bien des élèves au moment du départ, cette visite du 501e RCC permit d’illustrer - à défaut d’en tracer le contour d'ensemble - un aspect essentiel du lien entre la Nation et son Armée.

 

Le Lycée Galilée remercie vivement le Colonel REICHERT, le Lieutenant-colonel DUFILHOL et l’Adjudant-chef Thierry CLANET, ainsi que les sous-officiers et soldats, qui ont rendu possible cette rencontre de qualité.

 

Juliette.JPG

Sebastian

(1) Faisaient également partie du voyage l’Enseignant Défense; M. Denis DIMART, Professeur de SES; Melle Aurore GILLET, Professeur d’Anglais; Mme Laurence DELY, infirmière et M. Jean-Paul GAUDISSON, Agent technique principal en charge de la couverture photographique de l’action pédagogique.

(2) L’unité est ainsi appelée non pas en fonction de la figure du jeu de cartes, mais du fait de sa désignation d’origine dès 1918: 501e régiment d’Artillerie Spéciale (501 RAS).

(3) Non Explosive Reactive Armor.

(4) Parmi lesquelles les plus importantes ont été la Bosnie, le Liban et l'Afghanistan.

(5) Les Operational Mentoring Liaison Teams (OMLT) désignent de petites unités en charge de l’instruction, de la formation et de l’accompagnement tactique d’unités de l’Armée Nationale Afghane (ANA). Les OMLT du 501e RCC sont félinisées mais les nouveaux équipements n’ont pu être présentés aux élèves.

 

Dejeuner.JPGUn grand moment: la découverte des rations de combat

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 19:39

Insigne 2e REG

Trois jours après le discours du 11 novembre du Président Nicolas SARKOZY annonçant le nouvel hommage désormais rendu à tous les soldats morts pour la France et non plus exclusivement à ceux tombés lors de la Première Guerre mondiale, un 76e militaire français vient de mourir au combat en Afghanistan. Il est la première perte du Battle Group Tiger qui a récemment relevé (le 7 novembre dernier) le Battle Group Raptor en Kapisa.

 

La Guerre d’Afghanistan, au même titre que la récente guerre en Irak et d’autres conflits irréguliers, nous montre une nouvelle fois combien les missions logistiques sont désormais parmi les plus dangereuses. Le danger est double du fait d’IED qui polluent les itinéraires, et nécessitent une procédure d’ouverture des routes exposant particulièrement les éléments du Génie toujours en tête. Le deuxième danger reste celui de l’embuscade classique.

 

Ouverture d'itinéraire

Ouverture d'un itinéraire par des éléments du Génie. On distinguera un MRAP Aravis ainsi qu'un SOUVIM comme on remarquera aussi la distance laissée entre les véhicules (source MINDEF/EMA)


C’est au cours d’une double mission à la fois de sécurisation de l’axe Vermont et de protection d’un convoi logistique, qu’un combat a opposé aujourd’hui nos forces aux insurgés. Deux militaires appartenant au 2e Régiment Étranger du Génie (2e REG) ont été touchés. L’un très grièvement touché par un tir d’arme légère n’a pu être sauvé en dépit de son évacuation rapide vers l’hôpital militaire français de Kaboul.

 

Le légionnaire Goran FRANJKOVIC, 25 ans, d’origine serbe, était un jeune engagé (2010). Défense et Démocratie s’associe au deuil de l’Armée de Terre ainsi qu’à la douleur de la famille et des proches de ce 76e soldat tombé pour la France en terre afghane.

 

Legionnaire-Goran-FRANJKOVIC.jpg

 

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 17:25

Affiche--Forces-speciales-.jpg

 

A l'instar de ce qui se fait aux États-Unis depuis plusieurs années déjà, le cinéma de guerre français retrouve des couleurs et se fait désormais l'écho de l'actualité immédiate avec la prochaine sortie d'un film qui sera certainement remarqué: "Forces spéciales" du réalisateur Stéphane RYBOJAD.

 

"Forces spéciales" est un film de guerre qui raconte l'action menée par un groupe de forces spéciales françaises dont la mission est de retrouver et de libérer une journaliste capturée par les Taliban, et menacée d'être exécutée. Le cadre dans lequel se déroule cette mission de la dernière chance pour sauver Elsa Casanova - interprétée par Diane KRUGER - est celui des zones tribales pakistanaises, et les scènes de combat sont dignes des meilleurs films hollywodiens du genre.

 

"Forces spéciales" répond surtout - et il était grand temps - à une attente de notre société, à savoir la réalisation de films - autre que documentaires -, qui montrent nos soldats en action et mettent en scène leur héroïsme. Cette mise en scène joue son rôle dans le conflit réel en popularisant des thèmes qui ne peuvent que renforcer le patriotisme de nos concitoyens, la force du cinéma aidant. Le rôle que les productions américaines ont pu jouer dans l'image que les Américains ont de leurs forces armées - de Top Gun à Black Hawk down en passant par Behind ennemy lines et bien d'autres - est, ici, patent. Certes, la fiction ne fait pas tout, mais dans un contexte où les images pèsent de tout leur poids dans la fabrique de l'opinion publique, elle tient aussi son rôle dans l'exaltation du courage et de la valeur de nos soldats. Le cinéma peut ainsi, par sa "magie", permettre l'explication simple de missions difficiles. Partant, lorsqu'elle répond avec réalisme à la reconstitution d'une situation de guerre dans sa complexité, sans céder pour autant à une condamnation idéologique simpliste, la fiction participe aussi au renforcement de  cette résilience dont notre société a besoin.

 

Le film "Forces spéciales" sort le 2 novembre prochain.

 

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 07:03

1er RCP

À la suite de l’opération Storm Lightning (29 janvier-7 février 2011) et la prise de contrôle de la région de Jangali, l’opération Endurance – initialement Allobroges Endurance – a été déclenchée à la fin du mois de février. Toujours en cours comme son nom pourrait l’indiquer, elle a pour objectif de tenir le terrain conquis à l’Est du cours d’eau Darya-e Wadi. Nettoyage de caches d’armes, sécurisation des axes de communication, relèvement des infrastructures, patrouilles incessantes, désorganisent les réseaux de l’insurrection notamment logistiques. Or ce secteur (vallée de Tagab/vallée de Bédraou) correspond à un centre nerveux de l’insurrection particulièrement réactif. De fait, les accrochages se sont multipliés ces derniers mois, nos patrouilles étant souvent attaquées par des groupes d’insurgés. Il n’est donc pas surprenant, malheureusement, de voir, statistiquement, augmenter le nombre de nos morts et de nos blessés depuis le début de l’année.

 

Alors que ce mois de juin a déjà été endeuillé par un mort au combat et deux accidents, la mort au combat du 1ère classe Florian MORILLON, du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP), survenue hier, vient allonger la liste de nos héros tombés en Afghanistan. Patrouillant à pied non loin du village de Shatoray au Sud-Ouest de la vallée de Bédraou, une section du Battle Group 15-2, renforcée par deux groupes du Battle Group Raptor, a été attaquée par des insurgés. C’est au cours de ce combat qui a eu lieu hier après-midi, que le soldat, appartenant à l’un des deux groupes du BG Raptor, a été mortellement blessé. Évacué dans un premier temps par véhicule blindé au COP 52, situé non loin du lieu de l’affrontement, il a été retransféré par hélicoptère à l’hôpital militaire de Kaboul où il a finalement succombé à ses blessures.

 

Si nos pertes humaines – au demeurant très limitées si on les rapporte aux conflits du passé – ne peuvent être cachées à l'opinion publique, on gardera présent à l’esprit toute la discrétion (nécessaire) qui entoure celles de l’ennemi ainsi que le détail du déroulement de l’opération Endurance. Avec le regain d’agressivité de nos ennemis en vallée de Tagab, ces faits ne sont pas forcément signes que les choses vont mal. Voire ils pourraient bien signifier le contraire quant à la tournure de l’initiative et du rapport de force sur le terrain. L’avenir le dira mais restons quoi qu'il en soit méfiant à l'endroit de réactions unilatéralement suscitées par l’annonce de nos morts et de nos blessés au combat.

 

Le parachutiste Florian MORILLON, âgé de 21 ans, était célibataire. Il est aujourd’hui le 62e soldat français tombé en Afghanistan depuis 2001. "Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre, et présente ses plus sincères condoléances à la famille du jeune parachutiste.

 

62- Florian MORILLON

 

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