3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 07:40

Aujourd'hui sera rendu l'hommage national à l'Adjudant Stéphane MORALIA et au Caporal-chef de 1ère classe Sébastien PISSOT du 9e RIMa, tombés en Guyane le mercredi 27 juin au cours d'une intervention sur un camp d'orpailleurs clandestins. Pour celles et ceux qui désirent s'associer à cet hommage, le convoi funéraire empruntera le Pont Alexandre III - comme il est désormais coutume lors du décès de nos soldats - de 12.00 à 12.15. Prévoir de s'y rendre un quart d'heure plus tôt, car le convoi est particulièrement ponctuel. Prévoir si possible un drapeau national pour une manifestation qui sera (toujours) apolitique et silencieuse.

 

Un office religieux se tiendra à la Cathédrale des Soldats aux Invalides à 16.00, et sera suivi à 17.00 par des Honneurs militaires rendus dans la Cour d'Honneur des Invalides en présence du Ministre de la Défense, M. Jean-Yves LE DRIAN.

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 07:06

Armed-Forces-Day-UK-2012.jpg  

Sur le modèle de ce qui se fait aux Etats-Unis, quoique beaucoup plus récent, un Armed Forces Day a été institué annuellement en Grande-Bretagne. D’abord destinée aux vétérans (Veterans Day) dès 2006, cette manifestation publique qui se tient le quatrième samedi du mois de juin a depuis été étendue à l’ensemble des forces armées, devenant l’Armed Forces Day en 2009. L’année précédente un fait divers avait profondément choqué l’opinion britannique. Des militaires de la RAF avaient été insultés à Peterborough par des opposants à la guerre en Irak, ce qui avait conduit les autorités militaires à interdire toute sortie en public en uniforme. L’année suivante, en mars, d’autres militaires de retour d’Afghanistan étaient également insultés, au cours d’une parade dans la ville de Luton, par cinq musulmans (depuis condamnés en justice). 2009 n’était pas non plus une année indifférente, l’Armée anglaise subissant ses pertes les plus lourdes en Afghanistan depuis le début de ce deuxième conflit (1). Partant, une mobilisation médiatique en faveur de l’Armée - menée par The Sunday Telegraph - finit par aboutir à la transformation du Veteran Day en Armed Forces Day.


Depuis, ce jour des Forces armées consiste en un hommage national rendu à l’Army, la Royal Navy, la Royal Air Force ainsi qu’aux vétérans de toutes les guerres à travers de multiples événements (défilés, portes ouvertes, remises de décorations…) (2). Une ville est plus particulièrement mise à l’honneur au cours des célébrations: Chatham en 2009, Cardiff en 2010, Edinburgh en 2011, Plymouth en 2012.


Dans un contexte de crise budgétaire beaucoup plus sensible qu’en France, l’Armée britannique a contribué à deux coalitions majeures lors de la dernière décennie, et l’effort militaire a été particulièrement important. D’abord en Irak où 179 soldats sont tombés (3) et, surtout, en Afghanistan où la contribution anglaise est autrement plus importante que la notre avec, à ce jour, 419 soldats tombés dont plusieurs femmes. Si 2011 a été l’année la plus meurtrière au « Royaume de l’insolence » pour l’engagement français - avec 26 tués -, l’Armée anglaise perdait la même année 46 des siens. En juin 2012, le chiffre des pertes anglaises s’élève à 25 soldats tombés dans les combats, les embuscades et  les attaques "green on blue". Les blessés de guerre sont également beaucoup plus nombreux et visibles Outre-Manche.

 

(1) En Afghanistan, les pertes humaines ont augmenté de manière très sensible passant de 3 morts en 2002 à 108 en 2009, année la plus meurtrière avec 2010 (103 morts). 

(2) Consulter aussi le site "Palace barracks".

(3) 2003, date du début de l’intervention aux côtés des Américains, aura été l’année la plus meurtrière avec 53 morts soit presque 30% des pertes sur l'ensemble du conflit.

 

UK Armed forces day

 

UK Fatalities

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 08:12

Le fait n'est pas nouveau. Il faut attendre qu'une catastrophe survienne pour que l'on finisse par admettre qu'il y avait un problème...

 

Lorsque l'hélicoptère EC-145 de la Gendarmerie nationale est pris sous le feu d'un orpailleur, mercredi matin, il effectuait une mission de sécurisation d'une vaste zone au-dessus du territoire de la commune guyanaise de Maripasoula (18 000 km2). Cette sécurisation constituait un préalable à l'installation prochaine de géologues dans un secteur réputé dangereux, du fait de la présence de nombreux chercheurs d'or organisés en communautés clandestines et armés. Cet incident, révélé par 7 impacts de munition sur l'hélicoptère et un premier gendarme blessé, a déclenché une intervention au sol de 36 soldats de l'Infanterie de Marine du 9e RIMa et de gendarmes du GI2G. L'embuscade dans laquelle ces derniers sont tombés peu après leur héliportage, a causé la mort de l'Adjudant Stéphane MORALIA, 29 ans, et du Caporal-chef de 1ère classe Sébastien PISSOT, 34 ans et père d'un enfant. Mortellement touché, le premier est décédé peu après son évacuation, alors que le second fut tué sur les lieux même en tentant de porter secours à un gendarme blessé. Leurs agresseurs s'attendaient à une intervention, et c'est visiblement une embuscade bien préparée qu'ils leur ont tendus.

 

Facteur aggravant, le journal Le Point révèle, aujourd'hui, que les armes des Marsouins n'étaient pas chargées contrairement aux gendarmes qui, eux, ont des armes prêtes à un emploi immédiat. Seul le chef de section du RIMa dispose de munitions qu'il peut distribuer à ses hommes en cas de nécessité. La raison demeure en ce que la Guyane est un département et que la France n'est pas en guerre... Le fait d'avoir des FAMAS et des fusils chargés n'aurait peut-être pas changé grand chose aux évenements de mercredi: les pertes ayant surtout été enregistrées dans le groupe de tête, celui qui est d'ordinaire le plus exposé dans ce genre de situation. Reconnaissons cependant que la distribution des munitions (en admettant que le chef de section ne soit pas lui-même touché dès le début de l'action) sous des tirs adverses, et dans le contexte de confusion qui s'ensuit, n'est pas idéal voire est de nature à amplifier les pertes de temps, les mouvements inutiles, donc les pertes humaines. Évoluer par ailleurs en milieu hostile sans possibilité immédiate de se défendre, n'est pas bon non plus pour le moral...

 

Ainsi, touchons-nous à ces contradictions qui pourraient n'être qu'exaspérantes si elles ne mettaient pas directement en danger la vie de nos militaires. Le problème est tout simplement celui du gaspillage potentiel de ces derniers, qui peuvent être sacrifiés dans des missions de sécurité intérieure aux côtés de policiers et de gendarmes sans disposer des mêmes moyens ni des mêmes règles d'engagement. Ces dernières ne sont pas uniquement en cause, mais se pose aussi la question de l'adaptation de nos forces armées (hors Gendarmerie nationale) dans leur déploiement sur les lieux publics de métropole dans le cadre du plan VIGIPIRATE par exemple. Qui ainsi n'a pas vu ces patrouilles armées de FAMAS faire leurs rondes dans les grandes gares parisiennes ou ailleurs? Et qui a pu penser qu'un seul de ces militaires pouvait faire usage de son fusil d'assaut dans des lieux urbains si denses? Le FAMAS ayant une portée pratique de 300 m et une munition de forte vélocité portant jusqu'à 3200 mètres, un tir en Gare du Nord, quelle que soit l'heure, serait catastrophique même de la part d'un bon tireur... De la Guyane à nos grandes métropoles, le bon sens commanderait d'adapter les armements et les règles d'engagement de nos militaires, sans attendre qu'un drame prochain fasse resurgir des questions que l'on aurait pu anticiper.

 

On le voit, les propos du journaliste du Point expliquant les raisons juridiques du non chargement des armes font voler en éclat la raison d'être du plan VIGIPIRATE, même si ce qui vient de se passer  à Maripasoula n'a rien à voir avec ce dispositif de sécurité. En effet, VIGIPIRATE repose essentiellement sur la dissuasion portée par nos militaires en armes. Or il n'est de dissuasion réelle parce que crédible, c'est-à-dire admettant en recours ultime l'usage de l'arme. Dès lors pour le(s) malveillant(s) - sachant tout ceci -, il est beaucoup plus facile d'anticiper sur les lieux, les cibles, voire de s'emparer assez facilement des armes de nos militaires... Le dispositif VIGIPIRATE coûte cher alors qu'il ne donne qu'une illusion de prévention et de sécurité. Il met sous tension des unités militaires désormais peu nombreuses et aux effectifs particulièrement comptés. En plus des OPEX et au détriment de leur coeur de métier, nos soldats n'ont jamais été aussi sont contraints par des services dont l'efficacité reste à prouver.

 

Quant à l'embuscade de mercredi, les orpailleurs ont ouvert le feu sur les Marsouins et les gendarmes avec des armes de guerre. Si la Guyane est politiquement comme juridiquement terre française, son environnement géographique et géopolitique, comme son contexte sociologique et culturel, ont peu à voir avec la situation de nos régions métropolitaines. Et les menaces comme les dangers autrement plus grands dans ce département éloigné sont connus depuis longtemps. À s'enfermer dans un discours normatif qui finit par oublier les réalités du terrain, on place nos forces armées dans des situations intenables.

 

 

Adjudant Stéphane MORALIA

Adjudant Stéphane MORALIA

C-Sebastien-PISSOT.jpg

Caporal-chef de 1ère classe Sébastien PISSOT

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 07:58

Gendarmerie-nationale.jpg

 

Sur le front de la sécurité intérieure, juin aura été un mois particulièrement meurtrier pour nos forces armées. Hier soir en Guyane, un accrochage suivi d'une embuscade a fait deux morts et trois blessés (dont deux graves) dans les rangs du 9e RIMa et du Groupe d'Intervention Gendarmerie Guyane (GI2G)  de la Gendarmerie nationale. Les faits se sont déroulés dans la commune de Maripasoula (Guyane française), autour d'un site clandestin d'orpaillage situé dans un secteur réputé particulièrement dangereux.

 

Territoire périphérique de la République française et de l'UE, surtout connu pour le site de lancement des fusées Ariane de Kourou, la Guyane est à la fois un département et une région. C'est la plus vaste région de France avec une superficie de 83 850 km2 pour une population d'environ 225 000 habitants, dont 12% de Français métropolitains concernés plus ou moins directement par les activités du centre spatial de Kourou. La densité de population y est très faible (aux alentours de 2 hab/km2), la forêt équatoriale couvrant 96% du territoire au milieu de laquelle courent plus de 1200 km de frontières avec le Surinam à l'ouest et le Brésil au sud et à l'est. C'est dans ce contexte géopolitique de faible emprise de l'État, que s'est développée une économie souterraine liée à l'exploitation aurifère. La présence attestée de filons d'or dans le sous-sol guyanais a très rapidement attiré une population pauvre et clandestine, se livrant à l'orpaillage en dehors de toute exploitation légale.

 

Car l'orpaillage pose de graves problèmes à plus d'un titre. L'activité est hautement dangereuse pour l'écosystème du fait de la destruction des sols qu'elle occasionne et, surtout, du fait de rejets de mercure et de cyanure dans les eaux. À plusieurs reprises, des études ont montré que les populations amérindiennes vivant essentiellement de la pêche dans ces régions où l'orpaillage est pratiqué, étaient massivement contaminées par les métaux lourds (jusqu'à 60% de mercure retrouvés dans les cheveux du nourrisson au vieillard...). L'orpaillage stimule également les flux migratoires clandestins en provenance du Surinam et du Brésil, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer dans un cadre où la présence étatique ne peut s'exercer aussi efficacement qu'en métropole: mise en place de filières et de réseaux qui se criminalisent rapidement du fait des profits escomptés, prolifération de véritables communautés qui échappent à l'autorité régalienne. On estime à près de 15 000 actuellement, le nombre de "garimpeiros" (orpailleurs clandestins) en Guyane française. De fait, les règlements de compte entre eux sont fréquents et violents.

 

Pour contrer une activité illégale qui menace à la fois les hommes et l'environnement, qui mine également l'autorité républicaine, la Gendarmerie nationale a été engagée, depuis 2002, dans des opérations de lutte systématique contre l'orpaillage clandestin. Du repérage des sites à la destruction du matériel nécessaire à l'exploitation des filons (motopompes et groupes électrogènes notamment), les opérations Anaconda ont ainsi vu augmenter les affrontements entre nos militaires et les orpailleurs qui, souvent, défendent leurs campements avec des armes de gros calibres. Les dangers comme l'immensité de l'espace à contrôler ont conduit à un renforcement de la lutte à partir de février 2008, où le dispositif Harpie est venu intensifier le dispositif Anaconda. Désormais, l'Armée de Terre, l'Armée de l'Air mais aussi le service des Douanes participent, en plus de la Gendarmerie, à la lutte. Dispositif interministériel, les opérations Harpie ont pour objectif de désorganiser une économie grise dans son ensemble, en contrôlant les voies de communication fluviale, en paralysant les flux logistiques des orpailleurs, et en démantelant leurs sites de production.

 

Destruction-motopompe--dec.-2011-.png

Destruction d'un campement et d'une motopompe par les militaires français (source - MINDEF, 2011)

 

La lutte est dangereuse. Les orpailleurs sont armés et décidés à se défendre. Les actions ont lieu dans la jungle équatoriale avec une visibilité restreinte, et les tirs se font à courte distance voire à bout portant. Si les hélicoptères et les avions de l'Armée de l'Air permettent de couvrir de vastes surfaces, le couvert forestier favorise incontestablement les orpailleurs. L'accessibilité est difficile voire impossible en certains endroits, et les cours d'eau servent de pénétrantes comme du temps des explorations. C'est d'ailleurs au cours d'un contrôle fluvial qu'un militaire du 1er RI, Julien GIFFARD, a été tué le vendredi 9 juillet 2010, devenant de fait le premier militaire tué lors d'une opération Harpie. Plusieurs gendarmes ont été aussi blessés depuis, dont certains très grièvement. C'est au cours d'un survol d'un campement d'orpailleurs, sur le territoire de la commune de Maripasoula mercredi soir, que l'un d'entre eux a été touché par des tirs directs sur son hélicoptère. Ces derniers ont déclenché un déploiement héliporté d'une trentaine d'hommes: des Marsouins du 9e RIMa et des gendarmes du GI2G. Ce sont ces hommes qui sont tombés dans une embuscade, au cours de laquelle un Adjudant de 29 ans et un Caporal-chef de 32 ans ont été tués et deux autres gendarmes ont été grièvement blessés.

 

"Défense et Démocratie" s'associe au deuil de l'Armée de Terre ainsi qu'à celui des familles et des proches des deux militaires tués en mission. Notre soutien va aussi aux personnels de la Gendarmerie nationale dont les pertes (tuées et blessés), ce mois-ci, ont été sensibles.

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 15:35

Le 22 juin 1941, Adolf HITLER déclenche l’opération Barbarossa. Plus de 3 millions de soldats allemands, organisés en 3 groupes d’armées, envahissent l’URSS mettant fin, de fait, au pacte germano-soviétique (23 août 1939). C’est le début de la phase la plus meurtrière et la plus destructrice de la Deuxième Guerre mondiale. Avec l’opération Barbarossa, le Reich nazi ouvre le front stratégique majeur du conflit. Théorisée par HITLER comme une lutte totale au sens idéologique - et d’extermination au sens racial -, la guerre sur le front de l’Est verra se livrer les batailles terrestres les plus importantes et les plus sanglantes de toute la guerre et de l’Histoire. Dans tous ses aspects (militaires comme civils et économiques), elle sera la confrontation la plus brutale du conflit. L’opération Barbarossa scelle également, de manière définitive, le destin des communautés juives d’Europe avec le déploiement, dès le début de l’offensive allemande, des 4 Einsatzgruppen (A, B, C et D) dans le sillage de la Wehrmacht. Les limites d’action rapidement atteintes par ces unités (3000 hommes environ pour l’ensemble de l’Ost Front), amèneront quelques mois plus tard à la mise en place de la Solution finale à l’échelle européenne.


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Panzer III AUSF-G

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 14:59

Rapidité de la mise en batterie et du calcul du tir, précision de la frappe et mobilité, sont les caractéristiques du Camion Équipé d'un Système d'Artillerie ou CAESAR. Conçu et fabriqué par la firme NEXTER Systems, le CAESAR représente, de nos jours, le nouveau visage de l'artillerie française. Une arme incontestablement moderne avec ses tubes de 155 mm/52 cal. intégrés dans l'un des meilleurs systèmes de tir actuel au monde. Au hasard d'une vidéo illustrant les redoutables capacités tactiques du CAESAR, nous ne pourrons nous empêcher de faire un clin d'oeil amical au Général (2S) Serge AUZANNEAU, Président de la Maison du Combattant et du Citoyen de Combs-la-Ville, et... ancien artilleur.

 

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 14:47

Médaille Gendarmerie nationale

La Gendarmerie nationale est en deuil après la mort brutale, hier soir, de deux militaires abattus par un homme. Les faits se sont déroulés dans un petit village du Var, Collobrières, non loin de Hyères. Alertée au sujet d'une confrontation violente entre deux hommes suite à un vol, la brigade de Pierrefeu-du-Var envoie sur place une patrouille aux environs de 22.12. Celle-ci est composée de deux militaires féminins: un Maréchal des logis-chef et un Adjudant. Les deux sous-officiers se retrouvent face à un homme de gabarit puissant (1,80 m/90 kg), qui ne leur laissent pas le temps d'agir. Frappé et assommé, le Maréchal des logis-chef est achevé avec sa propre arme de service, un SIG Sauer (9 mm). S'en prenant ensuite à l'Adjudant qui bat en retraite et tente de s'abriter, le meurtrier, un maçon de 30 ans, l'abat de plusieurs balles dans le dos. Traqué avec des moyens importants, l'homme a finalement été interpellé tôt ce matin (1).

 

L'actualité afghane ne nous fait pas oublier que les valeurs qui fondent l'Esprit de Défense concernent aussi au quotidien d'autres professionnels engagés, eux aussi, au sens le plus fort. Des professionnels qui courent des risques mortels, et peuvent également subir de graves blessures au cours de leurs missions. Secourir, protéger, veiller font de nos pompiers, policiers et gendarmes des Héros à part entière. 8 gendarmes sont ainsi tombés l'année dernière en service commandé, et le tragique fait divers d'hier soir porte désormais à 4 les pertes de la Gendarmerie nationale depuis le début de l'année 2012.

 

L'Adjudant Alicia CHAMPLON était âgé de 29 ans. Âgé de 35 ans, le Maréchal des logis-chef Audrey BERTHAUT était mère de deux petites filles de 5 et 13 ans. "Défense et Démocratie" s'associe au deuil de la Gendarmerie nationale ainsi qu'à celui des familles et des proches de ces deux héroïnes.

 

(1) Il s'agit d'Abdallah BOUMEZAAR, un ancien repris de justice qui venait d'être libéré au terme d'une condamnation de prison de six années.

 

Alicia-CHAMPLON.jpg

Adjudant Alicia CHAMPLON (source - Nice Matin)

Audrey-BERTHAUT.jpg

Maréchal des logis-chef Audrey BERTHAUT (source - Nice Matin)

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 09:38

Contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment, l'hommage citoyen rendu à nos quatre militaires tombés en Kapisa samedi dernier, n'aura pas lieu jeudi 14 mais mercredi 13 juin, c'est-à-dire demain. Celles et ceux qui voudront les saluer une dernière fois, pourront le faire dans le silence et le recueillement lors du passage du convoi funèbre sur le Pont Alexandre III, à partir de 12.30.

 

Kaboul (Dimanche 10 juin 2012)

Aéroport de Kaboul, dimanche 11 juin 2012. Le Ministre de la Défense, Jean-Yves LE DRIANT raccompagne les dépouilles des soldats en France

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:00

L'attentat-suicide qui a coûté la vie, hier, à 4 de nos soldats, a également tué les deux interprètes afghans qui les accompagnaient auprès de la population. Les militaires faisaient partie du Battle Group Steel, et leur identité a été révélée par l'EMA depuis.

 

L'Adjudant-chef Thierry SERRAT du GIACM, était âgé de 46 ans et père de deux enfants. Le 40e RA a été plus durement frappé par la perte du Maréchal des logis-chef Stéphane PRUDHOM, âgé de 32 ans et père de deux enfants; du Maréchal des logis, Pierre-Olivier LUMINEAU, 26 ans et du Caporal Yoann MARCILLAN, 24 ans.

 

Les cérémonies du Plan Hommage auront lieu jeudi 14 juin prochain.


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L'Adujdant-chef Thierry SERRAT

 

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Maréchal des logis-chef Stéphane PRUDHOM

 

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Maréchal des logis Pierre-Olivier LUMINEAU

 

Caporal-Yoann-MARCILLAN.jpg

Caporal Yoann MARCILLAN

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 14:42

GIACM.jpg

 

Tôt ce matin, un attentat suicide a frappé nos forces en Kapisa. Au cours d'une patrouille dans un bazar, des éléments du 40e Régiment d'Artillerie et du Groupement Interarmées des Actions Civilo-Militaires (GIACM) ont été approchés par un insurgé déguisé en femme. Ce dernier, qui dissimulait des explosifs sous sa burqa (selon les autorités afghanes), s'est fait exploser tuant 4 soldats français et en blessant 5 autres dont 3 grièvement.

 

Ce fait dramatique suscite d'emblée plusieurs réflexions à commencer par un changement sensible dans la manière dont il a été communiqué. Ces dernières années, chaque fois qu'un militaire français était tué en Afghanistan, la Présidence de la République l'annonçait très rapidement, suivie de près par l'EMA qui n'hésitait pas à donner des détails sur ce qui venait de se passer. Aujourd'hui, et alors que l'attaque a eu lieu tôt en matinée, il aura fallu attendre l'après-midi pour obtenir une déclaration de la part du Président François HOLLANDE.  Côté EMA - et alors que nous écrivons en début de soirée - peu de détails ont  filtré et l'identité des militaires tués n'est toujours pas connue. Ce sont essentiellement les agences de presse qui ont annoncé les faits, et cela constitue un changement de posture assez net en termes de communication.

 

Alors qu'experts militaires comme civils devisent à longueur de colloques sur l'évolution des menaces, la nature des conflits contemporains et les nécessaires adaptations de nos forces armées face à un environnement international complexe, notre société n'a jamais semblé aussi fragile et vulnérable devant la violence d'un monde qu'elle semble vouloir ne pas comprendre. La posture au plus haut niveau du pouvoir politique s'en fait en tout cas l'écho. On se souviendra ainsi des déclarations du Président Nicolas SARKOZY, lorsque le 20 janvier dernier, une attaque "green on blue" tua 5 autres soldats français. Les opérations de formation et d'aide au combat à l'ANA étaient d'emblée suspendues, et le Président évoquait le jour même la possibilité d'un retrait anticipé. Par la suite, la campagne présidentielle imposa à nos forces de relâcher le rythme des opérations, et de confiner les troupes dans les FOB afin d'éviter les pertes...

 

Même précipitation, aujourd'hui, de la part du Président HOLLANDE qui, de Tulle, précisait tout à l'heure le calendrier de  retrait de nos troupes. Celui-ci débutera au mois de juillet pour s'achever fin 2012... Sans même parler de l'image que la France laisse auprès de ses alliés, elle qui avait initialement acceptée la date butoir de 2014, cette déclaration - dans le contexte de l'attaque de ce matin - laisse rêveur quant à la compréhension par l'actuel pouvoir politique des implications logistiques induites par un tel retrait. Cette opération lourde et complexe, qui rendrait particulièrement vulnérable notre dispositif, débuterait qui plus est au coeur de l'été, à savoir la saison où les Taliban sont traditionnellement plus agressifs et dangereux.

 

Tous les observateurs avertis le disent: ces derniers ont désormais l'initiative et le moral face à une armée française enfermée dans une problématique de retrait et de désengagement, où le moindre soldat tué constituera une victoire pour les insurgés. Plus que jamais sur la défensive,  nos troupes sont devenues en quelque sorte un maillon faible de la coalition, moins du fait de leur valeur combative que de la posture politique dans laquelle elles sont désormais placées. Les Taliban eux-mêmes ne s'y sont pas trompés, qui ont félicité le choix de la France lorsque s'ouvrait le dernier sommet de l'OTAN à Chicago.

 

Si la guerre n'est désormais plus appréhendée comme "un choc des volontés" dans notre vieille démocratie - alors qu'elle le reste chez nos ennemis -, "Défense et Démocratie" continue de saluer et de rendre hommage à tous nos militaires en Afghanistan. Notre blog s'associe au deuil de l'Armée de Terre ainsi qu'à celui des familles et des proches de ces 84e , 85e, 86e et 87e héros tombés pour la France en terre afghane.

 

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