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SURVEILLER, DISSUADER, RENSEIGNER

Patrouille-VIGIPIRATE.jpgPatrouille mixte Gendarmerie/Armée de Terre. Si les gendarmes restent des militaires, ils dépendent pour emploi du Ministère de l'Intérieur et disposent de pouvoirs de police que n'ont pas leurs collègues des forces armées

    Le plan VIGIPIRATE désigne en fait un ensemble de plans de nature préventive (VIGI pour vigilance) et relatifs à la lutte antiterroriste. Les objectifs du plan VIGIPIRATE sont de surveiller les installations et les lieux du territoire définis comme étant sensibles car susceptibles d’être l’objet d’une attaque, partant de dissuader (à l’aide d’un dispositif militaire visible) le passage à l’action. VIGIPIRATE participe également à la centralisation du renseignement sur le terrain et, de manière indirecte, gêne la petite délinquance au quotidien.

Paysage-parisien.jpgLa capitale est particulièrement visée par la menace terroriste du fait de la concentration des lieux de pouvoir et des densités de population que l'on y trouve

    Le plan VIGIPIRATE a été lancé pour la première fois le 7 septembre 1995. Interrompu de septembre à octobre 1996, il a été réactivé depuis. Engageant les militaires de l’Armée de Terre, de l’Air, de la Marine et de la Gendarmerie, VIGIPIRATE soutient les forces de police qui sont numériquement insuffisantes pour assurer un renforcement permanent de missions de surveillance de plus en plus nombreuses.
Niveaux-d-alerte.gif
    L’intensité de l’engagement des forces armées obéit à une échelle de niveaux de menace allant du jaune pour l’état de veille, au rouge écarlate pour l’état d’alerte maximum. Il y a donc 4 niveaux de menace définis. Depuis les attentats de Londres du 7 juillet 2005, VIGIPIRATE a été placé en niveau rouge, ce qui correspond à l’avant-dernier niveau avant l’alerte maximale. Ce niveau n’est pas redescendu depuis, ce qui en dit long sur les menaces qui pèsent actuellement sur la population. C’est le Premier Ministre qui fixe le niveau sur l’échelle des risques.

Gendarmes-dans-le-m-tro.jpgPatrouille de gendarmerie dans le métro parisien

RER-Fontenay-sous-Bois.jpgRER B en gare de Fontenay-sous-Bois. La densité du trafic quotidien (flux pendulaires) en Ile-de-France rend les transports en commun particulièrement sensibles face à la menace terroriste. Que ce soit à Tokyo, à Paris, à Madrid, ou à Londres, les transports ont toujours été une cible privilégiée

    VIGIPIRATE met donc à l’épreuve nos soldats qui, en plus des opérations extérieures (OPEX), sont fréquemment appelés à renforcer les forces de police, essentiellement en Ile-de-France. En effet, l’Ile-de-France est la région stratégique du territoire du fait de la concentration des lieux de pouvoir politique et économique, du fait des très fortes densités de population, partant du fait de l’impact médiatique que produirait un attentat particulièrement meurtrier. De 1980 à 2004, 11 attentats ou tentatives d’attentats ont directement visé notre capitale. Au même titre que toutes les grandes métropoles occidentales – dont Madrid (2004) et Londres (2005) -, Paris et sa région sont des lieux très sensibles. 80% des forces militaires engagées dans le plan VIGIPIRATE le sont en Ile-de-France.

CNIT-la-D-fense.jpgAutre lieu sensible et particulièrement surveillé : le quartier des affaires de la Défense à l'Ouest de Paris. La concentration de sièges sociaux de grandes firmes ainsi que l'interconnexion de plusieurs réseaux de transport en font un objectif majeur pour le terrorisme
   
    À l’exception de l’Irlande du Nord qui, durant des années, a vu l’armée britannique agir avec la police, le plan VIGIPIRATE, qui voit l’implication de militaires au sein même de la population, reste une exception française. Une exception d’autant plus que le contexte juridique reste particulier. Les militaires n’ont pas de pouvoir de police en tant que tel, et leurs règles d’engagement sont très précisément définies. Ainsi, ne peuvent-ils ouvrir le feu qu’en cas de légitime défense (articles 112-5 et 122-6 du Code pénal), et qu’en cas de flagrant délit (article 73 du Code de procédure pénal). Les unités ne sont pas engagées plus de 15 jours afin de maintenir leur capacité opérationnelle au maximum.

Eurostar.JPGLe TGV EUROSTAR et ses dépôts situés au Nord de la capitale sont également très surveillés. Cette ligne amenant directement au coeur de Londres est en permanence menacée tout en continuant à rester une porte d'entrée importante pour l'immigration clandestine

    Leur mission a également évolué progressivement. Au début, les militaires avaient pour mission d’escorter les policiers. Le concept a depuis évolué vers la « patrouille autonome », les policiers reconnaissant l’aptitude des soldats de l'Armée de Terre à gérer une situation tendue. En effet, avec la multiplication des OPEX, plusieurs de nos unités engagées en Côte d’Ivoire comme au Kosovo, se sont déjà retrouvées en présence de situations de maintien de l’ordre très délicates. Des retours d'expérience (RETEX) ont donc été réalisés sur ce plan depuis, et aujourd’hui le concept de « contrôle de foules » n’est pas étranger à nos forces armées.
Cam-ras-filaires.jpgLa sécurisation des lieux publics dans les grandes métropoles passe de plus en plus par une télésurveillance renforcée et nécessaire

Poubelle-lieux-publics.jpgEn permettant un contrôle visuel rapide des contenus, les sacs transparents au lieu de poubelles opaques constituent une mesure de prévention passive en milieu urbain
   
    Il est à noter que ce concept de plan préventif se décline selon plusieurs variantes en fonction de la spécificité des risques et des menaces. Ainsi, existe-t-il un plan PIRATOME contre la menace nucléaire, un plan PIRATOX contre la menace chimique, BIOTOX contre la menace biologique…

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