19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 09:42

Blog pédagogique partenaire de l'association "La Maison du Combattant et du Citoyen" (MCC) de Combs-la-Ville, "Défense et Démocratie" a contribué au rayonnement de l'Éducation à la Défense depuis mars 2008. Une initiative qui a été sans nul doute - avec le CARED d'Anne-Marie HAZARD-TOURILLON, IA-IPR - le laboratoire de ce qui allait permettre l'émergence de l'actuel Portail d'Éducation à la Défense de l'académie de Créteil. Avec ce dernier, l'EDUC-DEF, tout en restant en forte prise avec le terrain, est passée de l'échelle locale à l'échelle académique et, peut-être, au-delà.

 

Alors que les blogs ont, de manière générale, une durée de vie assez courte, le notre a particulièrement bien rempli sa mission tout au long de ces six dernières années. Au moment où nous nous apprêtons à le fermer, "Défense et Démocratie" ce sont 35 pages, 395 articles, 442 commentaires, et un rythme de fréquentation entre 100 et 150 visites quotidiennes... Parce que le site académique accapare une grande partie de notre énergie et de notre travail, parce que notre partenariat avec la MCC se transforme, mais également pour des raisons techniques spécifiques à la plate-forme over-blog, il devenait de plus en plus difficile de continuer de travailler sur la conception d'origine de ce premier blog.

 

Voilà pourquoi "Défense et Démocratie" migre sur un nouveau site renommé "Éducation à la Défense". Il ne s'agit donc pas d'un adieu, mais d'un redéploiement dont nous espérons qu'il ne perturbera pas nos fidèles lecteurs. "Éducation à la Défense" restera le blog du Lycée Galilée en la matière, et priviligiera notre propos à l'échelle de celui-ci et de ses activités pédagogiques.

Touch and go!
Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 18:52

Des images exceptionnelles de l'engagement français au Mali à travers un reportage de l'émission Envoyé spécial du 17 octobre 2013. Évènement marquant de la vie de nos forces armées (avec l'opération Sangaris en toute fin d'année), l'opération Serval sur laquelle nous revenons permettra de dire au revoir à l'année 2013, et de saluer 2014.

 

"Défense et Démocratie" présente ainsi ses meilleurs voeux aux défenseurs de la Nation, les assurant de son fidèle soutien, et leur souhaitant tout le courage et la détermination nécessaires à l'accomplissement de leurs missions.

 

Animateur de ce blog pédagogique, l'Enseignant Défense du Lycée Galilée souhaite également une excellente année scolaire à tous les élèves de l'établissement, plus particulièrement ceux des classes de 2nde 2, 1ES01, 1ES2 et 1STMG1.

 

Bonne année!


Logo Bleuet

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 08:12

Le fait n'est pas nouveau. Il faut attendre qu'une catastrophe survienne pour que l'on finisse par admettre qu'il y avait un problème...

 

Lorsque l'hélicoptère EC-145 de la Gendarmerie nationale est pris sous le feu d'un orpailleur, mercredi matin, il effectuait une mission de sécurisation d'une vaste zone au-dessus du territoire de la commune guyanaise de Maripasoula (18 000 km2). Cette sécurisation constituait un préalable à l'installation prochaine de géologues dans un secteur réputé dangereux, du fait de la présence de nombreux chercheurs d'or organisés en communautés clandestines et armés. Cet incident, révélé par 7 impacts de munition sur l'hélicoptère et un premier gendarme blessé, a déclenché une intervention au sol de 36 soldats de l'Infanterie de Marine du 9e RIMa et de gendarmes du GI2G. L'embuscade dans laquelle ces derniers sont tombés peu après leur héliportage, a causé la mort de l'Adjudant Stéphane MORALIA, 29 ans, et du Caporal-chef de 1ère classe Sébastien PISSOT, 34 ans et père d'un enfant. Mortellement touché, le premier est décédé peu après son évacuation, alors que le second fut tué sur les lieux même en tentant de porter secours à un gendarme blessé. Leurs agresseurs s'attendaient à une intervention, et c'est visiblement une embuscade bien préparée qu'ils leur ont tendus.

 

Facteur aggravant, le journal Le Point révèle, aujourd'hui, que les armes des Marsouins n'étaient pas chargées contrairement aux gendarmes qui, eux, ont des armes prêtes à un emploi immédiat. Seul le chef de section du RIMa dispose de munitions qu'il peut distribuer à ses hommes en cas de nécessité. La raison demeure en ce que la Guyane est un département et que la France n'est pas en guerre... Le fait d'avoir des FAMAS et des fusils chargés n'aurait peut-être pas changé grand chose aux évenements de mercredi: les pertes ayant surtout été enregistrées dans le groupe de tête, celui qui est d'ordinaire le plus exposé dans ce genre de situation. Reconnaissons cependant que la distribution des munitions (en admettant que le chef de section ne soit pas lui-même touché dès le début de l'action) sous des tirs adverses, et dans le contexte de confusion qui s'ensuit, n'est pas idéal voire est de nature à amplifier les pertes de temps, les mouvements inutiles, donc les pertes humaines. Évoluer par ailleurs en milieu hostile sans possibilité immédiate de se défendre, n'est pas bon non plus pour le moral...

 

Ainsi, touchons-nous à ces contradictions qui pourraient n'être qu'exaspérantes si elles ne mettaient pas directement en danger la vie de nos militaires. Le problème est tout simplement celui du gaspillage potentiel de ces derniers, qui peuvent être sacrifiés dans des missions de sécurité intérieure aux côtés de policiers et de gendarmes sans disposer des mêmes moyens ni des mêmes règles d'engagement. Ces dernières ne sont pas uniquement en cause, mais se pose aussi la question de l'adaptation de nos forces armées (hors Gendarmerie nationale) dans leur déploiement sur les lieux publics de métropole dans le cadre du plan VIGIPIRATE par exemple. Qui ainsi n'a pas vu ces patrouilles armées de FAMAS faire leurs rondes dans les grandes gares parisiennes ou ailleurs? Et qui a pu penser qu'un seul de ces militaires pouvait faire usage de son fusil d'assaut dans des lieux urbains si denses? Le FAMAS ayant une portée pratique de 300 m et une munition de forte vélocité portant jusqu'à 3200 mètres, un tir en Gare du Nord, quelle que soit l'heure, serait catastrophique même de la part d'un bon tireur... De la Guyane à nos grandes métropoles, le bon sens commanderait d'adapter les armements et les règles d'engagement de nos militaires, sans attendre qu'un drame prochain fasse resurgir des questions que l'on aurait pu anticiper.

 

On le voit, les propos du journaliste du Point expliquant les raisons juridiques du non chargement des armes font voler en éclat la raison d'être du plan VIGIPIRATE, même si ce qui vient de se passer  à Maripasoula n'a rien à voir avec ce dispositif de sécurité. En effet, VIGIPIRATE repose essentiellement sur la dissuasion portée par nos militaires en armes. Or il n'est de dissuasion réelle parce que crédible, c'est-à-dire admettant en recours ultime l'usage de l'arme. Dès lors pour le(s) malveillant(s) - sachant tout ceci -, il est beaucoup plus facile d'anticiper sur les lieux, les cibles, voire de s'emparer assez facilement des armes de nos militaires... Le dispositif VIGIPIRATE coûte cher alors qu'il ne donne qu'une illusion de prévention et de sécurité. Il met sous tension des unités militaires désormais peu nombreuses et aux effectifs particulièrement comptés. En plus des OPEX et au détriment de leur coeur de métier, nos soldats n'ont jamais été aussi sont contraints par des services dont l'efficacité reste à prouver.

 

Quant à l'embuscade de mercredi, les orpailleurs ont ouvert le feu sur les Marsouins et les gendarmes avec des armes de guerre. Si la Guyane est politiquement comme juridiquement terre française, son environnement géographique et géopolitique, comme son contexte sociologique et culturel, ont peu à voir avec la situation de nos régions métropolitaines. Et les menaces comme les dangers autrement plus grands dans ce département éloigné sont connus depuis longtemps. À s'enfermer dans un discours normatif qui finit par oublier les réalités du terrain, on place nos forces armées dans des situations intenables.

 

 

Adjudant Stéphane MORALIA

Adjudant Stéphane MORALIA

C-Sebastien-PISSOT.jpg

Caporal-chef de 1ère classe Sébastien PISSOT

 

Groupe Facebook 2

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 08:34

Kaboul---Dimanche-22-janvier-2012.jpg

Aéroport de Kaboul, le dimanche 22 janvier 2012. Les corps de nos quatre soldats sont levés pour être rapatriés en France (source - Joel SAGET/AFP, Le Figaro)

 

2011ECPA347G042 052

(source - ECPAD)

 

Les lettres de soldats aux lycéens de Galilée comme les photographies de presse montrent que l'hiver afghan est désormais bien là. Et c'est sous la neige que les soldats français - accompagnés de délégations des différents contingents de l'OTAN - ont rendu un dernier hommage dimanche 22 janvier 2012 à l'aéroport de Kaboul à leur quatre camarades des 93e RAM et 2e REG tombés sous les balles d'un soldat afghan renégat.

 

Depuis dix ans, les témoignages de mères, d'épouses, de compagnes et de proches de soldats tués en Afghanistan s'accumulent. Tous particuliers, ils témoignent cependant avec la même force de cette période à la fois douloureuse et "irréelle" qui s'écoule de l'annonce du décès à la fin des cérémonies; lorsque la famille se retrouve seule face à la solitude et à la conscience grandissante du vide laissé. Si, au-delà de la lettre des programmes dits d'Éducation civique, le Civisme républicain est réellement porteur de conscience et d'humanité, l'hommage rendu par les citoyens aux soldats tombés au combat devrait être naturel. Déclarations et sondages d'opinion réclamant le retour prématuré - voire accéléré - de nos troupes, quitte à compromettre des années d'efforts ne sont pas cet hommage. Bien au contraire, ils nient le sens et la valeur du sacrifice consenti.

 

Dans sa forme, l'hommage est d'abord institutionnel et se réalise en trois étapes. Les corps des soldats sont d'abord amenés à l'Hôtel des Invalides où ils reçoivent l'hommage de la Nation. Puis ils sont ensuite acheminés dans leur unité où ils reçoivent les honneurs militaires. À l'issue de cette deuxième et dernière cérémonie officielle, ils sont enfin remis aux familles qui débutent véritablement leur travail de deuil au terme de l'inhumation privée. Les hommages officiels pourront  paraître d'une pesanteur insupportable dans de telels circonstances. Ils sont pourtant d'une importance fondamentale en rappelant au pays que c'est bien plus qu'un simple citoyen qui vient de partir, mais un soldat qui a d'abord fait don de sa vie au pays. Il en devient un Héros et s'inscrit dans une geste sacrificielle qui n'appartient pas à la victime quelle que soit la destinée tragique de celle-ci.

 

C'est cela qu'une foule d'un millier de personnes a exprimé mardi dernier lorsque le cortège amenant les corps de l'Adjudant-chef Denis ESTIN, de l'Adjudant-chef Fabien WILLM, du Sergent-chef Sliven SIMEONOV et du Brigadier-chef Geoffrey BAUMELA, a traversé le Pont Alexandre III à Paris aux alentours de 11.30. Le convoi se rendait aux Invalides. La traversée d'un pont ce n'était pas beaucoup pour le dire et pour le montrer, mais un millier de citoyens c'était exceptionnel dans un pays si peu habitué à reconnaître la valeur militaire.

Pont-Alexandre-III--mardi-24-janvier-2012--copie-1.jpg

Le cortège funèbre traversant le Pont Alexandre III à Paris le mardi 24 janvier (source - Patrick KOVARIK/AFP, Le Figaro)

 

Groupe Facebook 2

IN MEMORIAM

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:56

Champagne

 

Le blog "Défense et Démocratie" souhaite une très bonne année 2012 à ses lecteurs réguliers comme occasionnels. Une bonne année aussi à tous les élèves du Lycée Galilée (plus particulièrement les TES1, TS2, TSTG et 2nde 6) auxquels il continuera de destiner une partie de son (modeste) travail d'information et d'explication sur les questions d'actualité de Défense.

 

2011 s'achève sur un triste bilan qui aura vu la perte de 26 de nos militaires au combat en Afghanistan. Ces hommes sont des Héros et ne sont pas tombés pour rien. Il est du devoir de tous citoyen français, dès le lycée, de comprendre et d'expliquer ce sacrifice dont on peut dire que certains enjeux nous dépassent. Cela ne signifie pas pour autant que ces enjeux sont inutiles, et que les morts qu'ils engendrent sont absurdes. L'ensemble des pertes de la coalition a baissé en 2011 se situant aujourd'hui à 2845 soldats tués. Cette baisse se réalise pour la première fois depuis 2003, mais nos propres pertes  - qui, elles, ont connu une hausse sensible cette année - ont peut-être empêché de le voir.

 

Pour qui s'intéresse au monde tel qu'il est - et non perçu à travers le prisme toujours fallacieux de tout idéal -, tout ceci à un sens qui continuera à nous demander autant d'efforts que lors de l'année passée. Effort civique pour réaliser que la Défense est avant tout la Défense de ce que nous sommes. Qu'elle implique des sacrifices de la part des soldats mais aussi des citoyens. La Défense nous concerne tous. Elle est globale, et dans un contexte plus que jamais mondialisé, les menaces peuvent naître et se nouer à des milliers de kilomètres de nos communes.

 

La raison d'être de "Défense et Démocratie", depuis 2008, est de participer à la compréhension des plus jeunes à ce que l'on appelle désormais l'Esprit de Défense. Puisse 2012 nous permettre, sur ce blog comme ailleurs, de poursuivre au mieux cette Mission.

 

Meilleurs voeux

 

À nos soldats

À nos forces de sécurité

À nos plus jeunes

 

Groupe Facebook 2

IN MEMORIAM

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 07:47

X-Mas.jpg

 

Le blog "Défense et Démocratie" souhaite un très joyeux Noël à tous les membres de nos forces armées mais aussi à celles et ceux qui participent à la sécurité de tous au quotidien: pompiers, policiers, bénévoles de la protection civile... Comme toujours une pensée particulière sera adressée à nos soldats en OPEX qui passeront ce Noël 2011 loin de leur famille.

 

Une communication du 501e Régiment de Chars de Combat m'annonçait, il y a quelques jours, que les 44 lettres écrites par les lycéens de Galilée ont été depuis acheminées en Afghanistan où elles  seront très prochainement distribuées à 44 soldats du 27e BCA. Cette unité constitue l'ossature du Battle Groupe Tiger qui a relevé au mois de novembre dernier le BG Raptor. Le BG Tiger arme le GTIA Kapisa, et il est actuellement déployé dans cette région (située au Nord-Est de Kaboul) la plus dangereuse pour nos troupes. La grande majorité de nos soldats tués en Afghanistan - dont 24 durant cette seule année 2011 - l'ont été en Kapisa (1).

 

Aussi impératif qu'il devrait être naturel, le soutien moral (et matériel s'il est possible) des citoyens envers leurs militaires  - envoyés en mission alors que le plus grand nombre est à la fête - ne trouverait plus belle occasion que ce temps de Noël pour s'exprimer.

 

Joyeux Noël, donc, à nos soldats mais aussi à leurs familles.

 

(1) Lire l'histoire de Sandra THOLY, la veuve du 75e soldat français tombé en Afghanistan.

 

Groupe Facebook 2

IN MEMORIAM

 

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 05:57

Au retour des opérations libyennes et à l'approche de Noël les matelots de sa Grâcieuse Majesté ont décompressé et se sont faits plaisir en réalisant un lip dub qui est, paraît-il, en train de faire un tabac sur la toile...

 

Concept venu de nos amis anglo-saxons, le lip dub est un clip réalisé en playback avec ou sans montage de plusieurs séquences. Il est généralement utilisé pour montrer le dynamisme et la bonne ambiance au sein d'une équipe professionnelle. "All I want for Christmas is you" (1994) est une chanson de Mariah CAREY "interprétée" par l'équipage du HMS Ocean au retour de l'opération Unified Protector. Tous les services du bâtiment amiral de la Royal Navy, des soutes au pont d'envol en passant par la passerelle, ont participé à ce moment d'humour particulièrement décalé que d'aucuns diront aussi complètement "déjanté". Du kitch au sexy potache, on percevra aussi le grand relâchement après la tension des derniers mois.

 


Le lipdub de Noël des marins de la Royal Navy par Nouvelobs

 

Les marins belges s'étaient déjà illustrés en février 2011, notamment l'équipage de la frégate Marie-Louise qui avait réalisé un autre lip dub à partir de la chanson du groupe Queen "Don't stop me now" (1978). Le contexte pour le bâtiment était le retour d'une mission de lutte contre la piraterie de 4 mois. Un autre grand moment! 

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 20:05

La chaîne ARTE diffusera vendredi 25 novembre, à partir de 20.40, le téléfilm de Miguel COURTOIS, "Le piège afghan". Dans la même veine que "Forces spéciales" de Stéphane RYBOJAD, ce film a reçu un soutien technique important des forces armées. Le réalisme de la mise en scène en témoignera...

 

FREMM---Message-2.jpg

Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 07:59

Signe que les temps changent, il n’est plus rare de nos jours de voir fleurir, ici et là, des interventions, des reportages, des textes, qui parlent de nos soldats en des termes justes, vrais, équilibrés. Des témoignages dont la valeur est d’autant plus éclairante qu’elle illustre par ricochet l’indifférence que notre société exprime, depuis plus d’un demi-siècle, à l’endroit de l’institution militaire. Il peut sembler logique que l’Armée - qui émane de la Nation, en est la Défense et la représentation en dehors du territoire national – soit reconnue et estimée comme elle devrait l’être. Cela n’est malheureusement pas le cas. Aujourd’hui encore, et alors que le Général d’Armée Bernard THORETTE, s’est vu confier un rapport sur le projet d’un futur mémorial en hommage à nos morts en OPEX, la reconnaissance de nos militaires par la société civile est encore bien loin d’être bâtie à sa juste valeur, que ce soit dans la rue, dans les médias ou dans les esprits.

 

Les mots du Général de corps d’armée Hervé CHARPENTIER sont justes, non seulement parce qu’ils s’inscrivent dans une logique démocratique et républicaine, mais parce qu’ils sont aussi profondément humains. Le plaidoyer de cet officier - issu de l’Infanterie de marine - décrit on ne peut mieux ce que notre société doit à ceux qui la protègent, ainsi que son intérêt fondamental à exprimer sa reconnaissance envers le sacrifice de héros qui ne sont pas à assimiler à des victimes. Mais alors que le Général CHARPENTIER s’arrête – certes à juste titre - sur le rôle des médias dans ce cheminement vers la reconnaissance, nous voudrions y ajouter également la contribution essentielle que l’École de la République doit, aujourd’hui, apporter à ce travail après des décennies d’indifférence, de méfiance et d’hostilité. Une véritable schizophrénie qui a pu abîmer les valeurs Républicaines, et que l’Éducation à la Défense répare de nos jours.

 

Écrits par celui qui dirige actuellement le Commandement des Forces Terrestres (CFT) situé à Lille, ces mots justes gardent cependant une grande force qui nous font les porter à la lecture et à la réflexion de nos élèves dont beaucoup sont en train d’achever, en ce moment même, la préparation à l’examen du baccalauréat de Première et de Terminale. Alors que nous les avons faits réfléchir l’année durant sur plusieurs grandes questions de Défense, que d’aucuns songent à un prochain engagement dans la carrière des armes, souhaitons que le texte du Général CHARPENTIER puisse contribuer un peu plus à l'éveil de leur conscience civique.

 

NB – Merci à Pascal de m’avoir fait connaître ce texte…


Ruban jaune

PLAIDOYER POUR VOS SOLDATS

 

"Le héros c’est celui qui fait ce qu’il peut." Romain Rolland

 

En Afghanistan, en Afrique, partout où je rencontre nos soldats en opérations, je croise de jeunes héros. Ils sont bien de notre temps, mais vous les côtoyez souvent sans les voir, car ils ressemblent banalement à tous ces jeunes de France, qui vivent dans nos villes et nos campagnes. Ni lansquenets, ni bêtes de guerre, ils sont vos enfants, vos voisins, et aussi des jeunes filles et de jeunes mamans que l’on reconnait mal sous le casque et le gilet pare-balle. Beaucoup ont une famille, qui partage ce métier sans l’avoir choisi, au gré des mutations et des absences, sans espérer grand-chose en retour sinon la considération et le soutien de leurs concitoyens, quand un drame survient.

 

Ils portent les armes de la cité en votre nom, et chaque jour s’en servent, où vous les envoyez. Car leur métier est bien la guerre, même si pour bien en mesurer le coût, ils chérissent plus que tout la paix…

 

Ils acceptent de payer le prix du sang, l’épreuve de la blessure. Mais, disent-ils, s’ils deviennent invalides, alors que ce soit « de guerre ». Leur plus grande crainte est d’être un jour regardés comme des victimes, maladroites ou incompétentes, qu’on aurait bernées dans une mauvaise aventure…Car même au fond d’un lit d’hôpital, leur silence et celui de leurs proches ne doivent pas faire oublier qu’ils sont fiers et soucieux de leur honneur.

 

Ils croient que la mission est sacrée, et qu’une vie peut lui être consacrée. Ils savent confusément qu’il n’est pas inique que l’individu se donne, corps et âme, à la collectivité. Ils y verraient même une certaine noblesse, ou un trait qui les distingue et les grandit et c’est pour cela qu’ils ne sont pas des mercenaires. Mais ils le deviendront quand la cité ne les reconnaitra plus pour cette singularité!

 

Les soldats ont le tort d’être pudiques, quand il faut se vendre. Celui de ne pas être compris, parce qu’ils s’expliquent trop peu, se réfugiant dans un silence qui préserve les familles et évite les malentendus. Il est si difficile de témoigner de nos épreuves sans le recul du temps! Mais quand bien même ils parleraient, pourquoi écouterait-on, quand rien n’y oblige, ceux qui finalement incarnent le tragique de la vie? La mort leur colle à la peau alors que la société l’a rayée de son quotidien.

 

Pourtant, il n’est de héros sans légende. Et il suffirait ici de dire les faits, dans leur brutale simplicité. De considérer qu’en dehors de toute option politique le sacrifice d’un jeune Français pour les siens est une valeur en soi digne d’intérêt. Qui pourrait le faire, sinon les médias? À de rares exceptions près - quelques émissions tardives, et d’excellents articles, si l’on cherche bien - c’est plutôt le silence qui règne, toujours moins cruel cependant que les quelques mots qui expédient nos pertes - chaque semaine - entre page judiciaire et météo du lendemain.

 

Alors quoi, finalement? Notre société, si évoluée, avide de libertés et de loisirs, a-t-elle encore besoin de héros, et de légendes? Chacun connait la réponse. Les jeunes Français sont capables de donner vingt noms de footballeurs et chanteurs en tous genres devenus icônes de leur quotidien en délivrant le message de la célébrité et de l’enrichissement. Combien, d’individus qui - quel que soit leur métier - ont choisi de consacrer leur vie aux autres?

 

Ces gamins de 20 ans qui offrent leur vie quand la République le demande mériteraient cette reconnaissance! Mais ils ne font pas fortune. J’ai la faiblesse de croire qu’ils constituent cependant la plus précieuse de nos richesses, toute d’humanité, de chair et de sang.

 

Nous aurons toujours besoin de ces jeunes hommes et femmes pour ce métier de soldat, qu’aucune machine ne fera à leur place. Qui peut croire que la guerre devienne un jour l’affaire de robots commandés à distance par les « riches », contre des « pauvres » à la poitrine nue? Aucune démocratie ne le supporterait. Les hommes sont condamnés à rester l’instrument premier du combat. Mais en trouvera-t-on encore longtemps pour porter nos armes?

 

Rien n’est moins sûr si nous continuons à ignorer l’histoire de nos héros, qui est aussi celle de notre pays s’écrivant sous nos yeux. Rien n’est moins sûr si la nation n’y reconnait pas ses fils et persiste à refuser une considération qu’ils n’osent même plus solliciter, dans la cacophonie de ceux qui exigent tout et n’importe quoi. Une société « fabrique » ses défenseurs en leur offrant une place et une reconnaissance particulières. Elle génère, au sens propre, les volontaires qui feront le choix des armes malgré des contraintes exorbitantes. Un choix rationnel, qui n’est pas seulement la réponse à l’irrésistible appel d’une vocation.

 

Prenons garde que ces volontaires ne deviennent les victimes silencieuses d’un pays qui ne se rappellerait plus ni leur mérite, ni leur utilité, ni même d’avoir un jour exigé leur sacrifice. Nous ne les trouverions simplement plus.

 

Le Général de corps d'armée Hervé CHARPENTIER, mai 2011

 

Groupe Facebook 2

 

IN MEMORIAM

(à consulter les pertes par unité)

 

 


Repost 0
Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éditorial
commenter cet article
4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 16:17

L’ALLIANCE ATLANTIQUE SE PREND LES PIEDS DANS LE TAPIS LIBYEN

 

Changement-reacteur.png

L'opération Harmattan en mai 2011 (source - MINDEF)

 

Il y a deux mois, la décision avait été prise d’effectuer des frappes aériennes contre la Libye, en nous affirmant qu’il s’agissait d’une action avec promesse de retour rapide pour seulement protéger les insurgés libyens d’une répression dans un bain de sang. Mais cette mission protectrice autorisée par l’ ONU semble s’être muée en une guerre d’usure, après 2.700 missions aériennes de bombardement qui ne sont pas encore venues à bout de Mouammar KADHAFI et de ses troupes d’élites, et notamment de la 32ème brigade qui semble avoir été actuellement tenue à l’écart des affrontements.

 

En outre le flux des mercenaires d’Afrique sub-saharienne venus renforcer les soldats loyalistes ne serait que ralenti. Cela a été confirmé par le contre-amiral James F. FAGGO, chef des opérations de la 6ème flotte américaine en charge du J2 (renseignement) lors de son passage à PARIS à la mi mai 2011. 60 % du potentiel de l’armée libyenne serait encore opérationnel. Les unités d’artillerie des forces pro Kadhafi ont changé de tactique pour opter pour une plus grande mobilité et furtivité, rendant plus difficile le travail d’interprétation des analystes en imagerie des centre de ciblage.

 

Ces centres de ciblages ont la charge d’organiser une soixantaine de sorties quotidiennes d’avions français, britanniques, danois, norvégiens, canadiens, belges, et parfois américains. De plus la lourde chaîne de commandement de l’état-major de l’Alliance Atlantique a du mal à s’adapter à cette mobilité et furtivité de l’ennemi. Car il y a dans la boucle, quatre échelons:

 

1- Le SHAPE à Mons en Belgique

2- Le Centre Opérationnel de Poggio Renatico en Italie

3- Le Joint Force Commander de Naples

4- Le Commandement Air d’Izmir en Turquie

 

C’est ainsi que des avions d’attaque au sol sont parfois obligés de se poser à court de carburant, à force d’attendre la désignation d’un objectif. Ceci dit, il est peut être préférable qu’il en soit ainsi, plutôt que de voir se produire des bavures conséquences d’erreurs d’interprétation. Les mécaniciens au sol des bases aériennes de Saint-Dizier et de Solenzara commencent à être fatigués par les modifications permanentes de la configuration des appareils Rafale, selon les missions attribuées aux patrouilles: attaques au sol ou interceptions aériennes. Ils aimeraient pouvoir prendre quelques congés nécessaires à la reconstitution de leur force de travail.

 

Fait plus grave, Monsieur Alain JUPPE, notre ministre des Affaires étrangères a du annoncer récemment que les hélicoptères d’attaque français et britanniques allaient devoir s’atteler à la tâche de détruire les canons et blindés libyens jusqu’en zone urbaine. Cela représente une escalade dans l’intensité du conflit, avec les risques de dommages collatéraux que l’on connaît. Et surtout le risque d’interventions au sol pour récupérer des pilotes dont l’appareil aura été abattu. Il est donc urgent que Messieurs les conseillers militaires italiens et britanniques parachèvent en toute efficacité leur mission de formation militaire tactique des troupes insurgées.

 

Puisse, la voix de la Sagesse et du Discernement, nous conduire rapidement à nouveau à la table de négociation, en profitant d’une temporaire situation de force. J'avais eu raison dans un de mes précédents articles de qualifier Mouammar KADHAFI de "renard du désert".

 

CV (R) Thierry GAUROY

Président du CCACR 77

rafale_ani.gif

Repost 0
Enseignant Défense CV Thierry GAUROY - dans Éditorial
commenter cet article

Armée-Nation

  • : Défense et Démocratie
  • Défense et Démocratie
  • : Participer à la défense de la Démocratie et de ses valeurs en promouvant l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein de l'École
  • Contact

ISAF - FINUL - Serval


Recherche

Archives