22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 10:23

Saint-Tropez

Plaques commémoratives du débarquement de Provence dans le port de Saint-Tropez

 

Provence, Côte d’Azur, Cavalaire-sur-Mer, Saint-Tropez, Saint-Raphaël, Fréjus… Ces lieux qui nous rappellent la proximité des vacances d’été (fort bien méritées pour beaucoup…) constituent l’un des plus beaux sites touristiques au monde: la Côté d’Azur. Palmiers, campings, hôtels, marinas s’étalent sur le front de mer, et restaurants comme magasins de plage ne manquent pas de donner à cet espace son caractère émollient. Cette région est, pourtant, bien plus chargée d’Histoire que n’en laisse paraître la superficialité de l'univers touristique et hédoniste qui semble aujourd’hui la résumer.

 

Sans remonter jusqu’à l’Antiquité gréco-romaine, l’Histoire contemporaine a laissé des traces fortes à commencer par celles du second grand débarquement allié en Europe à l’été 1944: le débarquement de Provence. La Côte d’Azur a, en effet, été au centre d’une opération aéronavale et amphibie de grande ampleur à partir du 15 août 1944 où, à la suite du débarquement de Normandie, et profitant du redéploiement des forces allemandes vers le Nord-Ouest de la France, des dizaines de milliers de soldats américains, français et anglais ont débarqué dans un secteur allant de Marseille à l’Ouest à Cannes à l’Est. L’objectif de l’opération Anvil Dragoon fut de s’emparer des deux ports stratégiques de Marseille et de Toulon, puis d’établir une jonction avec les forces venues de Normandie après une remontée par la vallée du Rhône. Le débarquement de Provence correspondait également à un élargissement du front sud-européen, alors que l’avance alliée était bloquée depuis plusieurs mois en Italie. Dans les grandes, comme les petites, cités balnéaires de la région, des plaques commémoratives ne manquent pas de rappeler le sacrifice des soldats américains du Général Alexander PATCH, mais aussi celui des soldats français du Général Jean de LATTRE de TASSIGNY pour la libération du Sud de la France. C’est à Toulon, dans la Tour Beaumont, que l’on trouvera le Mémorial dédié à cette campagne de la Deuxième Guerre mondiale.

 

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Mémorial des sous-mariniers (Toulon). Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album

 

Toulon qui fut le tombeau de notre Marine des années 1920/1930 - avec le sabordage de la Flotte le 27 novembre 1942 - reste encore de nos jours une ville très marquée par la présence de la Royale. La Préfecture maritime y est installée, et la grande rade qui abrite le grand port militaire (avec celui de Brest) fait de la Marine nationale le deuxième employeur du Var. Nombre d’entreprises de la région dépendent, en effet, des commandes et des travaux militaires. La DCNS a, pour sa part, établi une partie de ses bureaux d’études dans et en dehors de l’enceinte de la base (zone du Mourillon). Si les bâtiments les plus intéressants sont absents de la rade (notamment le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle) du fait de l’opération Harmattan actuellement en cours au large de la Libye, on trouvera en ce moment même à quai - et entre autres - la frégate antiaérienne Cassard D 614, la frégate furtive de classe La Fayette, Surcouf F 111 et le bâtiment de Transport de Chalands de Débarquement (TCD) Siroco L 9012.

 

La base navale de Toulon est aussi le grand port des sous-marins nucléaire d’attaque (SNA), destinés à la protection sous-marine des SNLE et de la Flotte, mais pouvant aussi mener des actions contre la terre. C’est donc ici qu’a été érigé le monument mémorial en hommage aux sous-mariniers de France. Situé au pied de la Tour royale, à l’opposé du port militaire que l’on peut distinguer en arrière-plan, le monument représente une épouse/mère et son fils devant un kiosque de sous-marin de plusieurs mètres de haut. Inauguré récemment, le 28 novembre 2009, en présence du Chef d’État-Major de la Marine (CEMM), l’Amiral Pierre-François FORISSIER, ce mémorial rend un hommage particulièrement émouvant à ces soldats dont la mer n’a pas rendu les corps dans leur grande majorité. L’émotion réside également dans l’hommage rendu au sacrifice des épouses et des mères, dont le personnage féminin de la représentation exprime avec force, et dans une position de recueillement, toute l’infinie tristesse.

 

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Mémorial de l'Armée noire (Port-Fréjus). Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album


L’histoire de Toulon nous rappelle que la Méditerranée a été, pendant des siècles, une mer stratégique pour notre géographie nationale comme impériale. Après un relatif déclin de ses activités militaires au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, il est à considérer que cette base navale regagne aujourd’hui en importance avec la définition que fait le dernier Livre blanc du nouvel “arc de crises”. Quoi qu’il en soit, les témoignages du passé militaire de la région ne manquent pas, et Toulon comme Marseille furent les grands ports de départ pour l’Indochine et l’Algérie.


À Port-Fréjus, situé à quelques dizaines de kilomètres à l’Est, on trouvera sur le bord de mer un très beau monument élevé en hommage aux soldats africains qui servirent en nombre dans notre armée. Ce bronze érigé à hauteur d’homme montre un groupe de tirailleurs accompagnés de leur officier. En réponse à la citation du poète, écrivain, et ancien Président du Sénégal, Léopold SEDAR Senghor, gravée au pied du monument (1), on ne peut s’empêcher de penser à l’ouvrage du Général Charles MANGIN, “La force noire” (1910). De fait, Fréjus fut, pendant longtemps, la principale garnison de troupes africaines en France, et une mosquée rouge (la Mosquée Missiri) y fut construite en 1930 sur le modèle de celle de Djenné (Mali), afin de donner un repère culturel à des soldats venus de notre empire africain.

 

Cette mosquée se trouve en périphérie de Fréjus, non loin du Musée des Troupes de Marine qui, lui, se situe à proximité du Quartier Colonel Lecocq, casernement actuel du 21e RIMa. Dans ce petit musée, jouxtant le Centre d’Histoire et d’Études des Troupes d’Outre-Mer (CHETOM), on trouvera une mine de documents, comme d’objets, retraçant l’histoire de la “Coloniale” de la fondation des Compagnies ordinaires de la Mer en 1622 par le Cardinal de Richelieu jusqu’aux engagements contemporains post-Guerre froide, et l’Afghanistan où, à ce jour, 22 Marsouins ont été tués.

 

Que ce soit dans l’oeuvre scientifique et d’assainissement sous les climats tropicaux, la garde des batteries d’artilleries côtières (d’où le surnom de “Bigors” en comparaison aux bigorneaux accrochés à leur rocher) ou la défense du sol national, l’Infanterie de Marine a écrit une page prestigieuse de notre Histoire militaire. Encore aujourd’hui, les postes ouvrant une carrière chez les Marsouins restent réservés aux meilleurs dans le classement des Écoles militaires (2).

 

On trouvera dans ce musée aux collections particulièrement dense, une urne en marbre rouge contenant les restes de Marsouins de la Division bleue, tombés lors de la bataille de Bazeilles (31 août-1er septembre 1870). Ce combat perdu d’une guerre perdue fut immortalisé par un tableau célèbre d’Alphonse de NEUVILLE, “Les dernières cartouches” (1873). Bazeilles - une petite commune située dans les Ardennes - est à l’Infanterie de Marine ce que la bataille de Camerone (1863) est à la Légion étrangère. Emblématique de l’héroïsme des Marsouins, la bataille de Bazeilles est célébrée chaque année dans les unités de l’Infanterie de Marine, et la girouette de son église, détruite lors des combats, a été offerte au musée de Fréjus.

 

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Mémorial des guerres en Indochine (Fréjus). Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album


Marsouins et légionnaires ont aussi, avec d’autres combattants, chèrement payé notre engagement en Indochine de 1939 à 1954, ce que rappelle un autre mémorial situé également dans la banlieue de Fréjus (3). Bien visible de la route même, le Mémorial des guerres en Indochine se présente d’abord comme un mur sur lequel sont représentés deux combattants indochinois se faisant face et portant une carte de l’Indochine, autour de laquelle s’enroule un dragon. Conflit négligé dès son époque, aujourd’hui oublié et en grande partie occulté par la Guerre du Vietnam qui lui a succédé, la Guerre d’Indochine a pourtant demandé de très lourds sacrifices à la France. Si elle n’a engagé que des combattants volontaires – contrairement à la Guerre d’Algérie qui a vu le Contingent y participer directement – 50 000 d’entre eux y ont laissé cependant la vie. Une nécropole située derrière le mur et en contrebas - où figure quelques 34 000 noms de soldats français, africains et indochinois - rappelle ce lourd sacrifice exigé par la pacification et la défense de notre plus lointaine colonie.

 

Pour qui s’y intéresse, et sans pour autant bouder le plaisir de la Méditerranée et de ses plages, il y a beaucoup à voir de notre Histoire militaire proche comme lointaine sur cette Côte d’Azur. De quoi ressourcer avec plaisir nos réflexions sur l’Éducation à la Défense.

 

(1) À l’Armée noire “Passant, ils sont tombés fraternellement unis pour que tu restes Français.”

(2) Citons à titre d’exemple, le Colonel Michel GOYA, issu de l’EMIA et qui fut major de sa promotion.

(3) Le Musée des Troupes de Marine et le Mémorial des guerres en Indochine sont sur deux sites différents, éloignés l'un de l'autre, et qu'il n'est pas facile de rejoindre si l'on ne dispose pas d'un véhicule personnel. Prendre la ligne 1 pour le Musée et la ligne 2 pour le Mémorial de Fréjus/Square Paul Vernet.

 

Buste Joseph GALLIENI

C'est à Saint-Raphaël qu'est enterré le Maréchal Joseph GALLIENI, que d'aucuns considèrent comme le père spirituel de la pensée contre-insurrectionnelle française

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 12:00

P1010442Tiphaine, navigatrice sur l'EC 135, discute avec les lycéens. Cliquer sur la photographie pour accéder à l'album

 

Le Conseil de la Vie Lycéenne (CVL) est une instance présente dans tous les lycées. Constitué de dix élèves élus, de représentants des personnels de la communauté scolaire et de parents d’élèves, présidé par le chef d’établissement, le CVL a pour mission de participer à l’amélioration des conditions de vie au lycée comme aux décisions. Lieu de dialogue et d’échange, le CVL est aussi une représentation de la Démocratie et de la Citoyenneté à l’échelle du lycée, dont il est l'une des représentations légitimes en cas de manifestations extérieures.

 

Dans le cadre de l’inter-CVL du réseau Centre Seine-et-Marne - et autour du Lycée Léonard de Vinci de Melun - s’organise cette année tout un ensemble d’activités de sensibilisation à la Défense. Conduites par M. Alain JUSTEAU, Proviseur-adjoint, ces activités ont débuté le mercredi 2 mars avec l’accueil de plusieurs CVL par la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris (BSPP), stationnée au Fort de Villeneuve-Saint-Georges. À cette occasion, les élèves du CVL de Galilée étaient accompagnés par l’infirmière Laurence DELY, particulièrement engagée sur les questions de secourisme et de préventions diverses depuis plusieurs années au sein du Comité d’Éducation à la Santé et à la Citoyenneté (CESC).

 

Cette sensibilisation à notre Défense s’est poursuivie le mardi 8 mars dernier où, cette fois, encadrés par l’Enseignant Défense du Lycée Galilée, huit élèves du CVL sont allés à la rencontre de la Gendarmerie nationale et de l’Armée de Terre. Le contact avec les gendarmes eut lieu le matin au Fort de Charenton, où une unité d’intervention, et plusieurs équipes cynophiles firent des démonstrations dynamiques: neutralisation de suspects à bord d’une voiture, fouille d’un coffre, recherche de stupéfiants opérée par un maître-chien et son animal, neutralisation d’un suspect par un chien…  À l’image des forces armées, la Gendarmerie est un vaste domaine de spécialités en évolution constante face à des menaces fluides, matérielles comme immatérielles, elles aussi en constante évolution. Le matériel qu’utilisent les gendarmes reflètent ce large spectre d’interventions dont ils sont aujourd’hui capables: matériels anti-émeute à la fois défensif et offensif, protections balistiques diverses (gilets, visières de casque, bouclier…), armes non léthales (Taser, flashball, matraques télescopiques…) mais aussi de véritables armes de guerre (fusil de précision, fusil d’assaut FAMAS, riot gun, Heckler & Koch MP 5, en plus du Sig Sauer) devant la montée d’une délinquance et d’un banditisme qui peuvent être de nos jours d’une violence extrême. À noter également la présentation d’un bélier et d’un bouclier balistique pouvant arrêter des munitions de guerre à courte distance. Les deux matériels, d’un poids très élevé, nécessitent un entraînement physique et sportif régulier pour leur maniement.

 

Point fort de cette matinée, la présentation de l’EUROCOPTER EC 135. Hélicoptère récent, biturbine, l’EC 135 équipe la Gendarmerie nationale et permet des missions très variées comme l’héliportage, l’évacuation (l’arrière de l’hélicoptère s’ouvre sur un compartiment permettant d’héliporter un blessé sur brancard), la surveillance. Embarquant une panoplie optronique impressionnante, l’EC 135 peut suivre, pister thermiquement et écouter à de grandes distances. Il est notamment utilisé pour la surveillance du réseau ferroviaire afin de dissuader les voleurs de cables et de métaux. Appareil performant, son emploi est surtout limité par la résistance physique des pilotes dont les missions ont actuellement tendance à se multiplier… (1)

 

 

Impressionnés par des choses qu’ils ne voyaient jusqu’à présent qu’à la télévision, les élèves posèrent de nombreuses questions notamment sur l’unité phare de la Gendarmerie nationale: le Groupement d'Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN). L’occasion ne fut, donc, pas manquée par leurs interlocuteurs de leur rappeler la sortie concomitante dans les salles de cinéma du film de Julien LECLERCQ, L’Assaut. Celui-ci retraçant le détournement du vol Air France 8969 par des terroristes islamistes du GIA le 26 décembre 1994. L'exécution de 3 otages par les islamistes, déclencha l'intervention du GIGN et se solda par la mort des 4 terroristes.

 

L’après-midi se déroula au Fort-Neuf de Vincennes, haut-lieu de la JDC. Après le déjeuner, les différents CVL et leurs encadrants assistèrent à une présentation de l’Armée de Terre par le Lieutenant-colonel Jean-Luc OLIVE, DMD adjoint de Seine-et-Marne. À cet exposé pédagogique succédèrent deux autres interventions visant à expliquer la participation des forces armées à la protection du territoire (plan VIGIPIRATE) mais aussi de son espace aérien.

 

Dans un atelier consacré à la protection NRBC (2) les militaires montrèrent aux élèves ce qui se fait de nos jours en la matière: tenue de protection à port permanent, Appareil Normal de Protection (ANP) avec masque, matériels de détection, seringue auto-injectante (3)… Les fantassins du 35e Régiment d’Infanterie de Belfort (4), finissant une mission VIGIPIRATE sur la capitale, présentèrent également aux lycéens un matériel plus conventionnel mais toujours aussi attractif: véhicule polyvalent Defender, gilets pare-balles avec des plaques de céramique additionnelles, casque kevlar, FAMAS, PA Mac 50.

 

Organisée et conduite de manière dynamique par M. JUSTEAU, cette journée fort riche,qui intéressa réellement les élèves des lycées, fut aussi rendue possible grâce au soutien du trinôme académique représenté par l’IA-IPR Anne-Marie TOURILLON et le délégué IHEDN, Michel GAUVIN. Le Recteur de l’Académie, M. William MAROIS, vint lui-même saluer les acteurs de cette manifestation, dont le prochain rendez-vous est fixé au mercredi 4 mai 2011. Ce jour qui devrait coïncider avec la Journée Nationale du Réserviste (JNR) 2011, clôturera cette inter-CVL 2011 riche et innovante, illustrant le dynamisme de l’Éducation à la Défense dans notre académie.

 

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(1) Il faut un délai de 12.00 de récupération pour un pilote entre deux missions, surtout si l’une d’entre elle est une mission de nuit.

(2) Acronyme pour Nucléaire Radiologique Biologique Chimique.

(3) En cas de contamination du combattant par neurotoxique, cette seringue, dont l’aiguille peut percer la combinaison de protection et le treillis qui se trouve en-dessous (au niveau de la cuisse), injecte une dose de stimulant cardiaque (atropine).

(4) C'est ce régiment qui, le premier, reçut en 2008 le tout nouveau Véhicule Blindé de Combat d'Infanterie (VBCI) fabriqué par Nexter Systems et Renault Trucks Defense. Chargé d'en mener l'expérimentation, le 35e RI a, depuis l'été 2010, engagé de manière opérationnelle ce véhicule en Afghanistan.

Annonce JNR 2011

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:49

Insigne du Commandement des Forces Terrestres

L'Adjudant-chef Bruno FAUQUEMBERGUE du Commandement des Forces Terrestres de Lille a été retrouvé mort dans sa chambre le jeudi 24 février 2011 à Kaboul. Ce décès, dont les causes ne sont pas encore connues, fait actuellement l’objet d’une enquête. Il porte à 55 le nombre de nos soldats tombés en Afghanistan. Près de la moitié de ces soldats faisaient partie de l’encadrement officier et sous-officier, et s’ils sont tous morts dans le cadre de leur mission on pourra aussi observer un certain nombre de suicides (peut-être trois).

 

L'Adjudant FAUQUEMBERGUE était âgé de 42 ans. il laisse derrière lui une épouse et deux  jeunes fils. Nous adressons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de ce sous-officier.

 

IN MEMORIAM

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:30

Insigne du 7e BCA

 

La France vient de perdre son 54e soldat en Afghanistan. Il appartenait au 7e Bataillon de Chasseurs Alpins (7e BCA).

 

Du 29 janvier au 7 février 2011, une opération de grande ampleur a été menée par les troupes françaises en Kapisa. Dans cette région, située à 70 km environ au Nord-Est de Kaboul, les Taliban sont particulièrement actifs, entravant notamment l'axe routier Nord/Sud qui constitue aussi la grande artère économique de Kaboul et des vallées voisines. L’objectif de l’opération Storm Lightning fut de dégager cette MSR (Main Supply Route) tout en frappant les réseaux logistiques des insurgés dans cette région. Ratissant de très larges secteurs, nos forces ont ainsi été amenées à reconquérir les vallées adjacentes d’Afghana, d’Alasay et de Bedraou, capturant même il y a quelques semaines un important chef Taliban.

 

C’est en vallée d’Alasay, surveillée par trois Combat Outpost (COP), aux abords du village de Landakhel que les Taliban ont attaqué, hier en soirée, un convoi logistique escorté par des soldats du 7e BCA et qui revenait sur Nijrab. Situé à 5 km au Nord de Tagab et parcouru par la MSR, le secteur du village de Landakhel est réputé dangereux en dépit de la construction par les Français d’une mosquée en février 2009. L'attaque d'hier soir a endommagé un VAB, touché par une roquette antichar. Grièvement blessé, le Chasseur de 1ère classe Clément CHAMARIER (19 ans) n'a pu être sauvé nonobstant la rapidité des secours. Un caporal-chef du 7e BCA et un caporal du 132e Bataillon Cynophile de l’Armée de Terre (132e BCAT) ont aussi été blessés dans ce combat.

 

150 000 soldats alliés, dont 4000 Français, sont, actuellement, déployés en Afghanistan sous le commandement de l'OTAN.

 

Nous nous associons à la douleur de la famille et des proches de ce jeune soldat.

 

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(Source - Secret Défense)

 

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 11:43

Patrick BEAUDOUIN

Le Député Patrick BEAUDOUIN est aussi  le maire de Saint-Mandé (Val-de-marne)

 

Le mercredi 25 août 2010, le Député Patrick BEAUDOUIN, Membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, a remis à la Présidence de la République un rapport particulièrement intéressant. Rendu public le 3 février dernier, ledit rapport vient de faire l’objet d’un article dans le journal La Croix. Il part du constat que la mondialisation induit des transformations majeures telles que la relativisation de la règle, la personnalisation de la morale, la transmission d’une information qui ne connaît plus d’obstacles fondamentaux. Autant d’évolutions qui, aujourd’hui, menacent de vider nos valeurs collectives de leur substance, de réduire le cadre historico-philosophique de notre culture à une enveloppe purement formelle.

 

Ce document ne peut se comprendre sans le contexte plus large de la réforme structurelle voulue et inspirée par le Président Nicolas SARKOZY. En questionnant la place de l’individu et de son rôle dans une société en mutation profonde et constante, l’Éducation au civisme, à la citoyenneté et à l’Esprit de Défense, se trouve placée au coeur de ce mouvement de réformes. D'emblée, la Défense et le “vivre ensemble” sont posés par l’auteur du rapport comme deux notions indissociables ce qui amène à réaffirmer que le creuset républicain est plus que jamais une idée neuve et fonctionnelle nonobstant les apparences. Qu’il ne tient qu’à notre communauté nationale d’en faire vivre à l’unisson les éléments consubstantiels que sont le Civisme, la Citoyenneté et l’Esprit de Défense. En proposant des pistes de réflexion audacieuses, le rapport BEAUDOUIN vise à une refondation de la matrice de la cohésion nationale, qui devrait renforcer à terme la résilience de notre société face aux menaces du monde.

 

Si l’ambition d’un objectif se lit dans les moyens que l’on y accorde, elle se perçoit également  à l’échelle du temps dans laquelle on l’inscrit. Toute ambition nationale digne de ce nom ne peut se concevoir qu'à partir du temps de l’apprentissage scolaire. Ainsi, l’École de la République doit-elle se réinvestir, plus que jamais, dans cette refondation matricielle de la cohésion nationale, car c’est d’abord à l’École que l’initiation à ces valeurs républicaines permettant le “vivre ensemble” doit s’opérer. Certes, la demande sociétale comme les dispositifs institutionnels (Éducation Civique Juridique et Sociale et Éducation à l’Esprit de Défense) existent déjà, mais ce que propose M. BEAUDOUIN va bien plus loin.

 

Le Député entend donner une substance véritable à l’existant. Reprenant le Parcours citoyen, il en propose un jalonnement concret de l’École primaire à l’enseignement supérieur, mais aussi au-delà. L’initiation débutée à l’École, selon un enseignement dont le caractère obligatoire et solennel serait plus accentué, insisterait davantage sur le respect des symboles républicains et la connaissance de la langue. Cependant, cet itinéraire scolaire se prolongerait au-delà de l’École, à travers un itinéraire de vie citoyen qui proposerait à chacun d’exprimer à travers des partenariats, des engagements, des actions publiques diverses, sa conscience de la Défense du pays (1). L’invention de moyens “d’une imprégnation permanente du citoyen” aux intérêts de défense de la Nation est une originalité du rapport BEAUDOUIN, car elle donne une dimension pleinement citoyenne à une éducation initialement scolaire, en allant justement au-delà de l’École et du temps scolaire. Le “Parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l’Esprit de Défense” deviendrait, dès lors, une véritable “colonne vertébrale” où un itinéraire de vie citoyen viendrait s’articuler sur un itinéraire scolaire initiateur.

 

Dans la réflexion de M. BEAUDOUIN et de son équipe, c’est donc à l’École de la République que revient ce rôle fondamental d’initiateur à l’Esprit de Défense. L’École avec ses milliers d’établissements - “petites nations” en soi - et ses 12 000 000 d’élèves et d’étudiants. Plus que jamais, c’est dans cette phase de vie pleinement consacrée à l’apprentissage fondamental que les jeunes doivent être sensibilisés et “imprégnés” de cet Esprit de Défense, qui doit, à terme devenir, un véritable réflexe sociétal. Pour cela, il est proposé l’instauration, aux côtés de l’enseignement général et de l’enseignement professionnel, d’un troisième volet d’Instruction publique exclusivement dédié à un Parcours de la citoyenneté, du civisme et de l’Esprit de Défense. Les dispositifs d’action, dont nous sommes nous-même acteur pleinement engagé, existent, mais le rapport du parlementaire constate la dispersion et le manque de coordination des initiatives. À un autre niveau, il souligne aussi le manque de retentissement de l’Éducation à l’Esprit de défense dans l’Enseignement supérieur (2).

 

Concrètement, le rapport “Parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l’Esprit de Défense” propose l’institution d’une journée de la République, annoncée par le Président de la République lui-même, et qui se tiendrait annuellement tous les 11 novembre. Cette journée serait un moment de réflexion et d’échange sur un ensemble de thèmes déjà étudiés en milieu scolaire: le développement durable, l’eau, la biodiversité, la prévention routière, etc. Ces champs d’études seraient, cependant, fédérés et problématisés autour du Civisme, de la Citoyenneté (3) et, fait entièrement nouveau, autour de l’Esprit de Défense. Le port de l’uniforme en milieu scolaire est, aussi, une autre proposition audacieuse de la part du Député.

 

À l’orée de la vie d’adulte et de la vie active, celui-ci, propose une réorganisation de l’actuelle Journée Défense et Citoyenneté (JDC), l'ancienne JAPD, en deux moments plus nettement distingués à savoir une journée du civisme et une journée de la Défense. La première aurait pour objectif de récapituler les acquis de l’Éducation civique en milieux scolaire tout en marquant l’entrée de l’individu dans la communauté civique. La seconde serait plus spécifiquement consacrée aux problématiques de la Défense nationale dont nous savons, aujourd’hui, qu’elles sont plus que jamais globales. Il s’agirait d’une information approfondie et suivie sur ces questions, nécessitant un système d’information et d’échange permanent avec les individus: l'auteur du rapport propose l'élaboration d'une plate-forme INTERNET interactive.

 

Au terme de la présentation d’un document aussi riche en perspectives, il est à  souligner le volontarisme et l’ambition qui en font une réflexion résolument moderne. L’accent qu’il porte sur l’Éducation à l’Esprit de défense en milieu scolaire ne pourra être considéré comme une entreprise de “bourrage de crâne”, n’en déplaise à ces esprits qui ne comprendront de toute manière jamais ce que peut représenter l’intérêt général comme l’intérêt supérieur de la Nation. Car il ne faut pas s’y tromper, derrière la réflexion du Député Patrick BEAUDOUIN, c’est la question de la résilience même de la société française qui est posée à l’endroit des prochaines générations (4). Le rapport aborde d’ailleurs, et à plusieurs reprises, ce concept dont il propose un renforcement concret à travers une formation permanente autour de dispositifs déjà existants: brevet de natation, éducation routière, éducation aux gestes qui sauvent, etc (5).

 

Des cyber-menaces à l’échelle des individus à la guerre et au terrorisme en passant par la Défense économique et culturelle, le rapport BEAUDOUIN est le miroir des dangers du monde et des inquiétudes contemporaines à l’endroit des valeurs philosophiques et politiques sur lesquelles notre pays s’est construit jusqu’à nos jours. Les menaces pesant sur la cohésion de la Nation sont réelles.  En parler pour forger dès à présent les instruments de la résilience n'est pas inutile, et nous ne pouvons que saluer un travail courageux et sans complexe, espérant que dans ses grandes lignes de réflexion, il soit rapidement suivi de mesures concrètes.

 

Icône pdf 1Téléchargez le rapport BEAUDOUIN (2010).pdf

 

(1) Cf. (Patrick) BEAUDOUIN, "Parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l'Esprit de Défense: vivre la France dans la République", Rapport, août 2010, 49 p. Lire “Le parcours volontaire: un engagement continu au service de la nation” pp. 28-29.

(2) Cf. Le séminaire “Passerelles d’avenir” du jeudi 24 février 2011, organisé par la Commission Armées-Jeunesse à l’École militaire de Paris.

(3) Ce qui se fait déjà.

(4) Lire à ce sujet les réflexions connexes du Cf2R et de l’ASAF.

(5) Cf. (Patrick) BEAUDOUIN, “parcours de la Citoyenneté, du Civisme et de l’Esprit de défense: vivre la France dans la république”, p. 11. Pour une définition de la “résilience”.

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 11:43

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Le Lieutenant-colonel Philippe MARIE et l'Adjudant BOUCHENY devant les élèves et les étudiants du Lycée Galilée

 

Dans le cadre de l’Éducation à l’Esprit de Défense, et en partenariat avec le Groupement de Gendarmerie de Seine-et-Marne, l’Enseignant Défense du Lycée Galilée a organisé, le mardi 18 janvier 2011, une rencontre de deux heures dont l’objectif était de sensibiliser un public de lycéens de Terminale et d’étudiants en BTS à l’Intelligence économique. 70 élèves et 3 enseignants, accompagnés d’une journaliste du quotidien Le Parisien, ont donc assisté à une conférence du Lieutenant-colonel Philippe MARIE. 

 

Assisté par l’Adjudant BOUCHENY, le Lieutenant-colonel MARIE pilote la Cellule Intelligence Économique de la Gendarmerie Nationale pour le département de Seine-et-Marne (CIEGN) (1). En mars 2009, il avait participé à un colloque, où son intervention sur la question de l’espionnage économique et industriel avait été déjà remarquée. Mais alors que la sensibilisation portait jusqu’à présent sur les milieux de l’entreprise - le colloque ayant été organisé par la Chambre de métiers et de l'artisanat de Seine-et-Marne Sud -, pour la première fois l’attention s’est déplacée en amont sur un public scolaire.

 

Envisagée depuis juin dernier et organisée depuis le mois d'octobre, cette nouvelle action pédagogique a pris une dimension particulière dans le contexte récent de l’affaire Renault. Alors qu’il existe une prise de conscience dès les années 1980 sur la question, et qu’une École de Guerre Économique (EGE) est fondée en 1997 (2), la France est restée paradoxalement en retard en matière de culture de Défense économique par rapport à d’autres pays comme les États-unis et le Japon. Ces derniers ayant mis en place de véritables stratégies en la matière dans les années 1980. Aujourd’hui, la pression s’est accentuée avec d’autres États dont les politiques d’espionnage économique sont devenues systématiques, voire particulièrement agressives. Si l’on pense notamment à la Chine, des pays comme la Russie et Israël ne sont pas en reste. Ainsi, on estime qu’actuellement en Russie 58% du personnel politique et administratif est issu du monde du renseignement…

 

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C’est avec le Ministre de l’Intérieur, Nicolas SARKOZY, que l’on assiste dans les années 2000 à la véritable montée en puissance d’une politique et d’une stratégie en matière de Guerre et d’Intelligence économiques. La définition d’une Défense plus que jamais globale, la prise en compte du Renseignement en tant que fonction stratégique majeure dans le dernier Livre blanc de la Défense (2008), ne peuvent que conforter notre initiative de sensibilisation dès le lycée. Comprendre les enjeux généraux, prendre de bonnes habitudes face au “risque digital”, savoir se protéger sur les réseaux sociaux, induisent des comportements qui ne peuvent attendre l’entrée dans la vie d’entreprise. Une vie d’entreprise qui concernera la grande majorité de nos actuels élèves, quelle que soit leur filière ou leur orientation. L’École de la République ne pourrait remplir pleinement sa mission d’Éducation à l’Esprit de Défense, si elle ignorait la question devenue cruciale de la défense des entreprises et du patrimoine scientifique et industriel.

 

C’est à cette sensibilisation que s’est attaché le Lieutenant-colonel MARIE. Prenant soin de définir les notions, l’officier a d’emblée précisé l’origine anglo-saxonne du terme “intelligence” au sens renseignement/sécurité. L’ "intelligence économique”, expression à la mode donc galvaudée, est d’abord à prendre au sens de “sécurité économique”. Définissant également les différents niveau d’intervention de l’intelligence économique (stratégique, opératif et tactique), le Lieutenant-colonel MARIE a insisté sur la réalité économique mais aussi humaine d’une entreprise. Partant, il a fait comprendre aux élèves et aux étudiants présents en quoi la défense de leur future entreprise pourrait les concerner directement. Lorsque l’on travaille plusieurs années au sein d’une même entreprise, cette dernière accompagne forcément une situation matérielle et un projet de vie. La destruction d’une entreprise c’est aussi la destruction d’emplois, dont l’actualité économique nous montre souvent la désespérance sociale qu’elle produit.

 

La Gendarmerie nationale est une actrice majeure en matière d’intelligence économique, car sa connaissance du terrain et des acteurs socio-économiques à l’échelle locale est irremplaçable. Alors que les grandes entreprises disposent de moyens pour financer une stratégie d’intelligence économique, il n’en est pas de même pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) ainsi que les Très Petites Entreprises (TPE) (3). Or, 88% des entreprises de Seine-et-Marne sont des PME et des TPE. Le tissu économique d'un des départements de la première région de France est donc particulièrement vulnérable. Il l’est d’autant plus que beaucoup de ces PME/TPE sont des sous-traitants dont les savoir-faire peuvent être uniques.

 

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Le Lieutenant-colonel MARIE a donc mis en avant l’action de sensibilisation de la Gendarmerie auprès des chefs d’entreprise, auxquels elle propose une méthode destinée à inventorier les vulnérabilités afin de pouvoir y apporter des parades. C’est le programme PEGASE ou Préparation de l’Entreprise par la Gendarmerie à l’Amélioration de la Sécurité Économique (4). Dans un exposé bien construit, vivant et nourri d’exemples particulièrement concrets, l’officier de Gendarmerie a aussi expliqué les notions de "cryptage", de "sas de sécurité informatique", et il a attiré l’attention des élèves et des étudiants sur les comportements élémentaires de sécurité – dans les trains par exemple - et de protection concernant leur personne, mais aussi concernant leur avenir dans le monde du travail et de l’entreprise.

 

L’Enseignant Défense remercie le Groupement de Gendarmerie de Seine-et-Marne, qui n’a pas ménagé sa peine depuis le début de cette année scolaire pour sensibiliser le public lycéen à son devoir de Défense. Défense du citoyen à titre individuel avec l’intervention de l’Adjudant-chef Laurent CLÉMENT sur la cybercriminalité. Défense du citoyen en tant que travailleur solidaire de son entreprise avec l’intervention du Lieutenant-colonel Philippe MARIE. Avec le thème de l’intelligence économique, si peu abordé dans le milieu scolaire, l’Éducation à l’Esprit de Défense au Lycée Galilée a franchi un nouveau pas.

 

(1) Joignable au 01 64 71 71 89 ou 01 64 71 71 11.

(2) Date à laquelle se met aussi en place dans les textes de loi une véritable Éducation à la Défense (loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997).

(3) Une TPE emploie un effectif inférieur à 10 salariés.

(4) Sur le site de la Préfecture de Seine-et-Marne, on trouvera aussi une rubrique dédiée à la sécurité économique.

 

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  Réseau et sas de sécurité informatique


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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 06:52

 Insigne RICM

Hier après-midi, dans la vallée de Tagab (sud de la Kapisa), un 53e soldat français a été tué. Effectuant une opération de dépannage, et alors qu’il guidait un VAB,  le Caporal-chef Hervé GUINAUD du Régiment d’Infanterie de Chars de Marine (RICM de Poitiers) a été mortellement touché par une explosion dont l’origine n’est pas encore précisée. Si deux autres militaires ont été légèrement blessés, le soldat a succombé à ses blessures peu après. Hervé GUINAUD, 42 ans, était marié et était père d'un enfant. Nous saluons ce nouveau sacrifice, et témoignons de notre soutien auprès de la famille et des proches de ce soldat.

 

L’engagement de nos forces en Afghanistan dure bientôt depuis dix ans, et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent quant à l’utilité de ce conflit, et la manière dont il est mené. L’hebdomadaire “Marianne” de cette semaine ouvre ainsi un dossier sur le sujet: “Que fait la France en Afghansitan? Le débat interdit.” Dans ce dossier, le journaliste Jean-Dominique MERCHET, spécialiste des questions de Défense connu pour son opposition à cette intervention, nous livre une nouvelle réflexion: “L’Armée française en Afghanistan: une mission coupée de la Nation?”

 

Avec cette première disparition au combat de l’année 2011, nous rappelerons que nos militaires travaillent à une mission de paix, de stabilisation et de reconstruction dans un pays particulièrement difficile, au-delà duquel c’est toute une zone, incluant le Pakistan voisin, qui joue aussi le rôle de poudrière internationale.

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 15:26

CNN casualties

 

La chaîne d’information américaine CNN (Cable News Network) met en ligne un module interactif “Casualties”, qui dresse un véritable bilan statistique de l’ensemble des soldats occidentaux tombés depuis une décennie en Irak et en Afghanistan. On y trouvera pour ces deux théâtres d’opérations les pertes militaires annuelles de 2001 à 2010, les moyennes d’âge des soldats, la contribution par pays.

 

Le module présente une carte de l’Afghanistan (ou de l’Irak) sur laquelle sont répertoriées les pertes. Chaque cercle sur la carte représente un lieu sur lequel sont comptabilisés le nombre de soldats tués à cet endroit. En cliquant sur le cercle apparaît la liste nominative des soldats, et pour chaque nom on disposera d’une fiche avec la photographie (pas systématiquement), l’âge, la date et les circonstances du décès. Le lecteur dispose aussi de la possibilité de laisser un message personnel. En miroir de la carte afghane ou irakienne, apparaîtra la carte du pays auquel appartient le militaire avec sa ville d’origine. Si la grande majorité des soldats tombés sont des Américains, le module “Casualties” répertorie aussi les soldats perdus par les coalitions aussi bien en Afghanistan qu’en Irak. À ce titre, nos 52 Héros tombés en Afghanistan y figurent.

 

Le décompte de CNN montre combien l’Occident s’est, aujourd’hui, détaché de ces conflits majeurs que l’on pouvait aussi qualifier de guerre de masse, et qui ont ensanglanté le XXe siècle. Chaque soldat est désormais nettement individualisé dans le temps et dans l’espace, jusque sur son lieu de décès.

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 21:15

Insigne-Commando-Trepel-copie-1.jpg

 

Alors que le Capitaine Benoît DUPIN tombait hier en vallée d’Alasay, c’est avec tristesse que nous apprenons la mort d’un deuxième militaire français dans la nuit de vendredi à samedi. Un détachement de la Task Force La Fayette déployant une cinquantaine d’hommes a ainsi été pris à partie par des insurgés en nombre important, lors de la fouille de bâtiments dans la vallée de Beadrou au sud de Tagab. Appuyés par des hélicoptères français et américains, nos soldats ont pu se dégager tuant une vingtaine d’ennemis. Au cours du combat, deux officiers mariniers (1) furent cependant touchés. L’un d’entre eux, blessé, est actuellement en cours de rapatriement en France. Le deuxième – le Second-maître (2) Jonathan LEFORT – fut tué lors de l’accrochage.

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Le Second-maître Jonathan LEFORT

 

Jonathan LEFORT était âgé de 26 ans, il est le 52e soldat français tués en Afghanistan. Il servait comme fusilier marin au sein du Commando Trépel. Le Commando Trépel est l’une des six unités qui constituent ce que l’on appelle les Commandos Marine, autrement dit les forces spéciales de la Marine nationale, l’équivalent des US Navy SEALs aux États-Unis (2). Créés durant le deuxième conflit mondial sur le modèle des commandos britanniques, les Commandos Marine forment des unités de 80 à 100 hommes, qui ont chacune une spécialité. Le Commando Trépel est spécialisé dans l’assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime. À ce titre, il intègre dans ces rangs des éléments de l’Escouade de Contre-Terrorisme et de Libération des Otages (ECTLO). La discrète présence du Commando Trépel en Afghanistan est donc vraisemblablement liée à l’enlèvement des deux journalistes de France 3 (Hervé GHESQUIÈRE et Stéphane TAPONIER), le 30 décembre 2009, même si les autorités militaires affirment que l’accrochage de la nuit dernière n’est pas à mettre en relation directe avec cet événement.

 

“Défense et Démocratie” rend hommage au courage, au sacrifice et au dévouement de ces hommes exceptionnels dont faisaient partie le Second-maître LEFORT et le Capitaine DUPIN.

 

(1) Les sous-officiers sont appelés officiers mariniers dans la Marine nationale.

(2) Équivalent sergent.

(3) Les Commandos Jaubert, Monfort, Penfentenyo, Kieffer sont, avec le Commando Trepel, stationnés à Lorient. Le Commando Hubert est stationné à Saint-Mandrier. Dépendants de l’Amiral commandant la force maritime des Fusiliers marins et Commandos (ALFUSCO), ils sont le plus souvent employés par le Commandement des Opérations Spéciales (COS).

 

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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 18:37

Insigne-2e-REG.jpgUne reconnaissance du Génie en vallée d’Alasay a donné lieu, ce matin, à un affrontement entre un parti d’insurgé et une unité du Battle Group Allobroges dont la mission était d’étudier l’emplacement pour la construction d’un prochain poste de sécurité de l'armée afghane. Au cours de l’échange, le Capitaine Benoît DUPIN du 2e Régiment Étranger de Génie a été mortellement touché. Ancien de l'ENSOA de Saint-Maixent, fantassin de formation, le Capitaine DUPIN est devenu officier par l'EMIA avant de choisir une nouvelle spécialité: le Génie. C'est cette arme qui devait le conduire à la Légion étrangère, où il exerçait le commandement de la 3e Compagnie mécanisée.

 

Alors que les fêtes de Noël approchent, nos pensées les plus fortes et les plus sincères iront à l'épouse et au jeune enfant que ce légionnaire, le 51e soldat français tombé au champ d’honneur en Afghanistan, laisse derrière lui.

 

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