24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 08:25
LE BOFOR NUTATING SHELL (BONUS) OU OBUS ANTI-CHAR A EFFET DIRIGÉ (ACED)

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    Après avoir mis en service une pièce d’artillerie particulièrement réussie, le CAESAR, l’Armée de Terre développe une panoplie de munitions adaptées à différents objectifs. Parmi celles-ci, figure la munition anti-char “intelligente” BONUS (Bofors Nutating Shell), appelée également obus ACED (Anti-Char à Effet Dirigé) de 155 mm, testé ce mois-ci dans les champs de tir de Canjuers (non loin de Draguignan).

    L’obus BONUS est le résultat réussi d’un programme de recherche franco-suédois. Il s’agit d’une munition cargo emportant deux charges qui se désolidarisent du corps de l’obus après le tir, et vont aller frapper deux cibles blindées par le toit avec une précision métrique redoutable. Lors du tir réalisé à Canjuers par la Section Technique de l’Armée de Terre (STAT), 7 cibles sur 9 ont été atteintes ce qui est un succès. Le BONUS est capable de frapper simultanément deux blindés en mouvement avec précision dans un rayon de 150 m, car ses deux munitions emportent chacune un détecteur infrarouge multibandes, qui repère la trace thermique de l’engin blindé au sol.


    Les munitions cargos existent depuis plusieurs années. Leur concept remonte à la Guerre froide, durant laquelle les armées occidentales se préparaient à affronter le déferlement des blindés du Pacte de Varsovie. Cependant ces munitions, larguées et dispersées par avion, étaient destinées à saturer de larges zones, là où le BONUS frapperait avec précision. Avec le BONUS, l’innovation véritable demeure l’embarquement d’une optronique sophistiquée dans une munition d’artillerie.

    L’avantage tactique à disposer d’une telle munition apparaît rapidement. Le BONUS permettrait la destruction à une distance de 15 km de 30% de l’objectif avec une très forte probabilité de réussite dès la première salve. Ce qui représenterait un taux d’attrition de l’unité ennemie visée très important. Ces objectifs de tir ont pu être définis comme: une batterie d’artillerie ennemie ou une compagnie de chars à l’arrêt touchée avec moins de 12 obus BONUS seulement; la même compagnie blindée en mouvement avec moins de 20 BONUS; un escadron (ensemble de compagnies) blindé en mouvement avec moins de 24 BONUS…


    D’aucuns diraient que ce type de munitions est complètement décalé eu égard aux guerres d’aujourd’hui, et que les Talibans n’ont pas de blindés… Certes, le BONUS peut-il aussi frapper des positions d’artillerie, mais d’un point de vue plus général il serait dangereux pour nos forces armées “d’oublier” des types de conflits qui, sur l’heure, peuvent sembler s’éloigner, mais restent toujours présents sur le spectre des guerres possibles. L’une des grandes caractéristiques des guerres actuelles, c’est qu’elles sont aussi urbaines, et les chars de combat y ont trouvé – pour peu qu’ils soient protégés par de l’infanterie rapprochée – une nouvelle doctrine d’emploi. Si dans les déserts afghans, le BONUS ne serait pas employé au mieux de ses capacités, dans des combats tels qu’ils se sont déroulés récemment en Tchétchénie, en Géorgie ou au Moyen-Orient, il trouverait sans aucun doute son plein emploi.

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Enseignant Défense Enseignant Défense - dans Éducation à la Défense
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Ménesglad 24/05/2009 13:28

Bonjour,Vraiment impressionnant ces munitions  intelligentes. Sinon, dans mon dernier post une interview de René Girard à propos de son livre "Achevez Clausewitz". A très bientôt

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