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(Leela) JACINTO, "Qui sont les dirigeants de l'insurrection afghane?", France 24 du dimanche 4 avril 2010

 

    Mollah Mohammad Omar - Taliban

    Les partisans de ce dirigeant taliban l’appellent l’Amir al-Muminin (prince des croyants) depuis qu’il a revêtu une cape supposée avoir appartenu au prophète Mohamed dans un mausolée de Kandahar en 1996. Entre 1996 et 2001, il dirige l’Émirat islamique d’Afghanistan, une entité que seuls le Pakistan, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis reconnaissent à l’époque.

 

MOLLAH Mohammed Omar
    On sait très peu de choses de cet homme, pourtant l’un des plus recherchés au monde. Les récits de ses exploits, rapportés par d’anciens membres des Talibans, sont souvent contradictoires et les quelques photographies publiées par les médias sont également sujettes à caution. Originaire de la province de Kandahar, le mollah Mohammad Omar serait né en 1959 au sein du clan Ghilzai, la tribu pachtoune la plus importante d’Afghanistan. Il aurait participé au djihad contre l’occupation soviétique entre 1979 et 1989, guerre au cours de laquelle il aurait perdu un œil.

    Selon plusieurs anciens combattants afghans, le mollah est l’un des quatre fondateurs des Talibans en 1994. Peu après sa formation, le mouvement s’empare de la ville stratégique de Kandahar, dans le sud du pays. Plusieurs victoires militaires s’ensuivent. Entre 1996 et 2001, les Talibans imposent une pratique très stricte de la charia dans les régions passées sous leur contrôle. Depuis l’invasion américaine en 2001, Mohammad Omar a disparu. Il vivrait caché dans les zones tribales pakistanaises, non loin de la frontière avec l’Afghanistan. Au sein de l’insurrection afghane, il est entouré d’un petit cercle de conseillers connu sous le nom de Quetta Shura. Si le mouvement taliban est composé de plusieurs réseaux distincts, la Quetta Shura en constitue le rouage principal. Le mollah Omar est ainsi la figure centrale des Talibans. Sous son égide, le mouvement insurrectionnel afghan, composé de branches semi-autonomes, conserve une certaine cohésion.

    Jalaluddin Haqqani – Réseau Haqqani

    Souvent affublé du titre religieux honorifique de "Mawlawi", Jalaluddin Haqqani dirige ce que les services secrets occidentaux appellent le "réseau Haqqani". Haqqani a acquis sa notoriété durant la guerre sainte menée contre l’Union soviétique. Dans les petits papiers des services secrets pakistanais et américain, il est alors l’un des commandants les mieux armés du "djihad". Parlant couramment l’arabe, il est le parrain des volontaires arabes et possède des liens solides avec la nébuleuse Al-Qaïda. Les premières bases de l’organisation terroriste en Afghanistan ont d’ailleurs été bâties dans des régions dont il a le contrôle. Bien qu’il ne fasse pas partie des membres fondateurs des Talibans, il prête allégeance au mouvement en 1995, juste avant que celui-ci ne s’empare de Kaboul. Il occupe des positions importantes au sein de la branche militaire des Talibans, notamment lors des affrontements avec l’Alliance du Nord du commandant Massoud. Après la chute des Talibans en 2001, il se réfugie dans les zones tribales pakistanaises.

    Le "réseau Haqqani" est responsable de quelques-unes des attaques les plus meurtrières perpétrées à Kaboul contre les forces de l’OTAN et le gouvernement du président Hamid Karzaï. Les services de sécurité afghans lui attribuent l’attentat de juillet 2008 contre l’ambassade indienne et les attaques simultanées contre le ministère de la Justice de février 2009 ainsi que contre plusieurs bâtiments gouvernementaux et un hôtel de luxe en janvier 2010. Bien qu’il soit pachtoune et afghan, il ne possède pas de base solide en Afghanistan et dirige l’insurrection depuis le Waziristan, à l’intérieur de zones tribales pakistanaises. Ces dernières années, Haqqani aurait passé un accord avec les commandants talibans qui contrôlent les provinces entourant Kaboul, d’où ont été lancées de nombreuses attaques contre la capitale afghane.

    Ses rapports avec les services secrets pakistanais (connus sous l’acronyme ISI, Inter-Services Intelligence) ont constitué un motif de discorde entre Washington et Islamabad, selon des médias américains. Des membres de l’état-major américain affirment même que le Pakistan rechigne à poursuivre un homme qui disposerait toujours des faveurs de certains éléments de l’ISI. Ces accusations sont démenties par Islamabad. Dans une vidéo rendue publique en 2008 par le "réseau Haqqani", le commandant vieillissant apparaît en très mauvaise santé. Son fils, Sirajuddin Haqqani (voir ci-dessous), aurait repris les rênes de l’organisation.

    Sirajuddin Haqqani – Réseau Haqqani

    Le fils de Jalaluddin Haqqani, désormais à la tête du "réseau Haqqani" mis en place par son père, fait partie de cette nouvelle génération d’insurgés qui souhaite transformer une organisation essentiellement composée de combattants peu éduqués issus de régions rurales en force de combat moderne et sophistiquée. Contrairement à son père, qui s’était illustré lors du djihad antisoviétique, Sirajuddin ne fut pas un combattant hors pair durant sa jeunesse, affirme, dans un entretien au "Wall Street Journal", Amir Sultan Tarar, un officier des services secrets pakistanais à la retraite. "Cet enfant n’avait pas de dispositions pour la guerre", assure l’officier qui ajoute que Sirajuddin a attendu ses 20 ans avant de participer "activement aux combats". De nombreux moudjahidines prennent part aux combats avant même d’atteindre l’adolescence.


Sirajuddin Haqqani

 

    Après la chute des Talibans en 2001, certains membres du commandement américain militaire espéraient voir son père, Jalaluddin, rejoindre le camp de l’OTAN, mais le chef de guerre a opté pour la lutte anti-Karzaï. Plus récemment, Kaboul aurait tenté d’établir le dialogue avec le "réseau Haqqani". Comme d’autres jeunes chefs talibans, Sirajuddin Haqqani est partisan d’une idéologie islamiste plus radicale que celle de la génération précédente. Il a notamment tenté de minimiser les liens que son père avait noués avec la CIA à l’époque du djihad antisoviétique.

    Gulbuddin Hekmatyar – Hezb-i-Islami


    Il s’agit de l’une des personnalités les plus controversées de l’histoire contemporaine d’Afghanistan. Connu pour son rôle dans les guerres moudjahidines du début des années 1990, il a participé à la bataille de Kaboul avec ses hommes qui n’ont pas hésité à bombarder la capitale, faisant de nombreuses victimes. Le leader du parti Hezb-i-Islami est connu et tourné en dérision pour son opportunisme en politique. Au cours de sa longue carrière, il a successivement reçu le soutien des États-Unis, de l’Arabie saoudite, du Pakistan et de l’Iran avant de se brouiller avec ses puissants alliés.

 

Gulbuddin Hekmatyar
    Durant le régime des Talibans, Hekmatyar a vécu exilé en Iran avant d’en être expulsé en 2002. Il se serait ensuite installé en Afghanistan, où ses hommes font figure de virulents opposants au gouvernement de Karzaï. Son mouvement d’insurgés islamistes a revendiqué plusieurs attentats à Kaboul ainsi que l'attaque contre les soldats français en août 2008 (HYPERLIEN).

    Aujourd’hui, Gulbuddin Hekmatyar est considéré, avec le Mollah Omar et Jalaluddin Haqqani, comme l’un des trois chefs les plus importants de l’insurrection afghane. Le Hezb-i-Islami entretient des liens très ambigus avec les Taliban, alliés dans certaines provinces, ennemis dans d'autres. Contrairement aux Talibans, Hekmatyar s’est récemment dit prêt à négocier avec l’administration de Hamid Karzaï lorsque celle-ci a annoncé vouloir entamer un dialogue avec les insurgés. Ses détracteurs y voient une énième preuve de son opportunisme politique. Pachtoune appartenant au clan Ghilzai, Hekmatyar a participé au djihad contre les Soviétiques. D’abord soutenue par le Pakistan, son organisation fut la principale bénéficiaire des fonds transmis par la CIA aux factions de la résistance. Des fonds qui, par la suite, ont été réaffectés aux Talibans.

    Mollah Abdul Ghani Baradar, également connu sous le nom de Mollah Baradar Akhund - Taliban (capturé)

    Il était considéré comme le numéro deux des Taliban au moment de sa capture en février 2010, après un raid des forces américaines et afghanes à Karachi, au Pakistan. Dirigeant de la Quetta Shura, le conseil de décision taliban, Baradar était le chef des opérations militaires des insurgés. Présenté comme l’un des quatre membres fondateurs du mouvement Taliban en 1994, il est très proche du mollah Omar, toujours recherché par les Etats-Unis. Avant la chute du régime, fin 2001, Baradar occupait la fonction de vice-ministre de la Défense. Selon INTERPOL, cet Afghan d’ethnie pachtoune est né en 1968 à Weetmak, un village de la province afghane d’Uruzgan. Il serait, d’après les autorités afghanes, marié à la sœur du mollah Omar.

    Abdul Qayuum Zakir – Taliban

    En mars 2010, Zakir est désigné pour succéder à Baradar, capturé un mois plus tôt à Karachi. De son vrai nom Abdullah Gulam Rasoul, il est surnommé mollah Zakir par les insurgés. Âgé d’une trentaine d’années, le nouveau numéro deux des Talibans appartient à une génération qui n’a pas combattu contre l’occupation soviétique en Afghanistan. S’il n’a pas fait ses armes durant le djihad en Afghanistan, il s’est illustré en passant plusieurs années à Guantanamo - les détenus du centre de détention américain jouissent d’un certain statut parmi les Talibans -, où il fut détenu jusqu’en 2007. Cette année-là, il est transféré aux autorités afghanes qui le libèrent l’année suivante. Il partage le commandement avec le mollah Akhtar Mohammad Mansour.

    Mollah Akhtar Mohammad Mansour – Taliban

    Après la capture du mollah Baradar, Akhtar Mohammad Mansour est promu deuxième commandant des Talibans en Afghanistan. Sa nouvelle fonction est surtout symbolique puisque les fonctions militaires demeurent aux mains de Zakir. Depuis juin 2003, il fait partie du conseil de direction de la guérilla. Il se serait également illustré dans la logistique du mouvement mais aussi dans la levée de fonds auprès des États du Golfe notamment.


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