18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 17:26
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 13:42

LE GROUPE FACEBOOK "HOMMAGE AUX FEMMES DE NOS SOLDATS" COMPTE 1000 MEMBRES

 

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Lancé le vendredi 15 janvier dernier sur le site de réseautage Facebook, notre groupe "Hommage aux Femmes de nos soldats" - jumelle du groupe "Soutenez nos forces armées" -, vient de franchir la barre symbolique des 1000 membres. Ce succès montre que le lien unissant la société à ses forces armées n'est pas mort, loin de là, qu'il peut être encore fédérateur. Notre initiative montre également qu'il reste beaucoup à accomplir pour refonder ce lien dans des champs d'actions nouveaux qui ne demandent qu'à être défrichés.

 

Contrairement à ce qu'en dit Jean-Dominique MERCHET, nous pensons que l'expression "Armée-Nation" ne présuppose pas une extériorité des forces armées à la Nation. Certes, l'association conceptuelle est très souvent employée sans être définie au préalable, ce qui conduit à un certain galvaudage. Elle souligne, cependant, la spécificité d'une relation entre la Nation française et un de ses éléments constitutifs - voire consubstantiel -, comme elle pourrait, par ailleurs, souligner  la relation entre la Nation et l'Éducation, ou autre. Les institutions sont l'émanation d'une culture et d'une Histoire, et ce sont les liens qu'elles entretiennent avec la société qui, au final, constituent la Nation française. Ce que le lien entre l'Armée et la Nation gardera toujours d'unique, en revanche, c'est le sacrifice  ultime et suprême qu'il demande à quelques uns pour la sauvegarde de la vie du plus grand nombre.

 

Le lien Armée-Nation mute parce que la société, les mentalités, la guerre et les forces armées connaissent, elles aussi, de profondes mutations. Ce lien était-il plus fort avant le passage à l'Armée professionnelle? Les Français avaient-ils une meilleure image de leur Armée? Rien n'est moins sûr, mais ce qui semble certain c'est que cette relation entre la Nation et ses forces armées doit être entretenue, confortée, revivifiée et dynamisée pour que l'expression devienne effectivement substance et non un assemblage de mots que le plus grand nombre ne comprend plus. C'est le défi de notre génération - de chaque nouvelle génération -, ce d'autant plus qu'elle rencontre encore la réalité de la guerre.

 

Les familles de nos militaires, aux premiers rangs desquelles se tiennent des femmes dont le courage et le sacrifice au quotidien égalent celui de leur mari ou compagnon, sont aujourd'hui au coeur de cette relation entre la Nation et ses Forces armées devenues professionnelles. C'est en recréant cette solidarité de fond pour les Héroïnes de nos Héros que nous aiderons, entre autres, à mieux faire comprendre à nos contemporains qu'un engagement militaire n'est en aucun cas un contrat professionnel comme un autre. Cette compréhension (empathie?) ne pourra que rendre la société plus solidaire de ses soldats.

 

Merci à toutes celles et tous ceux qui font vivre le groupe "Hommage aux Femmes de nos soldats".


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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 06:54

LES HEURES HISTORIQUES DE SULLY-SUR-LOIRE

 

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Aux passionnés d'Histoire militaire et de reconstitutions, n'hésitez pas à venir assister au spectacle des "Heures historiques de Sully", qui se tiendra les samedi 15 et dimanche 16 mai  2010 dans le parc du château de Sully-sur-Loire (Loiret). S'y retrouveront, à cette occasion, des centaines de figurants reproduisant des combattants de toutes les époques: de l'Antiquité à nos jours.

 

À la différence de nombre de spectacles qui s'appuient davantage sur une représentation convenue et déformée de périodes de notre Histoire, "Les heures historiques de Sully" nous offrent un ensemble de reconstitutions d'une grande rigueur et d'une grande fidélité. Bivouacs, défilés dans la ville, démonstrations diverses seront au rendez-vous, et permettront de faire de très belles photos!

 

Se produisant annuellement le troisième week-end de mai, "Les Heures historiques de Sully" ont remplacé un autre spectacle plus spécifique au Moyen Âge, et qui s'intitulait "Les Heures médiévales". jusqu'en 2007. Soulignons, pour finir, que notre ami, le Capitaine (R) Alexis CHEVTZOFF, qui avait brillamment animé la JNR 2007 au Lycée Galilée, est un acteur régulier de cette manifestation haute en couleurs.

 

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 11:05
QUAND UN CHENE MEURT

    La communauté militaire de Seine et Marne vient de mener à sa dernière demeure un de ces "cœurs de chêne" qui, par leur action militaire pendant leur vie, forcent l’admiration.

    Le Capitaine Louis BRINDEJONC s’est éteint à l’âge de 92 ans après un long combat contre la maladie et l’invalidité.

    En son temps, la République l’a honoré de la croix de guerre, de la Médaille militaire avec palmes, et de la Légion d’honneur. Son principal fait d’arme nous est rapporté ici par notre camarade le capitaine Jean GLAD:

    « Par un exploit individuel du combattant, Louis BRINDEJONC a changé à lui seul le cours des événements. Chef de pièce au 6ème Régiment de Tirailleurs Marocains, le Caporal-chef BRINDEJONC, voisin d’un camarade resté inerte pour n’être pas repéré, a mis hors de combat, avec son canon de 25, sept chars allemands dont celui du commandant de la brigade blindée, brisant net l’élan de la 4ème division de panzer au moment où celle-ci franchissait la voie ferrée Namur-Bruxelles, au niveau de Gembloux. »

    Par sa vie, le capitaine Louis BRINDEJONC nous enseigne à nous autres de la jeune génération cette vérité essentielle qu’aucune situation désespérée n’est irréversible, à condition que trois conditions soient remplies:

- Il faut une volonté ferme
- Il faut un entraînement intensif au combat
- Il faut avoir le sens du temps

    Louis BRINDEJONC avait la parfaite maîtrise de ces trois éléments, c’est ce qui l’a conduit à la réussite dans son action d’éclat. La conséquence en a été qu’il a permis de gagner le temps nécessaire à l’arrivée de la division commandée par Alphonse JUIN et à l’évacuation de milliers de combattants menacés d’encerclement pour leur permettre de gagner la mer, réembarquer, et reprendre le combat ailleurs, plus tard…

CV (R) Thierry GAUROY
Président du CCACR 77
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 09:27
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    Voeux du Général (2S) AUZANNEAU

    La Maison du Combattant et du Citoyen et son Président, le Général (2S) Serge AUZANNEAU adressent leurs vœux de bonne et heureuse année 2010 à tous les utilisateurs du blog «Défense et Démocratie» ainsi qu’aux animateurs.

    Ils se joignent à vous pour rendre hommage à nos Forces armées et aux personnels civils et militaires qui y servent. Ils assurent, où qu’ils se trouvent, la Défense de la France et de nos valeurs qui font l’humanisme Français: la liberté, l’Égalité, la Fraternité, la Laïcité. Avec l’Europe et les pays de l’OTAN ils défendent la Paix dans le monde et la Démocratie.

    Nous nous inclinons devant ceux qui sont tombés et devant la douleur de leurs proches. Ils ont droits à la reconnaissance de la Patrie. Mais nous nous souviendront des paroles de Churchill à la veille de la Seconde Guerre mondiale: « Ils ont voulu la paix au prix du déshonneur. Ils ont eu le déshonneur puis ils ont eu la guerre. » (1)

(1) Cette citation célèbre de Winston S. Churchill désignait les pacifistes et, notamment, ceux qui avaient soutenus les accords de Münich (septembre 1938), pensant sauver la paix au prix de l'abandon de la Tchécoslovaquie face à Adolf HITLER.

Chasseurs du 27e BCAChasseurs du 27e BCA en Afghanistan

    Voeux de l’Enseignant Défense

    L’Enseignant Défense du Lycée Galilée de Combs-la-Ville présente, au nom du blog “Défense et Démocratie”, ses meilleurs voeux à tous nos militaires (Terre - Air – Mer) ainsi qu’à leurs familles.

    Il n’appartient pas à la condition humaine de pouvoir dire de quoi seront faits les temps futurs, à commencer par la nouvelle année. Nous ne pouvons que souhaiter que 2010 épargne au mieux nos soldats engagés sur les théâtres d’opérations les plus dangereux, sachant qu’il n’y aura jamais d’opérations de guerre sans pertes ni drames humains.

    D’emblée, nos voeux de soutien et de réconfort moral les plus sincères sont et seront toujours renouvelés que ce soit aujourd’hui ou demain ou après-demain auprès de nos soldats, de leurs parents, épouses, compagnes et enfants.

    L’Enseignant Défense présente également ses meilleurs voeux aux partenaires du pôle relais Défense du Lycée Galilée, qui participent directement à ses actions éducatives, et l'aident à donner une substance au lien Armée-Nation: la Maison du Combattant et du Citoyen du Général (2S) AUZANNEAU, le CCACR du Capitaine de vaisseau (R) GAUROY et l'AOR de la région de Melun du Chef d'Escadrons (H) COLOMBANI.

    Mes voeux de bonne année aussi à la communauté du Lycée Galilée, Madame la Proviseure et Madame la Proviseure adjointe, les enseignants et l'ensemble du personnel administratif et technique. Aux élèves et plus particulièrement à ceux qui présenteront l’examen du Baccalauréat en juin 2010. Et puis pour finir, je souhaite une bonne année avec un petit clin d’oeil à celles et ceux qui me supportent directement, mais qui me le rendent si bien à travers leurs copies mal rédigées, leurs taquineries diverses et leurs discussions de jeux vidéos et autres…

    Mes voeux les plus sincères à tous pour l’année 2010.

Camp Bastion (Afghanistan) - Vendredi 25 décembre 2009Soldats britanniques à Camp Bastion (Afghanistan) le vendredi 25 décembre 2009 (source photographique - Le Figaro)

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:23
PACIFISME ET GUERRE JUSTE SELON LE PRIX NOBEL DE LA PAIX 2009

    «Dire vouloir la paix ne suffit pas à l'obtenir (…). Si la paix est l'objectif, la guerre est parfois justifiée.»


Président Barack OBAMA, Prix Nobel de la Paix – Oslo, jeudi 10 décembre 2009

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Le jeudi 10 décembre dernier, le Président des États-Unis, Barack OBAMA, recevait à Oslo le Prix Nobel de la Paix. Jeune président démocrate, premier président de couleur à entrer dans l’histoire des États-Unis, Barack OBAMA bénéficie d’une popularité, ici en Europe mais aussi ailleurs dans le monde, qui tranche singulièrement avec le repoussoir que représentait son prédécesseur, George W. BUSH. Son élection le 4 novembre 2008 s’est accompagnée, partout dans le monde, de manifestations telles que l’on a pu parler d’une véritable “obamania”.

    La haine vouée à George W. BUSH s’est, en fait, très largement confondue avec l’arrivée d’un président, dont beaucoup ont voulu noyer dans le symbole qu’il était l’hyperpuissance qu’il représentait. À ce titre, ils n’ont pas compris que Barack OBAMA était tenu à des invariants structurels et fonctionnels, qui feraient qu'il resterait avant toute chose LE Président des États-Unis.

    Le discours d’Obama à Oslo fut un grand discours (1), aussi bien salué par les Républicains que par les Démocrates aux États-Unis. L’humilité du 44e Président des États-Unis devant un Prix Nobel qu’il n’a pas demandé, la subtile conscience entre le symbole qu’il incarne et ses responsabilités font que, finalement, la polémique (2) ne peut que désabuser ceux qui n’ont voulu voir en lui qu’un symbole sans fonction parce que leur vision du monde est celle d’un monde en noir et blanc, privé de sa réalité et de sa complexité.

    L’Amérique n’est pas seulement le leader de l’Occident, la puissance qui nous a entraîné dans la guerre en Afghanistan. Lorsque le Président OBAMA parle de “guerre juste” à Oslo, nous aurions grand tort de ne pas nous sentir concernés de près comme de loin.

(1) Lire l'intégralité du discours.
(2) Cf. Sa décision récente d’envoyer un renfort de 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan.

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EXTRAITS DU DISCOURS DE BARACK OBAMA, PRIX NOBEL DE LA PAIX – OSLO, JEUDI 10 DÉCEMBRE 2009

    (…) Je suis le commandant en chef d'une nation engagée dans deux guerres. L'une de ces guerres touche à sa fin. L'autre est un conflit que l'Amérique n'a pas voulu, dans lequel nous sommes engagés avec 43 autres pays, dont la Norvège, pour nous défendre et défendre tous les pays de nouveaux attentats.

    Nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains partis se battre dans une terre lointaine. Certains tueront, d'autres seront tués. Alors je viens ici avec le sens aigu du coût d'un conflit armé, plein de questions difficiles sur les rapports entre guerre et paix, et nos efforts pour remplacer l'une par l'autre.

    Je me réserve, comme tout chef d'Etat, le droit d'agir unilatéralement si nécessaire pour défendre mon pays.

    (…) Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d'une paix juste. (...) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n'éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l'usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié.

    Ma présence ici étant la conséquence directe de toute l'oeuvre du Dr King, je suis l'héritage vivant de la force morale et de la non-violence (...). Mais en tant que chef d'Etat ayant prêté serment de protéger et défendre mon pays, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (...). Je ne peux rester sans rien faire face aux menaces pesant contre le peuple américain.

    Car ne nous trompons pas: le mal existe dans le monde. Un mouvement non-violent n'aurait pas pu arrêter les armées d'Hitler. Les négociations ne peuvent pas convaincre les dirigeants d'Al-Qaïda de déposer les armes.

    Quelles que soient nos erreurs, les faits sont là: les Etats-Unis d'Amérique ont aidé à garantir la sécurité du monde pendant plus de six décennies avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes. Alors oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix. Et pourtant cette vérité doit coexister avec une autre: la guerre, pour justifiée qu'elle soit, est la promesse d'une tragédie humaine.

    Je crois que la force peut être justifiée par des raisons humanitaires (...) L'inaction déchire notre conscience et peut mener à une intervention ultérieure plus coûteuse. C'est pourquoi tous les pays responsables doivent reconnaître le rôle que peut jouer l'armée dotée d'un mandat précis pour protéger la paix.

    (…) Dans un monde où les menaces sont plus diffuses et les missions plus complexes, l'Amérique ne peut pas agir seule. La paix exige la responsabilité. La paix entraîne le sacrifice. C'est pourquoi l'OTAN reste indispensable. C'est pourquoi nous devons renforcer les missions onusiennes et régionales de maintien de la paix et non laisser cette tâche à quelques pays.

    La paix n'est pas seulement l'absence de conflit visible. Seule une paix juste fondée sur les droits inaliénables et la dignité de chaque individu est vraiment durable (...) Une paix juste ne suppose pas seulement des droits civiques et politiques, elle doit inclure la sécurité économique et des débouchés. (…)

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 22:50
Badge de présentation de Nadia MOREL sur le site Vannes-Projet-Citoyens
   
    Il est des attitudes qui révoltent jusqu’au plus profond de nous-même, et des paroles toujours surprenantes tant on ne pouvait les imaginer de personnes censées donner une façon d’exemplarité. Des attitudes et des paroles qui font qu’un enseignement peut se transformer en une véritable CAUSE. Tel est le cas de notre mission - l’éducation à l’Esprit de Défense – revue à la lumière d’un fait qui s’est produit le lundi 16 octobre dernier.

    Ce jour-là, se tenait à Vannes (Morbihan) un conseil municipal au cours duquel une minute de silence fut demandée en hommage aux combattants du 3e RIMa tombés cette année en Afghanistan (1). À cette occasion, les élus de gauche comme de droite se levèrent à l’exception de Madame Nadia MOREL. Élue de l’opposition, inscrite sur la liste Vannes-Projet-Citoyens (VPC), Nadia MOREL, âgée de 37 ans, est également Professeur des écoles et mère de trois enfants. Refusant de se lever lors de cette minute de silence, elle a, depuis, justifiée sa position dans la presse locale, affirmant: “Je ne me suis pas levée effectivement. Je suis antimilitariste et pacifiste. Je respecte le métier de soldat, mais pas le combat meurtrier sur un sol qui n'est pas le nôtre.” (2)

    Dans le journal Le Télégramme, elle ajoute également: “À titre privé, j'ai de la peine pour les familles des victimes. C'est une chose terrible que la mort de ces soldats. D'un autre côté, c'est un métier qu'ils ont choisi. Je suis personnellement pacifiste. Je respecte le fait que des gens puissent avoir une attitude différente de la mienne. Mais je n'adhère pas à la minute de silence qui s'est déroulée lors du conseil municipal. Tous les jours, il y a des gens qui meurent à Vannes. On ne fait pas de minute de silence pour autant.” (3)

    Cette attitude est consternante à plus d’un titre. Alors que nous écrivions récemment sur la vigueur du lien Armée-Nation aux États-Unis, voilà que cette affaire - qui commence à prendre une dimension nationale au même titre que le dépôt de plainte des familles des soldats tués à Sper Kunday – illustre on ne peut mieux la faiblesse de ce lien dans notre pays, partant l’urgente nécessité de le reconstruire. Un pays où une élue confond l’engagement militaire, voulu par le Chef de l’État en Afghanistan, avec le devoir de solidarité de la Nation envers ses fils envoyés au combat. Quand bien même se dit-elle pacifiste, Nadia MOREL comprend-elle vraiment ce qui se passe en Afghanistan où nos soldats sont justement envoyés pour pacifier non seulement un pays mais une région du monde de grande instabilité?

    Point de guerre d’expansion ni de guerre coloniale pour les plus puissantes armées d’Occident qui mettent leurs moyens au service de la paix et de la construction de la Démocratie. D'aucuns en souriraient quant à ce dernier point, certes, mais cela est un autre débat. Toujours est-il que le phénomène est suffisamment inédit et récent dans l'histoire du monde pour être affirmé et souligné une fois de plus, à savoir que des soldats occidentaux se battent et meurent au nom d’un droit international dont on se demande comment Madame MOREL l’enseigne auprès de ses élèves.

    Car c'est ici que l’affaire se révèle la plus désespérante, à savoir que l'élue en question est aussi Professeur des écoles, c’est-à-dire enseignante dans le cycle primaire. D’emblée et d’enseignant à enseignant, je ne peux m’empêcher de lui poser la question de savoir quelle histoire peut-elle bien enseigner à son très jeune public? Son pacifisme la conduit ainsi à désapprouver “le combat meurtrier sur un sol qui n’est pas le nôtre”, mais dans ce cas comment étudier l'histoire de notre pays durant les deux guerres mondiales? Que dit-elle au sujet des milliers de soldats américains, canadiens et britanniques – pour ne citer que ceux-là – venus mourir en France pour prix de sa liberté d'aujourd'hui dans des combats autrement plus meurtriers que les embuscades afghanes? Mais peut-être n'en parle t-elle pas.

    Comment cette enseignante, qui opère une confusion intellectuelle entre ce qui relève du fait divers (4), et ce qui touche à une situation de conflit à l’échelle internationale, peut-elle enseigner ou préparer à l'enseignement de l’Histoire, du Droit, du Civisme, de la mondialisation, tels que les programmes scolaires le demandent? Si le territoire national n’est plus menacé comme il a pu l’être en 1870, en 1914 et en 1940, il peut encore l’être de nos jours mais d’autres manières. La Défense reste la Défense, mais les champs de batailles se sont déplacés, voire ont changé de nature, et les menaces ont muté. Or, les déclarations de l’élue VPC de Vannes offensent le métier d’enseignant par l’incapacité profonde qu’elles révèlent à comprendre le monde et les conflits d’aujourd’hui.

    Si un enseignement peut venir en appui d'une cause (du fait de la grande liberté pédagogique des professeurs), il reste avant tout un enseignement avec un cadre et des objectifs clairement fixés par la loi républicaine. Ainsi en est-il de l’enseignement de la Défense, de l’éducation à l’Esprit de Défense, de la sensibilisation de notre jeunesse aux problèmes de Défense en France comme en Europe, telle que la loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997 les fonde de manière OBLIGATOIRE. Cette loi, étayée par plusieurs protocoles d’accord entre les Ministères de la Défense, de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, insiste particulièrement sur l’importance du cycle primaire où les symboles nationaux doivent être appris par les élèves. Or, nous sommes en droit, devant les arguments que nous présente Madame MOREL, de nous interroger sur son attitude face à des parties du programme scolaire qui iraient à l’encontre de ses convictions (“pacifisme”, “antimilitarisme”...).

    Nadia MOREL n'est pas représentative d'un monde enseignant qui, aujourd’hui et fort heureusement, ne confond plus ses salles de classe avec la section ou la cellule d’un parti politique. Elle n’en reste pas moins le reflet de cette minorité de pédagogues pervertis qui - n’aidant pas nos enfants à comprendre l’actualité, alors que cela est justement leur métier - inflige un mal incommensurable aux hommes et aux femmes qui défendent notre pays.

    La vie locale à Vannes n’est pas celle que l’on peut connaître à Kaboul. La France n’est pas l’Afghanistan au même titre qu’un État de droit apaisé ne peut être comparé à un pays où règne l’anarchie tribale. Un fait divers, si désolant soit-il ici dans notre pays, n’a rien à voir avec ce qui s’est passé à Sper Kunday le 18 août 2008. Un accidenté de la route n’est pas un héros, comme les soldats du 3e RIMa tués en Afghanistan ne sont pas des victimes mais de véritables HÉROS. Cette somme atterrante de confusions de la part d’un professeur, réduit sa "peine” proclamée à l’endroit des “familles des victimes” à une pure pétition de principe si ce n'est une rhétorique hypocrite.

    Une comparaison ne vaut que par la qualité et la pertinence des éléments qu’elle met en relation. Nadia MOREL ne compare rien car elle ne comprend rien. L'hommage lui est inutile car elle ne peut saisir ni le sens ni la valeur du sacrifice. Pire, en tant qu’élue et Professeur des écoles, elle est une HONTE pour notre pays et l’Éducation nationale (5).



(1) Vannes, dans le Morbihan, est la ville garnison du 3e RIMa. Les militaires tués sont: le Sergent-chef Johan HIVIN-GÉRARD, le Caporal-chef Thomas ROUSSELLE, le Caporal Johan NAGUIN, le Caporal Antony BODIN et le 1ère classe Kevin LEMOINE.

(2) “L’élue Nadia Morel, cible des anciens combattants”, Ouest-France du jeudi 29 octobre 2009.

(3) “Minute de silence. L’attitude de Nadia Morel critiquée”, Le Télégramme du jeudi 29 octobre 2009.
(4)
Ibid. “Tous les jours, il y a des gens qui meurent à Vannes. On ne fait pas de minute de silence pour autant.”
(5) Une pétition est actuellement en ligne dont l'auteur - L'Association Nationale de Soutien à nos Soldats en Opération (ANSSO) - demande à Nadia MOREL "des excuses ou la démission".

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 09:57
LE LIEN ARMÉE-NATION AUX ÉTATS-UNIS


    Dans un bel article paru dans l’édition du journal Le Figaro d’aujourd’hui, la journaliste Laure MANDEVILLE nous décrit la force du lien Armée-Nation aux États-Unis à travers les honneurs militaires rendus au Sergent-chef Nekl B. ALLEN tué en Afghanistan au mois d’octobre, et qui laisse derrière lui une veuve et trois enfants.

    Alors que le Président Barack OBAMA vient d’annoncer officiellement, devant les cadets de l’Académie militaire de West Point, l’envoi d’un renfort de 30 000 hommes en Afghanistan, alors que cela va bientôt faire une décennie que l’Amérique est en guerre, force est de reconnaître qu’elle nous donne une leçon en matière de solidarité entre la Nation et ses forces armées. Nous pouvons ainsi émettre des réserves quant au bien fondé et quant à la méthode que les États-Unis mettent en avant dans leur lutte afghane comme irakienne, plus particulièrement à l’endroit de ce dernier conflit. Il n’y a cependant pas qu’en France que les sondages désapprouvant l’envoi de troupes supplémentaires progressent. L’Amérique, elle aussi, doute de l’issue de la guerre en Afghanistan. L’Amérique, elle aussi, connaît ses crises de conscience, et affronte des difficultés économiques.

    Certes, elle reste l’ “hyperpuissance” comme la “nation indispensable” selon les termes d’Hubert VÉDRINE et de Madeleine ALBRIGHT. Elle sait cependant, la première, toute la relativité de sa puissance au moment où les guerres afghanes et irakiennes usent le potentiel humain et matériel de l’US Army, le tout sur fond de crise avec l’Iran, et de montée en puissance de la Chine.

    Bien évidemment la puissance économique comme scientifique de l’Amérique reste réelle, et nous aimons la mettre en exergue afin de mieux cacher nos faiblesses, voire occulter la nécessaire réflexivité à notre amélioration. Cependant, la douleur de M. LE PAHUN, par exemple, ne peut se mesurer uniquement à des questions matérielles tels que des gilets pare-balles américains plus efficaces que les gilets pare-balles que portaient nos parachutistes dans la vallée d’Uzbin. Car 5300 fils de l’Amérique sont tombés depuis 2001 en Afghanistan et en Irak, et les pertes que subit l’armée la mieux équipée au monde sont sans commune mesure avec les pertes françaises encore aujourd’hui. La guerre est avant tout un choc de volontés, et une question de détermination politique avant d’être une affaire technique…

Fallen soldiers... Du Vietnam à l'Irak, près de trente ans séparent ces deux photographies. L'US Army a, depuis, profondément changé ainsi que le regard de la société américaine sur le conflit vietnamien. Pourtant, c'est le même cérémonial qui est rendu aux camarades tombés au combat

    Les jeunes Américains ont connu l’individualisme inhérent à la société de consommation bien avant nous. Ils ont aussi connu la professionnalisation des armées vingt ans avant la France. L’Amérique doute en Afghanistan, et les longues hésitations stratégiques du Président OBAMA l’ont amplement montré ces derniers mois. Pourtant, dans ce pays que nous aimons tant critiquer pour ce qu’il est, un vétéran ou un blessé est encore regardé et salué comme un HÉROS et non comme une victime. Chaque soldat tué reçoit un hommage individuel et reconnu par la société au cours d’une cérémonie que le cinéma a popularisé plus d’une fois, et qui a, très certainement, émue la journaliste du Figaro ce mardi 8 octobre 2009 au cimetière militaire national d’Arlington (Virginie).


    Bref, l’Amérique est encore l’une des rares démocraties occidentales où l’on peut désapprouver une guerre sans pour autant tourner le dos à l’Armée. Un pays où les familles pleurent autant – si ce n’est davantage qu’ailleurs – les pères et les fils absents; où certaines familles contestent la politique du Gouvernement, mais ne remettent pas en cause le lien entre la Nation américaine et ses forces armées. Un pays où, dans l’épreuve, quoi qu'il en soit la Nation est SOLIDAIRE. Où le fameux “support our troops” reste un geste de civisme et de solidarité que l’on soit républicain ou démocrate.

    La France devrait s’en inspirer.


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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 17:17
POINT DE VUE

    Peut-on traiter des faits de guerre comme de simples faits divers? La mort au combat d'un soldat est-elle à mettre au même niveau que celle d'un accident de la route ou d'un réglement de compte crapuleux? La justice d'un État de droit peut-elle s'appliquer à un conflit qui, par définition, est une situation de non droit?

    Voilà quelques unes des graves questions qui se cachent derrière ce que l'on appelle désormais la "judiciarisation" de la guerre et des opérations militaires. La décision de la famille LE PAHUN, comme celle de la veuve du Sergent PENON, de porter plainte contre les officiers commandant la mission du 18 août 2008, relève de la recherche d'une faute à tout prix comme si la guerre n'existait pas, comme si être militaire n'était qu'un métier, comme si le sens profond de l'engagement des jeunes soldats était ignoré.

    À cette recherche vaine mais dont les effets médiatiques peuvent être dévastateurs, deux chercheurs de l'Institut Thomas More ont opposé une analyse dans le journal Le Figaro du lundi 23 novembre dernier. La pertinence de cette analyse - qui s'interroge sur le rapport
que la société entretient avec l’engagement militaire - viendra en écho aux propos du Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY postés dans les colonnes de ce blog il y a quelques jours.

    Parce que nous pensons que tout soldat tué au combat dans l'exercice de sa mission est un HÉROS - et non une victime -, notre réflexion sur le lien Armée-Nation ne pouvait être que stimulée par l'analyse d'Antonin TISSERON et Thibault FOUILLEN que nous reproduisons ci dessous.


MORTS EN AFGHANISTAN: LA NATION CONTRE L’ARMÉE?

    Le 18 août 2008, dix soldats français tombaient dans une embuscade dans la vallée d’Uzbin, en Afghanistan, et révélaient de manière brutale à la nation que, oui, ses soldats pouvaient encore mourir. Cette affaire qui émut le pays relança par ricochet la polémique sur la pertinence de l’envoi de militaires en opérations extérieures, ici sur un théâtre particulièrement dangereux. Aujourd’hui, deux des familles de ces soldats morts au combat décident de porter plainte pour « mise en danger délibérée d’autrui » contre une hiérarchie militaire qui, estiment-elles, n’a pas suffisamment préparé l’opération.

    Il ne nous appartient pas de juger de la légitimité de cette action en justice, qui émane de familles en deuil aspirant à connaître la vérité sur ce drame. Néanmoins, ce recours devant le tribunal aux armées de Paris (TAP) laisse planer, par-delà les interrogations sur le manque de moyens des combattants français engagés en Kapissa, le spectre d’une réalité politique et sociale préoccupante qui force à s’interroger sur la manière dont l’engagement militaire est désormais perçu par la société française.

    Ce recours devant les tribunaux ne vise « pas le président de la République, son gouvernement ou le chef d’état-major des armées » mais, selon les familles, « des individus qui n’ont pas assumé leurs responsabilités ». Il met à nu une réalité sociale symptomatique de notre société postmoderne, celle du déni de la mort, qui entre en contradiction flagrante avec l’engagement du soldat. Les militaires savent qu’ils sont amenés à être envoyés sur des théâtres d’opération, à combattre et à risquer leur vie pour leur mission. L’action militaire – létale par essence – fait que le soldat est à tout moment confronté à la mort et, dans une armée professionnelle, l’engagement se fait nécessairement en connaissance de cause.

    Dans une société largement hédoniste, qui ne reconnaît plus la relation verticale aux institutions et qui détourne le regard devant la mort et les morts, la recherche de responsables devient la solution la plus évidente pour affronter une réalité qui, elle, ne l’est pas.

    On peut aussi voir, deuxième élément d’analyse, que ce sont les conséquences de l’individualisme qui s’insinuent dans la relation entre la nation et son armée. L’individualisation du métier de soldat, fondé sur l’engagement volontaire et non plus sur l’indistinction contraignante de la conscription, permet à la société, non seulement de remettre en cause le bien-fondé de sa mission, mais son choix même de s’être fait soldat.

    En discutant la légitimité d’une mission donnée – ce qui est parfaitement admissible dans le champ du débat politique et n’est pas neuf –, on s’interroge sur l’individu qui s’est fait soldat et qui remplit cette mission. Et on arrive là au coeur du délicat problème posé par la démarche de ces familles devant la justice. Car, chose peu rapportée, cette démarche a été très mal accueillie par les soldats engagés en Afghanistan qui, sur INTERNET en particulier, l’ont qualifiée en l’apprenant d’ « injure », de « honte » , voire de « traîtrise à la mémoire » de leurs compagnons tombés à Uzbin (1). Outre le risque de saper le moral des troupes engagées, ils ont en effet estimé qu’une telle action ne pouvait que décrédibiliser les forces françaises auprès de leurs alliés et renforcer le sentiment de faiblesse de la France dans le conflit.

    N’y a-t-il pas là un grave risque de divorce entre la société ? Lorsque le ministre de l’Immigration Éric Besson relance le débat sur l’identité nationale, on ne peut que repenser à Uzbin et à la judiciarisation d’un drame certes humain, mais aussi national. Il n’y a pas si longtemps encore, l’armée faisait partie intégrante de la communauté spontanée des valeurs nationales et républicaines. C’est cela, ce lien d’évidence entre la nation, son armée et les soldats qui la composent, qui est en train de se dissoudre. Chacun doute de l’autre et l’incompréhension grandit. À la question « Pourquoi serait-on prêt à mourir aujourd’hui ? », qui répondrait encore « Pour la nation » ? Personne… sauf les militaires sans doute. C’est pourquoi la plupart ressentent un profond malaise devant la remise en cause de leur métier et du don éventuel de leur vie qui en fait pleinement partie. Certains expliquent que, de retour d’opérations à l’étranger, ils se sentent incompris jusque dans leur foyer, jusque parmi leurs proches qui ne perçoivent plus le sens de leur engagement et la raison qui les pousse à servir la France au péril de leur vie.

    Le débat sur l’identité nationale ne devrait-il pas être l’occasion de s’interroger sur l’avenir du lien que la nation entretient avec son armée ? N’y aurait-il pas lieu de réfléchir, avec tact et respect à l’égard de familles évidemment meurtries, sur ce que peuvent apporter de souhaitable des démarches telles que celles qu’elles ont initiées devant la justice et dont la multiplication menace non seulement la cohésion de l’armée comme institution, mais aussi son rôle dans et au service de la nation ? Ce débat, que nous ne croyons pas injurieux pour leurs familles, nous le devons aux soldats morts à Uzbin.

Antonin TISSERON et Thibault FOUILLEN

(1) NDLR - Jean-Dominique MERCHET sur son blog "Secret Défense" rapporte le propos d'un soldat suite à cette affaire: "
A mes parents, à ma famille, Je suis engagé, je suis conscient des risques de mon métier, je les assume. Si un jour je ne reviens pas, merci de ne pas faire honte à ma mémoire en engageant ce genre d'action."


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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 06:44
POINT DE VUE

Cour d'honneur des Invalides le jeudi 21 août 2008. L'hommage est rendu aux dix soldats tombés à Sper Kunday le lundi 18 août
   
    Le Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY - qui a déjà participé à plusieurs reprises à la réflexion de notre blog (1) - est le Président du Comité de Coordination des Associations des Cadres de Réserve de Seine-et-Marne (CCACR 77). Cette association - ainsi que l'AOR de Melun du Chef d'Escadrons (H) François COLOMBANI - participe directement à l'Éducation à l'Esprit de Défense au sein du Lycée Galilée. C'est le lien permanent avec ces deux associations qui permet, aujourd'hui, de parler d'un "pôle" relais Défense dans cet établissement scolaire.
   
    Issu des fusiliers marins, aujourd'hui officier dans la réserve opérationnelle, homme de grande culture également, le CV GAUROY est un observateur attentif du monde de la Défense et de la Marine en particulier. À ce titre, il ne pouvait rester indifférent face à la médiatisation de l'action judiciaire des familles de Julien LE PAHUN et de Rodolphe PENON.

(1) Cf. Un précédent article et une participation active aux forums avec les élèves.



MORT D’UN SOLDAT ET ACTION JUDICIAIRE
   
    La « judiciarisation » de l’acte de prise de  décision au sein des forces armées me choque profondément et je l’avais écrit, il y a neuf ans, dans la Revue Maritime, à l’occasion de la mise en examen de trois officiers supérieurs de marine qui étaient de permanence au Commandement Opérationnel de la Marine à la Préfecture Maritime de BREST lors du naufrage de l’ Erika en décembre 1999, ce pétrolier qui a provoqué une énorme marée noire.

    Je suis encore plus choqué par le procès que Monsieur Joël LE PAHUN intente à trois officiers de la chaîne de commandement dont dépendait son fils Julien mort en service commandé le 18 août 2008 dans une vallée perdue de la lointaine Afghanistan, alors qu’il permettait à la France d’honorer ses engagements à l’égard de ses alliés dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationales.

    Je ne veux pas non plus accabler un père qui souffre, et de la pire des souffrances, celle de la perte d’un fils. Je ne veux surtout pas m’immiscer dans les rapports familiaux complexes entre un père et son fils qui ont conduit Julien LE PAHUN à s’engager dans l’armée et à aller ensuite jusqu’au bout de son engagement.

    Je voudrais simplement tenter de comprendre les mécanismes sociétaux qui conduisent à cette action judiciaire d’un père contre les chefs militaires directs de son fils combattant.

Je vois dans ce phénomène deux causes principales :

1) les médias
2) l’action sociale de nos autorité politiques et militaires

    Et je vois également un remède dans l’action d’associations telles que notre Comité de Coordination des Associations de Cadres de Réserve de Seine et Marne ou telles que l’Association Solidarité Défense présidée par l’Amiral Jacques LANXADE.

1) Les médias sont responsables de cet état de fait parce qu’à mon sens, ils vont bien au-delà de leur rôle d’information et d’éducation à la problématique militaire. Il est normal qu’un journaliste aille sur un théâtre d’opérations et explique à ses lecteurs ou télé auditeurs les enjeux tactiques, stratégiques et géopolitiques d’un combat, dans le strict respect d’une certaine confidentialité afin de ne pas nuire à la conduite des opérations en cours.

    Mais qu’il aborde dans son compte rendu une conception intimiste de l’information en s’invitant dans une famille et en étalant au grand jour la souffrance de parents ou d’une fratrie, est inacceptable. Même Jean RENOIR qui était cinéaste et non journaliste a traité la question avec beaucoup plus de pudeur, sans porter atteinte au caractère sacré de la souffrance et de la mort d’un soldat.

2) Nos autorités politiques et militaires n’auraient peut-être pas du inviter la famille LE PAHUN à se rendre en Afghanistan. Elles auraient probablement du se contenter de leur écrire, peut-être de leur faire une visite privée pour les assurer de leur soutien et de leur compassion mais sans médiatisation aucune. La médiatisation de cette souffrance humaine devrait, à mon sens, être réservée à la seule « sacralisation » de la mort d’un soldat au service de la France et de la Paix. Et bien entendu, comme je le dis plus haut, à l’explication des enjeux tactiques et stratégiques du combat qui se mène. C’est aussi cela que donner du sens à la vie et à la mort d’un soldat.

3) L’association Solidarité Défense fait un travail admirable de terrain pour le soutien moral et l’accompagnement des soldats engagés au combat et surtout de leurs familles, mais aussi à destination de jeunes lycéens, encadrés par certains de leurs enseignants tels que Monsieur le Professeur Nghia NGUYEN du lycée Galilée de COMBS LA VILLE (77), en les aidant à devenir acteurs et non plus seulement spectateurs de la vie sociale de notre pays.

    Ce n’est pas un hasard si l’association Solidarité Défense est actuellement présidée par l’Amiral Jacques LANXADE, homme de grand talent doué d’une grande expérience du commandement. Je me souviens que ce Grand Marin d’Etat et de Guerre, lorsqu’il commandait la frégate De Grasse, tolérait parfois qu’un des hommes de l’équipe machine monte à la passerelle, pendant une opération, mais exigeait de lui, le silence le plus absolu et cela pour trois raisons :

- ne pas perturber le travail en cours qui demandait beaucoup de concentration de la part de tout l’équipage
- permettre à l’heureux élu d’apprendre par l’observation directe, les enjeux de la mission en cours
- permettre la sacralisation de l’instant, et donner ainsi du sens à la mission.

    Alors loin de moi l’idée de jeter la pierre à l’un quelconque des responsables de ces deux organes vitaux de la société que sont la presse et les autorité politiques et militaires, et qui donnent leur vie et leur temps au service besogneux de la France. Mais je pense que nous devrons à l’avenir tenir compte de ces trois remarques pour éviter la multiplication des actions judiciaires de ce type. Je sais que l’on va me rétorquer que le débat judiciaire va permettre de faire de la pédagogie à l’égard du grand public. Je réponds à cela que ce n’est pas la mission du pouvoir judiciaire qui a peu de moyens. Les moyens de la justice, dans l’attente d’une amélioration quantitative, devraient être concentrés sur l’accomplissement qualitatif de ses missions de base de régulation de la société civile.

    Chacun sa mission.

    Pour pérenniser tant l’esprit de défense, la sacralisation de la vie et la mort du soldat, que l’action entreprise par Monsieur le Professeur Nghia NGUYEN en soutien de l’action de l’association Solidarité Défense, il conviendrait peut être que, dans les lycées qui le souhaitent, le Conseil de la Vie Lycéenne organise tous les six mois une action concrète par les délégués lycéens élus, telle que celle de confection de colis de Noël pour nos soldats ou la participation, hors période de commémoration solennelle, au ravivage de la Flamme à l’Arc de Triomphe.

Capitaine de vaisseau (R) Thierry GAUROY
Président du CCACR 77
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