20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 19:18

  LA FRANCE ENGAGE UNE PARTIE DE POKER!

 

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L'aviation alliée pilonne l'armée du Colonel KADHAFI sur la route Benghazy/Ajdabiyah


La France a pris une position très courageuse de condamner l’action de Monsieur KADHAFI et de reconnaître diplomatiquement, avant tout le reste du monde, la Coordination des Insurgés, avant même qu’ils ne se soient instaurés en gouvernement provisoire. Cela signifie que nous assumons le risque de voir KADHAFI basculer à nouveau dans le terrorisme et notamment sur le sol français. Cela signifie également que nous allons devoir mettre des moyens militaires et financiers importants, à travers notre Aviation et notre Aéronavale pour effectuer des frappes très ciblées et très précises, sans aucun droit à l’erreur. Cela signifie également que nous allons devoir agir très vite.


Car Monsieur KADHAFI va nous faire une nouvelle démonstration de son grand art et de sa grande capacité à osciller entre violence et séduction. Il vient déjà de nous montrer, depuis ces quinze derniers jours qu’il maîtrisait parfaitement le « tempo » militaire et diplomatique. Il a frappé très fort militairement les insurgés, pendant que l’Union Européenne tergiversait sur le niveau et le degré de son intervention. Quand il a vu que la diplomatie française, dirigée de main de maître par Monsieur Alain JUPPE, agissait très vite pour obtenir, à l’arraché, une résolution des Nations Unies, il s’est empressé de déclarer un cessez le feu unilatéral, tentant ainsi de faire passer la France, aux yeux de tous, dans le camp des « agresseurs ». Il avait, au préalable, révélé son propre financement de la campagne électorale de l’UMP en 2007.

 

Mais surtout, il va falloir que Français et Britanniques agissent vite et fort, sous peine de se retrouver complètement isolés. Citons à cet effet, les objections de quelques pays tels que l’Inde, la Chine, la Russie ou le Brésil. Ainsi l’Inde est convaincue qu’il « n’existe pratiquement aucune information crédible sur la situation sur place qui puisse justifier la décision d’établir une zone d’exclusion aérienne » et « ne sait pas plus comment les mesures prises seront appliquées ». Le Brésil estime que « le texte présenté aujourd’hui envisage des mesures qui vont bien au-delà de l’appel de la Ligue des Etats Arabes qui demandait des mesures fortes pour faire cesser la violence ». La Russie surtout « déplore le fait de n’avoir obtenu aucune réponse sur les moyens permettant de mettre en place le régime d’exclusion aérienne » De plus le texte qui leur a été soumis ne cessait de changer de libellé, suggérant même par endroit la possibilité d’une intervention militaire d’envergure ». La Chine, quant à elle, a pris une position de principe contre la guerre. Mais parmi toutes ces puissance, aucune n’a usé de son droit de veto. Ce qui veut dire en clair: « Messieurs les Franco-Britanniques, tirez les marrons du feu, nous nous inviterons plus tard à la table de dégustation… »

 

Violence et Séduction disais-je, nous allons ainsi voir toute l’habileté dont est capable le chef d’Etat Libyen sur le front de la diplomatie internationale. Le renard du désert n’est plus le Maréchal ROMMEL, mais c’est Monsieur KADHAFI.

 

Fort heureusement, notre nouveau ministre des Affaires Etrangères Monsieur Alain JUPPE va pouvoir donner, dans les semaines à venir, toute la mesure de ses grandes capacités intellectuelles de force et de séduction. Sa réussite ou son échec seront ceux de la France toute entière!

 

Alea jacta est! comme disait Jules César revenant au pays pour conquérir le pouvoir à Rome.

 

CV (R) Thierry GAUROY

Président du CCACR 77

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 06:33

NON, LA MORT D’UN SOLDAT N’EST PAS UN SIMPLE ACCIDENT DU TRAVAIL

 

Il vient de survenir la mort du 54ème soldat français en Afghanistan depuis 2001. Un pilote et son navigateur viennent de périr dans l’accident d’un Mirage 2000 de la base de LUXEUIL, à l’occasion d’un exercice d’entraînement complexe.

 

Complexe comme la machinerie que constitue un avion de chasse que l’on ne mène pas sans risque au maximum de ses potentialités. La mort d’un soldat, que ce soit au combat ou que ce soit à l’entraînement, est un sacrifice au sens antique et pré-chrétien du terme. Accomplir un sacrifice, c’est étymologiquement, produire quelque chose de sacré. La mort d’un soldat est la conséquence logique et pleinement assumée mais non souhaitée de son engagement pour le drapeau qu’il sert, sous les ordres et la mission définis par les chefs qui le mènent au combat et parfois à la mort.

 

Ce n’est pas seulement la mort du soldat qui est sacrée, mais son engagement et toute sa vie, de même que le lien qui l’unit à ses chefs et à ses camarades d’unité et de combat, car elle sert une finalité supérieure qui est la paix et la tranquillité des citoyens du pays sous le drapeau duquel il combat. La finalité étant intrinsèquement juste, il faut qu’il y ait concordance entre la finalité affichée et la finalité réelle de la guerre, et notamment qu’il y ait une certaine proportionnalité entre les moyens de destruction employés et l’enjeu final de la guerre.

 

Et il faut également que l’ordre de tuer soit consubstantiellement lié au risque d’être tué soi-même, et que cet ordre soit juste et légitime. Si l’ordre n’est ni juste, ni légitime, le combattant encourt le risque d’être poursuivi pour crime de guerre et contre l’humanité. Si c’est la guerre, elle-même qui est injuste et illégitime, ce n’est plus le soldat mais c’est l’Etat du drapeau sous lequel il combat, qui risque lui-même d’être juridiquement sanctionné par les tribunaux internationaux ou par la communauté internationale des Etats.

 

C’est pourquoi l’état de militaire et de combattant est plus une vocation qu’un métier.

 

C’est pourquoi, il n’y a plus de service militaire obligatoire, mais seulement une réserve militaire volontaire.

 

C’est pourquoi le service des armes de son pays est le plus haut degré de la citoyenneté.

 

Ce n’est pas instaurer une inégalité que de dire cela, mais simplement établir une hiérarchie des valeurs, nécessaire au fonctionnement harmonieux des institutions du pays dans lequel nous vivons et que nous considérons comme « NÔTRES » par un lien fusionnel. C’est pourquoi, en tant que citoyens, nous n’avons pas seulement des DROITS mais également des DEVOIRS, et le premier devoir du citoyen est d’aimer son pays, comme il aime ses propres parents.

 

CV (R) Thierry GAUROY

Président du CCACR 77

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 10:30

Bannière Cf2R

 

" Dans une société qui fragilise les individus, ces derniers, pour dépasser leurs problèmes, préfèrent des lectures qui ne leur prennent pas la tête aux propos universitaires froids et analytiques."

 

Jean-Claude Kauffman, sociologue

 

Le traitement médiatique de l’actualité relative aux conflits et aux opérations militaires relève quasi systématiquement de l’instantanéité émotionnelle, qui ne permet en aucune manière de comprendre ni les enjeux, ni la complexité des situations comme des processus de décision. Ce traitement brouille, in fine, la compréhension du sens même de la vie et de la mort. 

 

Alors que la liberté de l’information est un vecteur incontestable de toute vie démocratique, une certaine mise en scène de cette information, si peu précautionneuse de vouloir établir le contexte des faits avec rigueur, aboutit à l’effet exactement inverse de ce que devrait réaliser l’information en Démocratie, à savoir éduquer – au sens éclairer – les citoyens.

 

La tournure que prend l’affaire des deux otages français récemment tués au Niger – Vincent DELORY et Antoine DE LÉOCOUR – est symptomatique d’une évolution générale qui, tout en mettant en scène la douleur des familles, légitime au plan privé, “oublie” une autre souffrance: celle des familles des soldats tués ou blessés (1) que ce soit dans le contexte de cette affaire ou dans d’autres. Cette souffrance est pourtant tout aussi légitime si ce n’est davantage, car au drame d’ordre privé s’ajoute un drame national: le soldat étant le représentant d’un État, de sa politique, de ses valeurs… La confusion entre une victime et un Héros, la sphère privée et la sphère publique, est, de nos jours, totale. Pire, elle est entretenue par un théâtre médiatique dont le jeu pervers efface le sens des événements, confond les causes et les effets, inverse les valeurs.

 

Cette tendance lourde de nos sociétés de communication individualistes et hédonistes fait le jeu des ennemis de la Démocratie et de ses valeurs profondes. Elle donne aux guerres asymétriques, auxquelles les démocraties occidentales sont aujourd’hui confrontées, une réalité si particulière où la victoire des ennemis de la Démocratie est plus que jamais possible à un prix dérisoire. Un prix qui ferait mentir notre effort de Défense: sa doctrine, son budget, son organisation… car il ne peut y avoir de Défense nationale (et européenne) s’il n’y a de résilience sociétale. Plus qu’une mode, le concept mis au goût du jour par le psychologue/éthologue Boris CYRULNIK devrait se concrétiser rapidement au sein de notre société sous peine de la voir succomber au premier grand choc. La résilience c’est - autrement dit - l’Esprit de défense, et l’on comprendra la lourde responsabilité qui, aujourd’hui, incombe à l’institution scolaire qui a officiellement en charge cette Éducation à l'Esprit de Défense.

 

Dans son éditorial “Déclarations excessives”, Éric DENÉCÉ, Directeur du think tank Cf2R, nous rappelle avec bon sens quelques vérités que la médiatisation de l’affaire des otages du Niger pourrait nous faire perdre de vue. Rappeler les invariants que comporte toute opération de guerre, la lutte contre le terrorisme, les prises d’otages, n’est jamais inutile dans une société où l’accès à l’information se confond trop souvent avec l’idée de sa compréhension équilibrée et mesurée. L’éclairage du chercheur, qui fut par son passé homme de terrain et d’expérience militaire également, ne manquera pas de nous rappeler la réflexion de l’ASAF que nous avons récemment mise en ligne sur la problématique “médias et guerre asymétrique”. Souhaitons qu’en reproduisant sur notre blog de tels propos, nous puissions contribuer à notre tour à la diffusion de ces réflexions essentielles.

 

(1) Dans cette affaire, la France n’a eu que trois soldats blessés, mais il est à rappeler que des gendarmes nigériens sont morts pour avoir tenté de sauver les deux otages. Le jour même de ce drame, le Caporal-chef Hervé GUINAUD était tué en Afghanistan par un IED.

 

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DÉCLARATIONS EXCESSIVES - ÉDITORIAL D'ÉRIC DENÉCÉ DU MARDI 1er FÉVRIER 2011

 

Nous nous associons pleinement à la douleur des familles des deux Français enlevés et tués au Niger par les terroristes d'Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Leur assassinat est un acte barbare et profondément injuste. Rien n'est pire que la perte d'êtres chers. C'est surtout un drame particulièrement cruel à la veille du moment de bonheur qu'aurait du être un mariage.

 

Toutefois, dans ce cas comme dans celui du Thanit, les familles des victimes, relayées par une presse avide de sensationnel et un ancien ministre en mal de médiatisation, reprochent en des termes peu amènes l'intervention décidée par le gouvernement afin de sauver les otages. Si les deux cas sont sensiblement différents - les passagers du Thanit étant délibérément passés outre les recommandations du Quai d'Orsay - les condamnations péremptoires de la décision gouvernementale et de l'action des unités spéciales sont grandement regrettables.

 

La douleur indicible de la perte d'un proche peut certes excuser les débordements verbaux et écrits. Cependant, il convient de réfuter ces déclarations excessives formulées sous le coup de l'émotion. Elles omettent de prendre en considération des facteurs importants.

 

- D'abord, elles sous-estiment le sens de la responsabilité et de l'humain qui sont ceux des autorités en charge de la prise de décision et de la préparation de l'intervention. Nos militaires des forces spéciales sont maris et pères; ce ne sont pas des pistoléros avides d'action à tout prix. Lorsqu'ils déclenchent une opération, c'est parce que celle-ci a été minutieusement préparée et a toutes les chances de réussir; sinon, ils s'abstiennent.

 

- Ensuite, ces hommes, même s'ils ont choisi ce métier, risquent leur vie pour en sauver d'autres en s'exposant à des situations particulièrement dangereuses. D'ailleurs, trois d'entre eux ont été blessés lors de l'action au Mali et nous n'avons pas entendu les familles avoir un mot de remerciement pour ceux qui ont risqué leur vie pour leurs enfants ou amis, ni pour les militaires nigériens qui ont pris en chasse les terroristes au péril de leur vie. Plusieurs ont d'ailleurs trouvé la mort dans cette poursuite.

 

- Enfin, cette action était indispensable car elle était possible: il fallait agir rapidement avant que les terroristes n'emmènent les otages dans des zones inaccessibles à nos moyens de surveillance. Au demeurant, rien ne nous permet de dire que les deux jeunes gens seraient sortis vivants, ou en bonne santé physique et mentale, d'une détention aux mains d'AQMI.

 

Il est grandement regrettable que les déclarations des familles fassent le jeu des terroristes d'AQMI qui écoutent en permanence nos médias. Ils multiplient les communiqués de propagande et de désinformation, à partir des renseignements que leur donne la presse, pour semer la zizanie en France. Prenons garde à ne pas nous faire les alliés inconscients de ceux qui veulent nous nuire.

 

Depuis plusieurs années, à l'occasion des enlèvements qui se multiplient, les familles et les médias condamnent l'action gouvernementale lorsqu'une intervention échoue, lui reprochant d'en avoir trop fait. Elles le critiquent également lorsque les détentions durent en longueur, l'accusant de ne pas en faire assez. Par contre, trop souvent, la part de responsabilité des « kidnappés » dans leur enlèvement est occultée (Irak, Thanit, etc.) et les coûts que génèrent les efforts pour leur libération sont systématiquement passés sous silence. Il convient une nouvelle fois de rappeler que face aux preneurs d'otages, seule la fermeté donne des résultats (1). La négociation, c'est la concession. Lorsqu'un gouvernement paie pour libérer des otages, il ne fait que perdre sa crédibilité et renforcer les moyens des terroristes. Il entretient également leur volonté de poursuivre leurs kidnappings, puisque cela marche et que cela rapporte.

 

C'est pourquoi, il est indispensable de manifester clairement notre détermination à ne pas céder. L'intervention contre les ravisseurs d'Antoine de Léocour et de Vincent Delory était nécessaire et légitime, malgré son issue malheureusement funeste pour nos deux compatriotes; et les terroristes ont été mis en échec. Il est complètement déplacé d'y voir un acte irréfléchi des hautes autorités. Le sacrifice des deux jeunes gens n'a jamais été la volonté du gouvernement dans cette affaire, quoi qu'en disent certains esprits égarés.

 

Afin d'assurer la protection de nos compatriotes installés dans les pays du Sahel, il n'est pas possible de laisser les enlèvements se multiplier sans réagir. Il est devenu essentiel de mettre un terme aux actions d'AQMI, ce que ne sont pas capables de faire, seuls, les Etats de la région. C'est la tâche à laquelle s'attellent, chaque jour, le ministère des Affaires étrangères, la DGSE, le Commandement des opérations spéciales et les unités du renseignement militaire, au Sahel, mais aussi en Afghanistan et en Somalie. Cette mission est d'une grande complexité et n'est malheureusement pas toujours couronnée de succès.

 

L'opération du 8 janvier dernier à échoué à libérer nos otages, mais elle a eu un impact très significatif sur les pays de la région qui ont été dopés par la détermination de la France à combattre les terroristes et se mobilisent davantage dans cette lutte. La récente intervention médiatique d'Ussama Ben Laden contre les autorités françaises est la preuve que notre action, en Afghanistan comme au Sahel, dérange les terroristes.

 

 (1) Voir à ce titre l'interview de Jean-Christophe Ruffin, « Face aux preneurs d'otages, seule la fermeté paie », Le Figaro Magazine, 15 janvier 2011, pp. 36-39.

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:31
“Les blessures et les morts appartiennent au destin des Armées. L’acceptation du risque suprême honore le choix de vie que vous avez fait. Tout le monde n’a pas, comme vous, le courage de regarder le danger en face.”

 

Le Premier Ministre, François FILLON, le mardi 21 décembre 2010

 

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Cliquer sur la photographie pour écouter le discours du Premier Ministre

 

C’est à la veille de ce Noël 2010, hier, mardi 21 décembre, que le Premier Ministre François FILLON a rendu un bel hommage à nos soldats qui servent ou ont servi en Afghanistan.

 

Engagée sur ce théâtre d’opérations depuis 2001, la France a commencé à y subir des pertes à partir de l’année 2004. Depuis, 52 militaires français sont tombés au champ d’honneur, essentiellement en Kapisa. Cela est quantitativement peu eu égard aux nombre de frères d’armes britanniques, canadiens et, surtout, américains tués sur les routes et dans les combats d’Afghanistan sur la même période. Mais cela est beaucoup pour un pays qui n’a pas connu le traumatisme d’un 11 septembre 2001, qui a toujours douté de son engagement militaire, dans lequel une partie de l’opinion publique ne perçoit pas clairement les enjeux de la zone AFPAK, ni les risques du terrorisme islamiste, et où de nombreuses voix – dont celles d’experts – remettent en cause notre intervention militaire.

 

C’est dans cette atmosphère générale de doute quant à l’issue d’un conflit qui ne veut toujours pas dire son nom dans notre pays, que François FILLON s’est adressé à l’ensemble de nos forces armées engagées dans cette région du monde, à travers la décoration de cinq militaires: le Chef de bataillon Stéphane CAFFARO, recevant les insignes d’Officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur, le Médecin-Capitaine Sébastien SICARD fait Chevalier de la Légion d’honneur, les Maréchal des logis chef Erwan CAMEL, Sergent Vincent POIROT, Caporal-chef Alexandre DELOT recevant la Médaille militaire. Avec cette remise de décorations, le Premier Ministre a salué les morts, mais aussi les nombreux blessés et mutilés dont on ne parle quasiment jamais, et a rappelé la valeur exemplaire de tels sacrifices.

 

 La lutte contre les Taliban passe par la difficile construction d’un État de Droit, et la reconstruction également d’une société dont les valeurs culturelles et de civilisation sont fort différentes des notres. De tels objectifs ne peuvent s’inscrire que dans une durée, que notre société n’est peut être plus capable d’accepter. Cependant, si la France continue de revendiquer ce socle de valeurs qui fait ce qu’elle est de nos jours – nonobstant les errements et les erreurs des politiques du moment -, ce qui se passe en AFPAK ne peut la laisser indifférente. Ces valeurs qui fondent aussi nos intérêts à long terme, ne l’oublions pas, justifient le bien fondé de notre engagement en Afghanistan aux côtés d’autres puissances occidentales. Si nous pouvons regretter une certaine faiblesse politique ou sociale pouvant freiner, au sein de nos démocraties, la logique de cette lutte, nous n’avons pas à rougir du fondement même de notre intervention afghane.


Et parce que ce combat est juste en ce qu’il s’oppose à des valeurs que notre propre Histoire a condamnées, nos soldats ne meurent pas pour rien en Kapisa. Non pas leur sacrifice reste exceptionnel du fait de sa nature même, mais il demeure plus que jamais louable. Souhaitons maintenant que cette guerre soit gagnée un jour, d’une manière ou d’une autre.

 

Pertes Afghanistan - Infographie 2010

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 19:16

LA VALEUR DE L'ENGAGEMENT

 

Afghanistan - Lundi 23 août 2010, le Lieutenant Lorenzo MEZZASALMA et le Caporal Jean-Nicolas PANEZYCK du 21e RIMa sont tués au combat lors de l’opération Hermes Burrow. Âgé de 43 ans, le Lieutenant MEZZASALMA était marié et père de deux enfants. Le Caporal PANEZYCK était célibataire. Le même jour, au cours de la même opération, trois soldats du 21e RIMa sont blessés par des tirs fratricides.

 

France (Recy) – Mardi 24 août 2010, un gendarme de la Brigade motorisée de Saint-Quentin se tue en tentant d’interpeller un automobiliste en excès de vitesse. Âgé de 34 ans, il était père de trois enfants.  

 

Liban - Mardi 24 août 2010, l’Adjudant-chef Richard GUILLOTEAU du 40e RA, servant au sein de la FINUL, meurt écrasé sous son VAB. Il était âgé de 46 ans, et laisse derrière lui une épouse et trois enfants.

 

France (Evires) – Dimanche 29 août 2010, un gendarme de la brigade motorisée d’Annecy se tue en poursuivant un motard contrôlé en excès de vitesse. Il était marié et père de deux enfants.

 

Afghanistan - Lundi 30 août 2010, l’Adjudant Hervé ENAUX du 35e RI meurt écrasé par son VAB. Âgé de 35 ans, il était marié et père d’un enfant.

 

Liban – Mardi 7 septembre 2010, le Caporal François FRADET du 3e RG opérant au sein de la FINUL est tué dans un accident. Il meurt écrasé par son tracteur-chargeur. Âgé de 29 ans, il était père d’un enfant.

 

France (Melun) – Dimanche 5 septembre 2010, le Lieutenant de police Nicolas DEBARGE de la BAC de Melun se noye en tentant de sauver un automobiliste tombé dans la Seine. Pompier volontaire avant de devenir policier, il avait 25 ans et laisse derrière lui une compagne.

 

L’actualité de ces deux dernières semaines ne peut mieux illustrer la dangerosité et le sacrifice qu’exigent les métiers de ceux qui ont en charge notre sécurité. Que cela soit à l’échelle du monde ou à l'échelle de nos communes, dans des circonstances et des contextes très différents, des hommes courent des risques mortels, et meurent en laissant trop souvent une épouse, une compagne et des enfants derrière eux. D’autres, n’ayant pas eu le temps de fonder une famille, sont fauchés dans la fleur de l’âge. Au-delà de la diversité des situations et des personnes, qu’ils soient soldats, gendarmes ou policiers, qu’ils l’expriment à la façon d’un deuxième classe ou d’un général, tous ont en commun un idéal d’engagement qui, seul, peut faire accepter de tels risques et un tel sacrifice. Ils se sont engagés en connaissance de cause mais cela est loin d'être suffisant, car un contrat d'engagement ne parlera jamais d'abnégation ni d'héroïsme, et aucun salaire ne justifiera le sacrifice d'une vie. Cela s'appelle une vocation.

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 22:25

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Engagé depuis le début du mois dans une série de missions (Hermès Square, Hermès Burrow) destinées à désorganiser les réseaux insurgés dans la région de Tagab, au Nord-Est de Kaboul, le 21e Régiment d’Infanterie de Marine (21e RIMa) vient de perdre deux soldats au cours d’un affrontement direct avec les insurgés. Depuis plusieurs jours, les hommes du GTIA Hermès – principalement composée du 21e RIMa appuyé par des éléments du 1er Régiment Etranger du Génie – opéraient en appui d’unités de l’Armée Nationale Afghane (ANA) dans la vallée de Bedraou. En coopération avec le GTIA Bison, le GTIA Hermès a pour mission de frapper l'organisation logistique des groupes insurgés de la région. Plusieurs caches d’armes ont été découvertes depuis le début des opérations, et de grandes quantités de munitions ainsi que des documents ont également pu être saisis.

 

L’engagement s’est produit dans le secteur du village de Karamkhel dans la nuit de dimanche à lundi. 3 compagnies de combat françaises en soutien d’une compagnie de l’ANA et de policiers afghans ont été pris sous le feu ennemi. Au cours de ce premier affrontement 3 soldats français ont été blessés. Alors qu’une autre compagnie faisait mouvement pour se désengager, un deuxième affrontement eu lieu au cours duquel le Lieutenant Lorenzo MEZZASALMA et le Caporal Jean-Nicolas PANEZICK furent tués par balles.

 

Ancien sous-officier éprouvé et expérimenté, le Lieutenant MEZZASALMA, 43 ans, était marié et père de deux enfants. Le Caporal PANEZICK, 25 ans, était, lui, célibataire et sans enfant. Ils sont les 46e et 47e soldats français à tomber en opération sur le théâtre afghan, et nous adressons nos plus sincères condoléances à leur famille.

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 10:54

TRIBUNE

 

Notre blog ne présente plus le Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY, habitué de nos colonnes, dont les billets sont toujours appréciés. L’officier de Marine nous livre, aujourd’hui, une analyse de la stratégie française de puissance qu’il lie à très juste titre à la recherche de la puissance navale et maritime. Un plaidoyer aussi classique qu’il est à rappeler avec conviction à des contemporains si peu sensibilisés au monde (d’avenir) de la mer.

 

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POUR UNE REFONDATION DE LA STRATEGIE FRANCAISE DE PUISSANCE

 

La France dispose du deuxième domaine maritime au monde hérité de la politique navale et d’exploration scientifique de Louis XVI. Saurons nous transformer cet atout en richesse économique. Certes, nous avons l’outil de recherche scientifique qu’est l’Institut Français de Recherche sur la Mer (IFREMER) mais saurons nous développer, dans l’avenir, ce potentiel économique et scientifique en consacrant une partie de la richesse produite à la puissance navale capable de faire respecter nos intérêts sur toutes les mers et en tous les lieux stratégiques du monde. Car la puissance navale et maritime est le meilleur potentiel pour assurer notre indépendance.

 

La France n’a plus de mobilité politique. Désormais, plus rien ne se fait par la France dans le domaine international hors du cadre des Nations Unies, de l’Alliance Atlantique ou de l’Union Européenne. La France n’a plus non plus la puissance démographique qu’elle a perdu à cause des guerres napoléoniennes et de la première guerre mondiale. Cette puissance démographique qui permettait d’occuper le terrain. La France a donc tout intérêt à rester l’alliée des grandes puissances continentales d’Europe et d’Asie en trouvant sa nouvelle frontière, son nouvel espace de mobilité stratégique en se tournant vers la mer et l’espace.

 

MOBILITE STRATEGIQUE, donc, grâce à sa force nucléaire sous-marine, mais dans une limite probable des 40 ou 50 prochaines années à cause de l’évolution de la gravitométrie qui permettra certainement de repérer les sous-marins en plongée profonde. Mobilité stratégique surtout grâce notre Aéronavale qui a un horizon beaucoup plus lointain, en l’état actuel de la science et de son évolution prévisible vers l’espace et vers la technologie des drones. Cette mobilité stratégique, nous ne la conserverons que si nous faisons l’effort de conserver un outil industriel performant fondé sur la mobilité de nos cerveaux et de notre enseignement supérieur. Car l’Aéronautique Navale nous permet de projeter notre puissance militaire partout dans le monde où nos intérêts sont en jeu, mais elle nous permet également de nous retirer rapidement, quitte à revenir tout aussi rapidement, avec le minimum d’empreinte au sol pour éviter l’enlisement.

 

Mais une puissance navale doit reposer sur un socle solide qui s’appelle la puissance maritime. La problématique actuelle c’est que notre Marine Marchande est encore un peu faible et notre activité portuaire du Havre n’a pas une assiette suffisamment large. En 20 ans, le trafic de marchandises du Havre est passé d’un rapport de un à deux, c'est-à-dire une croissance continue de 3,5% par an, pendant que celui d’Anvers-Rotterdam passait de 2 à 8. La faiblesse à laquelle nous devons remédier, c’est la qualité et la célérité de nos plateformes multimodales. Le projet de mise au gabarit européen de la liaison Seine Escaut par l’Oise prévoit de réduire le temps de transit à 20 heures du HAVRE à ANVERS, pendant qu’un porte conteneurs transitant par la Manche n’a besoin que de 12 heures. Aussi nous ne parviendrons pas avant longtemps à être concurrentiel mais nous devons néanmoins tenter l’aventure à titre de diversification de nos voies d’approvisionnements, car il n’est pas sûr que dans les dernières années du 21ème siècle, la circulation maritime du Pas de Calais ne sera pas saturée.

 

Nous devrions également tenter de mettre en place un système de pilotage relais le long de nos canaux, tous les 15 ou 20 km, avec un réseau de radio – balises pour permettre une navigation fluviale de nuit à flux continu. Ainsi, dès qu’une désorganisation temporaire des services de ROTTERDAM surviendra, nous serons en mesure de saisir des opportunités commerciales fructueuses. Nos plateformes multimodales devront être organisées comme des matrices à trois entrées et trois sorties, maritime, fluvial, et ferroviaire. La grande plaine de Picardie s’y prête bien.

 

Quand un pays a pris du retard en matière d’infrastructures logistiques, un siècle d’investissements et de montée en puissance n’est pas de trop pour revenir dans le circuit des pays les plus performants.

 

CV (R) Thierry GAUROY

Président du CCACR 77

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 18:13

13e RG

 

Reconnaissance itinéraire

Reconnaissance d'itinéraire par les sapeurs en Afghanistan (source - Ministère de la Défense)

 

Alors qu'il ouvrait un itinéraire dans la région de Sherkhel (au sud de Tagab) en soutien au 1er kandak d’infanterie de la 3ème brigade de l'ANA, le sergent-chef Laurent MOISIC du 13e Régiment du Génie a été grièvement blessé par un IED ce matin. Évacué à l'hôpital de Kaboul, le sous-officier est décédé peu de temps après. Particulièrement exposés, nos sapeurs accomplissent un travail de déminage reconnu dans le monde entier.

 

Le blog "Défense et Démocratie" présente ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de ce sous-officier, et rend hommage à ce 45e sacrifice.

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 10:54

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Le brigadier Steeve COCOL, chargeur sur AMX 10RC (source photographique - Ministère de la Défense)

 

Vallée de Tagab en Kapisa, le vendredi 18 juin 2010. Le COP (Combat Outpost) Hutnik, tenu par 150 militaires français environ, est attaqué à la roquette par les insurgés. Deux hommes furent gravement touchés par un tir: un interprète afghan qui semble cependant avoir survécu, et un brigadier du 1er RHP (Tarbes) qui, malgré sa rapide évacuation à l'hôpital militaire de Kaboul, a succombé à ses blessures peu de temps après. Le brigadier Steeve COCOL était âgé de 29 ans et servait comme membre d'équipage sur AMX 10 RC.


Nous présentons nos plus sincères condoléances à la famille et aux proches de ce 44e militaire français tombé en Afghanistan.

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 09:03

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Le Général BIGEARD et ses parachutistes durant la bataille de Diên Biên Phu (source photographique - Ministère de la Défense)

 

Coïncidence de l'Histoire, c'est le jour du 70e anniversaire de l'Appel du 18 juin, que s'est éteint un autre grand soldat de France, le Général Marcel BIGEARD.  La presse (1) se fait largement l'écho de la disparition, à l'age de 94 ans, d'un homme parti de peu et qui - les guerres du XXe siècle aidant - a gravi les plus hauts échelons de la hiérarchie militaire. Le Général BIGEARD c'est avant tout une forte personnalité, une "Gueule", qui s'est confondue avec les guerres d'Indochine et d'Algérie, et qui a fortement marqué de son empreinte l'Armée française. Il y a ainsi un mythe BIGEARD, un franc-parler, une casquette et une manière de porter le treillis à la BIGEARD... Jusqu'au cinéma hollywoodien où le film "Lost command" de Mark ROBSON ("Les Centurions", 1966), inspiré du livre de Jean LARTÉGUY, fait revivre le Général sous les traits de l'acteur Anthony QUINN.

 

Admirant le courage et la franchise, personnalité au parcours atypique au sein de l'institution militaire, ayant vécu dans le feu une contre-insurrection que nous redécouvrons de nos jours de manière plus académique et doctrinale,  le Général BIGEARD connut une brève carrière politique en 1975/1976, en tant que Secrétaire d'État à la Défense. À ce poste, il eut à se préoccuper du profond malaise qui traversait nos forces armées au lendemain de la Guerre d'Algérie, un malaise accentué par la vague d'antimilitarisme de la fin des années 1960. Avant même de disparaître, Marcel BIGEARD était déjà une véritable légende dans le milieu militaire.

 

Le Général BIGEARD sera incinéré, et ses cendres seront dispersées au-dessus de Diên Biên Phu au Vietnam. Nous lui rendons hommage.

 

(1) Cf. Les articles de "Défense ouverte", notamment celui sur la "polémique BIGEARD", et "Secret Défense".

 

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